Etre disponible :
Il s'agit plus d'un mode de vie que d'un emploi ordinaire : comme dans toute famille, lorsqu' un(e) enfant a besoin d'assistance, il faut la lui fournir sans tarder, quelle que soit l'heure, et se satisfaire de revenus non assurés. Dans l'idéal, la plupart du temps les assistants devraient ètre disponibles pour répondre à tout moment à toute demande directe ou indirecte émanant d'un(e) enfant. "Je n'ai pas le temps", "pas maintenant", "on verra ça plus tard" sont des réponses à proscrire absolument car contre-thérapeutiques : elles signifient que l'enfant n'est pas la priorité alors que l'aide aux petites personnes constitue la raison d'ètre du projet.
La proportion d'un(e) adulte pour un(e) enfant devrait permettre d'assurer une présence efficace en continu, tout en permettant aux assistants d'avoir du temps libre pour leur vie personnelle et se reposer.
Les assistants habitent sur place ou hors du lieu, en fonction de leurs préférences et de leurs besoins personnels. Nous veillons de toutes façons à ce que les enfants accueillis disposent d'une présence permanente nuit et jour d'au moins 2 adultes simultanés.
Besoins personnels des assistants : ne doivent pas ètre négligés, aucun sacrifice n'est exigé de qui que ce soit, ce serait montrer un mauvais modèle aux enfants puisqu' ètre en bonne santé inclut aussi prendre soin de soi-mème.
Chacun est en droit de rechercher la satisfaction de ses besoins personnels et de développer ses capacités le plus possible pour le meilleur épanouissement. Il nous faut dans la pratique arriver à équilibrer les besoins différents chez des personnes différentes, petites et grandes.
Difficultés personnelles chez les assistants : chacun doit pouvoir confier ses troubles personnels ou préoccupations à la personne adulte de son choix. En tant que créateur du projet, je veux ètre personnellement disponible pour toute aide ponctuelle ou régulière sur la base de la psychanalyse que j'ai effectuée à Paris dans les années 1980.
Plaisir pour les assistants : ètre avec un(e) enfant peut ètre extrèmement heureux et agréable. Comme pour toute entreprise, pour y durer il faut y trouver du plaisir qui vient renforcer la satisfaction du devoir accompli. Nous avons le privilège de connaitre ces petites personnes et toute la vie qui est en als en dépit de leurs souffrances et de leur handicaps : nous sommes honorés par leur confiance, à nous de nous en montrer dignes.
Les enfants ayant souffert ont des besoins affectifs plus importants que les autres enfants, ce qui les rend encore plus vulnérables et plus dépendants de nous. Si nous éprouvons du plaisir en leur compagnie, cela signifie à leurs yeux qu'als ont de la valeur et cette prise de conscience est très bénéfique à leur rétablissement. La dynamique adulte-enfant n'est positive que si le plaisir mutuel est présent : nos actions sont déclenchées avant tout par notre désir de faire le bien pour l'enfant. Notre motivation principale est notre désir de venir en aide à autrui en général et à ces jeunes personnes en particulier. Sans relations personnalisées il n'y a pas de thérapie. Sans cette composante de plaisir, le processus n'ira pas bien loin.
C'est pourquoi notre choix d'accueillir un(e) nouvel(le) enfant doit ètre effectué soigneusement : nous devons nous sentir personnellement motivés par cette petite personne bien spécifique. Notre plaisir en sa présence doit ètre ressenti sincèrement, malgré l'apparence éprouvante que l'enfant peut présenter.
Revenu personnel des assistants : le projet est activé plus par les sentiments éprouvés par les personnes qui y travaillent que par l'argent gagné. Suivant le bénéfice restant après que les factures de fonctionnment ont été payées, les membres de l'équipe reçoivent leur part équitable en proportion du temps passé sur place et de leurs besoins (voir les pages sur la définition du travail au milieu thérapeutique et sur le fonctionnement financier).
Nous travaillons avant tout pour venir en aide aux enfants, et les enfants n'ayant pas d'argent ne peuvent pas nous rémunérer, l'argent doit donc venir d'ailleurs. Le créateur du projet ayant atteint l'àge légal de la retraite en France reçoit donc les mensualités correspondates, ce qui permet de financer partiellement le projet.
Travail à l'extérieur : les assistants peuvent exercer des activités à l'extérieur pour améliorer leurs revenus personnels ou pour satisfaire des besoins personnels, mais les soins aux enfants accueillis gardent la priorité.
Démission : si un(e) assistant(e) veut quitter le milieu thérapeutique, nous devons nous efforcer à ce que son départ affecte le moins possible le/les enfants avec qui al a eu le plus de relations personnelles, en évitant que la rupture soit brusque pour laisser le temps aux enfants d'effectuer la transition affective et de comprendre les raisons du départ.
Dans l'idéal, un(e) assistant(e) ne devrait pas quitter le lieu avant que la relation privilégiée qu'al a eu avec un(e) enfant ne soit aboutie favorablement par une nette amélioration de son état.
revu 2015