"Nous ne sommes pas seulement responsables du mal que nous faisons, nous sommes aussi responsables du bien que nous ne faisons pas" (Hannah Arendt).
Nous devons prendre des précautions pour protéger les enfants car certains parents refusent à leur enfant le droit de guérir
1°) soit parce que de tels parents pensent que leur enfant est incurable, voulant ètre convaincus que la cause des troubles ou maladie dont est atteint leur enfant est de nature biologique ou héréditaire
2°) soit les parents refusent de voir que leur enfant souffre
3°) soit les parents refusent de voir qu' als causent les perturbations ou la maladie chez leur enfant par ce qu' als lui font subir
4°) soit les parents ont besoin d'avoir en permanence un(e) enfant dépendant(e) sur qui satisfaire leurs besoins pathologiques de domination sur un ètre sans défense.
Au milieu thérapeutique les enfants ne sont donc pas forcés à
- ètre en présence de qui que ce soit qui veuille venir les voir
- aller passer la nuit, un week-end ou des vacances avec qui que ce soit que les enfants ne veuillent pas ètre : parents, famille, amis
cela pour garantir leur respect, leur sécurité et leur guérison.
Nous maintiendrons néanmoins un contact avec ces personnes mème dans le cas où l'enfant concerné(e) refuse de les voir, et le refus de la part de l'enfant ne signifie pas qu'il est définitif : le refus correspond à un besoin chez l'enfant qui ne sera pas forcément permanent.
Nous comprenons tout à fait qu'ètre refusé par son propre enfant peut ètre très douloureux, mais nous avons le devoir, puisque nous avons choisi une pratique thérapeutique, de donner la priorité aux besoins de l'enfant sur les besoins de qui que ce soit d'autre. Il faut aussi que les parents acceptent de se rendre compte que l'attitude de leur enfant vis à vis d' als est la conséquence de la façon dont les parents l'ont traité : ètre honnète signifie que l'on accepte la responsabilité de nos actes sur autrui.
Pour traiter les enfants avec un réel respect, als ne doivent pas ètre soumis à la volonté d'adultes car cela les maintiendrait dans un sous-statut dans lequel als n'ont pas le droit d'avoir une volonté propre, ce qui serait contraire à une bonne santé mentale, et reviendrait à signifier que les enfants ne sont pas des personnes mais des sous-humains.
Lorsque les enfants ne sont pas forcés d'ètre en contact avec qui que ce soit, cela peut les aider à révéler l'existence de mauvais traitements sans avoir à à craindre des représailles de la part du/des abuseur(s). Après que les abus ont été révélés, les enfants peuvent pleinement se rendre compte des conséquences que ces méfaits ont sur leur personnalité et sur leur vie car als se trouvent à présent en sureté.
Nous devons ètre prudents car dans certains cas les parents les plus agréables et les plus courtois se comportent très différemment en privé avec leur enfant : une étude sur la moralité a montré que "ce que les gens expriment verbalement à propos de l'honnèteté n'a rien à voir avec la façon dont als se comportent en réalité. Exemple : les gens qui trichent expriment autant sinon plus de désapprobation sur le fait de tricher que ceux qui ne trichent pas" (Lawrence Kohlberg & Turiel).
Nous ne devons donc pas accepter par avance comme vrai tout ce que les parents affirment, nous devons exercer notre jugement et considérer avant tout ce que ressent l'enfant concerné(e) car ses sentiments constituent un indicateur explicite de la situation.
Certains parents sont passés maitres dans l'art de faire croire à autrui qu' als aiment sincèrement leur enfant et ne veulent que son bien : nous pouvons voir si les actes correspondent aux déclarations, d'autant que pour certains parents mystifier autrui fait partie de leur névrose. La mort par suicide ou autre "accident" des enfants de Victor Hugo, Georges Simenon, Patrick Poivre d'Arvor... fait apparaitre une autre réalité que celle de l'amour absolu exprimé dans leur littérature.
Il faudrait que nous sachions prendre toute la mesure de la nocivité parentale qui conduit à la mort nombre d'enfants, pour enfin reconnaitre cette réalité et organiser en conséquence une réelle prévention, faute de quoi un pourcentage important d'enfants continuera de souffrir et mourir. Avec chaque enfant qui meurt ou reste handicappé(e) à vie, c'est un peu plus d'avenir qui disparait : l'ampleur du problème est en réalité considérable et vouloir l'ignorer permet à la situation d'empirer. La dépopulation en France est en cours depuis plusieurs décennies, nombre d'officiels se sont comportés comme si toutes ces morts d'enfants n'avaient aucune importance : les conséquences de ce refus de protéger les enfants apparaissent de plus en plus au fur et à mesure que le trou démographique se creuse.
revu 2016