Publié le 13/01/2026 à 08h00 - Par Mathieu CAURRAZE m.caurraze@lejournaldumedoc.fr
Société. La multiplication des constructions illégales en Médoc met les maires sous pression: procédures interminables, tensions locales, sentiment d'impuissance. Longtemps seuls en première ligne, les élus voient désormais l'État reprendre la main sur ces dossiers en assumant sa stratégie: prévenir et aller jusqu'à la démolition si nécessaire.
Elles poussent là où rien ne devrait être construit. En lisière de forêt, au cœur des zones humides, en retrait des routes, parfois tout près du littoral. Caravanes, mobile-homes, abris en bois bricolés, terrasses, clôtures... Puis apparaissent les compteurs électriques, les bouteilles de gaz et les raccordements sauvages. Dans le Médoc, les constructions illégales sont devenues le cauchemar silencieux de nombreux maires.
Car derrière chaque installation illicite, il y a des procédures longues, des tensions locales, des élus exposés et un territoire fragile à protéger. Ce sont autant de batailles à mener au quotidien. Jusqu'à récemment, beaucoup de maires avaient le sentiment de mener ce combat seuls.
Frédéric Aurier, le maire d'Arsac, commune médocaine de 4 000 habitants, ne cache pas sa lassitude. « On se sent souvent seuls dans cette lutte, parfois même impuissants, car nous n'avons pas les moyens de faire appliquer la loi », résume-t-il. Huit dossiers de constructions illégales sont en cours dans sa commune, dont cinq vieux d'une dizaine d'années.
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L'élu a fait de ce sujet « une affaire personnelle ». « On met les moyens pour faire disparaître ces constructions, mais aussi pour éviter que le phénomène ne prenne davantage d'ampleur », confie-t-il. Trois nouvelles installations, apparues en moins d'un an, le préoccupent particulièrement. Sur des terrains inconstructibles, des propriétaires ont commencé à défricher, à apporter des dizaines de mètres cubes de gravier, à poser des clôtures et à réaliser des branchements électriques ou de fluides.
La commune suit ces dossiers « tous les jours ». La police municipale passe chaque semaine, les services d'urbanisme sont « mobilisés à 110 % ». Pourtant, le maire a le sentiment de se heurter à une forme d'inertie. « On suit la procédure à la lettre, étape par étape, sans toujours obtenir le résultat...