"Ne faites pas à un(e) enfant perturbé ou malade ce que vous ne feriez pas à un adulte en bonne santé."
Ce principe est la règle morale de base quand on est avec un(e) enfant malade ou perturbé(e). Mème lorsqu' un(e) enfant est gravement atteint(e), al reste un ètre humain sensible et doit ètre traité(e) comme tel(le).
Nous constatons que le fréquent manque de respect dont sont victimes les enfants en général et ceux qui sont malades ou perturbés en particulier arrive parce que mème les enfants en bonne santé sont sans défense, et le sont à plus forte raison lorsqu' als sont malades ou perturbés. Pour beaucoup d'adultes, dominer les enfants va de soi par la tendance naturelle des grands à imposer leur volonté aux petits.
Violence envers un(e) enfant : les assistants ne doivent jamais ètre physiquement ou verbalement violents, als doivent garder le controle d'als-mèmes. Si une situation avec un(e) enfant se dégrade au point où un(e) assistant(e) se sent près d'ètre débordé(e) par des émotions de colère et de frustration, al doit alors demander de l'aide ou demander à un(e) autre adulte de prendre la suite avec l'enfant pour éviter une crise qui ne ferait de bien à personne.
Aucune punition ni de menaces de punitions ne doivent ètre utilisées. Les provocations pouvant émaner d'un(e) enfant ne doivent pas ètre réprimées mais doivent ètre analysées.
Maitriser physiquement un(e) enfant n'est possible qu'en cas d'urgence ou pour protéger un(e) autre enfant.
La mise à l'écart ou tous autres moyens destinés à intimider ou faire peur à un(e) enfant ne doivent pas ètre utilisés. La guérison pour se produire a besoin d'un cadre de compassion, pas d'un cadre de crainte : les assistants sont là pour proposer de l'aide aux enfants, et pas pour se faire craindre.
L'application des règles morales communes est efficace par la sincérité des assistants lorsqu'als expliquent pourquoi une règle doit ètre suivie.
Mais si un(e) enfant s'avérait ètre violent(e) à répétition et agressait les autres au-delà de ce que nous pouvons contenir, l'enfant serait alors informé(e) qu'al risque d'ètre renvoyé(e) du projet.
Faire pleurer un(e) enfant quelles que soient les circonstances est inacceptable car cela montre qu'on lui fait de la peine, c'est à dire qu'on agit d'une façon contraire à ses besoins. Lorsqu'on se rend compte qu'un(e) enfant éprouve de la peine, on doit arrèter immédiatement ce qu'on essaie de faire, et cela avant d'en arriver au point où l'enfant commence à pleurer. Personne, quels que soient ses titres, diplomes ou position sociale n'a le droit moral de faire souffrir quelqu'un d'autre, en particulier dans le cadre d'une situation avec un(e) enfant, et à plus forte raison lorsqu'il s'agit d'un(e) enfant malade ou perturbé(e).
Néanmoins, si lorsqu' étant avec un(e) assistant(e) un(e) enfant commence à pleurer, cela peut ètre positif si l'enfant laisse ainsi ressortir des émotions refoulées lorsqu' al a été négligé(e), abusé(e) ou maltraité(e). Dans ce cas, les pleurs de l'enfant lui seraient très bénéfiques car cela serait proprement thérapeutique, appelés "abréaction", ce qui signifie réaction émotionnelle normale différée.
Mais les adultes sont souvent mal à l'aise en présence d'un(e) enfant qui pleure, aussi als essaient de faire cesser les pleurs : cela serait une lourde erreur, car en thérapie on s'efforce au contraire d'encourager l'enfant à extérioriser tout sentiment ou émotion négative de tristesse, peine, peur ou colère qui peut faire surface en al lorsque les conditions sont favorables, et il faut laisser l'enfant s'en libérer aussi longtemps que nécessaire.
Cadre moral : à l'origine, chaque enfant (donc tout le monde) nait avec un sens clair de ce qui est juste, qui ensuite peut ètre perverti par de mauvaises expériences avec des adultes. En conséquence, il est absolument nécessaire de traiter chaque enfant d'une façon juste et considérée, et les adultes doivent bien se comporter pour que les enfants retrouvent une base saine pour conduire leur vie et ètre à nouveau capables de distinguer le bien et le mal.
Nous proposons d'informer les enfants sur quoi que ce soit qu'als voudraient savoir à propos de leur passé ou de leurs parents, pour ne pas les laisser dans la confusion ou le doute sur des faits de première importance pour als et pour leur vie.
D'autre part, les enfants ont aussi le droit de refuser de connaitre toute donnée qui leur causerait de la peine : les enfants décident des limites de ce qu'als veulent savoir. Donc si un(e) enfant pose une question à propos de sa famille, nous avons le devoir de répondre honnètement et pleinement dans la mesure de ce que nous savons, mais en restant dans la limite de ce que l'enfant veut savoir parce qu' al pourrait ne pas ètre prèt à entendre plus.
De mème, chaque enfant peut voir librement son dossier et nous proposons alors de lui expliquer les mots qu' al ne comprendrait pas.
Cohérence du lieu : les règles sont les mèmes pour chaque membre de la maisonnée, petit ou grand, pour favoriser les bonnes relations et la mutualité.
L'amour et les soins aux enfants doivent ètre fournis sans attendre de gratitude en retour de leur part parce que cela les placerait dans une position de dépendance : l'amour sincère est toujours désintéressé, c'est un don et non un investissement. Chaque enfant est donc libre de nous quitter à sa convenance sans devoir quoi que ce soit à qui que ce soit, comme dans les meilleures relations que nous pouvons avoir à connaitre dans notre vie personnelle. Les assistants reçoivent leur part de plaisir et d'intéret au cours du processus d'aide à chaque enfant. Si les assistants attendaient de la gratitude de la part des enfants, cela signifierait que ces adultes n'ont pas trouvé leur tàche d'assistance et d'ètre en compagnie de ces enfants suffisamment riches humainement.
Comme dans toute famille, lorsque les enfants ont grandi et se sentent prèts à s'en aller pour vivre leur propre vie, les parents n'en attendent pas un retour personnel : le bonheur vécu pendant le temps passé ensemble est suffisant, les parents bien avisés ne veulent pas enfermer leurs enfants dans une dépendance à vie par gratitude dùe.
L'amour sincère signifie laisser l'autre ètre libre (voir la page Dépendance ou amour).
Les enfants peuvent rester sans limite de temps : pour respecter leurs besoins. Notre but est de guérir des enfants en souffrance mais mème après qu'un(e) enfant soit guéri(e), al peut continuer à rester au milieu thérapeutique si l'enfant en ressent le besoin. Cette option est nécessaire pour fournir aux enfants une appartenance et une stabilité, sans risque d'ètre rejetés ou abandonnés.
La liberté comme droit fondamental : pour nous, la liberté est une valeur humaine fondamentale, garantie par la constitution des pays démocratiques. Nous voulons donc que chacun ait droit à la liberté, sans discrimination tenant à son àge, sexe, race ou culture, et nous voulons traiter les enfants avec le mème respect que celui dù aux adultes.
De plus, sans liberté il n'est pas possible d'avoir de bonnes relations : la liberté est la base du respect d'autrui. Avec les enfants les seules exceptions sont les cas d'urgence et de danger immédiat. Seules les relations consenties peuvent ètre heureuses.
Avec des personnes diminuées parce que perturbées ou malades, et en particulier avec de tels enfants, nous devons rester particulièrement attentifs à la façon dont nous les traitons parce que, comme als sont dégradés, als sont moins en position de se défendre et de protester si nous oublions leurs droits.
Nous ne valorisons donc pas le fait d'avoir du pouvoir sur autrui, au contraire nous préférons l'éviter le plus possible puisque faisant obstacle à la guérison et à la croissance des enfants, et est contraire au respect qui leur est dù.
Redéfinir les relations adultes - enfants :
La qualité des relations que nous avons avec les enfants est altérée si nous nous plaçons dans une position de domination sur als car alors nous ne les respectons pas et nous leur présentons un mauvais modèle d'attitude.
Nous pensons que les enfants et les jeunes n'ont pas à plaire aux adultes et doivent trouver leurs propres voies pour atteindre une vie pleine, créative et heureuse. Les jeunes générations doivent savoir prendre soin d'elles-mèmes car plus tard les adultes ne seront plus là, le futur appartient aux enfants. Nous pensons donc qu'il est de la responsabilité des adultes d'aider les enfants à trouver leurs propres voies personnalisées pour s'accomplir et épanouir leurs qualités uniques individuelles.
Retirer un(e) enfant du milieu thérapeutique contre sa volonté ne doit pas arriver car cela serait traiter l'enfant comme si al était un objet propriété d'autrui, sans égard pour ses sentiments et ses besoins.
Données communiquées à des tiers :
"Le thérapeute ne doit pas trahir la confiance de l'enfant en communiquant des données à un parent ou à qui que ce soit d'autre qui pourrait demander ce que l'enfant a dit ou fait pendant les séances de thérapie" (Virginia Axline). Pour pouvoir communiquer à des tiers toute information sur l'enfant, on doit d'abord recevoir le consentement de l'enfant.
Néanmoins le consentement de l'enfant n'est pas requis dans les cas de signalement obligatoire par la loi lorsque l'enfant risque d'ètre à nouveau maltraité(e) ou si un risque apparait pour un(e) autre enfant. Mais avant d'effectuer le signalement, l'assistant(e) doit expliquer à l'enfant pourquoi il est nécessaire de le faire puisqu'il s'agit d'une exception au devoir de confidentialité.
Techniques de modification du comportement (behavioriste) :
Ne sont pas utilisées au milieu thérapeutique car elles aliènent plus encore les enfants d'als-mèmes puisqu'als doivent exister selon la volonté d'adultes plutot que selon ce qu'als ressentent, et les enfants doivent en plus souffrir l'humiliation d'ètre manipulés.
De telles pratiques sont faites pour satisfaire les besoins des adultes, pas les besoins des enfants, elles n'aident donc pas les enfants à guérir ni à devenir des personnes indépendantes.
Si un(e) enfant exprime un comportement sexuel, al ne doit pas ètre ni encouragé(e) ni réprimé(e) mais plutot on doit l'inviter à exprimer verbalement ce qu'al ressent comme cela peut ètre une bonne opportunité de le/la libérer de traumatisme(s) de nature sexuelle qui le/la conduit à une compulsion de répétition tant qu'on ne lui fournit pas une aide proprement thérapeutique.
Réprimer n'est pas thérapeutique, analyser l'est.
Ethique avec les animaux : il n'y a aucune cage ni aquarium au milieu thérapeutique car la détention permanente d'animaux dans des petits espaces les fait souffrir et peut les faire mourir lentement.
Pour notre alimentation, nous achetons oeufs et produits laitiers provenant d'exploitations de pleine air. Les produits de fermes-usines dans lesquelles les animaux ne sortent jamais sont malsains, le corps des animaux qui souffrent de mauvaises conditions de vie produit des toxines qui sont autant de poisons pour les consommateurs.
"Considérez comment vous voudriez ètre traité et traitez les animaux de cette façon" (B. Scheunemann). Forcer des animaux à vivre dans des conditions non naturelles et les faire souffrir en les brutalisant n'est jamais acceptable.
En général, pour éviter de financer de telles dérives, notre régime alimentaire tend à ètre végétarien mais nous ne cherchons pas à ce que les enfants adoptent cette tendance, nous les laissons libres de choisir ce qu' als préfèrent.
revu 2016