Se jouait en 1952 le troisième Championnat du Monde des Conducteurs sans Alfa Romeo, puisque retirée de la compétition en fin de saison passée, laissant le champ libre à Ferrari contre laquelle elle avait remporté quatre des sept victoires possibles ; Suisse, Belgique, France, Espagne. Ferrari s’octroyant Grande-Bretagne, Allemagne et à domicile. Fangio, sur Alfa, succédait à Farina au deuxième Championnat du Monde des Conducteurs.
Alfa n’étant plus là, la question se pose pour 1952: "Qui pour s'opposer à Ferrari?". Talbot ? Dépassée, ne finissant qu’une seule fois dans les cinq en Belgique, 4 et 5ème. BRM ? Dont le V16 toujours pas au point n’y accédant qu’une fois, 5ème, à la maison. Gordini ? N'y entrant même pas avec son 4 cylindres 1.5litres fragilisé quand accompagné du compresseur. Maserati, OSCA ? Non présent aussi. Sachant que Benz, l'allemande la plus performante, ne participe qu’aux compétitions Sport, attendant le championnat des 2.5litres sans compresseur prévu pour 1954.
Jugé donc comme non attractif, faute de constructeurs à la hauteur de Ferrari, le troisième championnat pilote de F1 ne convainc plus l'organisateur. Alors pourquoi ne pas miser sur un championnat mondial des pilotes ayant comme support celui de la F2, toujours vivace et disputée et bien fourni en marque. C'en serait naturellement fini du 4.5 ou 1.5 litres à compresseur pour un 2litres atmosphérique ou 750cm3 compressé. La proposition retenue, en partie française, fera le joint avec la saison 1954, promise aux 2.5litres. Talbot-Lago s'étant également retirée ; Gordini reste seul à représenter les françaises face à la horde d’anglaises et d’italiennes.
Dès la fin de la saison 1951 ça bouge chez Gordini ; Simca ne reconduit pas son engagement en compétition sans pour autant couper brutalement son soutien financier à l’Equipe et ce sans demande particulière en échange. Seule la signature Gordini apparaitra désormais sur le capot. La brouille venant, entre-autres, du refus de Simca "d’entretenir" une monoplace F2 impliquant la construction de nouveaux châssis ; le type 16, d’un moteur à six cylindres 2litres ; le type 20 à carter sec et à 2 ACT, déjà sur la planche, et de nouvelles carrosseries même si voisines de celles des précédentes monoplaces. Côté pilotes, André Simon part rejoindre Ferrari alors que Trintignant entre chez Rosier qui chevauchera des Ferrari, faute de nouvelles Talbot. Son fil Aldo préparant lui sa valise pour le Mexique suite aux désaccords chroniques avec son père régnant sans partage réel.
Sept GP doivent être courus sur le sol européen entre mai et septembre : Suisse, Belgique, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Italie entrecoupés d’un nouveau challenge celui des GP de France fait de huit épreuves organisées d’avril à août : Pau, Marseille, Montlhéry, Reims, Rouen comptant à la fois pour le GP pilotes et de l’ACF, Les Sables d’Olonne, St Gaudens, La Baule. Bien sûr tout ceux-ci intercalés de GP divers: Buenos-Aires, Piriapolis, Albi, Aix-Les-Bains, Caen, Agen, Cadours, Modène... auxquelles s’ajoutent d’autres types de courses… Une épreuve par dimanche, pour les fanas! Face à Gordini deux Ecuries allemandes : A.F.M (Alexander von Falkenhausen pour le châssis à moteur BMW 328) et Veritas Meteor, sept de Grande-Bretagne : Alta, Aston Buttleworth, Connaught A-Type, Cooper-Bristol T20, ERA G-Type, Frazer Nash, HWM (Hersham and Walton Motors) et trois italiennes : Ferrari, Maserati représentée par l’Ecurie Platé et OSCA.
Les trois monoplaces F2 T16 Gordini ne tourneront pas ensembles en début de saison. Seule est prête celle au châssis 31 à moteur type 20-31. Elle montre timidement son nez à Pau, premier GP de France, mais ne prend pas le départ. A Marseille puis au Daily Express Int. Trophy elle abandonne. C’est en Suisse que se joue le premier GP du Championnat. La deuxième T16 au châssis 32 à moteur 20-32 ne voit le jour qu'à la veille du départ et Behra rallie la Suisse par la route, le Lancia étant déjà à Berne. Sa cabine accepte cinq personnes. Trois sur la banquette prolongée d'un strapontin et deux sur les couchettes. Les Mécanos se relayant au volant lors de longues distances. Behra termine 3ème et Manzon abandonne sur la première monoplace. Au GP d’Europe en Belgique, comptant pour le Championnat, le troisième moteur 20-34 apparait (le 20-33 étant un 2.3litres destiné aux Sports) sans son châssis dédié, pas terminé. Gordini le place alors dans une Sport et l’engage au GP. Elle fait le trajet par la route toujours dans un but de rodage. Il confie son volant au pilote belge Claes qui la place 8ème. Manzon sur la première monoplace termine 3ème, la deuxième pilotée par Behra abandonne suite à l’accrochage avec Taruffi. Le 29 juin, le troisième châssis, type 16 n°33, s'aligne au GP de Reims. Après chaque course les moteurs, révisés voire modifiés, passent au banc. L’ordre de remontage sur les châssis peut être différent de celui du démontage. Ainsi, le châssis T16-33, supportant le premier moteur 20-31, sera attribué à Behra. Il avoisine les 150cv, les autres étant privés de quelques chevaux. Manzon aura la première F2, la T16-31, renfermant le dernier moteur, le 20-34. Et, le volant de la deuxième F2, la T16-32, animée par le deuxième moteur 20-32, sera confié à Bira. Deux des monoplaces sont à bord du Lancia, la remorque logeant une monoplace type 15 moteur type 18 de 1.5litres (? course de 2litres) prêtée à Trintignant (bon prince Gordini. Trintignant étant venu demander), privé de volant, Rosier n'ayant reçu de Maranello le matériel nécessaire à la préparation d'une deuxième F500. Behra sur sa F2 et les mécanos, à bord des Sports, rejoindront le circuit par la route😍. La Gordini de Claes arrivera à bord du Chevrolet de L'Equipe Gordini Belge.
Une fournaise enveloppe la France et par la même le Circuit de Gueux, plus traversé cette année, et Gordini fait démonter les calandres des Sports et des F2. Manzon, qui sort de l’épreuve Sport, qu'a remporté Moss sur Jaguar C-Type, s’aligne bandé à l’avant-bras gauche ; blessure occasionnée lors de son bond de l’auto, alors en tête, afin d’échapper à un écrasement certain contre un pylône électrique, que la Sport fauchera, suite à la rupture d’une fusée après grippage du roulement. Des fous ! Le résultat des essais de F2 l'a placé en première ligne à gauche des F500 de Farina et Ascari, détenteur du meilleur temps. Behra se trouve derrière à la droite de la F500 de Villoresi. Bira occupe la troisième ligne à la droite de Brown en Cooper-Bristol, de l’Ecurie Richmond, côtoyant à sa gauche Carini à bord d’une Ferrari 166 de la Scuderia Marzotto. Trintignant s'étant lui fixé en sixième ligne derrière la F500 bleue de Rosier. Claes au volant de sa Gordini jaune, CG 15-18, un 1500 (?), pointe à l’avant dernière ligne à la droite de la Maserati 4CLT-48 Enrico Platé, passée en 2litres, pilotée par de De Graffenried. Depuis cette année les épreuves se courent en trois heures et non plus à une distance. Au départ Behra bondit à la hauteur de Ascari et au premier passage le devance. Dans le deuxième tour Trintignant casse le pont. Ascari reprend l’avantage lors de la quatrième boucle. Echange à nouveau de politesse au 5ème passage. Au 14ème Ascari, pointé derrière, s’arrête. Villoresi, libre de volant après une casse au 5ème tour, prend le relais. Farina, Manzon et Bira passent. Avant la 2ème heure, le pont de Manzon lâche. Il reste une heure de course et Behra mène la danse à bonne cadence sous la pression de Farina, suivi de Bira et Villoresi, comblant au fil des passages son retard. A l’abord du dernier quart-d’heure, Ascari, à nouveau derrière le volant depuis une petite heure, déborde Bira pour la 3ème place. Apercevant du rouge se rapprocher rapidement Behra se renseigne? Le stand indique: "Ascari à plus d’un tour". Behra soulage sa mécanique. C'est acquis, à condition que le pont, revu le matin même, le veuille bien. Ascari passe, et finit à 1 tour suivi de Bira. Farina ne pouvant combler les 2km le séparant de la Gordini n°4. Rosier se place 5ème devant Claes, à 4 et 5 tours.
Excepté Reims, les sept autres GP de France tombent dans la poche de la F500. Ascari à Pau, Marseille, St Gaudens en relais de Simon, La Baule; Taruffi à Montlhéry, Rouen; Villoresi aux Sables d’Olonne.
Il en résulta un Championnat du Monde sans surprise que Ferrari domina en se plaçant 1er et 2ème dans six des sept épreuves. Seul, Gordini en Suisse (Behra) et en Belgique (Manzon) monta sur la 3ème marche ainsi que Cooper-Bristol (Hawthorn) chez elle. Une A6GCM Maserati (Gonzalez) sauvant de justesse l’honneur à la maison en prenant la seconde place lors du dernier GP. Ferrari réussissant trois triplés : France, Allemagne et Pays-Bas. Ascari remportant six des sept GP (Taruffi en Suisse) lui permettant d'être sacré troisième Champion du Monde des Conducteurs, sur Ferrari.
Bien sûr, je n’ai rien inventé et n’ai voulu faire appel à l’intelligence artificielle n'étant encore atteint de paresse cérébrale. Je tire donc ce modeste résumé des deux pavés que sont : "les Gordini" de Robert Jarraud Editions de l’Automobiliste 1983 et "Gordini un Sorcier une Equipe" de Christian Huet 1984. Comme souvent, dans ce cas particulièrement, de nombreuses différences apparaissent et, de fait, ai principalement retenu celles du deuxième ouvrage cité ne savant faire la part des choses. Le Sang Bleu EPA 1978 et Auto Passion n°73 de 1992 sont également venus à mon secours.
Replaçons-nous dans le contexte des jouets :
Des monoplaces GTM bien réalisées, propres et justes dans l’empattement, voies, détails des joints de tôleries. Proposées pour l'une, comme celle du GP d’Angleterre 1954 sous le n°26, rebaptisées pour le besoin du garage n°2 et 4, et pour l'autre, du GP de France de la même année sous le n°24, rebaptisée elle n°6. A l'achat des T16, quatre, deux de chaque, je ne savais quoi en faire sur l'instant et même encore en fin d'année dernière. En monter deux, certes, selon la proposition mais les deux autres... Quand! je tiltai grave: "Ben! t'as le Lancia vieux🤔? Vache! pas bête. En plus elle pourra voir passer le camion😊. Tant pis pour les GP en questions😕. Mais, si les carrosseries de celles du GP d’Angleterre correspondaient à celles de Reims, les autres, du GP de France, s’en écartaient principalement autour du cockpit et de l'échappement. Bon! pas question d'aller en cueillir une autre, hein😣! Faut jouer, il y aura retouches et apports de quelques trucs mineurs, pour le geste. Voici :
Origine : KB, GTM SSGP-19001 - 2016, monoplace T16 n° 26 GP Angleterre 1954
N°2 et 4: comme écrit, la calandre n’était pas de la fête. Elle masquait naturellement le radiateur d’eau et d’huile, lui, cylindrique. Pour les simuler ; photo-découpe pour l'un et ressort comprimé autour d’un axe pour l'autre avec colle. Le saute-vent ainsi qu'une de ses équerres, elle, cassée pour n°2, sont refaits. Reprise du volant (provenant de la Simca 8). Ajout des poignées-verrou de capot et du levier de vitesse sur plaquette alu collée sous le siège pour n°2 et 6 seulement, que l’on n’aperçoit pas, étant au centre devant le siège, et de fait, entre les jambes du pilote. Bonjour la manœuvre! Pour les loger dans le Lancia, au chausse pied, le bouchon carburant et l’arrière du châssis, dédié, sont rabotés, sans dégradation pour le châssis, ainsi que les plans d’appuis du châssis ramenés de 1mm pour faire descendre la carrosserie, sur n°2 et 6 uniquement. N°4 restant intact, puisque destiné à courir, pour ne pas contrarier l’articulation des fils du guide, dont l’espace s’en trouve réduit par les radiateurs. C’est pour cela aussi que le diamètre des quatre pneus est identique contrairement à n°2 et 6. Peinture des n°2. Décalcos pour n°4 provenant de la planche Pattos Place’s Bentley n°4 des années 20 qui correspondaient. Peinture bleue TS23 sous vernis satiné.
Origine : KB, GTM SSGP-19002 - 2016, monoplace T16 n°24 GP de France 1954
N°6: sur cette monoplace les joints de tôleries sont refaits, après avoir effacé ceux existants. Sont supprimées les joues bordant le cockpit et l’échappement ramené à un seul tube, par séparation. Réduite aussi l’ouverture de sa sortie de capot. Les équerres du saute-vent sont refaites en alu, suite à une casse, ainsi que le saute-vent. Par manque d’attention la prise d’air des carbus n’est pas retouchée. Les n° sont peints. Il n’est pas certain que celui de l’avant soit exact. Deux photos ont peut-être été confondues. La perfection n'existant pas, au sein du garage.
Caractéristiques de n°2 et 6:
Jante: AL visée, tambour de frein du kit, roue avant BRM S112 20x7, arrière BRM S-114 22x7
Masse: 35g
Pilote: du kit, modifié manches raccourcies
Châssis: dédié
Jante: AL visée, tambour de frein du kit, roue avant et arrière BRM S-114 22x7
Moteur: SlimLine SRP SR181D51000X 10000tr/mn
Pont : Z9 CZ Slot-it PI559o15 / Z25 PX Cartrix 1142C
Guide: Slot-it CH06
Masse: 58g (23g de mécanique)