Z


Le regard de Jack se perdit dans les soleils des yeux de

Zoé. Il se sentait approcher plus encore un monde qu’il

avait côtoyé maintes fois mais dans lequel il avait réalisé

qu’il n’entrerait jamais. Il se sentit défaillir, cette sourde

tristesse qui depuis quelques jours ne le quittait plus

l’abandonnait peu à peu, il n’y avait plus que la lumière,

chaude et douce qui le berçait, l’attirait, l’envahissait.

« Suis-moi », semblait lui murmurer Zoé, « suis-moi

jusqu’aux confins de ton monde une fois encore, une

ultime fois, dans un univers si familier et si étrange à la fois

où le temps s’abolissait ». La fascination de ce regard l’avait

envahi, l’égarait, il s’y abandonnait en confiance, ce qu’il

cherchait de vérité, ce qu’il cherchait de connaissance, Zoé

le savait. Ces soleils généraient une attirance magnétique,

irréversible, il se sentait consumé par tant d’intelligence

des choses, par cette connaissance autre, différente, basée

sur d’autres sens, qui troublait profondément son esprit.

Jack s’approcha de Zoé, mêlant son souffle au sien. Il y

avait en elle tant d’énergie et tant de douceur, il émanait de

cet échange une complicité de chaque instant, une

connivence totale mais tacite. Puis le temps de la nuit

s’avança, inexorablement. Les soleils l’invitaient à franchir

la porte d’un autre monde vers lequel il lui aurait suffi de

se laisser couler, de l’autre côté de ce qui semblait être pour

lui la vie. Le regard de Zoé se faisait insistant, hypnotique,

comme au seuil de la révélation, Zoé parvenue à la

frontière d’un monde où plus rien ne pourrait lui nuire,

plus rien ne pourrait l’atteindre, un monde de lumière et

d’infinie bienveillance. Et puis il y eut en lui le vide

immense, incommensurable, comme si tous les astres se

fussent éteints à la fois dans le ciel de Jack.