Plantes et Jardins
Gestion de l'eau : tout sur l'arrosage
Une bonne gestion de l'eau pour arroser moins
L’eau est devenue une ressource précieuse et limitée.
En arrosant mieux mais moins souvent et en récupérant les eaux de pluie, vous réduisez vos factures et faites un geste pour l’environnement.
- Paillez pour garder l'humidité du sol. Disposez une couche feuilles mortes (ou paille, écorce de pin, paillettes de lin, mulch d’écorces, fibres de bois, tontes de gazon…) aux pieds de vos massifs ; un voile de forçage aura le même effet au potager ;
- Un binage vaut mieux que deux arrosages. En plus de supprimer les mauvaises herbes (consommatrices de l’eau de vos plantes) vous augmenterez la capacité d’absorption d’eau de la terre ; le compost aide aussi la terre à mieux absorber l’eau ;
Un long arrosage hebdomadaire vaut mieux qu’un bref arrosage quotidien. Les plantes développeront leurs racines plus en profondeur, elles seront moins sensibles à la sécheresse. On ne peut pas donner de règles d’arrosage infaillibles pour l’ensemble des jardins, mais, d’une manière générale, deux règles sont à respecter. Les terres sableuses sont à arroser souvent en petites quantités car elles ne retiennent pas bien l’eau et ont tendance à se dessécher rapidement. A l’inverse, les terres argileuses sont à arroser moins souvent et en plus grande quantité Pensez à arroser le matin ou le soir quand l’évapotranspiration est moins forte ;
- Utilisez un goulot de bouteille plastique enfoncé au pied de la plante. La diffusion de l’eau est lente et se fait directement au niveau des racines qui l’absorbent ;
- L’arrosoir est l’ustensile le mieux indiqué pour un arrosage bien dosé ;
- Faites attention à bien arroser le pied des plants et non les feuilles car cela encourage les maladies causées par les mousses et les champignons. Pour cela préférez les systèmes d’arrosage enterrés comme le goutte-à-goutte (système particulièrement économique), les tuyaux microporeux,… Récupérez les eaux de pluies
Vive les paillis. Tout est bon pour étaler à la surface du sol des matériaux de récupération, organiques ou minéraux servant ainsi de précieux mulch. Pensez aux broyats de taille, aux tontes de gazon, au compost "maison", au tas de sable de construction non employé, au gravillon ; épandez-les en une couche épaisse de 7 cm environ afin de conserver la fraîcheur du sol et éviter la prolifération des mauvaises herbes.
Employez des distributeurs d'eau. Vous en trouverez sous forme de coins que l'on visse sur des bouteilles d'eau minérale. Une fois renversés et fichés au pied des plantes, ils dispensent cette réserve d'eau progressivement, autorisant ainsi une absence de quelques jours. Vous pouvez aussi élaborer un système de réserve d'eau muni de mèches enterrées à proximité.
Arrosez de préférence le soir. Ainsi, l'eau dispensée ne s'évaporera pas inutilement et profitera mieux aux cultures. Travaillez le sol. Un binage vaut deux arrosages. Ce vieil adage est des plus que jamais d'actualité. En décroûtant ainsi en surface, vous limiterez les déperditions d'eau par évaporation (fracture des conduits verticaux d'aération naturelle) tout en facilitant la pénétration des eaux de pluie ou d'arrosage.
Arrosez comme il faut. Inutile d'arroser trop peu et souvent, les plantes n'en profiteraient pas pleinement. Mieux vaut apporter de plus grandes quantités d'eau tous les quatre à cinq jours au lieu d'un arrosage superficiel tous les jours. Ainsi, le sol constitue progressivement des réserves en profondeur, ce qui évite de fait un enracinement trop superficiel et donc fragile.
De l'eau au goulot. C'est en arrosant au pied de chaque plante que vous économiserez au mieux l'eau. Inutile en effet d'asperger les feuillages qui s'avéreraient, de fait, plus sensibles aux maladies
Désherbez régulièrement. Faute de paillis ou mulch sur vos massifs, ne laissez pas les mauvaises herbes profiter de la richesse du terrain et de l'eau disponible. Ce serait assurément au détriment de vos plantations
Confectionnez des cuvettes. Autour des nouvelles plantations, elles retiendront l'eau d'arrosage. Au potager, creusez des sillons entre les rangs afin d'arroser plus judicieusement.
Quand arroser ?
Plusieurs écoles s'affrontent en ce qui concerne le meilleur moment de la journée pour arroser. Il convient de distinguer alors les différentes formes d'arrosages pour répondre à cette question récurrente. Si vous arrosez par aspersion (par le dessus), il est certain que vous gaspillerez plus de précieux mètres cubes si vous pratiquez en pleine journée ensoleillée, a cause de l'évaporation naturelle. En revanche, si vous arrosez ainsi le soir, vous favoriserez l'apparition de maladies sur les plantes les plus fragiles (rosiers, tomates...).
La solution idéale consiste alors à arroser tôt le matin ce qui n'est pas toujours des plus pratique. Rappelez-vous qu'en cas de forte chaleur, l'arrosage sur le feuillage en plein soleil peut parfois provoquer des brûlures sur les plantes les plus sensibles. En revanche, si vous appliquez des arrosages locaux, c'est-à-dire directement à la base des plantes, vous pourrez opérer quand bon vous semble, sans risque pour le feuillage. Toutefois, l'arrosage le soir "à la fraîche" est alors préférable car vous ne gaspillerez pas inutilement pas l'eau (peu d'évaporation) et les plantes seront plus aptes à en profiter
Quel matériel choisir ?
L'arrosoir est encore indispensable pour les petits arrosages ponctuels ou loin de toute source d'eau sous pression. Cet arrosage est doux "au goulot" au pied des plantes ou en pluie avec une pomme (n'hésitez pas à l'orienter vers le haut) indispensable pour les semis.
Le tuyau d'arrosage est quasiment universel pour peu que l'on possède un puits et une pompe ou que l'on utilise l'eau du réseau (mais à quel prix ?).
Paillage : pourquoi et comment le réaliser ?
Mauvaises herbes : comment vous-en faire des alliées ?
Plantes indicatrices
Elles sont également de très bonnes indicatrices. Leur caractère spontané les rend très intéressantes. Elles sont ainsi révélatrices de la nature et de la qualité de votre sol.
Quelques exemples :
Sols fertiles : ortie, gratteron, lamier, bourrache, véronique, mouron des oiseaux, cirse champêtre, fumeterre, laiteron, pissenlit, séneçon.
Sols généralement pauvres : coquelicot, oseille.
Sols acides : espargoutte, oseille, plantain, renouée des oiseaux.
Sols alcalins : pensée sauvage, oreille de mulot, coquelicot, sanve.
Sols compactés : graminée, camomille sauvage, potentille ansérine.
Sols mal drainés : prêle des champs, renoncule rampante, potentille ansérine, tussilage, oseille, fleur-de-coucou, langue d’oie, fausse morgeline, sauge, mousse.
Retrouvez dans ce tableau quelques exemples pour adapter vos plantes à votre sol :
Un moyen d’attirer les auxiliaires dans votre jardin
Les « mauvaises herbes » sont un moyen de nourrir la faune de votre jardin tout au long de l’année. Par exemple le trèfle, le bec de grue, le myosotis, le lierre, la reine des prés, la valériane,… ont des fleurs très appréciées des abeilles.
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Le binage est un complément efficace de la pratique de paillage : le passage de la binette (ou du sarcloir) permet d'ameublir la terre sur quelques centimètres : la remontée d'eau par capillarité à la surface du sol, et par conséquent son évaporation, sont ainsi considérablement freinées.
A mesure des nettoyages de fin d’hiver ou des plantations, il faut tout pailler, afin de ne plus avoir un décimètre carré de terre nue.
Dès mars, le nettoyage des vivaces et les tailles diverses fournissent le premier approvisionnement pour le broyeur. Les résidus sont étalés sur le sol déjà désherbé et ameubli. En général, ce matériau suffit pour la première couche (5 à 7 cm) des massifs de vivaces et du potager. Mais avec l’arrivée des beaux jours, la terre digère vite ce paillis qu’il faut renouveler.
En mai, piocher dans la réserve de feuilles mortes amassée en novembre (tilleul, frêne, érables, charme, chêne..) : mélangées à l’herbe des premières tontes, elles fournissent un excellent matériau pour les légumes et les annuelles (8 à 10 cm d’épaisseur).
Pour les légumes d’été, tomates, concombres, choux, blettes, il reste encore la feuille de platane : coriace, elle dure longtemps et peut remplacer la paille.
À partir de mai-juin, la difficulté est d’avoir un sol assez mouillé pour pailler : en effet, pailler sur sol sec conduit à la catastrophe, puisqu’on conserve la sécheresse dans le sol.
Arroser dès que les dernières traces d’humidité ont disparu à la surface du sol et, de manière plus urgente encore, lorsque que la terre commence à se fendiller. Arroser en soirée ou la nuit permet de diviser par deux les pertes par évaporation, et d’éviter les brûlures occasionnées sur les feuilles par les gouttelettes.
Observer le jardin, plutôt le matin, et non l’après-midi, en plein soleil, quand tout est flagada ! Après un orage, gratter le sol pour évaluer précisément ce qui est tombé : une ondée laisse souvent la terre sèche sous le paillis, et ne dispense pas d’arroser
Privilégier l’arrosage individuel : arrosoir, goutte-à-goutte, tuyaux microporeux, etc. Éviter les systèmes par aspersion. Et évidemment mieux vaut opter pour l’eau de pluie récupérée !
Brigitte Lapouge-Déjean
En ces temps où l’eau se fait rare, évitez les arrosages à l’asperseur, source de gaspillage. Privilégiez les arrosages localisés, à commencer par l’indétrônable arrosoir, idéal dans les petits jardins. Ce peut être aussi de simples bouteilles plastiques percées, et installées au pied des plants (tomates par exemple). Sinon, vous pouvez opter pour des systèmes plus élaborés : tuyaux goutte-à-goutte, tuyaux microporeux, raccordés au réseau, ou mieux, à une réserve d’eau de pluie que vous aurez récupérée à partir du toit de votre maison.
© Jean-Jacques Raynal
Pailler est indispensable pour protéger la terre et l’enrichir grâce aux phénomènes de décomposition, et garder le maximum d’humidité dans le sol. Vous pouvez utiliser une multiplicité de matériaux. Conseils.
Évitez d’acheter des paillis coûteux provenant de régions éloignées. Ce n’est pas très écologique, d’autant que vous avez sans doute chez vous des déchets verts qui peuvent parfaitement convenir : feuilles mortes (toutes), tonte de pelouse sèche et sans graines (évidemment sans traitement), rameaux fragmentés (BRF), petits déchets secs du jardin. Si l’aspect esthétique ne vous déplaît pas, les cartons peuvent aussi convenir.
Utilisez votre tondeuse, pratique, rapide, facile d’usage, pour réduire en menus morceaux plus faciles à étaler les feuilles larges ou coriaces, les petites branches vertes et tendres des rosiers, arbustes horticoles, les tiges sèches des fleurs fanées…
Epaisseur du paillis (ordre de grandeur) : très fin : 2 mm ; fin : 2 à 10 mm ; assez fin : 1 à 2 cm ; épais : 2 à 5 cm.
Denis Pépin