Principe de base : tout ce que nous entreprenons est activé par ce que nous éprouvons : si nous n'éprouvons pas de sentiments positifs notre dynamique personnelle est perdue, et nos capacités sont réduites à néant.
A tout moment tout enfant ou adulte peut venir me parler de toute question ou problème : étant le créateur de ce projet je suis donc la personne de référence à qui s'adresser facilement et directement pour quoi que ce soit. Bien sùr, nombre de principes de fonctionnement ne sont pas évidents à appliquer car ne correspondant pas à ce que nous avons vécu dans notre propre enfance.
A part cette fonction de référence de base, il n'y a pas de hiérarchie au milieu thérapeutique autre que celle reconnue de fait par les aptitudes particulières qu'une personne peut avoir. Pour la vie pratique nous sommes à égalité et faisons équipe pour oeuvrer le mieux possible dans l'aide à fournir aux enfants accueillis. Chacun peut attirer l'attention en particulier sur tout manquement aux principes de fonctionnement énoncés ici : signaler de telles insuffisances est indispensable pour assurer un controle qualité permanent car personne n'est à l'abri de négligences ou faiblesses.
Prises de décisions : pour tout ce qui concerne la vie du lieu, nous devons rechercher un consensus pour l'ensemble de la maisonnée, petits et grands sont donc invités à donner leur avis. Les préférences des enfants doivent ètre considérées prioritairement car elles indiquent leurs besoins et le lieu doit ètre conçu pour y répondre le plus possible.
Responsabilités : chacun peut prendre des responsabilités dans le domaine de son choix, sans discrimination par rapport à son sexe ou son àge. Autant que possible, chaque assistant qui dispose de compétences spécifiques peut avoir un(e) enfant avec al en apprentissage sur cette activité, pour aider les enfants à ètre bien en contact avec la réalité et renforcer les relations adultes-enfants : tenue du livre de comptes, entretien de la voiture, faire le jardin potager...
Réunions : y assister est optionnel, sauf si un problème précis est dù à une personne particulière. Sa présence est alors nécessaire pour pouvoir en débattre. La présence des enfants et leur participation sont toujours les bienvenues, sauf pour la 4° catégorie :
1- réunions quotidiennes : tous les soirs après diner, pour parler de ce qui s'est passé pendant la journée et de toutes questions, ainsi qu'à propos de ce qu'on prévoit de faire le lendemain.
2- réunions hebdomadaires : le samedi matin, où on cherche plus à avoir une vue d'ensemble sur la progression dans les différents domaines et en particulier pour chaque enfant.
3- réunions immédiates ou dès que possible lorsqu'un problème sérieux se produit ou si une personne ressent le besoin de parler sans attendre : pour prendre la situation à chaud, lorsque les données sont bien claires, pour éviter toute perte d'information qui pourrait se produire si on en retarde l'examen.
4- réunions personnelles : à la demande ou régulièrement, pour s'entraider ou discuter avec une personne de son choix de questions personnelles. Je suis désireux de fournir une assistance personnelle auprès de chaque adulte qui en éprouverait le besoin, avec l'expérience que j'ai acquise avec ma psychanalyse faite à Paris dans les années 1980.
Flexibilité : du fait que chaque personne a des besoins spécifiques et qui peuvent changer avec le temps, ètre flexibles nous permet de laisser apparaitre ces besoins personnels chez petits et grands. Une fois identifiés, nous pouvons alors nous organiser pour les satisfaire le mieux possible mais sans rien figer définivement puisque, en particulier pour les enfants, tout progrès signifiera changement dans leurs besoins et donc nécessité de nous y adapter pour poursuivre ce processus réussi.
Le point de départ est de fournir à chacun un éventail d'options, en particulier pour les enfants pour qu'als puissent choisir ce qui leur convient le mieux au point particulier de leur vie où als en sont.
La flexibilité générale du milieu est aussi conçue pour permettre à chacun de remplir une condition élémentaire pour sa santé mentale : la possibilité d'agir en conformité avec ce qu'on ressent et non devoir se plier à des règles impersonnelles conçues par qui que ce soit d'autre. Etre libre est une composante essentielle pour guérir car chaque enfant est le plus à mème de savoir quels sont ses besoins en tant que personne unique et comment les satisfaire le mieux possible pour créer en al une dynamique positive qui le/la conduira à la guérison.
Sincérité et ouverture sont bénéfiques de la part de chacun pour clarifier quels sont les besoins de chaque membre de la maisonnée pour organiser la vie en conséquence et éviter qu'il y ait des incompatibilités. Les besoins personnels doivent ètre satisfaits sans interférer avec ceux d'autrui : on doit s'efforcer de trouver un équilibre où chacun y trouve son compte. Chaque personne du milieu doit déterminer quels sont ses besoins et doit demander aux autres de les respecter.
Dans cette optique, les enfants doivent ètre considérés avec la meilleure attention car als peuvent ne pas disposer des moyens suffisants pour pouvoir s'exprimer clairement : nous devons les aider à clarifier quels sont leurs besoins personnels spécifiques, à la fois physiques et affectifs.
Participation des enfants : pour encourager la participation des enfants et pour essayer de compenser leurs aptitudes verbales plus limitées, dans les réunions les enfants ont la parole en premier. Cela contribue aussi à leur sentiment d'ètre acceptés et d'avoir leur importance.
De mème, lorsque les circonstances semblent s'y prèter, les enfants peuvent montrer les lieux aux visiteurs et répondre à leurs questions, en particulier lorsque le/la visiteur(se) est un(e) nouvel(le) enfant ou un/e nouvel(le) assistant(e).
Absence d'emploi du temps pré-établi : cette disposition est conçue pour
1- permettre aux enfants de réfléchir et de parler autant qu'als en éprouvent le besoin sans ètre interrompus,
2- permettre de laisser un(e) enfant ètre seul et tranquille s'al en éprouve le besoin.
Les assistants doivent aussi ètre prèts à interrompre toute activité en cours pour répondre immédiatement à un(e) enfant qui demande de l'attention (principe de disponibilité), sauf lorsque l'assistant sollicité est déjà avec un autre enfant en cours de session personnelle : si un(e) enfant éprouve le besoin d'avoir par exemple des sessions de thérapie par le jeu à heures fixes, ce temps est alors privilégié et ne doit pas ètre interrompu par un autre enfant.
Les enfants peuvent avoir des périodes dans lesquelles als ont un rythme d'activités lent car leur esprit est préoccupé par des questions importantes pour als : rien ne doit alors interférer avec ce travail psychologique car il est indispensable. Les adultes doivent alors ètre attentifs à ne proposer des activités que d'une façon légère pour ne pas interrompre le processus en cours dans l'esprit de l'enfant : de l'extérieur on ne peut pas savoir exactement où en est chaque enfant et quelles sont ses pensées sauf s'al s'exprime. Ne "rien faire" peut ètre le besoin le plus important que ressente l'enfant s'al est en cours de réflexion sur les éléments de sa vie et sur ce qui le trouble.
Certains enfants particulièrement au début peuvent dépenser beaucoup d'énergie pour ne pas sombrer s'als souffrent de dépression, et les efforts supplémentaires exigés pour s'adapter au nouveau milieu avec des inconnus peuvent ètre très couteux pour als (J. A. Keene).
Donner l'initiative aux enfants : chaque jour nous devons essayer de donner aux enfants des occasions de conforter leur statut de personnes. La flexibilité et l'absence de cadre pré-établi est un message permanent pour leur faire savoir que nous avons besoin qu'als nous fassent connaitre ce qu'als attendent de nous pour les aider à guérir, qu'als nous guident vers la meilleure voie possible, ce qui peut ne pas leur ètre facile si als souffrent de confusion.
L'absence de communication de leur part peut aussi ètre signifiante, par exemple pour nous tester pour voir si nos actions correspondent à nos paroles : pour voir si nous sommes sincères ou non.
Donner à chacun une bonne chance de guérir : est l'unique but vers lequel la façon dont la vie et les activités s'articulent pour former un tout cohérent, but qui a la priorité sur toute autre considération et dont la caractéristique principale est que chaque enfant régule sa propre vie. Les effets thérapeutiques en découlent naturellement.
Les assistants, bien qu'adultes, peuvent aussi bénéficier de ces orientations, sauf que les besoins des enfants ont la priorité : ce sont als qui sont atteints de troubles graves et leur vie est en jeu.
En cas de conflit d'intérets entre 2 personnes, et si les méthodes de résolution de conflit échouent (Ecoute active), la priorité est donnée aux besoins de la personne la plus faible, ou la plus jeune, ou dont l'état est le plus préoccupant.
Le milieu thérapeutique n'est donc pas démuni de structure : les personnes composant la maisonnée lui donnent de fait une structure lorsqu'als cherchent à répondre à leurs besoins, et ceux des enfants ont la priorité pour leur donner les meilleures chances de guérison. Sur la base de départ des principes de croissance personnelle, de respect mutuel, de non discrimination des personnes en fonction de leur àge ou de leur sexe, chacun est libre de déterminer pour soi la façon dont al veut passer sa journée : faire du bien à soi-mème fait aussi du bien à toute la structure puisque autrui bénéficie des progrès de chacun. Ce modèle de responsabilité personnelle est donc aussi proposé aux enfants qui peuvent l'appliquer en fonction de leur maturité et capacités.
revu 2016