Expositions‎ > ‎2018-2019‎ > ‎

Estelle BOULLIER

Paysages, bribes
collages, peintures et dessins
exposition du 7 au 31 mars 2019  du mercredi au dimanche de 15h à 19h
en écho avec l'exposition "jardins en résonance" à la galerie du Losange
vernissage le jeudi 7 mars à 18h
présence de l’artiste tous les samedis et dimanches sauf le samedi 9 mars
atelier d'écriture en écho avec l'exposition le mardi 12 mars à 18h
atelier animé par Elisabeth Chabuel (participation aux frais de 10 euros; inscription par courriel)




© Estelle Boullier




© Estelle Boullier

Paysages, bribes

"Estelle Boullier propose à Alter Art des paysages entre figuration et abstraction, des « bribes » dit-elle : fragments, parcelles … ; ce sont des dessins sur papier déchirés puis assemblés, collés, redessinés, sur une toile peinte qui les reconstruit, nous en donne une nouvelle lecture. Des formes aux lignes courbes se recréent à partir de l’interrompu, dans une traversée aléatoire. Comme des îlots secrets, des noyaux d’êtres en gestation, liés les uns aux autres par des fils qui s’évadent on ne sait où. Une «cartographie personnelle» dit l’artiste, qui veut «tisser des ponts entre présent et passé», relier «des histoires interrompues ou à venir, dans l’espoir d’un ailleurs».

Les bleus, les roses de ciel et d’eau se pastellisent, des tons vifs éclatent parfois, des noirs filent et s’enchevêtrent ; la palette se délie sur la toile et nous offre des paysages intérieurs, vibrations d’un instant perdu, recomposé. Le visiteur peut ainsi suivre ses propres chemins dans l’œuvre car «nos histoires sont mêlées les unes aux autres». Et chacun peut y voir ce qu’il veut : souvenirs perdus et recomposés, vibrations des cils d’une cellule en mouvement, brins d’herbe qui volètent à l’abri d’une dune ou simples vacillements d’une forme en voie de renaissance…

C’est un instant d’émotion que l’œuvre saisit, le maillage d’une rêverie ou d’une réminiscence ; une résonance intime investit l’espace de la toile. Instant incessamment réitéré, en de multiples variations, l’œuvre se construit face à ce qui échappe.

Philippe Jaccottet disait : «J’ai pu seulement marcher et marcher encore, me souvenir, entrevoir, oublier, insister, redécouvrir, me perdre»; laisser place à ce qui se dérobe, «quand la limite et l’illimité deviennent visibles en même temps», questionner le sensible, et tenter d’appréhender le monde. "
Janine Desmazières (janvier 2019)


"Quand je dessine, je pars en exploration, des formes simples, minérales naissent. Elles sont posées, ou ancrées, enracinées entre équilibre et déséquilibre. Elles délimitent de nouveaux espaces. Je joue avec le contour de ces formes pour les transformer, les sublimer. Cet ancrage devient le point de départ d’un autre mouvement, qui fait bouger les lignes. Un nouveau monde se crée.

Je construis d’abord, puis il me faut déconstruire pour créer de nouveaux paysages, à partir de papiers que je peins, que je déchire, que je choisis et associe pour les coller, ensuite je redessine, comme une cartographie personnelle en résonnance avec le monde qui m’entoure. Ce travail révèle l’invisible, comble les oublis de la mémoire et des souvenirs, comme un puzzle, dévoile d’autres tracés possibles. Ce sont les bribes, les souvenances, la projection d’histoires passées, interrompues. Je tisse des ponts entre passé et présent. La composition de ces petits paysages est un travail précieux, c’est digérer les différentes expériences vécues, et capturer les vibrations du moment présent."
Estelle Boullier

Liens