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Mabeye DEME

"Wallbeuti, l'envers du décor"
photographies
exposition éphémère du 11 au 15 octobre 2017 du mercredi au dimanche de 15h à 19h
vernissage le jeudi 12 octobre à 18h
présence de l'artiste tous les jours




Ndindy, Sénégal © Mabeye Deme





Dakar Sénégal © Mabeye Deme

"On ne sait, au premier regard, à quelle période temporelle les images de Mabeye Deme appartiennent. Sont-elles de vieilles photos usées par le temps? Sont-elles des images
contemporaines ? Pour certaines, on doute aussi du médium photographique : sont-elles des photos ou des peintures ou encore des gravures ? Ses images intriguent par leur texture. On devine un filtre entre l’appareil et le spectacle de la rue, dont on ne sait dire s’il est temporel – l’usure du temps- ou si le filtre est un artifice matériel, mais lequel ? Le filtre, quel qu’il soit, n’empêche pas d’être en prise avec ce qui est photographié, autrement dit la rue et ses passant(s) surgissent, elles ne sont pas dissimulées…
Le filtre ne cherche pas à cacher ou à se cacher, il instaure plutôt une pudeur qui est garante de l’intimité du rapport qui s’établit avec la rue. L’intimité est ici synonyme de tact: une manière d’entrer en relation sans s’imposer. Mabeye Deme est né à Tokyo d’une famille sénégalaise. Il a en grande partie grandi à Paris, en partie à Dakar et ailleurs encore. Lorsqu’il revient à Dakar, plusieurs fois par an, il fait
l’expérience de l’exil constitutif de son histoire familiale. La ville lui est autant familière que distante. Le filtre lui permet de trouver une place instable pour entrer en relation avec Dakar,sans forcer l’illusion d’une immédiateté.
Mabeye Deme trouve sa place sous les toiles usées des tentes éphémères construites au milieu des rues des quartiers populaires dakarois. Ces tentes accueillent des cérémonies de mariage, de baptême, de décès, de fêtes en tout genre…Les tentes de toile sont montées, remontées, démontées. Elles se déchirent à force d’usure et sont recousues jusqu’à épuisement et renouvellement. Ce sont ces accrocs que Mabeye Deme recherche et qu’il exploite pour dire l’usure du temps, les ruptures, et la distance de l’exilé avec une ville, qui se dérobe toujours à son présent."
Sarah Mekdjian

Né en 1979 à Tokyo, Mabeye Deme vit et travaille entre la France et le Sénégal. Après des études cinématographiques à Paris-Sorbonne Nouvelle, puis photographe de plateau en 2012, pour le film Aujourd’hui d’Alain Gomis, (photographies publiées dans les Cahiers du Cinéma n°674), Mabeye Deme réalise plusieurs courts métrages, dont Le Dormeur du Val, sélectionné en 2013 au Festival Ciné-Poème. En parrallèle du cinéma, il photographie son pays d’origine, le Sénégal. Sa rencontre avec le photographe, Hong-Jimmy Seng, oriente son travail vers une photographie à la fois expérimentale et onirique. En 2011, première exposition à la Biennale des Arts Off, au Sénégal, suivi d’une résidence à la Fondation Blachère pour l’art contemporain africain à APT, en 2013, travail qu’il expose à la Biennale Dak’Art Off au Sénégal, en 2014. Il rejoint, en 2015, le collectif d’artistes Black Containers, un collectif dédié à la création, la promotion et la diffusion des images artistiques contemporaines. En 2016, il expose à l’Unesco à Paris (dans le cadre de la semaine africaine), à la Galerie Trajectoire à Marseille, et au Musée de l’Abbaye Saint Germain à Auxerre (Festival Afrik’au Coeur). Sa série, Wallbeuti-l’envers du décor est publiée dans la Revue Vacarme n°77 et son travail Crossing Maps / Cartographies Traverses dans la Revue Canope, Université Grenoble Alpes.

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