Après la visite des secteurs anciens, nous nous approchons de galeries de plus en plus rectilignes, exploitées avec des machines plus modernes. Les piliers tournés sont quasi identiques, alignés et aux parois davantage rugueuses et brutes par rapport aux premières galeries. Deux véritables lacs souterrains se sont formés dans cette partie basse du réseau.
⚠ 💨 Risque gaz ++ : Cette carrière est fortement gazée tout au long de l'année, avec de grandes variations du taux d'oxygène dans le temps et dans l'espace. Au niveau du lac, nous avons relevé des valeurs atteignant dangereusement le seuil de perte de connaissance (autour de 12 % O2 contre 20,9 % à l'extérieur), voire le dépassant dans une poche de gaz au sol (photo ci-contre, nous avons immédiatement fait demi-tour). Il est absolument nécessaire d'être équipé d'un détecteur d'O2 et de rester très prudent sur les symptômes ressentis.
De plus, la plupart des secteurs sont très dégradés et plusieurs effondrements majeurs ont été recensés ces dernières années. Un effondrement de 3 piliers survenu entre octobre et novembre 2025 a par exemple fait chuter le taux d'oxygène dans une grande partie du souterrain. ⚠
Pour atteindre les lacs souterrains, il faut traverser un secteur ancien joliment agrémenté de consolidations telles que des arches et des piliers maçonnés. Ces galeries du XIXe siècle ont été retouchées au pic à la suite de leur ouverture à l'explosif, afin de purger les éléments instables et d'affiner leur forme trapézoïdale, plus stable. Les consolidations ont été érigées plus tard pour éviter la propagation de fontis, ces derniers avançant aujourd'hui peu à peu comme on le voit sur la 3e photo.
Le contexte du gazage implique des photos de moins en moins travaillées en avançant vers le fond.
◾En progressant, nous commençons à apercevoir des nappes d'eau sur le sol noirci par la suie. Les traces d'explosif sont de plus en plus visibles notamment en ciel, ces galeries étant moins retravaillées au pic que les précédentes.
◾Sur la photo ci-contre, les piliers commencent peu à peu à s'écailler sous la pression et l'action de l'eau. Le gypse est en effet une roche soluble qui n'apprécie pas trop cet élément.
◾Sous les hurlements des alarmes des détecteurs d'oxygène, des symptômes notables du manque d'oxygène se développent ici : accélération des mouvements respiratoires et du pouls, essoufflement lors d'efforts limités et gêne respiratoire, éventuelle migraine...
◾Ci-dessous, nous retrouvons un conduit en fonte que nous suivons presque depuis l'entrée. Il s'agit d'un tuyau d'exhaure, servant à évacuer l'eau vers l'extérieur, démontrant que les infiltrations d'eau étaient déjà une problématique lors de l'exploitation.
◾Nous arrivons enfin aux lacs avec leurs eaux aux teintes bleutées à vert et leurs galeries qui semblent se prolonger à l'infini...
Une partie du matériel ferroviaire utilisé lors de l'exploitation est resté sur place.
Des berlines imposantes servaient au transport du gypse sur les roulages principaux
Seules les berlines endommagées ou retournées sont restées, les autres ayant été extraites à la fermeture.
Une benne de wagonnet bien rouillé et plus petit se cache derrière ce pilier.
Quelques rails sont toujours présents, la majorité ayant probablement été ferrayés.
Une plaque tournante, élément utile au niveau des croisements de rails, se repose les pieds dans l'eau.
En progressant le long du lac, les piliers commencent à s'écorner de plus en plus.
Lorsque l'eau disparait, on remarque que les effondrements sont progressifs.
La situation devient chaotique, les boulonnages en ciel ne retiennent plus les blocs.
Un poinçonnement survient lorsque les piliers appuient fortement sur le sol et le font remonter au centre de la galerie.
⚠ 💨 O2 très faible ⚠ 💨
Au fond à l'Est, nous sommes arrêtés par le front d'effondrement qui progressent lentement mais sûrement. Attention l'O2 est très faible en s'approchant des effondrements terminaux Nort et Est, et une nappe de gaz est possible au sol au pied des effondrements.
◾Autres vestiges remarquables, cette carrière dispose toujours d'un sectionneur et d'un transformateur électrique. Le premier, situé dans l'un des lacs, semble figé dans le passé avec toutes les installations en place. Le câble 15 kV est toujours connecté au fond de l'eau, prêt à nous délivrer une petite décharge ?
◾Le transformateur, encerclé de parpaings, s'accède sur la terre ferme dans un secteur reculé. Un wagonnet équipé d'un enrouleur de câble est resté sur son flanc, sous des inscriptions d'époque au noir de fumée.
◾Il est désormais temps de rapidement faire demi-tour afin de récupérer un peu d'air frais.