stress

Le stress, ami ou ennemi ? Eléments de réponse.

- Sylvain VIAL -



Ce mot bien connu de tout le monde cache une réalité scientifique assez complexe. Le stress, nous le ressentons quotidiennement. C'est une sensation physique plutôt désagréable à laquelle nous pourrions associer d'autres sensations comme l'inquiétude, l'excitation, la peur, la douleur. Par expérience nous savons que ce stress a de multiples origines : le comportement des autres, le bruit, les odeurs, les responsabilités, les problèmes sociaux, professionnels, et bien d'autres encore. Mais c'est surtout la manière dont nous percevons notre environnement qui va être prépondérant. Cela concerne les perceptions sensitives, l'intelligence, le type de personnalité, l’état psychologique-physiologique du moment, notre expérience de vie passée, les croyances, le sens de l’humour, etc. Alors, sommes nous condamnés au stress ? Eh bien oui ! Mais nous pouvons plus ou moins nous adapter.

Si nous ne pouvons éviter le stress, nous pouvons amoindrir son niveau et élever notre seuil de tolérance. Pour cela, il faut comprendre quels en sont les grands mécanismes.
Des scientifiques se sont déjà penchés sur le problème. Voici deux définitions qui pourront nous aider à réfléchir.

"Le stress est l’état de l’organisme dont le bien-être est menacé et qui n’a pas de réponse immédiate pour réduire cette menace." (Hans Selye, 1977)

"Le stress est un état psychologique issu de la perception d’un déséquilibre entre les attentes perçues et l’autoévaluation de ses propres capacités à rencontrer les exigences de la tâche." (Jacques Larue, 1995).

Voyons ce que signifient ces deux approches généralistes qui nous amènent vers la véritable origine du stress. Notre corps et notre esprit ont besoin d'un équilibre pour fonctionner correctement. Cela s'appelle l'homéostasie. Cet équilibre est sans cesse troublé par notre vie courante: chaud, froid, bruit, maladie, échec, examen, argent, amour, etc. Afin de conserver son équilibre vital, notre organisme (biologique et psychique) doit constamment mettre en œuvre des solutions. Il tente de réduire cette différence entre comment les choses sont et ce qu'elles devraient être idéalement pour nous satisfaire. Cela se traduit par différents mécanismes complexes: actions du cerveau, du système nerveux,  libération d'hormones, mobilisation du système immunitaire, modifications physiologiques. Nous ressentons assez bien certains de ces effets comme l'accélération du rythme cardiaque et un niveau d'excitation élevé.

Finalement, le stress est plutôt une réponse positive nous préparant à une action particulière qui permet de retrouver un équilibre. Il y a bien longtemps, ce phénomène de survie nous permettait de fuir un prédateur ou de combattre un ennemi. Aujourd'hui, ce mécanisme est toujours en nous car l'espèce humaine évolue beaucoup moins vite que son environnement. S'il est utile dans certains cas de fuir, de se défendre ou de survivre à un accident par exemple, il devient parasite dans d'autres circonstances comme la prise de parole en public, s'énerver dans un embouteillage, se mettre en colère contre un objet.
Le stress se cumule. L'enfant malade + une  réunion difficile + l'altercation avec le voisin + …+… et notre seuil de tolérance vient d'être atteint. L'expression "la goutte d'eau fait déborder le vase" prend tout son sens. Heureusement, nous éliminons lentement ce stress dans les moments plus calmes de notre vie.

Maintenant, pour faire simple, si nous qualifions d'agression l'origine du stress, voici trois origines possibles.

Agression  potentielle.
Un ou plusieurs de nos sens nous ont prévenus d'une éventuelle agression. Par exemple, un individu se montre menaçant  ou bien nous entendons un crissement de pneu. Une zone de notre cerveau va traiter rapidement cette information et déclencher une procédure d'alerte, justifiée ou non. Nous sommes en état de stress. Cela signifie que des modifications physiologiques se réalisent actuellement et nous préparent à survivre. Si l'agression ne se produit pas, alors cette énergie devient superflue et doit s'évacuer.

Agression physique.
Cette fois ci l'agression a eu lieu sans être forcément précédée d'un message d'alerte. Peut être un coup, une brûlure, une piqure d'insecte. Quoiqu'il en soit, notre organisme va réagir par un premier stress, lui aussi incontrôlable. Mais ce stress va plus ou moins se développer par notre appréciation consciente du problème. Un truc m'a piqué ! Vais-je mourir ? Loin d'être inutile, cette peur peut nous permettre de prendre de bonnes décisions. Elle peut aussi nous faire paniquer et aggraver le problème.  Notre conscience gère le problème.

Agression psychique.
Nous sommes ici dans le cadre de l'affectif. C'est ce qui touche notre morale, estime de soi, pouvoir, les actes d'humiliation et plus généralement notre humanité. Les problèmes relationnels avec autrui ou soi-même sont générateurs de stress sur du plus long terme. Le phénomène s'auto-entretien car nous sommes à l'origine de son concept. Nous le pensons, le personnalisons et lui accordons une place qui nous est personnelle. Il devient parfois obnubilant. C'est sans doute le type d'agression sur laquelle nous pouvons le plus agir.

Que faire pour éviter l'excès de stress ? Voici trois axes de réflexion.

Agir sur le problème lui-même.
Votre voisin fait du bruit ! Plutôt que de frapper contre les murs et vous endormir avec des envies de meurtres, étudiez les solutions rationnelles: Aller lui parler, contacter son propriétaire ou le syndic, s'unir entre voisins, déposer une plainte … L'action d'étudier le problème et d'envisager des solutions socialement acceptables va amener ce problème à un niveau de conscience différent même s'il ne le résout pas. De plus, vous aurez le confort moral de respecter les règles alors que lui ne les respectent pas. Le stress pourra s'exprimer alors d'une manière plus douce et plus étalée dans le temps avec l'espoir que les solutions en cours aboutissent.

Evaluer ses émotions.
La réalité d'un problème est différente de ce que nous percevons. On vous a bousculé dans la rue ?  Peut être ressentez-vous une humiliation profonde ou bien de l'indifférence. Soyons conscient que notre manière personnelle et unique de voir les choses amplifie ou atténue un évènement, et par conséquent le stress qui en découle. Avez-vous tendance à exagérer ? Les choses ne sont souvent pas aussi graves qu'on veut bien le croire.

Hygiène de vie.
Notre hygiène de vie mentale et physique nous confère une certaine robustesse générale. Certes, cela ne réduira pas forcément le niveau de stress que nous subissons. Par contre nous élèverons notre seuil de tolérance à celui-ci. Les substituts à ce travail sur soi comme l'alcool, les drogues, le tabac ne permettent pas de faire évoluer sa personnalité et sont eux même générateur de stress. Ils donnent d'une main et reprennent de l'autre. Un bon état de forme permet d'encaisser plus facilement les aléas de la vie.

Application pratique à la self défense.

Nous avons vu que le stress est un ensemble de réactions de l'organisme favorisant la survie. Le résultat s'oriente toujours vers une préparation à l'effort. La fuite est le principal facteur de survie dans le règne animal. Et si la fuite ne suffit pas, reste le combat. Il y a aussi la peur qui parfois paralyse. Elle peut aussi être une stratégie efficace. Mais il est scientifiquement difficile de comprendre pourquoi un excès de stress peut engendrer l'immobilité !

S'enfuir ou combattre ne sont pas toujours les meilleures solutions. Le dialogue, l'indifférence ou un compromis entre différents comportements donnera parfois de meilleurs résultats. Mais le stress diminue nos facultés de raisonnement. Notre instinct pousse à l'action plus qu'à la réflexion. Suivant notre sexe, homme ou femme, nous réagissons différemment. Les hommes sont plutôt rationnels, les femmes plutôt émotionnelles face à une agression.
Un entraînement approfondi nous permet de devenir plus efficace. Voici comment en quelques points non exhaustifs.

- Acquisition d'une palette d'outils techniques (méthode de combat) et comportementaux face à des situations variées.
- Banalisation du contact physique (coup, saisie) et des attitudes menaçantes (jeu de rôle).
- Entretien de la condition physique.
- Confiance en soi par un travail sur la respiration, les déplacements, les chutes.
- Attitudes pour prévenir les agressions dans la rue, la voiture, le cercle familial, au travail.
- Décryptage des messages comportementaux de son agresseur.


En conclusion, la nature ne nous a pas conçus d'une manière parfaite. Des mécanismes comme le stress ont aidé notre espèce à survivre et à évoluer. Mais le stress n'est pas sélectif face aux évènements. Il n'est pas toujours utile et à fortes doses il devient "toxique". Un travail sur soi permet d'en diminuer les effets. Ainsi, par des actes contrôlés, nous répondrons plus efficacement aux agressions diverses de notre environnement.
Ce stress qui nous sauvait jadis est-il devenu aujourd'hui un handicap ?


Sylvain VIAL - Janvier 2010 - NÎMES
Merci de citer l'auteur pour toute reproduction.

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter   http://fr.wikipedia.org/wiki/Stress  à partir duquel ce texte a été inspiré.