La Plante du mois


Fritillaire pintade ou damier

publié le par Yves Guettet

Nom scientifique : Fritillaria meleagris

Famille : Liliacées

Statut de protection : Protection régionale en Auvergne-Rhône-Alpes 

Remarque : Cette chronique portant principalement sur des plantes rencontrées dans l'Ain. Par conséquent, je n'ai pas vérifié ce statut de protection d'autres régions françaises. 
A savoir : une espèce peut avoir un statut de protection et être localement abondante dans un lieu précis, ici les prairies humides du Val de Saône, qui comportent des stations très riches en fritillaires.

Au printemps, quel plaisir de découvrir parmi les toutes premières fleurs en Val de Saône : cardamines des prés, lamiers pourpres..., les fritillaires qui colorent les prairies de leur corolle rouge pourpre. 
Cette espèce est l'une des 7 espèces existantes en France (source Flora Gallica) présentes de la plaine à la moyenne montagne sur les 50 présentes dans le monde. Certaines de ces espèces sont trouvables en jardineries et sont particulièrement décoratives en début de printemps au jardin.

Port
Dressé pour cette plante de hauteur variant de 20 à 50 cm. Remarque : cette année les fleurs exposées au vent du nord dans les prairies alluviales du Val de Saône avaient une tige très courte, contrairement à celles plus protégées du froid. La tige et les feuilles sont d'une couleur vert bleuté (certains auteurs écrivent grisâtre). La tige prend une teinte rougeâtre près de l'inflorescence, elle ne porte pas de poil. Les feuilles, présentes uniquement sur la tige, sont habituellement au nombre de 3 et situées dans le tiers supérieur de la tige. Elles sont assez longues (plus que la longueur de la tige) et peuvent s'étaler au sol. Elles sont alternes, canaliculées, et se terminent en pointe. Elles ressemblent à celles d'un muscari mais de couleur différente.
La dernière feuille est assez proche de la fleur qu'elle "surplombe". La fleur est une cloche pendante formée de 6 tépales (terme employée surtout pour les plantes de la famille du lis (Liliacées) comme pour la tulipe chez lesquelles on ne peut pas différencier les sépales des pétales). L'ensemble de la corolle est ornée d'un damier rougeâtre fait de petits motifs (à peu près) de forme carrée plus clairs. On peut voit des fleurs de teinte très claire due à une hypochromie. C'est assez rare. Chaque pétale est fendu jusqu'au tiers environ. Il a une forme elliptique et se termine en pointe obtuse (presque ronde). On peut observer, en renversant la corolle, 3 étamines entourant un stigmate divisé en 3 styles fendus jusqu' au tiers. Cette fleur est le plus souvent unique, parfois double (ou encore triple).
La racine est un bulbe comme habituellement pour cette famille de plantes. Le fruit est une capsule trigone (presque) de même longueur que leur largeur.

Origine du nom
Fritillaire vient du latin fritillus signifiant cornet à dés (source : Dictionnaire latin-français, éd Hâtier,1960, 750 p.).

Période de floraison
Mars-avril mais dépend beaucoup du climat et des températures au sol (comme cette année).

Localisation
Prairies humides de la plaine jusqu'à l'étage collinéen-montagnard (Etang des Loups à Brénod par exemple).
Remarque : la disparition des prairies humides en France, leur fumage avec du lisier, sont un motif de déclin  du nombre de cette plante dans leurs stations connues. Une fenaison trop précoce ne permet pas un resemage naturel, d'où l'importance de convention de fauches tardives entre exploitants agricoles et organismes de protection de la nature (CEN) comme par exemple en Val de Saône.

Lieux 
Dans le département, de nombreuses aires liées aux prairies humides, parfois de très petites surfaces, hébergent la fritillaires. Les stations les plus importantes, en nombre de plantes, restent en Val de Saône.

Violettes : où la détermination entre les espèces odorante et blanche peut tourner au casse-tête

publié le 15 avr. 2021, 05:00 par Yves Guettet

L'appellation vernaculaire violette (tiré du nom de genre scientifique Viola) fait référence à la couleur de la plante. Jusque là, pas d'ambiguïté. Mais dans le monde des violettes, tout n'est pas aussi simple. La toute première espèce à fleurir dans mon quartier (et en général) est la violette odorante Viola odorata.  Elle fleurit, habituellement au premier trimestre de l'année. Mais, selon les rigueurs du climat (sic), il n'est pas rare (2020 ne faisait pas exception) de la trouver fleurie à la fin du mois de novembre jusqu'à la mi-décembre, aux endroits les mieux exposés et protégés du froid. Ce fut le cas, par exemple, le long du mur entourant le terrain de sports du lycée Carriat, exposé au sud. Elle est d'une couleur violet foncé.

Mais cette espèce peut aussi avoir une corolle d'une autre teinte, blanche, parme (les pétales supérieurs sont blancs et les inférieurs violets délavé) voire rouge. Ce dernier cas est très rare. Où le bât blesse, c'est que pour confirmer cette impression visuelle non seulement il va vous falloir regarder précisément les caractéristiques de la plante (on verra lesquels peu après) mais compulser des ouvrages de botanique. Si vous comptez sur la dernière flore parue à savoir Flora Gallica (en 2014), pas de chance la couleur de la corolle ne figure pas dans le texte descriptif. Il est ainsi pour d'autres ouvrages : Flora Hevetica ou la Flore de Coste. Seuls de "vieux" ouvrages comme la flore de Suisse (dite la Binz) ou "Le Guide des fleurs sauvages" des éditions Delachaux et Niestlé vous confirmeront que ce n'était pas le vin rouge bu au repas de midi (avec modération néanmoins) qui vous jouait des tours.

Tout cela serait des plus simples si la violette blanche Viola alba, qui fleurit quasi aux mêmes moments, les deux cohabitant sensiblement à la même période, était comme son nom l'indique de couleur blanche mais aussi...violette (photo ci-dessus). Résumons : la violette odorante peut être de couleur violette mais aussi blanche. La violette blanche est le plus souvent de couleur blanche mais peut aussi être violette. Donc si vous voyez au bord d'un chemin une violette blanche, c'est soit une violette de l'espèce blanche (alba) soit de l'espèce odorante (odorata). De même pour une violette de couleur violette, même cas de figure que précédemment.
stipule de Viola odorata

Penchons-nous alors sur ces deux plantes in situ et tachons de regarder ce qui peut les différencier. L'odeur n'est pas (trop) un critère car les deux violettes sont parfumées mais d'un parfum plus conséquent pour la violette odorante (ce qui lui a valu son nom d'espèce). La forme des feuilles basales peut aussi être un critère (mais toutes les flores ne disent pas la même chose). Les deux violettes ont des feuilles en forme de cœur mais (presque) aussi large que long pour l'odorante et plus allongée pour la blanche. 

Habituellement, le critère le plus simple est la forme des sépales (c'est un critère important pour déterminer d'autres espèces entre elles comme l'odorante avec la violette des forêts). Comble de malchance, dans ce cas, les deux espèces ont des sépales de même forme : assez cours et arrondis à leur extrémité. Alors, il va falloir vous mettre à quatre pattes et vous collez une loupe botanique à l'œil pour regarder plus intimement la plante. C'est bien un botaniste que vous avez aperçu dans cette position un jour et non un végétarien en train de faire une dégustation de plantes sauvages ! Cherchons alors les stipules. C'est bien ce tout petit organe coincé entre la tige et le pétiole de la feuille. Il est de forme pyramidal et muni de petites franges minuscules sur les bords pour la violette odorante. Plus étroit et plus mince se rétrécissant en pointe pour la violette blanche. On peut distinguer sur les bords des franges plus développées. Et là c'est gagné !
stipules de Viola alba

Ah j'ai oublié de vous dire, les deux espèces peuvent s'hybrider.

L'euphorbe réveille-matin

publié le 31 mars 2021, 01:26 par Denis Leclerc   [ mis à jour le·31 mars 2021, 08:46 par Yves Guettet ]

Nom scientifique : Euphorbia helioscopia

Famille : Euphorbiacées

L'euphorbe réveille-matin est, sans doute, une des espèces les plus courantes des 60 espèces répertoriées en France. Pour l'avoir découverte d'abord dans le sud de la France (Midi), j'ai longtemps cru à une espèce méditerranéenne mais ce n'est pas le cas (voir Lieux). Elle fleurit toute l'année dans des terrains souvent pauvres, bien exposés au soleil, comme les bords de routes, les chemins pierreux ou les bords de champs (mais pas seulement). C'est au début du printemps qu'elle se distingue plus facilement lorsque la végétation environnante est peu développée.

Comme toutes les espèces de cette famille, un latex de couleur blanche, très toxique, s'écoule en coupant la tige (voir Toxicité). Les euphorbes ont une structure particulière qui les distingue des autres plantes par l'absence de pétales et des sépales remplacées par des glandes autour de la fleur. Les glandes ont une forme variant de l'ovale à la faucille (c'est un critère de détermination). Les organes mâles et femelles sont contenus dans un involucre en forme d'ampoule évasée (nommé cyathe). Un seul organe femelle porté par un long pédicelle est entouré par un faisceau d'étamines. 
Les graines sont contenues dans des capsules à 3 loges.

Cette espèce éjecte les graines loin de la plante mère par l'éclatement des capsules à maturité. Les fourmis sont friandes de la partie oléagineuse des graines et rejettent loin de leurs terriers la partie non comestible de la graine, contribuant à la dissémination de la plante.

Hauteur : Très variable de 5 à 50 cm.

Port
Couché puis dressé, la tige de couleur rougeâtre est souvent rameuse dès son extrémité inférieure. Elle peut porter quelques poils épars. Les feuilles présentes sur la tige (dites caulinaires)sont alternes, sessiles, obovales. Leur extrémité extérieure est arrondie. La partie se rattachant à la tige s'atténue en forme de coin. On peut observer sur leur pourtour de petites dents.
Les bractées identiques par la forme aux feuilles, sont disposées en ombelle de 5 rayons (en général). Ce caractère est très fréquent chez plusieurs autres espèces d'euphorbes donc n'est pas discriminant. En revanche, cette euphorbe se distingue par des glandes jaunes et des graines dont l'enveloppe est plus ou moins lisse.

Toxicité
Comme toutes les espèces d'euphorbes, son latex est très toxique lors d'une ingestion accidentelle et peut être potentiellement mortelle. On surveillera particulièrement les jeunes enfants afin qu'ils ne la cueillent pas. Le latex est également caustique pour la peau qui devra être rapidement lavée pour éviter des irritations, des cloques avec un risque de lésions profondes des tissus dans les cas les plus graves. Ces atteintes cutanées peuvent subvenir plusieurs heures après le contact. La projection dans les yeux peut entraîner des lésions oculaires graves.

Remarque : Le poinsettia, nommé "étoile de Noël" (originaire de Madagascar) que l'on trouve dans les magasins en fin d'année est une euphorbe responsable d'accidents graves pour de jeunes enfants en cas d'ingestion.

Usage
Un usage médical existe pour son latex (qui a valu à la plante un autre de ces noms communs) mais compte tenu de sa toxicité, je m'abstiendrais de le signaler.

Origine du nom
Le nom commun est réveille-matin lui est conféré par la position de l'ombelle disposée face aux rayons solaires dès leurs premiers rayons.

Lieux : 
D'après Flora Gallica, on la trouve dans toute la France de 0 à 1700 mètres d'altitude, moins fréquemment à une altitude supérieure.

Localisation dans l'Ain : Tout le département jusqu'à l'altitude, environ, de 1000 mètres.





Le séquoia géant ou Wellingtonia

publié le 25 févr. 2021, 04:28 par Yves Guettet   [ mis à jour : 4 avr. 2021, 00:16 ]

Nom scientifique : Sequoiadendron giganteum

Famille Cupressacées (ex Taxodiacées = famille du Cyprès)

Remarque : 
Le langage courant distingue 2 espèces de Séquoias : le séquoia géant et le séquoia sempervirent (Sequoia sempervirens). En réalité, il s'agit de 2 espèces différentes. Si la silhouette, vue de loin, peut tromper l'observateur, le détail du feuillage lui permettra de discriminer ces 2 arbres.
Le séquoia géant est dans son aire américaine d'origine, parmi l'un des plus grands arbres du monde. "Général Sherman" le plus imposant de ces séquoias géants visible dans le Sequoia National Park, a une hauteur de 84 mètres et une circonférence mesurée au sol de 31 mètres ! Ce n'est pas l'arbre le plus haut du monde car le record est détenu par un séquoia sempervirent qui atteint 112 mètres. 
D'autres séquoias géants ont un âge évalué entre 1800 et 3200 ans, un volume du tronc estimé à 1487 mètres cube. 

Port
Dressé pour cet arbre qui en Europe ne dépasse guère les 50 mètres de hauteur et les 7 sept mètres de circonférence. Sa base est évasée. Il a une écorce rouge foncé épaisse et résistante aux feux de forêt  (de peu d'ampleur) et spongieuse (souple à la pression). Sa silhouette est conique. Le tronc s'élève droit jusqu'à la cime avec une forme majestueuse. Les branches portant un feuillage vert foncé (ou bleuté) sont descendantes et se relèvent à leur extrémité. Les branches basses peuvent toucher le sol et donner des rejets. Les feuilles sont des écailles triangulaires longuement acuminées couvrant en totalité le rameau. Les feuilles extérieures peuvent être également recourbées vers l'extérieur. Froissées, elles dégagent une odeur anisée. 
Le fleurs mâles, regroupées à l'extrémité des branches fleurissent en octobre mais ne libèrent leur pollen qu'en mars. Les fleurs femelles ont la forme de petits cônes (de 5 cm de longueur) de couleur verte. Ils sont formés d'écailles imbriquées à section ovale. Ils donneront des fruits ligneux la deuxième année, libérant alors de petites graines de 5 mm de longueur.

Floraison
De mars à avril.

Origine
il est originaire du nord des USA dans la Sierra californienne à une altitude comprise entre 1800 et 2000 mètres d'altitude. Le Sequoia National Park est un résidu de la forêt primaire qui s'étendait de la frontière canadienne jusqu'à la Californie, avant que les abattages d'arbres, au cours des siècles, ne la réduise à "peau de chagrin". Le séquoia géant y trouve un milieu favorable à son épanouissement : hivers enneigés, étés très secs et aux températures tempérées. Mais aussi des feux de forêt naturels (ou provoqués par les forestiers), assez circonscrits et aux flammes de peu de hauteur, permettant d'éradiquer de jeunes arbres ou des broussailles à leurs pieds, qui pourraient leur faire concurrence. 

Remarque : l'état d'esprit américain vis à vis de leurs forêts naturelles a toujours été le non interventionnisme. C'est à dire qu'il laisse faire la Nature. Le risque est qu'un incendie naturel causé par la foudre se déclenche grâce à un important combustible représenté par une végétation proliférant aux pieds des séquoias. Attisées par le vent de grandes flammes  peuvent alors atteindre des hauteurs importantes et les détruire. Cela s'est produit dans un passé récent.  Ayant appris à leurs dépends de cette catastrophe écologique, les forestiers font des feux préventifs lorsqu'ils le jugent nécessaire.

Le dérèglement climatique avec des hivers trop doux et un enneigement moindre, des étés aux températures caniculaires commence à mette à mal ces géants. Se pose la question légitime de leur survie à plus ou moins long terme.

Histoire
Découvertes en 1841 par les immigrants venus de l'ouest des USA, ces géants ont attiré la convoitise de ces hommes pour le cubage énorme de bois qu'ils pouvaient en tirer pour la construction de nouvelles villes ou de traverses de chemin de fer. John Muir, le premier "écologiste" américain, par son activisme sans relâche, pour la défense de la Nature, a permis la création du Sequoia National Park en 1890. Il ne restait alors que le tiers environ des séquoias primitifs. Ce parc est d'ailleurs très visité en été. La surfréquentation entraîne d'autres problèmes écologiques, dont le tassement de la terre autour des troncs des géants perturbant son hydratation. Le Kings Canyon National Park a été créé plus tardivement que le premier. On peut y admirer quelques beaux spécimens. 

Localisation
En France Continentale, on peut le voir principalement dans les parcs et jardins ou chez des particuliers.

Lieux
Dans l'Ain, même remarque que précédemment.
 A Bourg-en-Bresse, on peut voir un spécimen chez un particulier des quartiers sud de la ville où sa hauteur lui permet de dépasser au-dessus des toits des maisons environnantes. Mais les branches dépassant de la propriété sur la rue proche, ont été coupées et lui donne une silhouette fort disgracieuse. Ce sont les photos de ce spécimen que vous pouvez-voir dans cet article.

Le thuya géant (d'Amérique)

publié le 4 janv. 2021, 07:47 par Asso Floreain

France,Nom scientifique : Thuya plicata

Famille : des Cupressacées (du Cyprès)

Le thuya géant a acquis ce qualificatif de géant (comme le séquoia du même nom, dont je publierai la fiche prochainement) par sa taille hors norme. Il peut atteindre 71 mètres de hauteur dans son aire d'origine et sa longévité estimée (sur des troncs dépourvus de cime mais vivants) à plusieurs millénaires. A comparer avec les 900 ans voire un millier d'années pour certains de nos chênes. C'est une essence très prisée pour la qualité de son bois : cf  Rubrique Usages. Il a été importé et transplanté dans les parcs et jardins anglais puis européens en 1855. Son usage s'est généralisé ensuite chez les particuliers comme arbres de haies, du fait de sa pousse rapide et couvrante.

Port
Dressé pour ce conifère qui peut atteindre une hauteur de 10 à 30 mètres selon Flora Gallica, 41 à 45 mètres pour d'autres ouvrages (cf Rubrique Bibliographie). Sa hauteur maximale dépend de l'espèce ou du cultivar utilisé, ainsi "Zebrina" un cultivar au feuillage jaune pâle inventé en 1868 ne dépasse pas les 28 mètres. Sa silhouette à la base élargie peut évoquer, de prime abord, un séquoia. Mais le thuya est plus branchu et à un feuillage plus touffu que le séquoia. L'écorce fibreuse et tendre mais non spongieuse comme les séquoias, est aussi un caractère discriminant. L'écorce, grisâtre avec des coulures de couleur rouge foncé, présente des cannelures verticales bien marquées (cf Photo). 
Les branches portent en forme de feuilles des écailles, petites et imbriquées les unes dans les autres. Elles peuvent le faire prendre pour un cyprès (le thuya est de la même famille). Ces écailles sont d'un vert foncé et brillant sur le dessus, ont une extrémité mucronée (petite pointe très fine). L'envers est d'une teinte plus terne et on peut distinguer 4 bandes blanches ou jaunâtres. Lors des chaleurs estivales les feuilles émettent une odeur fruitée d'ananas.
Les fleurs mâles de couleur rouge foncé, les fleurs femelles jaunes verdâtres, sont toutes situées à l'extrémité des rameaux. Elles s'ouvrent dès le mois de février et sont de petite taille. Les fruits, les cônes, vont se lignifier petit à petit. Ils sont formés de 10 à 12 écailles brunâtres, agencées par paires, d'un peu plus d'1 cm de longueur. A maturité, les cônes s'ouvrent pour libérer des graines ailées.

Remarque : Plusieurs espèces très voisines du thuya géant peuvent être rencontrées dans les parcs et jardins : thuya du Canada, du Japon, de Chine mais aussi des cultivars. La silhouette générale, l'aspect des feuilles sont des critères importants pour une détermination précise si aucune étiquette ne donne le nom de l'espèce. L'usage d'un livre spécialisé peut s'avérer utile (cf Rubrique Bibliographie).

Floraison :
De février à avril.

Origine
Le thuya géant est localisé dans le Nord-Ouest de l'Amérique du Nord.

Histoire
Les tribus indiennes vivant dans cette région de l'Amérique du Nord, avaient plusieurs usages de cet arbre. Ils tiraient de l'écorce, des fibres très résistantes à la traction, dont ils faisaient des cordes mais aussi du tissu pour des vêtements ou des des couvertures. Le cambium, la partie vivante interne de l'arbre, comestible, était utilisé une fois séché comme nourriture d'appoint (sorte de pemmican végétal) lors de leurs déplacements. Cet arbre a fait aussi partie de leur pharmacopée, dans le traitement de plusieurs maux. Cet usage est de nos jours tombé en désuétude.

Usages
Grâce à un bois solide mais néanmoins léger, une durabilité très grande conférée par un fongicide contenu naturellement, il a de nombreux usages aux USA. Les principaux dans la construction : planches, parquets, bardeaux, et aussi poteaux... Sa pousse rapide et couvrante permet de le planter en haies grâce à son feuillage couvrant. Cela a été son principal usage en France. Il est plus rarement utilisé comme espèce de reboisement.

Localisation
D'après Flora Gallica : c'est une espèce très plantée en France Continentale. En excluant la zone méditerranéenne où l'on trouve plutôt différentes espèces de cyprès.

Lieux
Dans l'Ain, il est à rechercher dans les parcs et jardins mais on trouve rarement une étiquette à son pied ! Il est planté aussi chez des particuliers où sa taille peut attirer le regard.
A Bourg en Bresse, un magnifique spécimen est situé dans le square face à la Maison de Quartier des Vennes.

Bibliographie
  • O. JOHNSON, D. MORE (2012) Guide Delachaux des arbres d'Europe. Ed. Delachaux et Niestlé, 464 p. C'est un guide de format poche, complet mais ne traitant que très peu des usages
  • R. PHILIPS (1981) Les arbres. Ed. Solar, 222 p. Livre assez ancien, dont je ne sais pas s'il est toujours édité mais très complet et d'un abord très simple par son vocabulaire. Assez exhaustif dans les espèces traitées.
  • R. WITTMANN (2004) Terre des arbres. ED. Ulmer, 160 p. Livre plutôt photographique mais iconographie magnifique, traitant quelques espèces mondiales illustrées par leur plus beaux représentants. Textes narratifs plutôt historiques que botaniques.

L'érable de Montpellier

publié le 6 déc. 2020, 00:11 par Asso Floreain

Nom scientifique : Acer monspessulanum

Famille : Sapindacées (incluant les Acéracées)

Ce n'est certainement pas l'érable le plus remarquable par sa taille mais son originalité vient plutôt de sa feuille qui le distingue aisément des autres espèces. Aimant la chaleur, il est très commun dans le Midi de la France et le pourtour méditerranéen. On le retrouve aussi en d'autres lieux de notre territoire sur calcaire principalement dans des zones thermophiles comme les gorges ou les défilés.

Port
Dressé pour cet arbre, ne dépassant pas les 15 mètres de hauteur, à l'écorce lisse et gris jaunâtre à l'état jeune. Elle devient noirâtre et des fissures verticales apparaissent avec les années. Sa silhouette est en dôme irrégulier avec des branches très rameuses. Les feuilles, caduques, de petite taille et coriaces, présentent un vert foncé brillant. Elles ne comportent que 3 lobes de taille presqu'égale et un pétiole grêle et long. C'est son principal critère de détermination ainsi que la forme des samares pour le distinguer des autres espèces d'érables. Les fleurs de couleur jaune, plutôt discrètes, apparaissent avant les feuilles. Elles forment des bouquets d'abord dressés puis pendants. Les fruits appelés samares ont des ailes rouges très convergentes.

Floraison
D'avril à mai.

Lieux
Flora Gallica : Sud d'une ligne Nantes-Dijon, dispersé, forêts thermophiles.

Localisation
Bas Bugey, Haut Bugey, Pays de Gex en situations thermophiles.

Utilisations
Le bois de cet érable a servi aux tourneurs et aux menuisiers.

Le micocoulier de Provence

publié le 14 nov. 2020, 00:51 par Asso Floreain

Nom scientifique : Celtis australis

Famille : Cannabacées

Pour les esprits curieux, le micocoulier se découvre sur certaines aires d'autoroute du sud de la France, en route pour la Méditerranée. C'est un peu de Provence avant d'y être. Cette espèce affectionnant la chaleur et la lumière pousse spontanément dans le Midi mais y est aussi beaucoup planté. Le micocoulier de Provence est originaire du bassin méditerranéen.  Il peut paraître un peu étonnant que cette rubrique aborde un arbuste ou un arbre du Midi de la France. Pourtant ce n'est pas la première fois (cf le ciste blanc). Mais ce qui est plus étonnant suit :  j'ai découvert lors du premier confinement que les jardiniers de la ville (Bourg en Bresse) avaient planté cet arbre non loin de mon domicile. Il était accompagné d'un autre arbre emblématique des régions du Sud : l'érable de Montpellier (qui est naturellement présent dans l'Ain).

Port
Dressé pour cet arbre pouvant atteindre jusqu'à 20 mètres de hauteur. Il est pourvu d'un tronc droit, à l'écorce gris verdâtre et lisse, devenant rugueuse et se fissurant avec l'âge. Le sommet de l'arbre a la forme d'un dôme arrondi et les branches aux extrémités retombantes. Les feuilles caduques sont lancéolées et se terminent en longue pointe fine. Les bords portent des dents très aiguës. La base du limbe est fortement dissymétrique comme pour les feuilles d'ormes. D'une couleur vert foncé sur le dessus, elles sont d'un vert plus clair au-dessous et duveteuses; Les fleurs sont situées à l'aisselle des feuilles. Verdâtres, elles sont portées par un long pédoncule. Les fruits, de couleur noire, sont peu charnus et contiennent un gros noyau. Comestibles, ils ont néanmoins peu de saveur.

Floraison
De mars à avril

Localisation
Sud Ouest de la France et du Midi jusqu'à Lyon (Flora Gallica). Planté plus au nord dans les parcs, en voie de naturalisation.

Usages
    Général
Généralement planté en alignement. 
    Artisanal
Les jeunes tiges souples et résistantes servent à la fabrication de pièces de menuiserie ou de manches d'outils.
    Traditionnel
L'écorce était autrefois utilisée pour fabriquer un colorant jaune.

La pensée des champs

publié le 22 oct. 2020, 02:27 par Yves Guettet   [ mis à jour : 13 nov. 2020, 06:23 ]

Nom scientifique : Viola arvensis

Nomenclature : 2 variétés sont décrites dans Flora Gallica : arvensis et contempta. On les distingue par le diamètre vertical plus important pour la variété contempta mais des intermédiaires existent .

Famille : Violacées.

Dans cette famille des Violacées, la dénomination scientifique du genre est Viola pour toutes les espèces contenues dans ce genre. Le langage courant distingue les pensées et les violettes selon la disposition de leurs cinq pétales. Les violettes ont 2 pétales en position supérieure, les pensées en ont 4.
La pensée des champs est une plante assez discrète par sa petite taille. Si elle est assez commune, il faut bien souvent la chercher avec assiduité pour la trouver. 
Longtemps considérée dans la nomenclature comme une sous-espèce de la violette tricolore (ou pensée sauvage), dans les ouvrages récents elle a acquis le statut d'espèce à part entière.

Port

Dressé pour cette plante dont la hauteur varie en moyenne entre 10 et 20 cm. Elle est généralement rameuse dès la base. Les feuilles sont lancéolées, crénelées et dentées sur les bords. Les stipules sont de grande taille égalant voire dépassant les feuilles, notamment les supérieures. Elles sont découpées en petits lobes parallèles. Les sépales lancéolés sont sensiblement de même taille que les pétales. Le pétale inférieur est habituellement de couleur jaune. Les supérieurs sont blanchâtres et souvent lavés de violet. Mais ces coloris peuvent être variables.

Floraison
De mai à septembre (octobre).

Lieux
Friches, champs, céréales de 0 à 2200 mètres d'altitude.

Localisation
Commune dans tout le département.

Usage
    Médicinal
Elle est réputée dépurative et laxative. Son usage traditionnel pour soigner les maladies de peau est reconnue depuis la Renaissance. Cet usage semble être devenu désuet de nos jours.

La gentiane champêtre

publié le 30 sept. 2020, 07:04 par Yves Guettet   [ mis à jour : 30 sept. 2020, 07:05 ]

Nom scientifique :  Gentianella campestris

Famille : Gentianacées

La gentiane champêtre a une dénomination trompeuse car son nom laisse croire qu'elle pousse dans les champs, ce qui est inexact. Habituellement, elle se rencontre à une altitude comprise entre 800 et 2400 mètres d'altitude selon Flora Gallica. Néanmoins c'est une espèce abyssale car elle peut être trouvée à une altitude bien inférieure, mais très rarement en dessous de 400 mètres d'altitude. Son appellation d'origine a fluctué au cours des décennies entre Gentianan et Gentianella pour se fixer à ce dernier. Très proches du genre Gentiana , les espèces du genre Gentianella en diffèrent (selon Flora Gallica) par une gorge ciliée et l'absence d'appendices interlobaires sur la corolle. Une espèce très ressemblante à notre plante peut être trouvée, la gentiane d'Allemagne (Gentianella germanica) qui s'en distingue par des fleurs à 5 pétales mais aussi 5 pétales et 5 étamines.

Port
Dressé pour cette plante très rameuse dès la base. Sa hauteur est très variable de quelques centimètres à 30 cm environ. La tige est glabre et porte des feuilles ovales à lancéolées, un peu acuminées. Elles sont en position opposée. Les fleurs, regroupées au sommet des rameaux, sont plus ou moins pédonculées. La corolle est un long tube terminé par 4 pétales très ouverts. Elle est entourée de 4 sépales dont les 2 extérieurs de plus grande taille. La couleur des fleurs est  violet clair, plus rarement blanche. de la gorge sort un bouquet de longs cils de la même couleur. On peut voir 4 étamines. La graine est de petite taille à surface rugueuse.
C'est une plante d'aspect très polymorphe qui lui a valu la description de 2 sous-espèces : baltica et hypericifolia qui selon la classification actuelle (mais le débat n'est pas totalement tranché) n'auraient pas lieu d'être.

Floraison
De mai à octobre.

Lieux
Pelouses maigres de l'étage collinéen à subalpin.

Localisation
L'est du département de l'Ain, à partir du Revermont.

La Gentiane croisette

publié le 28 août 2020, 06:35 par Yves Guettet

Nom scientifique : Gentiana cruciata

Famille : Gentianacées

Le genre Gentiane est assez répandu et prolifique dans le monde puisqu'il représente 300 espèces. On en dénombre 22 en France et 10 dans l'Ain. Si parmi les gentianes, la couleur bleu est prédominante, elles peuvent être aussi jaune comme la Grande Gentiane (traitée dans cette chronique précédemment), pourpre : la Gentiane pourpre mais aussi violette ou plus rarement blanche. 
La Gentiane croisette se différencie des autres espèces par son port caractéristique, assez singulier et la forme de ses fleurs.

Port
Dressé pour cette plante dont la hauteur varie entre 10 et 40 (50) cm. D'une souche épaisse feuillée partent une ou plusieurs tiges épaisses, courbées. La tige est glabre, arrondie, non rameuse. Les feuilles sont coriaces au toucher, de forme oblongue et lancéolée. Elles portent de 3 à 5 nervures. Elles sont sessiles, opposées et soudées 2 à 2 par leur gaine basale. Les feuilles sont de plus grande taille que les feuilles supérieures. Ces dernières sont disposées par 4, opposées 2 à 2.
Les fleurs disposées en petits fascicules sont regroupées dans la partie supérieure de la plante et aux aisselles des feuilles. Elles sont de petite taille. Elles ont une couleur bleu violacé à l'extérieur, un bleu clair à l'intérieur. Elles ressemblent à une petite cloche qui se divise au sommet en 4 lobes triangulaires. Les anthères sont libres. Le calice comprend 4 dents appliquées à la corolle.

Floraison
De juin à septembre.

Origine du nom
La Flore de Coste nous apprend que le nom latin Gentiana provient de Gentius, roi d'Illyrie, qui utilisa pour la première fois cette Gentiane pour ses propriétés.

Utilisation
       Médicinale
Au même titre que la Grande Gentiane, on peut utiliser les racines pour la confection d'un apéritif aux vertus toniques et digestives. Néanmoins étant plus rare que la Grande Gentiane, il serait préférable d'utiliser cette dernière dans ce but. La Gentiane croisette a aussi des propriétés laxatives et fébrifuges.

Localisation
Flora Gallica : dans le quadrant nord-est de la France, Pyrénées, Alpes, Massif Central de 100 à 2200 mètres. sur pelouses, forêts claires, terrains rocailleux. Plante calcicole.

Lieux 
Dans l'Ain : Revermont, bas et Haut-Bugey : assez localisé, plus fréquent sur la Haute Chaîne du Jura.

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