Stèles et sarcophages

Roland Niaux
s.d.

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1. Stèles

 

- Trois nouvelles stèles funéraires gallo-romaines ont été découvertes au cours de cette année 1998.

- Le 31 juillet dernier, à Étang-sur-Arroux, des travaux de dragage ont permis de sortir du lit de la rivière une très belle stèle de 1,10 m de hauteur, 0,55 m de largeur, 0,30 m à 0,35 m d’épaisseur, en granite provenant des carrières de la Roche Mouron. Le long séjour dans le sable humide a assuré au monument une qualité de conservation remarquable. La stèle représente dans une niche à montants ornés et sommet cintré, un homme debout tenant dans ses mains ses outils de travail. Peut être est-ce un ouvrier carrier ?

Les carrières de la Roche Mouron, distantes de 2,500 km du lieu de découvertes, étaient exploitées à l’époque gallo-romaine. Les outils ne sont pas identifiés avec certitude, mais on peut penser au trépan, ou « violon », qui est précisément un outil de carrier.

 

 

 

 

- En même temps que cette stèle, dont un fragment supérieur a malheureusement été cassé lors de la découverte, on a pu sortir de la rivière trois énormes blocs de grès, taillés et garnis de trous de scellement (0,88 x 0,76 x 0,42 ; 1,16 x 0,62 x 0,57 ; 1,39 x 0 ,58 x 0,35) un fragment de meule en granite d’un diamètre approximatif de 0,55 m et un morceau de fût de colonne, également en granite, de 0,84 m de hauteur, et dont le diamètre était d’environ 0,60 m. Quelques jours plus tard, une nouvelle stèle funéraire, celle-ci en moins bon état de conservation, était également ramenée sur la berge. Toutes ces découvertes ont été connues, les objets préservés et mis en sûreté, grâce à l’initiative de la municipalité d’Étang-sur-Arroux et aux bons soins des agents de l’Équipement.

- Au printemps dernier, des travaux de VRD, réalisés à 100 mètres du lieu de découverte des stèles, avaient permis d’observer la chaussée d’un chemin, présumé romain, traversant l’Arroux à gué.

- Dans le passé, 8 autres stèles gallo-romaines connues ont été découvertes à Étant, dont deux au moins étaient également dans le lit de l’Arroux :

-         l’une donnée en 1885 au musée Rolin par Madame L’homme de Mercey, sans autre précision sur le lieu de découverte :

-         un autre actuellement sur la commune d’Arleuf a été signalée par le Docteur Olivier comme provenant d’Étang-sur-Arroux ;

-         une stèle se trouve actuellement chez Monsieur Perrin, demeurant au hameau de la Perrière : il dit l’avoir trouvée sur place ;

-         trois stèles proviennent du hameau de Vilaine : l’une est chez Monsieur Bouvier, maire de Laizy, la seconde est chez son fils, à Étang, la troisième a été donnée en 1992 par Monsieur Gauthey au musée Rolin : elle représente un couple.

-         une autre a été découverte vers 1848 à l’emplacement du gué, face à la « maison du passeur ». On ignore ce qu’elle est devenue.

-         au même endroit, une autre stèle a encore été sortie de l’eau entre 1947 et 1950, aux dires d’un témoin visuel rencontré le 31 juillet 1998.

 

 

2. Sarcophages

 

- A Saisy, au Sud du hameau de la Vesvre, les débroussaillages ont fait apparaître le petit front de taille d’une carrière de grès, de 2 à 5 mètres de hauteur, se développant sur environ 300 m de longueur, face à l’est.

- Dans la partie la plus au Nord et la plus élevée de la carrière, un peu en contrebas du pré supérieur, 4 sarcophages (peut être 5) apparaissent au sommet du front de taille, coupés latéralement à leur extrémité. Ils sont orientés. Leur fond est taillé dans le banc de grès. Des dalles verticales, ou la roche en place les séparent. Sur l’un d’eux, demeure un couvercle massif à section triangulaire. On se trouve sans doute en présence de la trouvaille faite en 1868 et signalée alors au tome du XVIII des Mémoires de la Société Eduenne : « cinq sarcophages taillés dans le grès, découverts dans une carrière au sud de la Vesvre, sur la propriété de Vivant Chanlon... »

- Un peu plus loin, à 200 ou 300 m au Sud-Ouest, quatre nouveaux fonds de sarcophages sont creusés dans le banc de grès apparaissant horizontalement au pied du talus. Les parois et les couvercles ont disparu. Deux fragments de tegulae ont été recueillis dans le voisinage immédiat. L’inaccessibilité des lieux empêche une prospection plus étendue dont on peu penser qu’elle serait fructueuse. (Notre site n’est qu’à 1 kilomètre du champ des « Martreu » sur la commune de Morlet, où toute une série de sarcophages auxquels ne manquent que les couvercles, sont creusés dans le banc rocheux).

Dans le pré situé à l’ouest du front de taille et du talus, le banc d grès affleure le sol. Plusieurs autres sarcophages ont été vus dans ce pré au début du siècle, selon un témoignage recueilli en mairie. Dans la haie formant une clôture sur le côté Ouest, on voit encore un bloc portant des traces d’outils de carrier. Dans le bois de Mazerolle, contigu mais sur la commune de Collonge-la-Madeleine, d’autres bancs de grès ont été exploités. L’un d’eux présente deux profondes rainures verticales, ayant respectivement 1,20 m et 1, 47 m de hauteur, 0,15 m de largeur et 0,40 m de profondeur, ces deux rainures étant distantes de 1,98 m. On peut supposer qu’il s’agit d’une opération de pré-débitage d’un ou plusieurs sarcophages.

 

 

 

 

© Roland Niaux (Publication électronique : Juin 2006)