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Catherine GRANGIER

À présent je m'allonge pour rêver du Printemps”*
gravures et installation
exposition du 18 octobre au 12 novembre 2017
du mercredi au dimanche de 15h à 19h
vernissage le jeudi 19 octobre à 18h
*(extrait d’un poème de E.E. Cummings)

L’ombre de mes rêves © Catherine Grangier




Mains rouges © Catherine Grangier




Le petit bal du temps perdu © Catherine Grangier
"how the(myself’s own self who’s)child will dance!" 
E.E. Cummings 73 poèmes
"comme l’(être de moi qui est)enfant dansera"
traduction Thierry Gyllyboeuf

Le petit théâtre rouge de Catherine Grangier

Il est rouge, le théâtre de Catherine. On s’y installe dans un lit d’enfant à la peinture argentée, sur un matelas de fleurs-tampons ; et on y attend le printemps, au rythme des 48 horloges qui font tourner des pantoufles (de vair ?) et des (rouges) baisers. Espace-temps d’une ronde ou d’un câlin du soir, pulsations de la mémoire.
Il se déploie au vent d’élégantes tarlatanes imprimées de gants rouges, en référence aux gantiers du quartier Saint-Laurent.
Il se suspend dans la série de dessins où deux doigts pincent délicatement fils, rideaux, nuages… . Main-marionnette et main-marionnettiste, sujet et objet de son œuvre. Photographie de la main de l’artiste qui nous offre un peu d’elle-même. (Mais on reconnait aussi le geste de Juliette d’Estrées, duchesse du Villars, qui pince le sein de sa charmante sœur Gabrielle dans le plus célèbre des tableaux de dames au bain…)
Il s’installe dans ses linogravures, fragments de corps, fille qui rêve dans un décor de fleurs ou de lignes dansantes façon tapisserie. On pense à Félix Vallotton évidemment : « La douce ligne courbe, la fantaisiste et sinueuse ligne courbe.. ».
Il envahit enfin une vidéo où l’artiste se maquille les lèvres et embrasse l’objectif qui peu à peu se tache de rouge, comme un champ de coquelicot à la Van Gogh. Et peut-être pourra-t-on admirer la Robe Coquelicot (est-ce que vous vous souvenez vous aussi d’avoir transformé sa corolle en petite dame qui valse ?).
Qu’elle « brode des incendies » ou « s’allonge pour rêver du printemps », Catherine Grangier ré-enchante le présent. Chaque œuvre se construit par un lent processus de métamorphose : l’élément du quotidien (fleur, chaussure, gant, tampon hygiénique…) entre en poésie. C’est alors que le plus modeste, le plus intime, devient émoi en partage.
Une installation en hommage au printemps de la vie, petit théâtre où tisser nos rêves en mêlant les fils du temps aux fleurs du désir, avant que l’Inévitable Parque ( tic-tac, tic-tac) ne les coupe.
Janine Desmazières - septembre 2017