Ce matos a été attaqué durant la deuxième semaine de confinement, mais il n’apparaît que maintenant car j’attendais une batterie achetée sur Aliexpress. J’ai trouvé ce boombox sur Le LBC, auprès d’un vendeur très sympa. Comme vous pourrez le lire sur Wikiboombox, ce bloc n’est qu’un des éléments d’un système plus complet (DC-20) comprenant des enceintes, un ampli et plus encore. Ce que j’ai acheté ne peut être qualifié de boombox, pour l’instant, car alimentation se fait par secteur. Et les HP me direz-vous ? Ils sont bien à intérieur, mais avançons…
Il y a de très nombreuses vis à retirer. il faut aussi dessouder 3 fils (logement des piles LR, et antenne) et dévisser les contacts ressorts associés à l'alimentation pour retirer complètement le coffret. On découvrez ainsi deux petits HP une voie. Je me focalise sur le lecteur.
Pas si pénible que ça et tant mieux
Remarquez les trous de fixation des enceintes optionnelles.
Tout d’abord, je répare un des bras de la trappe à cassette. Facile à réparer : un point de Super Glue + collage d’un morceau de plastique fin pour consolider. Je conseille de se servir d’une carte de fidélité car c’est fin mais très rigide. Deuxième problème du lecteur : il manque un des entraîneurs de bande, preuve que ce pauvre ghettoblaster a été malmené par le passé. J’arrive à en adapter un autre, issu d’une épave.
Je vais maintenant aller voir les courroies, ce qui nécessite de dévisser l'aimant du l'autostop et débrancher les nappes des têtes pour déplacer le lecteur à plat. La plaque d’appui retirée , je découvre les deux courroies (1 plate et 1 carrée). Je les change rapidement et constate que le mécanisme est assez complexe car tout est commandé grâce à deux solénoïdes de belle taille. A l’évidence, tout ça est d’un très bon niveau technique. Le remontage est finalement très simple mais attention à la courroie du cabestan.
Je m’aperçois qu’elle se déplace beaucoup trop du côté droit de sa poulie, au point qu’elle va presque dire bonjour à la courroie carrée. Je dois donc déplacer légèrement la poulie sur son axe pour corriger le problème. La vitesse est ensuite ajustée à partir du moteur puis je revisse le lecteur. Tant que j’y suis, je nettoie et démagnétise les têtes. Je constate que le pinch roller est vraiment vraiment sale. J’essaie d’écouter une cassette (Zucchero) : ça marche nickel mais il y a un problème : le son est vraiment ignoble. Why ? Ce ghettoblaster dispose donc deux HP une voie, mais il n’a pas été pensé pour donner le meilleur de lui-même dans cette configuration, c’est plutôt pour dépanner. En effet, l’ampli optionnel DC20P affiche une puissance de 2x20 watts rms mais le bloc seul c’est 2x1.7 watts rms en 8 ohms : ça calme. Je vais donc essayer de lui greffer d’autres HP. Je dispo de deux paires dont je ne fais rien : une issue d’un Sanyo C7 qui m’a lâché en cours de restauration et une autre provenant d’un Sony CFS-88L acheté l'année dernière sur mon lieu de vacances . Ces HP ont un hauteur adaptée et affichent une indépendance faible (2.5 ohms pour les Sanyo).
Entre temps le bloc d'alimentation me lâche subitement. Ce dernier est particulier car il est amovible, grâce aux deux contacts à ressort dans le coffret. Il existe une autre version de ce matériel mais accueillant huit piles pour une utilisation nomade, ça m’aurait arrangé d’avoir celle-ci.
Donc je démonte et constate que le fusible a grillé et il doit l’être depuis fort longtemps car sous le fusible je découvre un fil de cuivre, ça craint. Mais ce n’est pas si grave car je veux disposer d’un vrai ghettoblaster sans fil à la patte.
De chaque côté, les plaques où se positionnent les contacts ressort. Tout l'électronique va bientôt être retiré.
J'avais déjà acheté une batterie sur Aliexpess de 12V et 12000mAh pour mon enceinte bluetooth. Je repasse commande car ses dimensions collent parfaitement, quant à la capacité, il faudra tester. Pour continuer la réparation, je branche donc un transformateur universel directement aux contacts ressort. Comme dans The Voice, je fais une battle d'enceintes après avoir viré les HP d’origine. Ce sont les Sanyo qui l’emportent haut la main, avec les Sony c'est trop grave. Et même esthétiquement, il n'y a pas photo. Le son est finalement assez puissant grâce à l'impédance faible des enceintes , et j’espère que la section ampli va encaisser sur la longueur. Pare contre, je remarque un petit déséquilibre de volume et je remonte le niveau sonore de la voie gauche grave à la résistance variable VR2, présente sous la VR1.
Je peux maintenant ajuster l’azimut et je remonte intégralement l’appareil après avoir soudé du câble à ceux des anciens HP et en perçant la caisse de chaque coté pour qu’ils puissent sortir. On continue... Je suis contraint d'ajouter une lamelle métallique dans le logement des piles car c’était en trop mauvais état, bouffé à mort par des piles qui ont fuitées. Voilà, l’appareil est terminé et il attend de recevoir ses enceintes. Je vais donc utiliser les trous de fixation des enceintes optionnelles et je dois percer deux trous bien en face pour faire passer les vis. Pour garantir un bon alignement, je mets les vis dans leur logement, donne un coup de marqueur noir sur leur tête puis je présente l’enceinte afin de pouvoir reporter précisément l’endroit ou percer. J’ai mis du papier cache sur l’enceinte afin que la trace se voit mieux. Il me suffit ensuite de percer des trous assez gros qui me donneront plus de latitude pour aligner. J’en profite aussi pour percer le trou qui laissera passer le câble.
Les trous correspondent aux anciennes fixations. Il a fallu faire sauter au cutter une sur-épaisseur, ce qui explique la présence de papier cache.
Manque de chance, la vis supérieure débouche dans l’évent et le manque de place oblige à visser avec un écrou : c'est donc une tige filetée qui sera d’abord fixé sur le côté de la chaîne.
La batterie est enfin arrivée de Chine et je la désinfecte immédiatement :-). Je vire tout l'électronique de l'alimentation pour pouvoir l'installer. Je voulais percer un trou pour laisser dépasser légèrement la fiche (jack femelle) à laquelle se branche le transformateur fourni (12V 1A). Mais finalement, je décide d'intégrer le transformateur dans le boîtier pour un branchent direct sur secteur. Il est vrai qu'il est rikiki une fois retiré de sa coque et il trouve bien sa place. Cela me contraint à déporter la led indiquant la fin de charge. Le pistolet à colle dégaine à tout va pour que rien ne bouge. Et voilà le travail. On passe à la synthèse ?
Techniquement c’est du très lourd ce Kenwood : Un magnifique écran à cristaux liquides mais hélas sans vu-mètre, un lecteur full logic haut de gamme avec des fonctions avancées : répétition d’une seule plage jusqu’à 7 fois, de la face en entier, recherche des blancs jusqu’à 6 ou 7 morceaux. On retrouve aussi le Dolby, le loudness, l’accusonic (stéréo wide). Le tuner inclut la recherche manuelle ou automatique ainsi que la mémorisation de 5 stations, ce qui explique la présence des 2 piles LR6 à l’arrière. Tant de belles choses, mais n’oublions pas que ce radio-cassette était une mini chaîne d’excellente facture comme le prouve aussi la connectique arrière. Autre aspérité : le contrôle des graves et aigus piloté par deux boutons poussoirs avec indication d’un niveau grâce à une série de leds. Là c'est trop. Esthétiquement, je suis très content du résultat car ces enceintes collent parfaitement, d'autant plus qu'elles avaient été repeintes avec l'inusable Sento. Au niveau sonore, c'est une très grande satisfaction surtout avec le loudness et l'accusonic et en plus ça dure ! La batterie permet 5 à 6 heures d'écoute à un volume respectable.
C'est pas beau ça ? J'en pleurerai presque.
Très joli bouton de de volume.
Il disparaît quasi entièrement dans la façade en mode nomade.
Présent à l’arrière, un interrupteur permet de neutraliser les enceintes intégrées quand l'ampli et les speakers optionnels sont branchés.
Merci au Sanyo C7 car la mort d'un boombox donne la vie à un autre . J'ai détourné les paroles de "Mise au point" : sorry Jakie !