La chasteté est une disposition ferme et constante de la volonté par laquelle on réprouve tout ce qui est défendu par le sixième et le neuvième commandements de la Loi de Dieu.
La chasteté conservée
Trésor inestimable, elle fait l’admiration de Dieu et des anges.
La chasteté recouvrée
Dieu comble de ses biens ceux qui purifient leur âme par la pénitence et l’amour divin.
« Beaucoup de péchés lui sont pardonnés. »
Elle fait l’admiration de Dieu lui-même :
« Oh ! comme est belle et glorieuse la génération chaste ! Son souvenir est immortel, et elle est reconnue de Dieu et des hommes. »
Elle fait les délices de Dieu : pour son divin Fils, il choisit une Mère vierge, un Père nourricier vierge, un précurseur vierge et un apôtre vierge.
— De Jésus : « Mon Bien-Aimé se plaît parmi les lis. »
— De Marie : « Je suis l’Immaculée Conception. »
Elle attire l’admiration des hommes : c’est elle qui forme les âmes consacrées.
S’il est sur la terre quelque chose de beau, d’admirable et de céleste, c’est l’innocence d’un enfant ou d’un jeune homme.
Elle donne le goût des choses célestes.
Quand on a conservé ou recouvré son innocence, on peut se sentir élevé par l’amour, comme l’oiseau par ses ailes.
(Saint Curé d’Ars)
Elle procure une paix pure et abondante :
« Ô chasteté, tu remplis de félicité le cœur qui te possède ; tu engendres la joie spirituelle et tu conduis l’homme vers le séjour céleste. »
(Saint Éphrem)
Elle donne la fécondité dans le ministère des âmes.
La virginité de Marie lui a permis d’enfanter le Christ.
(Saint Bernard)
La virginité peuple le ciel.
(Saint Jérôme)
Elle ennoblit notre nature : vertu qui rend l’homme semblable à l’ange.
(Saint Jean Chrysostome)
L’ange et l’homme chaste diffèrent par la félicité, mais non par la vertu.
La chasteté des anges est plus heureuse ; celle de l’homme témoigne d’un courage et d’une vertu plus grands.
(Saint Bernard)
Cette belle vertu est un trésor que se disputent des ennemis acharnés ; sa pratique exige des combats violents et persévérants.
Quatre remarques importantes
a) Les plus belles âmes sont exposées aux tentations contre la chasteté. Les combattre ne ternit pas la charité ; au contraire, cela la fait briller d’un éclat plus vif et augmente les mérites.
b) Il faut combattre à tous les âges.
c) Avec la grâce de Dieu, il est relativement facile, lorsque l’on lutte généreusement, de garder parfaitement la chasteté.
d) En certaines circonstances, la vertu de chasteté exige une force supérieure aux forces naturelles de l’homme ; d’où la nécessité de recourir à la prière pour obtenir de Dieu la grâce de se conserver chaste.
Jésus-Christ nous les indique dans ces deux paroles :
« Veillez et priez. »
« Cette espèce de démons ne se chasse que par le jeûne et la prière. »
Les trois moyens essentiels sont donc :
la vigilance, la prière et la mortification.
— La prière écarte le danger.
— La mortification attire la force d’en haut.
— La vigilance dompte les passions.
1. Vigilance
Elle est nécessaire par la sagesse de Dieu et par notre impressionnabilité naturelle.
Pratique de la vigilance :
— Fuir l’oisiveté.
— Garder les sens, surtout les yeux, mais aussi les oreilles.
— Veiller sur l’imagination et la mémoire.
— Garder le cœur.
— S’interdire les affections sensibles, les familiarités et les amitiés particulières.
— Fuir les occasions dangereuses : lectures, fréquentations, conversations.
Tous ces moyens se résument dans une sainte réserve, si fortement recommandée par saint Jean-Baptiste de La Salle : prudence envers soi-même, avec les confrères, avec les élèves et avec les personnes du monde.
2. Prière
a) Nécessité
Personne ne peut être chaste si Dieu ne lui en fait la grâce.
À saint Paul qui lui demandait d’être délivré, Dieu répondit :
« Ma grâce te suffit. »
Notre Seigneur nous fait dire: « Ne nous laissez pas succomber à la tentation. »
1. Dans la tentation
Dès qu’elle se présente, élan immédiat et fervent vers Dieu, Notre Seigneur.
Si la tentation persiste, penser aux fins dernières.
« Pense aux fins dernières et tu ne pécheras pas. »
Se représenter la mort : sur son lit d’agonie, dans son cercueil, au fond de la fosse.
Après quelques mois, l’âme peut être en enfer.
Certains sont morts dans l’acte même du péché, par une soudaine défaillance du cœur.
« Je souffre terriblement dans ces flammes. »
L’éternité : toujours, à jamais.
2. Prière habituelle
a) Grande dévotion à Marie
Le premier effet de cette dévotion est de donner la confiance.
Le second effet est remarquable et étonnant : on prie bien Marie et l’on se garde pur.
« Dieu a fait Marie toute-puissante sur les démons » (Sainte Brigitte).
Personne ne peut prononcer le nom de Marie sans en tirer quelque profit.
Chapelet, rosaire complet, invocation du nom de Marie pendant les tentations.
b) Les sacrements
Confession fréquente et sainte communion.
c) La vie intérieure
« Marche en ma présence et sois parfait. »
La chasteté se conserve par un très grand recueillement.
3. Mortification
a) Nécessité
« Cette espèce de démons ne se chasse que par le jeûne et la prière. »
« Si vous mortifiez les œuvres de la chair par l’esprit, vous vivrez. »
b) Pratique
Mortification des sens et des facultés (humilité, obéissance).
Par le devoir accompli énergiquement : dextérité au début, énergie dans l’action, virilité dans la tenue et dans la marche.
Par l’habitude des petits sacrifices dans les périodes orageuses, savoir utiliser même des pénitences plus afflictives, mais toujours avec permission.
C’est une question de vie ou de mort.
C’est un duel à mort.
Celui qui emploie les moyens est sûrement victorieux.