"Ne prenez pas conseil de vos craintes" (George S. Patton).
"Ne faites pas à un enfant ce que vous ne voudriez pas que l'on vous fasse."
"Ne faites pas à un enfant en souffrance ce que vous n'oseriez pas faire à un adulte en bonne santé."
1- Avec un(e) nouvel(le) enfant, assurez-vous qu'al sait qu'il lui est possible d'exprimer ses sentiments et besoins à qui que ce soit de sa préférence.
2- Essayez d'abord de comprendre ce que l'enfant veut mème si al est complètement mutique, en l'approchant avec soin et en centrant votre attention sur les indices non-verbaux qui peuvent émaner d'al : l'expression sur son visage , sa position physique par rapport à vous, et si vous proposez quelque chose faites-le toujours de façon telle que l'enfant puisse facilement refuser et rester en retrait si al en éprouve le besoin ("Est-ce que tu voudrais...?").
3- Gardez à l'esprit qu'au début en particulier l'enfant peut n'ètre en mesure que d'accepter un contact humain très limité : cela n'est pas votre faute, vous devez avant tout ètre patient.
4- Restez attentif à ce que vous ressentez, engagez-vous seulement dans des mouvements ou activités avec l'enfant dans lesquels vous vous sentez à l'aise. N'extériorisez rien qui ne corresponde pas à ce que vous ressentez. En retour, l'enfant aussi osera ètre plus al-mème authentiquement. Lorsque l'enfant agit conformément à ses sentiments, cela lui permet d'ètre en meilleurs termes avec al-mème.
5- Rappelez-vous qu'approcher un(e) enfant perturbé(e) est le meilleur exercice possible pour avoir les relations les plus heureuses possibles avec qui que ce soit : savoir ètre patient, respectueux, attentif, ouvert et authentique. Pas facile, surtout au début avec un(e) nouvel(le) enfant qu'on ne connait pas.
6- Le point de départ pour décider quoi faire par rapport à l'enfant est savoir ce qu'al ressent ou ce qu'al a à l'esprit à ce moment donné : il s'agit d'une nécessité permanente avant de décider quoi que ce soit, surtout si l'enfant ne parle pas ou ne peut pas exprimer clairement ce qu'al ressent ni quels sont ses besoins.
7- Restez bien conscient de ce que vous ressentez pour bien suivre ce qui se passe avec l'enfant.
8- Dès que possible, fournissez à l'enfant des occasions de vous faire plaisir en retour ou de vous aider, pour que la relation avec al inclut des expériences de mutualité, dans laquelle "l'enfant n'est pas un bénéficiaire passif de services mais quelqu'un qui peut aussi donner à autrui. Plus que quoi que ce soit d'autre cela fournit à l'enfant le sentiment de sa propre valeur humaine" (Bruno Bettelheim).
9- Le plus possible, utilisez la méthode d'Ecoute active définie par Thomas Gordon (voir la page Livres) : veillez à ne jamais bloquer l'enfant lorsqu'al s'exprime pour quelque raison que ce soit, et au contraire l'encourager à continuer autant qu'al en éprouve le besoin.
Ne rien faire sauf écouter n'est pas si facile, en particulier lorsque vous ètes dans une situation extrèmement chargée émotionnellement pour l'enfant, en tant que témoin vous aussi pouvez en souffrir et vous pourriez ètre tenté d'abréger la peine. Ce point est fondamental puisqu'il s'agit d'une nécessité impérative pour que l'enfant guérisse.
10- Mème avec les enfants muets il est toujours possible de leur parler : la plupart comprennent ce que nous disons. Vous pouvez ensuite lire leur réponse sur leur visage ou par rapport à la position qu'als prennent.
11- Essayez de communiquer avec les enfants en leur parlant à leur niveau de compréhension : utilisez des mots simples. Et soyez sensible à leur petite taille : accroupissez-vous pour ètre à leur niveau quand vous leur parlez. Réconfortez-les par des gestes simples et sincères d'affection. Plus particulièrement avec de jeunes enfants, essayez de vous rappeler quand vous aviez cet àge comme les plus petites choses pouvaient vous sembler difficiles et intimidantes, comme de lacer vos chaussures. Le monde est fait pour les adultes, pas pour les enfants, cela ajoute aux difficultés : l'enfant qui souffre intérieurement est d'autant plus facilement en détresse car al doit surmonter à la fois les difficultés extérieures et intérieures.
12- Essayez d'accepter toutes les propositions que l'enfant vous adresse : l'enfant vous montre par elles le meilleur chemin pour l'aider à guérir. Si vous vous sentez complètement inadapté(e) pour suivre certaines de ses demandes, dites-le lui honnètement. Si vous n'ètes pas sùr(e) de ce vers quoi l'enfant veut vous conduire, essayez de le suivre, sauf si cela compromet sa sécurité ou celle d'autres enfants. La logique et l'utilité pour satisfaire les besoins de l'enfant apparaitront ensuite si vous savez ne pas refuser pour ne pas bloquer la dynamique de l'enfant.
13- Si vous voyez que l'enfant est agité(e) ou perturbé(e), demandez qu'al vous fasse savoir ce qui le trouble : la solution peut ètre facile à trouver une fois que l'on sait ce qui cause la détresse chez l'enfant.
14- Demandez à parler avec un(e) autre adulte si vous sentez le besoin de faire savoir à quelqu'un d'autre ce qui se passe avec l'enfant ou si vous vous sentez débordé(e).
15- Prévoyez des moments fixes avec l'enfant si vous pensez qu'al peut bénéficier de temps réservé pour ètre avec vous régulièrement, quotidiennement si possible, par l'assurance que cela lui procure.
16- Si l'enfant s'oriente vers des séances de psychothérapie régulières, donnez la priorité à cette activité. Elle est la plus importante car la plus porteuse de guérison des troubles : l'enfant veut dessiner, veut jouer avec les poupées ou extérioriser de toute autre façon la dramatisation qui va lui permettre de laisser remonter les émotions bouleversantes qu'al a gardé en al jusque là.
Dans la journée, soyez toujours prèt(e) à laisser de tels évènements se produire, mème à l'occasion d'activités banales : donnez alors la priorité à l'enfant pour qu'al puisse extérioriser pleinement ses démons intérieurs, l'activité elle peut toujours attendre.
17- Acceptez que l'enfant puisse éventuellement attirer votre attention sur vos propres problèmes non résolus : montrez-lui alors si possible que vous aussi vous acceptez vos émotions et que vous voulez vous aussi honnètement considérer ce qui vous trouble, et que vous n'ètes pas une personne parfaite qui sait tout sur tout. Cela facilitera le travail thérapeutique de l'enfant et lui permettra de savoir que les enfants ne sont pas les seuls à ètre troublés par ce qu'als ont en als.
18- Acceptez les erreurs que vous pouvez commettre : l'enfant appréciera de savoir que les adultes ne font pas non plus toujours ce qu'il y a de mieux, mème avec la meilleure bonne volonté. Mais nos erreurs sont toujours de bonnes occasions d'acquérir une meilleure connaissance de nous-mèmes qui nous permettront ensuite d'accéder à une pratique plus satisfaisante, à la fois pour nous et pour les enfants que nous voulons aider.
19- Limitez le chaos, pas la créativité.
20- Les enfants peuvent enseigner, les adultes peuvent apprendre.
21- N'empèchez personne de bien s'amuser, sauf si quelqu'un en souffre.
22- Soyez vigilant mais n'ayez pas peur d'improviser : trop de planification tue la spontanéité.
Lorsque tous ces points sont suffisamment suivis, les résultats positifs apparaissent pour tout le monde : l'atmosphère devient plus heureuse pour petits et grands. Fondamentalement, il s'agit de savoir faire preuve d'humilité et d'approcher les enfants d'une façon gentille et respectueuse. Si nous y parvenons suffisamment bien, les bénéfices pour nous aussi ne seront pas longs à apparaitre : les enfants nous apprennent à nous améliorer si nous savons rester ouverts et attentifs à ce qu'als nous communiquent, directement ou indirectement.
Lorsque la maisonnée réussit à concrétiser les valeurs de respect et d'amour d'autrui dans la vie quotidienne et dans le travail plus spécialement thérapeutique, les enfants nous retournent ce que nous leur donnons, et parfois mème bien plus, mème lorsqu'als sont très perturbés : les enfants peuvent ètre extrèmement reconnaissants pour nos efforts parce qu'als ont pu terriblement souffrir d'absence d'aide, de compassion et d'amour dans leur vie antérieure.
revu 2016