Les stèles funéraires de Saint-Symphorien-de-Marmagne

Roland Niaux
(2002)

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Dans « Monuments funéraires antiques inédits ou oubliés de la région autunoise [1] » nous avions recensé (p. 110), cinq stèles provenant du territoire de cette commune, une seule étant visible sur place.Trois autres ont été découvertes depuis lors.

 

Récapitulons et précisons :

 

1 – Un stèle en granite (0,58 m. sur 0,50 m.) est incluse dans la maçonnerie du mur de l’ancien cimetière au bourg, à hauteur d’homme, devant la mairie (photo 1). Elle avait été initialement citée par l’abbé Lacreuze [2] lequel rappelait que Courtépée indiquait trois bas reliefs au même endroit.

 

2 – Dans sa séance du 2 septembre 1884, la Société Eduenne remercie Monsieur Nouveau, maire de Saint-Symphorien-de-Marmagne, du don fait par lui à la dite Société, d’une stèle découverte la même année dans les fondations de l’église de St. Symphorien, en cours de démolition. Cette stèle porte l’inscription : SENILOS M MOMINTO [3].

 

3 – Au cours de la séance du 24 juillet de la même année, la Sté. Eduenne recevait de M. Félix Courtois une autographie représentant une stèle gallo-romaine découverte à St Symphorien-de-Marmagne [4]. Ne faisant pas état d’une inscription dédicatoire, très rare dans nos campagnes, on peut supposer que cette stèle est différente de celle donnée par le maire du pays quelques semaines plus tard… Il serait intéressant de retrouve ce dessin et de le comparer avec les stèles dont on a perdu ou dont on ignore la provenance, dans les musées d’Autun.

 

4 – Une stèle, parmi celles entreposées vers 1900 par M. Desseligny auprès de son château de Mont d’Arnaud, à Broye, est notée comme provenant de St Symphorien-de-Marmagne, sans autre précision. Elle a été publiée initialement par Esperandieu (Recueil III n°2004, p.129), revue, vérifiée et photographiée par M. Pinette, ancien conservateur du Musée Rolin [5].

 

5 – Une stèle existe encore au hameau d’Entrevaux, incluse dans le mur, sous le pignon, d’une maison appartenant en 1986 à Madame Michel, maison la plus haute du hameau, en bordure du chemin. Cette maison portait à son faite une croix fleurdelysée en fer forgé de 0,90 m. de haut, dont les bras mesuraient ensemble 0,35 m. Cette maison passe pour avoir été une chapelle. La stèle, qui est à hauteur d’homme en bas et à droite face au mur, a été cachée en 1960 sous un enduit. Elle pourrait être remise en valeur en cas de travaux.

 

Voyons maintenant les nouvelles découvertes :

 

6 – Selon le témoignage de M. Sauvageot, propriétaire de l’ancienne maison forte de Marnay, une stèle a été découverte en ce lieu à l’occasion de travaux (sans autre précision) stèle « exactement semblable à celle que l’on peut voir encastrée dans la maison Nigaud de Mesvres » ; Cette stèle a été de nouveau incluse dans une maçonnerie en construction, avant que le propriétaire ait pu manifester son intention de la préserver. Pour ces deux dernière stèles, Entrevaux et Marnay, aucune vérification n’est possible, mais les témoignages recueillis sont fiables.

 

7 – Une stèle a été découverte par M. Paul Brugniaux, de Marmagne, au cours d’une promenade à la ferme des Chambrions (photo n°2). Elle se trouve en bordure du chemin à gauche en venant de Martigny. Personne, semble-t-il, ne l’avait jusqu’alors remarquée. Elle est encastrée dans un mur de soutènement, au-dessus d’une source alimentant un bassin. Il n’en reste que la partie supérieure, représentant, dans une niche cintrée à fronton triangulaire, la tête et le cou d’un personnage à chevelure ou coiffure enveloppante. La sculpture, quoique érodée est encore assez fine. Le monument est en granite gris-rose de la région. Ce qu’il en reste mesure 0,48 m. de haut et 0,47 m. de large. La niche proprement dite fait 0,31 m. de haut et 0,30 m. de large et sa profondeur est de 0,07 m. Elle mériterait une mesure de sauvegarde.

 

8 – Une huitième stèle a été mise au jour, durant l’été 2002, au hameau du Maupois chez M. Christian Gillot, conseiller général et maire de Broye, lors de la démolition d’un mur de clôture. Elle représente la tête, le cou et l’épaule gauche d’un personnage masculin aux traits rudes : grands yeux globuleux, nez perpendiculaire bien marqué, moustache et barbe courte entre lesquelles la bouche est esquissée. Le cou est orné du torque. Cette sculpture rend presque schématiquement un visage buriné à l’expression virile, mais non personnalisée. Ce n’est pas l’œuvre d’un quelconque tailleur de pierre mais d’un véritable sculpteur. Il est dommage que l’œuvre ne soit pas entière. Le reste du monument a probablement échappé à l’attention du maçon qui n’a été alerté que par la vigueur du visage (photos 3 à 6).

 

Ce qui subsiste mesure au maximum 0,34 m. en hauteur, 0,24 m. de largeur et 0,16 m. d’épaisseur. On a utilisé un bloc de granite gris à grains moyens dont seule la face sculptée a été dressée. La sculpture elle-même n’offre qu’un faible relief, les traits étant gravés dans la masse. M. Gillot souhaite vivement que ce petit monument soit sauvegardé et mis à l’abri, afin qu’il ne subisse aucune dégradation ou ne vienne à disparaître.

 

Voir aussi l'article : Saint-Symphorien-de-Marmagne

© Roland Niaux 2002 (Publication électronique : mars 2006)

 1

SAINT-SYMPHORIEN-DE-MARMAGNE

Mur de l'ancien cimetière devant la mairie
(photo R. Niaux)

Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir

 

2

LES CHAMBRIONS

(photo R. Niaux)

 


3

LE MAUPOIS- Saint-Symphorien-de-Marmagne
Demensions maxima L 0,34 l 0,24  Ep. 0,16

Vue de face (3 et 4)

Photos Didier Luas

 

4.

 

5.

Vue de dessus

 

6.

Vue de profil

 


[1] Mémoires de la Société Eduenne, T LV, fasc. 2, 1991-92

[2] M.S.E., T I, 1872, p . 340.

[3] M.S.E., T XIII, 1884, PV des séances, p . 543-544.

[4] M.S.E., T XIII, 1884, p. 534.

[5] M.S.E., T. LIV, fasc. 5, 1985-87, p. 394, n°11