Marc 4, 35-41
Un soir, après que Jésus eut abondamment parlé du Royaume des Cieux, sous forme de nombreuses paraboles, il nous a dit : Passons sur l'autre rive !
Je me présente : Je m'appelle Thaddée. Je suis un des douze apôtres que le Maître a choisis.
Nous avons pris place dans plusieurs barques. Parmi nous, il y avait plusieurs marins expérimentés, comme André et Simon, Jacques et Jean. J'étais dans la même barque que Jésus. Lui, il s'était déjà assoupi. Pourquoi sommes-nous parti sur ce lac, au début de la nuit ? Pour atteindre l'autre rive, bien sûr ! Mais débarquer dans un autre pays, la nuit ! Il est vrai qu'avec Jésus, il y avait souvent des surprises.
Il faisait froid et mon inquiétude grandissait, à mesure de l'éloignement de la côte. Mes voisins, embarqués avec moi, n'étaient pas très à l'aise non plus. J'avais l'impression que nous étions passés de la confiance à la méfiance ...
Le vent se leva ! Notre barque était de plus en plus ballottée. Quelques vagues nous éclaboussaient, d'autres passaient par-dessus bord. Il en était de même pour les autres barques. C'était la panique ! Implorons le Tout-puissant, lança quelqu'un. Nous allons périr, cria un autre. Dans quelle barque est Jésus ? demanda quelqu’un d'une voix tremblante.
Comment pouvait-il dormir sereinement ? Peut-être attendait-il que l'on fasse appel à lui ? Ses voisins le secouèrent : Jésus, nous faisons naufrage !
Il se réveilla, se dressa debout et il cria : Silence ! Tais-toi ! de tous les côtés.
A qui parlait-il ? me suis-je demandé. Est-ce ainsi qu'il va apaiser la tempête ?
Eh bien oui !
Il s'installa sur le lac un grand silence. Plus personne n'osait parler. Les eaux du lac s'étaient comme endormies.
Un autre passager se réveilla à ce moment. Voyant nos regards encore effarés, il demanda : Que s'est-il passé ? Nous lui avons raconté. Vous n'avez pas rêvé ? nous demanda-t-il alors, en souriant.
Moi, pendant tout le reste de la traversée, je me suis creusé la tête. Qu'est-ce que tout cela signifie ? Quel enseignement pouvais-je en tirer ?
Pour nous, de Galilée, qui ne sommes pas des navigateurs, les eaux en masse, comme celle du lac, sont symbole de mort. Et de tout ce qui peut nous affaiblir, nous hanter ou nous faire chuter. Livrés à nous-mêmes, seuls ou en groupe, nous sommes fragiles.
Jésus m'a apporté la révélation que son Père, celui qu’il prie souvent, nous aime et il m’a fait découvrir l'importance de la foi, de la confiance.