L’ANCIENNE ÉGLISE DE SAINT-PANTALÉON

Roland Niaux

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 ACCUEIL

L’ancienne église de Saint-Pantaléon figure au plan cadastral de 1823, sous le n°340 de la section A, feuille 4, pour une superficie de deux ares et 70 centiares. Elle était située dans l’enceinte du cimetière, plus bas que l’église actuelle, dans l’angle formé par les chemins allant anciennement à Saint-Symphonrien et à Saint-Martin. Ses mesures sont indiquées dans l’acte de vente passée le 25 messidor de l’an IV, portant " adjudication à Hugues Corbier, aubergiste à Autun, moyennant 1440 francs, de la ci-devant église de Saint-Pantaléon, ayant 56 pieds de longueurs dans œuvre (18,50 m environ) et de largeur, à savoir la nef 25 pieds (8,25 m) et le chœur 23 pieds 6 pouces (7,75 m) sur la hauteur de 25 pieds, confinée de matin et midi par le cimetière de la dite commune, de soir par la grande route d’Arnay, et de nord par un morceau de terre qui dépend du cimetière " (A.D. de S. et  L., Q, vol. 2, acte 12).

Si l’on en croit l’abbé Devoucoux (document de la Société Eduenne), elle offrait un parallélogramme sans abside. Les fenêtres, petites et allongées, accusaient le XIe ou le XIIe siècle, ainsi qu’une porte latérale cintrée. Le chevet plat, avec l’indice d’une baie quadrilobée, semblait annoncer le XIII ou le XIVe siècle.

Ces descriptions sont difficilement conciliables, tant avec le plan cadastral, qu’avec le dessin exécuté par Joseph de Champeaux en 1846, seul témoignage visuel que nous ayons découvert concernant cette église. Selon le plan cadastral – sous réserve de son exactitude – l’église aurait mesuré extérieurement 22,50 m de longueur et 11 m de largeur. Le chœur paraît de même largeur que la nef. Le mur nord présente une saillie, chapelle, sacristie ou clocher avec tour accolée. On voit encore de nombreux contreforts à l’est (l’église est orientée) et au sud, le long du chœur.

Selon le dessin de Joseph de Champeaux, dont le relief des terres indique qu’il a été fait depuis le bas, vers l’ancienne fontaine Saint-Symphorien, le clocher serait sur la moitié nord de la nef. Ce même dessin montre une chapelle ou sacristie en saillie sur le mur sud. On ne voit que deux contreforts d’angles sur le pignon ouest ainsi qu’une curieuse ouverture, abritée par une avancée maçonnée recouverte d’un fragment de toit à deux pentes.

 

 

L’église de Saint-Pantaléon existait en 1132, époque à laquelle elle fut donnée à l’abbaye de Saint-Martin d’Autun, par l’évêque Etienne de Bagé. Elle fut restaurée après les guerres de religion : les paroissiens de Saint-Pantaléon, ayant sauvé les reliques du pillage des troupes calvinistes, ne les rendirent à l’abbaye de Saint-Martin que moyennant promesse de reconstruction de leur église aux frais de l’abbaye.

Rendue au culte après la Révolution, la vieille église s’avéra trop petite pour la population regroupée des anciennes communautés de Saint-Pantaléon, Saint-Pierre, Saint-Vincent, lesquelles avaient autrefois chacune leur église paroissiale. On décida donc un agrandissement de l’église de Saint-Pantaléon. Le 17 février 1855, le conseil municipal approuva le plan de M. Roidot-Marillier " considérant que beaucoup de parties de l’église, et notamment le clocher refait en 1830, pouvaient être réutilisées ". Mais un autre projet, dressé par M. Berthier, architecte à Mâcon, le 2 août 1856 et approuvé par le Conseil des Bâtiments civils, fut finalement adopté. Il prévoyait la démolition totale et la reconstruction d’une église entièrement neuve dans la partie nord du cimetière. Les travaux furent exécutés en 1858-1859 par M. Lagrange, entrepreneur à Autun. L’église nouvelle fut consacrée Mgr de Marguerye, sous le vocable de saint Symphorien, premier martyr d’Autun. Les travaux furent reçus définitivement le 7 février 1863.

Tout près de l’emplacement de l’ancienne église, à la pointe sud du cimetière, était la fontaine Saint-Symphorien où l’on venait autrefois en pèlerinage pour guérir de la fièvre ou obtenir la pluie. Elle fut occultée.

Le mobilier de la vieille église fut transféré dans la nouvelle, spécialement le beau retable de l’Annonciation, de 1520 et une statue en pierre du XVe siècle représentant saint Jean-Baptiste, tous deux classés. L’église de Saint-Pantaléon est une des rares églises reconstruites au XIXe siècle qui ne soit pas décevante après un siècle et demi de vie.

 

 © Roland Niaux, ca 2000 (Publication électronique : août 2006) 

Bibliographie :

Archives départementales de Saône et Loire.
J.-G. Bulliot : Essai historique sur l’abbaye de Saint Martin, 1849, T. II, charte n°18, p. 41.
Carnets Devoucoux, album n°7 (Bibliothèque de la Société Eduenne).