Pourquoi Jeanne II de Navarre n'a pas régné ?
Camille Castera et Eva Damet
Dans le château de Louis X le Hutin, roi de France, un matin, Jeanne II de Navarre sa fille et lui même sont dans le salon. Jeanne II de Navarre et son père parle de la loi salique, interdisant aux femmes de gouverner. Jeanne est contre cette loi et exprime son sentiment à son père.
Personnages :
JEANNE II DE NAVARRE fille de Louis X le Hutin et de Margueritte de Bourgogne, mère de Charles II de Navarre
LOUIS X LE HUTIN Roi de France
MARGUERITE DE BOURGOGNE seconde épouse de Louis X le Hutin
CHARLES II DE NAVARRE fils de Jeanne II de Navarre ( et de Philippe III de Navarre)
MEDECIN
HENRIETTE domestique
GARDES
ACTE PREMIER
Scène première : Jeanne II de Navarre, Louis X le Hutin
Jeanne II de Navarre.- Quelle injustice, que la loi salique soit reconnue !
Louis X le Hutin.- Ma fille, la loi, c'est la loi ! De toute façon nous n'avons jamais vu une femme au pouvoir.
Jeanne II de Navarre.- Insinuez-vous, mon père, que nous, les femmes, n'en sommes pas capables ?
Louis X le Hutin.- Les femmes sont faibles et nous, les hommes, sommes forts. Nous sommes conditionnés ainsi. Jamais une femme ne pourrait gouverner un peuple, diriger une armée, avoir les responsabilités d'un royaume. Verrais-tu ta vieille mère au pouvoir ? Elle n'est bonne que pour broder et pleurer.
Jeanna II de Navarre.- Ma foi, mon père, vos propos me semble forts misogynes et pour vous répondre, ma mère est une femme tolérante qui, au pouvoir, ne commettrait aucune injustice.
Louis X le Hutin.- Tiens, justement je l'entends venir.
Scène 2 : Jeanne II de Navarre, Louis X le Hutin, Margueritte de Bourgogne
Margueritte de Bourgogne.- Oh mon Dieu ! Je viens vous annoncer une terrible nouvelle. Notre bonne amie, Clemence de Hongrie est décédée !
Louis X le Hutin.- Comment ! Mon ancienne épouse ! Mais... Mais quand ? Et comment ?
Margueritte de Bourgogne.- Je ne sais mais la domestique a trouvé notre invitée ce matin même, il n' y a que quelques minutes. Elle est partie chercher le medecin afin qu'il examine le corps de Clemence.
Jeanne II de Navarre.- A quoi serait due sa mort ?
Margueritte de Bourgogne.- Ma foi, je ne sais pas. Hier je me rappelle encore qu'elle brodait en ma compagnie, pleurant son pauvre petit. Quelle horreur ! Un enfant qui ne vécut que cinq jours. Et maintenant c'est elle qui est partie rejoindre notre seigneur...
Jeanne II de Navarre.- La mort du petit Jean Ier est curieuse, je trouve.
Louis X le Hutin.- Et en quoi la mort de mon fils vous paraît-elle curieuse, ma fille ? Vous savez parfaitement que nous perdons chaque année, dans le royaume, plusieurs vingtaines d'enfants même pas sevrés.
Jeanna II de Navarre.- "sevrés" est un terme plutôt animal, mon père ! Vos propos me laisse pantoise et sachez que je ne les apprécie point du tout !
Margueritte de Bourgogne.- Jeanne, ne parlez pas sur ce ton à votre digne père ! Oh, tiens, voilà le médecin et la domestique qui revient.
Scène 3 : Jeanne II de Navarre, Louis X le Hutin, Margueritte de Bourgogne, Medecin, Henriette
Medecin.- Monseigneur, que se passe-t-il alors ? Une femme est morte ?
Louis X le Hutin.- Il s'agit, en effet, de Clémence de Hongrie, mon ancienne épouse... La domestique l'a trouvée ce matin dans sa chambre.
Margueritte de Bourgogne.- Quel malheur s'abat sur notre famille ! Ah, c'est effroyable ! (Au medecin) Je vais vous y conduire.
Henriette.- Souhaitez-vous, Madame, que je vous accompagne ?
Margueritte de Bourgogne.- Oui, accompagnez-moi ! Jeanne, souhaitez-vous, vous aussi, suivre votre mère ?
Jeanne II de Navarre.- Non, ma mère. Je reste ici. De plus, mon fils arrive.
Louis X le Hutin.- En ce qui me concerne je vous suis. J'apportai beaucoup d'affection à Clémence.
Scène 4 : Jeanne II de Navarre, Charles II de Navarre
Jeanne II de Navarre.- Charles ! Mon fils ! Avez-vous entendu la nouvelle ?
Charles II de Navarre.- Quelle nouvelle ?
Jeanne II de Navarre.- Clémence de Hongrie est décédée.
Charles II de Navarre.- C'est horrible. Je... Je... Je ne sais que dire. Je... comment est-elle morte ?
Jeanne II de Navarre.- Je ne sais pas encore.
Charles II de Navarre.- Etes-vous au courant pour la loi salique ?
Jeanne II de Navarre.- Oui mon fils. Je disais justement à mon père, le roi, que cette loi est inadmissible pour nous, les femmes ! Vous rendez-vous compte que cela nous prive du titre de "reine"au sens de gourverneuse, et non au sens primaire d'épouse et de mère.
Charles II de Navarre.- Oui ma mère, j'ouïs là ce que vous me dites mais Clovis ne l'a-t-il pas rédigé pour le bien de notre empire ? Ainsi, je gouvernerai et je régnerai sur notre royaume et, je vous protègerai, vous, ma mère.
Jeanne II de Navarre.- Oh, je comprends que vous souhaitez prendre la succession de mon père, Louis X le Hutin en pensant aussi à votre père, Philippe III de Navarre, qui nous a quittés il y a près d'un an.
Charles II de Navarre.- En effet ma mère, en effet. Tiens, voilà le Roi, le medecin, votre mère et la soubrette.
Scène 5 : Jeanne II de Navarre, Louis X le Hutin, Margueritte de Bourgogne, Medecin, Henriette, Charles II de Navarre
Margueritte de Bourgogne.- Assassinée vous dis-je ! (à Jeanne II de Navarre) Oh mon Dieu, ma fille ! Quelle atrocité ! Quelle abomination ! Elle a reçu la poudre de succession ! Assassinée !
Jeanne II de Navarre.- Ma mère, je vous en prie, calmez-vous.
Louis X le Hutin.- Elle s'est peut être suicidée.
Jeanne II de Navarre.- Médecin, êtes-vous sûr qu'il s'agissait de poison ?
Medecin.- Oui, du cyanure exactement. Ça a à peu près la senteur de l'amande mais détrompez-vous, ce poison mortel vous tue peu de temps après ingestion.
Louis X le Hutin.- Quelle horreur !
Jeanne II de Navarre.- Pensez-vous qu'elle fut empoisonnée ?
Medecin.- Oui, je dirais même que c'est évident. La mort au cyanure est instantanée. Si Clémence de Hongrie, retrouvée dans sa chambre, s'était suicidée, nous aurions retrouvé un verre ou tout simplement le poison en question dans sa chambre. Quelqu'un a dû lui apporter un breuvage ou lui en a donné juste avant qu'elle rentre se reposer sur son lit, le poison donnant premièrement des maux de tête et des vertiges. Nous n'avons rien retrouvé.
Charles II de Navarre.- Mais où pourrait-on trouver ce poison ?
Medecin.- Oh, c'est très simple de s'en procurer. Figurez-vous qu'il n'y a pas besoin d'en...
Margueritte de Bourgogne.- Arrêtez je vous en prie.Tout ce discours me donne la nausée. (se tournant vers Henriette) Ne me dites pas, Henriette, que c'est vous qui...
Henriette.- Non Madame ! Je suis certaine que Sa Majesté Charles II de Navarre a apporté...
Charles II de Navarre.- Moi? Ha ! Elle plaisante !
Henriette.- Non votre majesté. Vous m'avez pourtant dit...
Charles II de Navarre.- Dit quoi ? Tu n'est qu'une petite impudente et tu mens !
Jenne II de Navarre.- Charles, laissez-la parler. Dis-nous,ma fille.
Henriette.- Hé bien, hier soir, je m’apprêtais à apporter un verre de vin rouge de notre conté à Madame Clémence de Hongrie ainsi qu'elle me l'avait demander, lorsque Sa Majesté m'a dis, faisant preuve de bonté, d'aller me reposer et qu' Elle lui apporterait le breuvage Elle-même.
Charles II de Navarre.- Cette peste ment comme elle respire !
Margueritte de Bourgogne.- Charles, je vous en prie.
Jeanne II de Navarre.- Vous mon fils... Vous... Jamais je vous aurais cru capable d'une telle chose.
Louis X le Hutin.- Et mon fils Jean Ier ?
Jeanne II de Navarre.- Et votre père Philippe III de Navarre....Vous les avez tous tués !
Charles II de Navarre.- Laissez-moi! Vous n'allez pas croire cette pauvrette tout de même !
Margueritte de Bourgogne.- Henriette est digne de confiance. Je me rappelle maintenant vous avoir entre-vu sortant des cuisines le soir dernier.
Jeanne II de Navarre.- Nous sommes maudits ! J'ai perdu mon mari à cause de... de mon fils !
Charles II de Navarre.- Ne vous plaignez pas trop ! La loi salique a sauvé votre misérable vie !
Louis X le Hutin.- Comment ! Qu'on le condamne ! Jamais je ne céderai ma place à cette vermine indigne ! Gardes ! Gardes ! Ah! Les voilà !
Scène 6: Jeanne II de Navarre, Louis X le Hutin, Margueritte de Bourgogne, Medecin, Henriette, Charles II de Navarre, Gardes
Louis X le Hutin.- Emparez-vous de lui !
Gardes.- Oui, Votre Majesté.
Margueritte de Bourgogne.- Nous sommes maudits ! Ah ! C'est à cause de ce Jacques de Molay, dernier Grand Maître des Templiers. C'est lui qui a maudit notre famille lors de sa condamnation.
Jeanne II de Navarre.- J'ai perdu mon époux, le pouvoir puis mon fils. Je m'en vais me reposer. Le Seigneur est trop cruel envers nous.
Restaurer la Librairie de Montaigne en sa compagnie
Estrella et Léanna Delavie
Description du cadre :
Cette tour ronde nommée librairie a été construite en plein cœur d’un parc majestueux placé au-dessus de sa maison forte. C’est une grande salle, tapissée d’une immense bibliothèque qui compte des milliers de livres. Au plafond, nous pouvons observer des inscriptions sur les poutres qu’il fit graver en lettres de feu sur les solives. Ces sentences sont grecques et latines, en vers ou en prose, et parlent parfois à la troisième personne. L’orientation des inscriptions suggère un mouvement d’aller-retour circulaire d’une promenade, ce qui correspond en pratique, au désir de déambulation de Montaigne lorsqu’il compose. Dans la salle, il y a son bureau là où il a rédigé ses essais. Cette pièce donne sur quatre fenêtres et comporte au plafond deux poutres et quarante-huit solives. Du deuxième étage de sa tour, Montaigne pouvait contempler le logis, la cour, la bassecour, son jardin et ses avenues, les vignes, les bois et collines des environs. Un paysage incroyable qui s’étendait à perte de vue.
Description de Montaigne :
Michel de Montaigne était un homme aux multiples facettes, tantôt écrivain et philosophe, tantôt maire de la ville de Bordeaux et maître sur ses terres où il se retire pour gérer son domaine et rédiger ses essais. Montaigne apparaît tête nue presque chauve, vêtu d’un habit de satin, le visage vieilli, le front dégarni, une barbe grisonnante. Montaigne est plutôt petit, un corps robuste, le visage ovale, des sourcils arqués et une barbe qui l’assombrit lui donnant cet air mystérieux. Cet homme de lettres qui en impose par ses fonctions diverses, impressionne par sa sagesse et inspire le respect.
Dialogue :
Montaigne entra dans la pièce et me fit signe d’entrer à mon tour.
« - Venez cher ami entrez dans ce lieu qui m’est si cher, celui où je vis le plus clair de mon temps, j’aime y observer le dehors à travers le carreau, voir la vie dans la cour, la nature si reposante, si inspirante, me confia Montaigne.
- J’étais comme hypnotisé par ce lieu. Cet endroit est incroyable, tellement silencieux, propre à la réflexion, il dégage quelque chose de spirituel. Et ces inscriptions sur les poutres, que signifient elles ? lui demandai je.
- Ah ces inscriptions intriguent toujours, vous savez. J’aime marcher, déambuler dans cette pièce, c’est ainsi que l’inspiration, l’écriture me vient. Ainsi je marche et je lis ces sentences qui disent tant sur la vie, ces auteurs qui s’adressent à nous.
- Ses sentences sont écrites en vers ou en prose, elles sont grecques et latines. Montaigne semblait retombé dans ses pensées. Je l’interrompis, dites-moi, pour écrire, vous vous inspirez de ces sentences écrites sur les solives. Mais pourquoi utilisez-vous souvent des citations dans vos écrits ?
Il s’en expliqua par l’inutilité de redire plus mal ce qu’un autre réussissait à dire mieux avant lui.
-Puis ces situations nous apprennent beaucoup de choses sur la vie, me dit-il »
Montaigne s’adressa à moi en maître d’œuvre et me fit part de ses consignes pour les travaux dans la librairie. Je commençai les travaux en sa compagnie, il semblait souvent perdu dans ses pensées, les yeux au plafond. Je me souviens avec beaucoup d’émotion de ma rencontre avec cet homme de lettres et de cet endroit unique et si particulier que j’eus le privilège de visiter et qui restera figé à jamais dans ma mémoire. Je le quittai à la fin des travaux le laissant à ses écrits.
« - Savoir prendre la vie comme elle se présente nous attend à la porte, me cita-t-il pour me saluer et prendre congé »
Présentation orale
« - Bonjour à tous ! Aujourd’hui, nous accueillons une personne qui a eu la chance de rencontrer un écrivain très célèbre qui se nomme Montaigne.
-Bonjour ! En effet, j’ai eu le privilège un jour de le rencontrer, il y a si longtemps j’étais très impressionné par l’endroit et l’homme aussi, Michel de Montaigne !
-Comment était cet endroit ?
-Je me souviens encore de ce jour où il me fit visiter sa librairie qui est une tour ronde qui a été construite en plein cœur d’un parc majestueux placé au-dessus de l’entrée de sa maison forte. C’est une grande salle tapissée d’une immense bibliothèque qui comptait des milliers de livres. Au plafond, nous pouvons observer des inscriptions sur les poutres qu’il fit graver en lettres de feu sur les solives.
-Dans cette salle, où étaient installés son bureau, ses affaires ?
-Dans la salle, il y avait son bureau là où il rédigeait ses essais ; cette pièce donnait sur quatre fenêtres et comportait au plafond des poutres et des solives. De sa tour on y observait un paysage incroyable qui s’étendait à perte de vue.
-Comment était Montaigne ? Quelle description faites-vous de Montaigne ?
-Michel de Montaigne était un homme aux multiples facettes, tantôt écrivain et philosophe, tantôt maire de la ville de Bordeaux et maître sur ses terres où il se retire pour gérer son domaine et rédiger ses essais. Montaigne apparaît presque chauve, vêtu d’un habit de satin, le visage vieilli. Montaigne est plutôt petit, un corps robuste et une barbe qui l’assombrit, lui donnant cet air mystérieux. Cet homme de lettres qui en impose par ses fonctions diverses, impressionne par sa sagesse et inspire le respect.
-Avez-vous eu le temps de partager une conversation avec Montaigne ?
-Oui, nous avons parlé de cet endroit, son lieu de méditation, d’écriture, de ces inscriptions gravées sur les poutres. D’ailleurs je lui ai demandé pourquoi il utilisait des citations dans ses écrits et il s’en expliqua par l’inutilité de redire plus mal ce qu’un autre réussissait à dire mieux avant lui. Du grand Montaigne !
-Merci beaucoup à vous d’être venu ! Je vous souhaite une bonne journée »