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Christopher Elliot

"Conditions humaines" dessins et peintures
vernissage le jeudi 6 février
à 18h
exposition du 5 février au 2 mars 2014 du mercredi au dimanche de 15h à 19h
présence de l'artiste tous les samedis et dimanches

© Christopher Elliot




© Christopher Elliot




© Christopher Elliot
"Qui cache son fou meurt sans voix"
Henri Michaux - L’espace du dedans

"Designer de formation, Christopher Elliot a beaucoup dessiné avant de peindre et de sculpter. Il a d’abord exploré la figure de la madone et le paysage, particulièrement les arbres, dont les branches se déploient sur la toile ou dans un espace d’une grande élégance graphique – travail frontal déjà, où l’artiste se colletait avec son objet sans aucun autre élément représenté.

Actuellement il tente de saisir les relations humaines dans leur tension, leurs mouvements, à la recherche d’espaces archaïques et pourtant présents ici et maintenant. Les peintures qui sont exposées à Alter-Art utilisent avec une maîtrise remarquable le gesso noir et le gesso blanc pour révéler la forme par les contrastes, saisir la lumière qui fait vibrer la surface des corps parfois juste esquissés, parfois dessinés d’un trait minutieusement fouillé.

Car il s’agit d’êtres humains, souvent saisis en plan rapproché ; il s’agit d’arrêts sur image, à l’échelle du spectateur, sans aucun fond ou détail qui puisse distraire notre attention. Les corps, comme dans une mêlée, sont entassés, entrelacés, imbriqués les uns dans les autres (l’artiste dit son admiration pour les sculptures du norvégien Gustav Vigeland).

Christopher Elliot représente des scènes de panique, de combats ou de domination, on ne sait. Les mains cherchent la gorge de l’adversaire ou s’agrippent à l’autre. Parfois un effet de flou donne une sensation de bougé, parfois les corps sont figés dans on ne sait quelle attente. Les visages se ressemblent, ce sont ceux de nos semblables ; et pourtant ils diffèrent ; ils sont souvent déformés par la violence des sentiments (on pense alors aux têtes de Franz Xaver Messerschmidt). Pourtant il est rare qu’ils nous regardent, tant ils sont saisis avec justesse à l’intérieur de leur tumulte ; ils ne peuvent s’échapper.

Le peintre nous propose également une autre énigme, des hommes en file indienne aux regards inquiets ; c’est une photographie de prisonniers algériens, trouvée dans un vieux journal, qui alors l’habite.

La thématique nous renvoie à l’agressivité qui prédomine dans les relations de cette gent perdue dont parle Dante.

Mais entrer dans cet univers n’est pas une épreuve ; grâce à la finesse du trait, à sa précision, à la beauté du clair-obscur, à l’impact du cadrage, les toiles évoquent, avec empathie et compassion, la part d’ombre de notre lointain intérieur (selon l’expression de Michaux), comme de la société des hommes."

Janine Desmazières - janvier 2014

A propos de l'exposition