La porte du Carrouge à Autun

Roland Niaux
(1998)

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Alexandre Huet, peintre autunois, publia en 1904 un petit recueil d’histoires locales intitulé « Lettres aux Eduens ». On peut y voir, entre autres, une excellente gravure de la porte du Carrouge. C’est probablement la seule image qui ait été conservée de ce monument d’architecture militaire du XVIe siècle.

En 1546, les édiles autunois décidèrent la construction d’un rempart destiné à réunir, dans une seule enceinte rattachée aux murailles romaines, les deux ensembles urbains fortifiés d’Autun : le « Château » et Marchaux. Une partie de ce travail consistait à joindre l’une des tours de flanquement de l’ancienne porte romaine de Saint-Andoche, depuis longtemps occultée, à la porte haute de Marchaux, porte dite de l’Horloge. On englobait au passage la vieille église paroissiale de Marchaux, Saint-Jean l’Évangéliste. Une nouvelle porte devait être ouverte au lieu-dit « Le Carrouge » où se croisaient cinq chemins arrivant à Autun. Cette porte remplacerait l’ancienne porte de Saint-Andoche.

Les travaux furent longs à réaliser. Sur le plan de Belleforest, daté de 1575, la nouvelle muraille ne figure pas encore. Toutefois, il en est question à plusieurs reprises dans les récits du siège d’Autun par les troupes royalistes. Elle était donc achevée en 1591. C’est dans la période intermédiaire que les travaux furent exécutés.

La porte du Carrouge était encadrée par deux bastions entre lesquels deux forts piliers étaient réunis par une arcade plein cintre, couronnés d’une courtine garnie de machicoulis et protégeant une herse. A l’avant de cet ouvrage, un fossé à pont-levis en défendait l’accès. En 1777, on supprima la herse et le pont-levis et on combla les fossés. Ce qui restait du monument méritait d’être sauvegardé. Malheureusement plusieurs municipalités successives, au cours du XIXe siècle, s’acharnèrent à vouloir sa disparition, au motif que cette porte constituait une gêne à la circulation et ceci « malgré les réclamations des gens éclairés, malgré les protestations réitérées de la Société Eduenne. Cet acte d’un vandalisme aussi coûteux qu’inutile fut enfin consommé en vertu d’une délibération du Conseil municipal du 18 mai 1865 » (H. de Fontenay).

 

© Roland Niaux 1998 (Publication électronique : Mai 2006)

 

Ancienne Porte du Carrouge

  

(Gravure A. Huet, 1904)

 

 

Porte du Carrouge

Le bastion de gauche, le chaînage des moellons à bossage

Les meurtrières, l'arrachement de la porte 

Photos Roland Niaux

 

En dessous : Porte supprimée, rue élargie.

Seul le bastion de gauche demeure