Delage fut une grande marque française de prestige qui plia sous le coup de la crise financière de 1929 et de la récession qui s’en suivi puisque dès 1931 l’amorce du déclin se fit sentir. Déclin qui fut entretenu par de divergentes stratégies entre autres problèmes de gestion interne. En fait, Louis Delage resta campé sur l’idée de sa passion du "beau" pour le "beau" alors que la concurrence directe s'engageait vers d'autres stratégies. Pour sauvegarder sa marque, Delage pensa à s'en séparer. Il obtint fin 1935 le salut, de promouvoir celle-ci sous licence, par sa rivale de toujours logée rue du Banquier à Paris : Delahaye. Celle-ci, poursuivit donc le développement des excellentes autos qu'étaient les Delage D6 et D8, en standardisant les composants aux deux marques, et naturellement maintint Delage au catalogue. C’est cependant courant de l’année de faillite que fut réalisé au sein de la jeune maison Figoni & Falaschi, sur demande Delage et avant l’absorption, ce coupé sport D6-70 en prévision d’un engagement à l’épreuve mancelle de 1936. L’épreuve ne se courut pour cause de grèves paralysantes. Le coupé, après être apparu lors de selects concours d’élégances durant l’année 36, fut acquit par Louis Girard afin d’une participation à la prochaine épreuve mancelle. En 1938, Girard pensa à séparer la carrosserie du châssis, n°50688, pour y placer un nouvel habit de type spider deux places pourvu naturellement de la calandre du coupé. C’est à nouveau la maison Figoni & Falaschi qui se mit à l’ouvrage. Hélas ! le moteur coupa court avant le km 800. La carrosserie, abandonnée du châssis Delage, réapparut sur châssis Delahaye 135 Spécial n°48192, à moteur et calandre de la marque. On la vit, entre autres, aux 12 heures de Paris 1938 courus à Linas-Montlhéry. A son volant Mesdames Rouault et Itier se classèrent 3ème. On ne parla plus alors du coupé Delage mais du Delahaye à preuve le livre de François Jolly "Delahaye sport et prestige aux Editions Jacques Grancher Paris 1981" lequel montre une image du coupé commentée : "un passage de la Delahaye de Mmes…" et quelques pages après : "ravitaillement de la Delahaye de Mmes…". A cela rien d’anormal, puisque la règle voulut que la calandre du châssis régna sans partage.