D’où il résulte que Marie est véritablement Reine : Reine par nature et par droit. Elle est la Mère de Dieu, du Roi des rois et du Souverain des souverains. Par sa maternité divine, Marie entre dans l’ordre royal du Verbe incarné.
« Il règnera sur le trône de David et son règne n’aura pas de fin. »
Et sainte Élisabeth s’écrie : « D’où m’est-il donné que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »
Marie est reconnue Reine par le Ciel et par la terre. Elle est, comme l’affirme la Tradition, associée à l’œuvre rédemptrice : « Une femme t’écrasera la tête. »
Le Christ possède le pouvoir judiciaire et exécutif, car il lui appartient de gouverner le monde des âmes par son autorité souveraine. Marie, évidemment, ne possède pas ces pouvoirs au sens propre. Elle est avant tout la Ministre de la Miséricorde.
Le Christ détient également le pouvoir législatif. Marie elle-même nous oriente vers lui lorsqu’elle dit : « Faites tout ce qu’il vous dira. »
La loi nouvelle, celle du Christ, est avant tout la grâce de l’Esprit Saint déposée dans nos âmes comme une force intérieure qui nous élève à la béatitude divine.
Marie communique la grâce ; elle conduit les âmes, dans une dépendance totale à l’égard du Christ, vers leur salut éternel. Elle y exerce un pouvoir réel, bien que subordonné. Elle dispose des grâces que seul son Fils nous a méritées. Marie n’est que la Médiatrice de son divin Fils. Son rôle est tout particulier : elle est associée à son Fils pour le rachat du Corps mystique.
Dieu lui ayant confié cette mission, ne lui refuse pas les droits et le pouvoir attachés à son rôle. Ainsi, comme l’enseigne saint Bernardin de Sienne, elle exerce une véritable juridiction dans le domaine de la grâce. Elle dispose librement des grâces et des dons de Dieu à notre égard : tel est l’un des privilèges de sa royauté.
Lorsque Marie intervient en notre faveur, ce n’est pas au même titre que Jésus. Elle remplit le rôle d’intercession : elle est la toute-puissante suppliante. Elle administre les trésors célestes en vertu de ses droits maternels.
Distributrice des grâces, elle peut obtenir, par la puissance de sa prière, ce qu’elle demande. C’est parce qu’elle est Reine qu’elle possède ce pouvoir singulier.
Si elle ne détient pas les trois pouvoirs réservés au Christ, elle est néanmoins la Reine de Miséricorde.
Lui, qui exerce la justice, a créé une créature immaculée qui n’a qu’à se montrer pour désarmer sa colère.
Souvenez-vous.