Edition JC Lattès
Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. Elle est d’origine espagnole. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais ils n’en ont jamais parlé. C’est de ce manque qu’est née “La commode aux tiroirs de couleurs”.
Une jeune femme hérite d’une commode à la mort de sa grand-mère. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir les dix tiroirs et dérouler la vie de Rita. De lourds secrets de famille vont être révélés.
Dès les premières pages, on est happé par le récit. L’écriture est concise et dynamique. Le premier chapitre m’a fait penser à ma grand-mère. Le récit est pudique mais il montre quand même le chagrin et l’amour de la narratrice pour son Abuela.
Les personnages sont attachants. Le destin est raconté avec tendresse. Rita est à la fois sauvage et révoltée mais aussi douce et docile pour mieux se cacher aux yeux des Français.
Dans le chapitre dédié au café familial, j’ai eu l’impression d’entendre “J’traine des pieds”, le vocabulaire est similaire, on a l’impression de connaître les habitués.
Le roman est bouleversant, on croit à cette destinée familiale hors du commun. J’ai eu la chair de poule à plusieurs reprises en lisant ces pages. Il m’a profondément touchée. Le livre est court (200 pages), il va à l’essentiel. Il est poignant.
“La commode aux tiroirs de couleurs” est un roman nécessaire. Lisez-le et savourez-le jusqu’à la dernière ligne.