LA FORTIFICATION MÉDIÉVALE EN MORVAN-AUTUNOIS

LA MOTTE DANS L’ÉVOLUTION DES STRUCTURES DÉFENSIVES
Roland Niaux
s.d.

 

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« Il y avait des forteresses en Gaule dès le Bas-Empire [...] des forteresses de grandes dimensions[1] ». C’est également ce que pensait Jacques-Gabriel Bulliot dans son essai sur le système défensif[2]. D’après lui, la féodalité trouvait son origine dans les rapports sociaux au sein de l’Empire Romain du IVe siècle et, par voie de conséquence, la mise en défense des points stratégiques commandant les voies de communications fut réalisée dès les premières invasions. Par la suite, Burgondes et Francs s’approprièrent les défenses établies et poursuivirent leur occupation. Ainsi, toutes les fortifications médiévales existant au XIIe siècle occupent les sites défensifs du Bas-Empire conclut Bulliot.

Si l’on peut douter d’une occupation continue durant les sept ou huit cents ans séparant le Bas-Empire du XIIe siècle, la valeur stratégique des sites justifiait tout à fait leur réutilisation, dès lors que le besoin s’en faisait sentir. La preuve en est donnée par la présence (souvent encore visible en prospection) de vestiges mobiliers gallo-romains sur la plupart des grandes forteresses : monnaies, tuiles, céramiques...

En 1350 débutait pour la France un siècle de malheurs[3] : la peste noire qui, plus encore que la Guerre de Cent-Ans, décima la population ; la guerre elle-même, ou plutôt le brigandage des bandes armées de tous bords. Meurtres, pillages, famines, épidémies et misère détruisirent le tissu social. De 1328 à 1450, la population française chuta de 20 à 10 millions d’habitants. Certaines régions étaient devenues désertiques. Les seigneurs voyaient décroître et parfois disparaître leurs revenus. Des familles s’éteignaient. C’était un sérieux ébranlement de la féodalité dont la raison d’être juridique était un échange de services ne pouvant plus être rendus.

Les grandes forteresses bâties sur les hauteurs du Morvan et ses pourtours disparaissaient les unes après les autres, Glenne sans doute très tôt, peut-être dès la fin du XIVe siècle, Roussillon en 1412, Uchon en 1480. En 1600, Montcenis n’était plus une place forte depuis bien des années. Côté Nivernais, il en allait de même : Touleur et la Vieille-Montagne disparaissaient à peu près en même temps que Glenne et Roussillon. Château-Chinon était démantelé au début du XVIe siècle. Aucune de ces forteresses ne fut reconstruite. La justification de leur existence avait disparu.

« Dès l’an mil était apparu un type nouveau de fortification élevé sur motte[4] ». La motte de terre construite par creusement d’un fossé périmétrique dont les déblais sont rejetés vers l’intérieur, est une conception primitive de retranchement rapide et peu coûteux. Au départ, elle ne nécessite que de la main d’œuvre. Aussi, on peut supposer son apparition vient avant l’an mil. La formule d’origine a peu à peu évolué par toutes sortes de modifications : passage du plan circulaire à un plan pluriangulaire, agrandissement de l’assiette pour y intégrer des dépendances, remplacement du bois par la pierre pour la clôture et les bâtiments. On a même parfois doublé le fossé.

Il est certain que ces fortifications, rudimentaires à l’origine, ont abondé en périodes troublées, lorsque le pouvoir traditionnel défaillait et que l’homme ayant quelque bien devait se protéger lui-même et vite. Jean Mesqui qualifie ces mottes de « fortifications adultérines[5] ». Des périodes troublées, il y en avait eu beaucoup, les invasions au IVe siècle, la fragmentation de l’autorité à la fin de l’empire carolingien, la Guerre de Cent-Ans. Mais ces « fortifications adultérines » n’ont généralement pas perduré. Ceci explique sans doute pourquoi celles qui nous sont restées semblent n’avoir ni nom, ni histoire, tandis que celles qui ont subsisté se sont métamorphosées au cour des âges. Lorsqu’on admire aujourd’hui le château de Sully, reconstruit à la fin du XVIe siècle avec magnificence, on ne peut imaginer qu’avant un ou deux états antérieurs, il eut sans doute pour origine une motte de terre édifiée dans une boucle de la Drée. Les premiers seigneurs connus de Sully entrent dans l’histoire au XIIe siècle. « Il ne faut pas se laisser abuser par des monuments conservés à l’état de simples terrassements, appelés, à tort, fortifications de terre sous prétexte que la pierre n’en émerge pas ; on croit voir dans ce qui reste visible, l’essentiel de ce qui fut autrefois[6] ».

Un ensemble de fortifications sans nom et sans histoire apparaît sur la commune d’Auxy, toute proche d’Autun, au finage de Repas, clairière de 500 hectares essartées entre les forêts domaniales, autrefois ducales, puis royales des Battées et de Pierre Luzière. On y connaît un château, siège d’une vieille seigneurie dont dépendait Sully au temps des Croisades. De ce château, il ne reste que quelques pierres accrochées au long d’une corniche rocheuse du Bois de Sully, au lieu-dit « Le Vieux Château ». On ne sait à quand il remonte mais sa ruine est un peu antérieure à la Révolution Française.

A 1 km au sud du « Vieux Château », près de la chapelle rurale de Repas, on voit une motte de terre, quadrangulaire d’environ 1 400 m2, entourée de fossés. Serait-ce le siège primitif de la seigneurie de Repas ? A 1 500 m plus à l’ouest, on trouve une autre motte quadrangulaire de 1 600 m2 également entourée de fossés et cachée dans les broussailles sur une terre au nom tout à fait neutre de « Champ des Quieules » » (les quieules sont de vieilles souches). Pour compléter le mystère, une troisième motte, de 920 m2 a été érigée à 2 km de la précédente dans une « Pâture Blayot » tout près de la voie romaine d’Autun à Chalon. Précisons que sur toute cette superficie abondent des vestiges de constructions gallo-romaines, dont une grosse villa dite « Château de Pierre Luzière » et toutes ses dépendances.

Xavier Garenne[7] s’est intéressé aux mottes de terre, plus particulièrement à l’ouest et au sud-ouest de Bibracte, le long des affluents de la Loire. La Saône et Loire est partiellement concernée. Un problème préoccupe cet auteur : « quelle est l’origine et la destination des enceintes de fossés, buttes, tumulus ou monticules que l’on rencontre en pays Éduen, généralement le long des rivières ? ». Sa réponse est catégorique et ne laisse pas de nous surprendre : « ces édifices n’appartiennent ni au Moyen-Âge, ni à l’époque romaine. Ce sont des maisons de campagne gauloises[8]. Presque toutes ont auprès d’elles une fontaine ou un ruisseau. Elles communiquent avec l’extérieur par un pont-levis »... Garenne fonde son opinion sur le mobilier archéologique qu’il a examiné au cours des sondages et prospections effectués par lui ou ses amis. Parmi ce mobilier, Garenne nomme des tuiles à rebords (même des tuiles plates à crochets), des poteries rouges et noires, des cendres, des os et dents de sangliers, des briques de carrelages, des clous en fer, des fragments de meules, des pierres taillées, des monnaies du Ier siècle de notre ère. Tout cela évoque une datation gallo-romaine et médiévale que l’auteur n’a pas su identifier.

Nous avons nous-même découvert du mobilier gallo-romain sur plusieurs mottes des vallées de l’Arroux et de l’Autunois : amphores et tegulae à la Roche Bazot et à la Toison ; monnaie du Ier siècle à Parpannat, céramique romaine dans les fossés de Chazeu comme sur la motte du Closeau, fragments de dalles et tubuli d’hypocauste sur l’emplacement arasé de la Motte des Choux à Mesvres...[9]

La présence si fréquente du mobilier gallo-romain sur des mottes que l’on sait par ailleurs avoir été garnies d’un château et habitées au XIVe ou au XVe siècle ne peut s’expliquer que par les opérations du terrassement initial réalisés sur des sols encore garnis de ruines gallo-romaines : les terres sorties de la tranchée fondatrice et rejetées vers l’intérieur contenaient les tessons ou monnaies que l’on retrouve aujourd’hui à la surface de la motte plus ou moins érodée par les siècles. Ainsi, la terre de la Motte des Choux a certainement été étalée sur le sol même d’une riche maison romaine ruinée. On ne peut expliquer autrement la présence d’éléments d’hypocauste sur le niveau d’origine après enlèvement des terres et destruction du relief. Au XIXe siècle, le baron d’Espiard avait trouvé sur cette même motte une monnaie gauloise[10]. La Motte des Choux, ancienne Prévôté de l’abbaye de St Jean d’Autun, était encore armée d’une maison forte en pierres au XIIIe siècle ; elle a été abandonnée au XIVe siècle.

Parmi les sites médiévaux recensés sur les deux cantons d’Autun et sur ceux d’Epinac, Mesvres et St-Léger-sous-Beuvray, on peut encore reconnaître, plus ou moins 31 mottes. 20 sont dans la mouvance d’Autun et de l’Arroux, 11 se situent sur le plateau d’Antully et son prolongement vers l’Est.

 

ANTULLY

Le Château : le long de la D 138 à 1 km au nord-ouest de l’église, vaste motte de 95 à 125 de diamètre. La plate-forme se voit nettement depuis le sud, et au nord, le restant des fossés, encore en eau borde la route. Siège au Moyen-Âge du château des seigneurs de Montjeu, et aujourd’hui de bâtiments d’habitation ainsi qu’à usage agricole. Le vieux plan cadastral indique exactement l’emprise du site.

 

AUTUN

2 – Les Ragots : on peut encore voir (difficilement) un rebord d’une motte trapézoïdale qui mesurait 30-35 m sur 50-55. Repérage possible depuis les maisons du lotissement du plan d’eau du Vallon les plus proches du centre équestre qui occupe l’essentiel du site médiéval.

 

AUXY

3 – La Porcheresse : le long du chemin d’Auxy à Antully on voit, depuis le sud, le relief de la terrasse et en bordure nord, les fossés de l’ancien château détruit à la fin du XVIe siècle. L’emprise totale est impossible à appréhender.

4 – Repas : à côté de la chapelle rurale sans caractère, magnifique motte bien dégagée, d’environ 40 m sur 35, entourée de fossés partiellement bourbeux.

5 – Champ des Quieules : au sud-est de la Croix Bernard, dans d’épaisses broussailles, motte quadrangulaire peu élevée, entourée de fossés partiellement en eau. Côtés intéreiurs : 40 m environ. A l’ancien cadastre, parcelle toujours nommée « Les Fossés ».

6 – Pature Blayot : au sud de la voie romaine d’Autun à Chalon, près de la Celle d’en Haut, dans la Pâture Blayot, motte d’environ 40 m sur 23 entourée de fossés partiellement comblés alimentés par une source. Parcelle voisine dite « Le Brouillet ». Basse cour ? Abondant mobilier gallo-romain dans les terres voisines et carrières.

 

LA BOULAYE

7 – Ancien château de la Boulaye : détruit au XVIIIe siècle, construit sur une motte de 60 à 80 m de diamètre, existant toujours en bordure interne d’un étang faisant face à « La Basse Cour ».

8 – La Roche Bazot : emplacement circonstancié par le relief d’un château de pierre dont restent quelques ruines en bordure de l’Arroux et protégé côté opposé par un large fossé encore bien visible et formant un arc de cercle. Emprise totale : 70 m sur 30. Dans les coupes de terre érodées par la rivière, tessons d’amphores type Dressel, céramique gallo-romaine et carreaux de sol médiévaux.

 

BRION :

9 – La Tour du Chapitre : léger bombement circulaire dans le pré faisant face, côté nord, à l’église de Brion. Les fossés sont comblés. Emplacement d’une motte de 40 à 45 m de diamètre attesté en ce lieu par un plan terrier du XVIIIe siècle. Fossés autrefois alimentés par un ruisseau aujourd’hui détourné. Site en limite de commune mais aujourd’hui sur Laizy.

10 – Les Arbres : motte quadrangulaire de 55 m sur 45, à peine discernable au sol par un très léger relief, mieux matérialisée par une photo aérienne de R. Goguey. Site inédit.

 

BROYE

11 – La Toison : emplacement d’un château ducal déjà détruit au XVe siècle, édifié sur une presqu’île artificiellement détachée de la terre, en bordure de l’étang de la Toison. Plate-forme de 120 m sur 80, sol aujourd’hui arasé. Nombreux tessons d’amphores italiques et de tegulae vus en 1984, ramenés en surface par des sangliers.

 

LA-CHAPELLE-SOUS-UCHON :

12 – Alone : dans un petit étang alimenté par le ruisseau du Moulin, butte de 35 m sur 18, entièrement recouverte des vestiges (bases de murs et de tour) de l’ancien château d’Alone. Un peu en amont, vestiges du château postérieur de Toulongeon.

 

COLLONGE-LA-MADELEINE :

13 – Alibour (déformation du nom du seigneur Ailleboust) : belle motte d’un diamètre de 35 à 45 m, bien bombée, entourée de fossés profonds alimentés par le ruisseau du moulin. Base d’un mur visible en surface.

 

CURGY :

14 – Savigny Le Vieux : motte à peu près circulaire, diamètre 27 à 30 m, relief bosselé, traversée et déformée par la D 107. Ses fossés, comblés, sont à peine discernables. Un donjon du XIIe siècle se dresse 200 m plus à l’Est : sans doute un état postérieur de la même place forte.

 

DETTEY :

15 – Parpannat : magnifique motte circulaire de 40 m de diamètre, ayant encore 5 à 6 m de hauteur, édifiée au milieu d’un étang aujourd’hui asséché, dont la chaussé portait la voie romaine d’Autun à Feurs. Un château de pierres existait sur la motte au XIVe siècle. Tegulae, monnaies du Haut-Empire et carreaux médiévaux en prospection.

 

DRACY-SAINT-LOUP :

16 – Le Château : bâti au XVIIe siècle sur un précédent construit au Xve s., lui-même sur une maison forte attestée au XIVe siècle. L’état actuel considérablement agrandi, est édifié sur une terrasse artificielle entourée de fossés, en bordure de l’Arroux. C’est une extension de l’emprise originelle dont on ignore les dimensions. Église voisine.

17 – Azey : motte trapézoïdale bien bombée, de 60 à 70 m de côtés, entourés de fossés partiellement en eau. Le site est malheureusement abîme par un dépôt de ferrailleur.

 

LA GRANDE-VERRIÈRE :

18 – Vautheau : motte vaguement trapézoïdale de 60 et 50 m de côtés, entourée d’un fossé profond alimenté par une source allant au Méchet, portant les ruines d’un château du Xve siècle, enfouies sous un épais taillis.

 

LAIZY :

19 – Chazeu : énorme motte ovalaire de 90 sur 75 m, entourée de fossés de 15 à 30 m de largeurs, partiellement en eau, alimentée par des sources et par l’Arroux. Une maison forte, précédant l’actuel château ruiné des Rolin, est attestée au XIVe siècle. Une tranchée de G.D.F. traversant les fossés a révélé une muraille indépendante des structures bâties actuelles. Nombreux tessons gallo-romains de tegulae et de céramique dans les fossés et les prés circonvoisins.

 

MESVRES :

20 – Motte des Choux : Motte quadrangulaire de 25 m sur 22 au sommet, entourée de larges fossés alimentés par une source. Elle avait porté un château de pierres attesté au XIVe siècle. Le site a été entièrement arasé par son propriétaire en quête d’un trésor. Sur le sol d’origine, nombreuses pierres et mobilier gallo-romain comportant des éléments d’hypocauste.

 

MONTHELON :

21 – Lée : motte quadrangulaire de 40 m sur 30, entourée de fossés partiellement bourbeux, en partie détruite par des travaux de drainage en 1994. A cette motte a succédé le château bâti au XVe siècle, dit de Chantal, 1300 m plus au nord.

 

SAINT-DIDIER-SUR-ARROUX :

22 – L’Étang-Verdeau : on reconnaît les vestiges de fossés profonds, alimentés par le ruisseau de Verdeau, bordant une plate-forme ovoïde de 70 sur 50 m, sur laquelle sont aujourd’hui des bâtiments de ferme. Le site est en bordure sud de la D 297, où ont été trouvés des tessons de céramique médiévale, face à l’étang de Boussons. Ruines d’une villa gallo-romaine à 200 m, fouillée au début du XXe siècle au domaine de Boussons.

 

SAINT-FORGEOT :

23 – Le Closeau : motte rectangulaire de 50 m sur 35 bordée de larges fossés partiellement en eau, alimentée par une source puissante interne aux fossés. L’église est à 200 m au nord-ouest et la voie romaine de Lyon à Boulogne à 500 m à l’ouest. Motte et terres contigües abondent en fragments de tegulae et de céramique gallo-romaine.

24 – Le Grand Millery : la motte, vaguement circulaire, de 40 à 50 m de diamètre, entourée de fossés, est bien dessinée au vieux plan cadastral. On voit toujours, deva t la façade sud-ouest de l’actuel château, la plate-forme et les fossés. Mobilier gallo-romain trouvé au XIXe siècle lors de la reconstruction du château.

25 – Les Buissouniers : à 400 m au nord-ouest du château des Hauts-Buissouniers, belle motte circulaire de 24 m de diamètre, entourée de fossés, en lisière du bois. Nombreux tessons gallo-romains dans le champ jouxtant en contre-bas et qui se nomme « Les Murailles ».

 

SAINT-GERVAIS-SUR-COUCHES :

26 – Sauturne : en bordure du ruisseau de Crissey, en fond de vallée, belle motte ovalaire de 92 m sur 80, entourée de fossés, autrefois couverte d’un château et basse cour dont les murs extérieurs sont restés ceux des bâtiments agricoles actuels.

 

SAISY :

27 – La Tour de Sivry : était à l’origine un donjon bâti au milieu d’une enceinte fossoyée. Les fossés sont encore partiellement visibles et bordent une partie des constructions actuelles, château moderne et bâtiments agricoles.

 

LA TAGNIÈRE :

28 – Bussières : motte ovale de 50 m sur 40 sur laquelle est bâti un château reconstruit à l’époque moderne. Les fossés, asséchés, sont franchis par un pont dormant. Monnaies et céramiques gallo-romaines trouvées sur le site au Xixe siècle. Une autre motte, voisine et plus petite, signalée au XIXe siècle et non retrouvée.

 

THIL-SUR-ARROUX :

29 – Chevigny : lieu dit « Les Fossés » au cadastre de 1810. Fort relief de forme indéfinie de 20 à 25 m de côtés, entouré de fossés presque comblés. Ces fossés étaient alimentés par le ruisseau de Moulin et l’Arroux est tout proche. Maison forte attestée au XIVe siècle, disparue avant la R2volution. Des morceaux de maçonneries émergent sur un côté.

 

TINTRY :

30 – La Vieille Tour : motte trapézoïdale de 40 m sur 25, encadrée de fossés ou de parois à pic avec ruisseau en contre-bas, utilisant un relief aménagé. Des bases de constructions sont toujours visibles, mais le site est en voie de destruction par des travaux agricoles. Nombreux vestiges de constructions gallo-romaines révélés alentour par les travaux de terrassements réalisés lors de la construction de la ligne du TGV.

31 – La Motte : belle motte ovale en fort relief bosselé, entourée de fossés partiellement marécageux alimentés par une source. La « Vieille Tour » est à 40 m à l’est. Peut être un état antérieur du même site seigneurial.

 

Superficies approximatives des mottes mesurables (par ordre de surfaces décroissantes) :

 

ANTULLY – Le Château : 11 845 m2

BROYE – La Toison : 9 600 m2

SAINT-GERVAIS – Sauturne : 7 360 m2

LAIZY – Chazeu : 6 750 m2

LA BOULAYE :4 800 m2

DRACY-SAINT-LOUP – Azey : 4 200 m2

SAINT-DIDIER-SUR-ARROUX – L’Étang Verdeau : 3 750 m2

LA GRANDE-VERRIÈRE – Vauteau : 3 000 m2

BRION – Les Arbres : 2 475 m2 (motte sans histoire)

LA BOULAYE – La Roche Bazot : 2 100 m2

SAINT-FORGEOT – Le Grand Millery: 2 000m2

LA TAGNIÈRE – La Bussière : 2 000 m2

TINTRY – La Motte : 1 980 m2 (motte sans histoire)

BRION – Tour du chapitre : 1 800 m2

SAINT-FORGEOT – Le Closeau : 1 750m2 (motte sans histoire)

AUTUN – Les Ragots : 1 716 m2

AUXY – Champ des Quieules : 1 600 m2 (motte sans histoire)

COLLONGE-LA-MADELEINE – Alibour : 1 540 m2

AUXY – Repas : 1 400 m2 (motte sans histoire)

DETTEY – Perpennat : 1 256 m2

MONTHERON – Lée : 1 200 m2

TINTRY – La Vieille Tour : 1 000 m2

AUXY – Pâture Blayot : : 920 m2 (motte sans histoire)

CURGY – Savigny le Vieux : 810 m2

LA CHAPELLE-SOUS-UCHON – Alone : 630 m2

MESVRES – La Motte des Choux : 550 m2

THIL-SUR-ARROUX : 500 m2

SAINT-FORGEOT – Les Buissouniers : 450 m2 (motte sans histoire)

 

© Roland Niaux (Publication électronique : Avril 2006)
 

[1] G. Fourquin, Histoire de la France rurale, t. I : des origines à 1340, Paris, Seuil, 1975, p. 382.

[2] J.-G. Bulliot, Essai sur le système défensif des Romains en Pays Éduen, Paris-Autun, Dejussieu, 1856.

[3] Cf. F. Braudel, L’identité de la France, t. II, Paris, Flammarion, 1990.

[4] G. Fourquin, Op. cit.

[5] J. Mesqui, Châteaux forts et fortifications en France, Paris, Flammarion, 1997.

[6] J. Mesqui, Idem.

[7] X. Garenne, Bibracte, Autun, Duployer, 1867.

[8] X. Garenne, Id., chap. 13 : « Domicilia Gallorum », p. 168 et s.

[9] Cf. les prospections archéologiques effectuées dans le cadre de l’association Histoire et Nature (Rapport transmis au Service régionale d’Archéologie – Dijon).

[10] H. de Fontenay, Autun et ses monuments, 1887, p 7.