L’ANCIENNE ÉGLISE DE BROYE

Roland Niaux
(ca. 2000)

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Il existe une photo de cette église (propriété de M. Dubreuil, à Broye) et ce doit être le seul document visuel de ce monument. Charles Boëll a exécuté un dessin d’après cette photo qui est conservé à la Bibliothèque de la Société Eduenne.

 

L’antique église de Broye, comme beaucoup d’autres, avait été bâtie sur un terrain riche en vestiges gallo-romains. Lors de sa démolition, on trouva, dans ses fondations, plusieurs stèles funéraires gallo-romaines en granite. Trois d’entre elles ont été déposées, parmi d’autres, au château de Mont d’Arnaud. Une église semble attestée à Broyes en 1012. Au vu de la photo, l’abbé Terret date le monument disparu du XIe siècle. Charles Boëll du XIIe. La première description, sommaire, remonte à une visite pastorale de Mgr de Senaux, évêque d’Autun, en 1706 : " Le sanctuaire est voûté. La nef n’est ni voûtée ni lambrissée. Le clocher est sur le sanctuaire. Les murailles sont en bon état. La nef est couverte en tuiles creuses, le clocher et le porche en tuiles plates ".

Cette église présentait une disposition architecturale assez rare. Le clocher était porté par une grosse tour carrée ayant presque la largeur de la nef et couvrant entièrement le chœur et l’abside. Cette abside, voûtée en cul de four, était empâtée dans la maçonnerie de la tour du clocher et revêtue de boiseries. Elle était éclairée par une étroite fenêtre en plein cintre ouverte au chevet. Le chœur, élevé d’une marche, communiquait avec la nef par un arc triomphal en plein cintre retombant sur des pieds droits dont l’imposte était ornée d’une moulure simple. La nef n’était qu’une grande salle rectangulaire plafonnée et carrelée. La tour du clocher était percée à l’étage sur les quatre faces de baies géminées dont les arcades retombaient sur un accouplement de colonnettes à chapiteaux. Le toit à quatre pentes reposait sur une corniche à modillons carrés. Si l’on en juge par le plan cadastral au 1/2000e de 1843, l’église devait mesurer approximativement 22 mètres de longueur et 10 de largeur.

Jugée en bon état en 1803, elle se trouvait 70 ans plus tard dans un état de délabrement laissant présager une ruine prochaine. Le 17 décembre 1876, le Conseil de Fabrique et la municipalité proposaient la construction d’une nouvelle église, jugeant l’église existante " trop étroite et sans caractère architectural ". Elles en confiaient la conception à l’architecte Roidot. La commune offrait 16.150 francs pour la construction, Mme de Talleyrand, châtelaine de Montjeu et Mme Deseilligny, fille du maître de forges Eugène Schneider et veuve de l’ancien directeur des usines devant fournir le solde. Finalement, c’est Mme Deseilligny qui prit seule à sa charge tous les frais, Mme de Talleyrand offrant le terrain. L’architecte Roidot choisit M. Chevalier, entrepreneur à Autun, pour réaliser les travaux. Mgr Perraud, évêque d’Autun, bénit la première pierre le 14 septembre 1886 et la consécration eut lieu le 29 septembre 1887.

L’emplacement de la vieille église servit, dans un premier temps, à agrandir le cimetière, avant que celui-ci ne soit transféré en un autre lieu. Lors de la démolition, on retrouva, sur le pourtour intérieur des murs des portions de litres funéraires qui avaient été recouvertes d’enduits.

On ne conserva de l’ancien édifice que le maître autel, quelques candélabres et les deux cloches. Le bénitiers et la cuve baptismale octogonale portant le gril de saint Laurent furent jugés inintéressants et " de trop grande dimension pour la nouvelle église". Ils furent déposés, avec les stèles, au château de Mont d’Arnaud pour servir de bacs à fleurs.

 

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 © Roland Niaux, ca 2000 (Publication électronique : août 2006)

Voir aussi l'article : Broye (Saône-et-Loire)

Bibliographie :

A. de Charmasse, Cartulaire de l’Eglise d’Autun, Autun, Dejussieu, 1865, t. I-II p. 209-298-329 ; t. III p. 295-296.
Abbé Doret : Notes manuscrites sur l’église de Broyes (Bibliothèque de la Sté Eduenne)
Ch. Boëll : Bibliothèque de la Sté Eduenne M 26
M.S.E. XXI – 1893 – PV des séances note Lacreuze, p. 419-420.
Esperandieu, t. III,  2007-2011
Histoire et Monuments : Canton de Mesvres, p. 71.