Composants de base pour guérir des enfants par la thérapie de milieu :
respect + amour + psychothérapie + placement en milieu de taille familiale.
Si un composant manque, le processus risque d'échouer. De nombreux services, programmes et professionnels n'ont pas tous les composants et en conséquence les enfants concernés ne guérissent pas et sont diagnostiqués "incurables", mais en fait l'échec vient de ce que les conditions thérapeutiques n'ont pas été suffisamment fournies.
Parfois l'omission est délibérée, exemple : fréquemment on ne fournit pas aux enfants autistes une psychothérapie pour nier le fait que leurs perturbations sont causées par des facteurs émotionnels après avoir été maltraités. Et on persiste dans la négligence en se justifiant par la fausse raison que l'autisme est causé par des anomalies neurologiques.
Définition de la guérison : lorsque les enfants ont atteint un niveau de santé mentale et physique comparable à celui des autres personnes du mème àge, leur permettant d'aller à l'école, avoir des amis, suivre une formation professionnelle ou étudier, trouver un emploi et le garder, créer leur propre famille, et d'une façon générale rester définitivement débarrassé de tout symptome.
"Habituellement le mieux est de se concentrer sur la journée avec l'enfant et ne pas se soucier au-delà : le progrès vient jour après jour, et sans plans à long terme puisque c'est l'enfant qui guide l'ensemble du processus. Les journées qui se succèdent vont petit à petit apporter la guérison" (Bruno Bettelheim).
Résultat : les preuves de progrès chez les enfants sont le meilleur controle qualité. Si aucun signe de progrès n'apparait avec un(e) enfant malgré une bonne période de temps écoulée, cela signifie que quelque chose est manquant pour aider efficacement cette petite personne, et cela requière une revue critique de ce qui a été fait jusque-là. Si après qu'on a effectué des changements les signes de progrès sont toujours absents, nous pouvons alors parler avec l'enfant si on pourrait envisager un changement de lieu, et tenter de déterminer pourquoi nous échouons pour venir en aide à cet(te) enfant particulier, et lui exprimer nos regrets et notre préoccupation pour al.
Evaluation du progrès : est faite selon des indicateurs simples et clairs :
1- est-ce que l'enfant se sent mieux à présent : sourit, joue, rit, montre des signes de bien-ètre, de bonheur ?
2- est-ce que l'enfant mange, dort mieux à présent ?
3- est-ce que l'enfant parle, va vers autrui, entre en relation avec les autres à présent ?
4- est-ce que l'enfant devient indépendant pour les soins de son corps ?
5- est-ce que les symptomes spécifiques qui étaient signe de souffrance en al décroissent à présent ? Par exemple, est-ce que l'enfant devient moins violent ou moins déprimé ?
6- est-ce que l'enfant apprend les aptitudes de base : lire, écrire, compter ?
7- si l'enfant souffre de handicaps physiques ou de maladie(s) de nature psychosomatique, est-ce que les symptomes sont en régression ? Par exemple, est-ce que son cancer entre en rémission ?
Durée du processus thérapeutique : certains enfants ayant été gravement atteints dans leur ètre, leur guérison pourrait nécessiter un certain nombre d'années et on ne peut espérer voir un progrès rapide.
De toutes façons, on ne peut jamais prédire à l'avance combien de temps le processus prendra et s'il se produira bien. En conséquence un plan d'action prédéterminé serait contre-productif de la mème façon qu'une personne entreprenant une psychanalyse ne doit pas préparer à l'avance de quoi elle va parler à la prochaine séance, car cela maintiendrait son ego sur le devant et empècherait les remontées de l'inconscient, causant une inefficacité pure et simple du processus.
Règle de séjour non limité : quel que soit les progrès accomplis par les enfants, aucun ne devrait ètre retiré du projet sans son consentement. Nous devons insister sur le fait que mème si un(e) enfant est complètement guéri(e), al conserve l'option de rester avec nous si al le souhaite, nous exercerons aucune pression pour qu'al parte. Et mème si un(e) enfant atteint l'àge adulte et n'éprouve pas le besoin de s'en aller ailleurs, nous ne chercherons pas à ce qu'al quitte le lieu, mais nous lui proposerons qu'al prenne une plus grande part dans les activités et nous essaierons qu'al gagne plus d'indépendance pour sa vie personnelle.
Cette règle de séjour non limité est nécessaire
1- pour raison d'humanité : nous ne voulons jamais avoir à rejeter une jeune personne qui considère que son unique foyer est le lieu du projet, et
2- pour raison de thérapie : si les enfants savaient qu'ètre guéris entrainerait leur renvoi du lieu, il y aurait le risque que certains d'entre als éviteraient de progresser par peur d'ètre rejetés : cela serait contre-thérapeutique.
Exemple tragique d'enfant rejetée : à l'hopital psychiatrique de Lannemezan dans les Hautes-Pyrénées dans les années 1980, une fille y ayant "à peu près trouvé sa place" y resta en permanence et en grandissant aida le personnel avec les autres enfants plus jeunes. Malheureusement lorsqu'elle atteignit l'àge de 16 ans, administrativement elle dùt rejoindre le service femmes adultes qui comportait un grand nombre de femmes àgées terminant là leur vie. La perte des relations avec le personnel du service pour enfants ajoutée à la fréquentation permanente de personnes àgées démentes la poussa au désespoir. Elle se suicida d'une façon traduisant bien le fait qu'elle ne pouvait supporter la vue quotidienne de personnes dégradées et sans espoir de guérison : elle se creva les yeux (histoire racontée par le personnel).
Lorsque les enfants veulent quitter le projet, nous leur proposons de les suivre et de les aider en cas de besoin, et nous restons désireux de savoir comment est leur nouvelle vie. Les résultats lorsque connus sont notés en tant qu'évaluation de succès à long terme.
revu 2016