08- les Pompiers

            L'humanité a mis des milliers d'années pour découvrir le feu et,

il est fort probable que pendant les millénaires à suivre,

il faudra toujours quelqu'un pour l'éteindre.



                                      

Nouveau logo officiel du centre d'intervention  -  publié en mai 2014

                                et   PUCELLE OFFICIELLE



                Jusqu’au premier tiers du 19ème siècle, ce seront des chaînes de villageois qui achemineront l’eau sur les lieux des incendies, mais les systèmes plus ou moins ingénieux pour envoyer l’eau en hauteur ne valent pas les pompes à incendie à pression.

             Las des ravages des flammes, qui faillirent notamment en 1738 emporter toute une rue à cause des jeux malheureux du petit Joseph LAVOLLÉ alors âgé de 10 ans, la Mairie devra continuellement chercher à s’équiper en moyen « modernes » sur le modèle initié par le Seigneur de Pépinville (et Uckange) dès 1703.

 

            La protection des villageois contre le feu devient un véritable cheval de bataille pour le Maire François HENRION, en 1852 et 1853. Sur le plan financier, il incite les paroissiaux à s’assurer, aussi organisera-t-il une étude très complète de mutuelle contre l’incendie qui établit par risque les primes à acquitter  (6,50 francs annuels par mille francs de valeur pour les bâtiments les moins exposés …) mais, chose assez étonnante, ce ne sera qu’en 1865 que la Mairie s’assurera à la Compagnie L’Union de Thionville.

 

la brigade de 1955 :
                                    

            En parallèle, s’appuyant sur la circulaire préfectorale du 15 avril 1852, régissant les effectifs maximum de 20 hommes pour le service d’une pompe à incendie, le Conseil Municipal organise « un corps qui soit spécialement chargé de la manœuvre de cette machine » dès le 2 mai suivant. Cette procédure devant finaliser l’organisation légale de la Brigade qui existe depuis 1829 sous les directives du Maire Nicolas DUBRAS.

            Les 20 soldats du feu, sous le patronage de Sainte Barbe, qui composeront cette première brigade officielle de Pompiers devront attendre février 1853, pour obtenir le financement d’un uniforme complet grâce à l'attribution par le Conseil Municipal d’une subvention de 300 francs pour l’achat de vestes à incendie. Ils seront commandés par le Sous-lieutenant Théodore ZAND, Mécanicien,  dont on apprend qu’il s’est équipé à ses frais (hors le fusil et le sabre qui seront fournis à chacun des 20 Sapeurs par la Commune). Cette nomination, ou plutôt l’officialisation de ce qui existait déjà,  est le résultat d’une conduite exemplaire reconnue.


     1973

 

            Concernant l’effectif de 1852, nous apprendrons que la Compagnie reste sur l’organisation de 1843, à savoir :

            1 Sous-lieutenant, 2 sergents, 4 caporaux, 1 Clairon ou Tambour, 17 Sapeurs.

             « La subdivision de pompiers d’Uckange qui s’est distinguée dans différentes circonstances, ayant toujours été commandée par un Sous-lieutenant (ZAND)… et dont le zèle et la bonne conduite méritent toute la confiance de l’administration, le Conseil est d’avis qu’il soit maintenu dans son grade et que le tambour (GOERGEN) qui a toujours été attaché à la dite Subdivision … soit également maintenu ...» - 2 mai 1852.

 


            Comme j’ai pu l’aborder dans le chapitre des travaux sur l’église, la première caserne des pompiers a vu le jour dans les années 1857-1869, les archives conservées ne permettant pas de situer cette date plus précisément.

            La pompe à incendie, qui avaient été acquise en 1843 avec 25 mètres de tuyau de toile pour 1.050 francs, fut, dans les années 1860, entreposée dans la grange du presbytère que le Curé céda gracieusement à la commune en échange d’une participation financière du Conseil Municipal de 6.000 francs aux travaux de rénovation de l’église. On y entreposât tout le matériel du feu avec entre autres 12 seaux de cuir, une charrette, des échelles (en mauvais état), trois boîtes de raccordement pour le tuyau …

            Par la suite, dès 1862, une nouvelle pompe, de type N°2 de chez Michaux DURENTON pour 1.200 francs avec 100 seaux de toile, vient renforcer le matériel, puis une échelle acquise en 1876 à Victor BECK …

            Cette caserne sera rasée en 1911, en même temps que la salle de classe des filles et la prison.

 



            Grâce à une offre de la SA Les Usines RENAULT de Billancourt, la Commune investit 24.660 francs dans une pompe à incendie motorisée et ses accessoires en 1928. Il s’agissait d’une motopompe de 10 chevaux type 60m3

           Dès lors, avec l’installation toute nouvelle du réseau d’eau courante, le travail des sapeurs s’en trouve moins pénible et bien plus efficace.

 



            Les Pompiers se sont particulièrement illustrés pendant la guerre de 1939-1945, les 26 hommes de la Compagnie durent, au plus fort des combats, faire face à 193 alertes aériennes. Aussi un piquet d’incendie de 13 hommes de permanence fut décidé, on salue là le dévouement de ces volontaires qui, du 24 juin 1943 au 1er septembre 1944. ne faillirent à aucun moment bien qu’ils ne furent jamais rémunérés pour cette tâche.

            Le 9 mai 1944, onze hommes partent pour Basse-Yutz pour renforcer les équipes qui combattent l’incendie provoqué par un bombardement allié. Dès le lendemain, 13 pompiers aident le Corps de Daspich-Ebange à relever les 14 blessés et les 27 morts du bombardement proche de la cimenterie, le 25 suivant ils font de même à Thionville gare.

            Le plus spectaculaire de leurs interventions sur Uckange fut certainement sur l’explosion d’un camion citerne allemand rempli d’essence, atteint par une bombe au plein cœur du village.

 

            C’est le cœur vaillant donc que nos Pompiers éteignent les incendies, aident au relevage pendant les inondations, interviennent pour les premiers secours, s’attaquent aux guêpes et frelons, aident à la sécurité de manifestations (ils étaient même armés jusqu’en 1870) … depuis plus de 176 ans.

            Les dernières actions les plus spectaculaires de ces dernières années furent sans conteste en août 1975, quand la brigade rejoint 200 Pompiers à Florange pour combattre un incendie d’hydrocarbure dans une cuve de 7,3 millions de litres de fuel domestique , et une nuit en Mars 1993, avec le feu qui ravage la « TOUR », cet immeuble de 12 étages qui logeait alors 184 familles (cette même Tour qui sera définitivement évacuée en 2011 suite à un ultime incendie qui coûtera la vie à l'un des habitants).

 


Corps des Pompiers période 1914-1918 – devant la Brasserie Ensel



 

            A leurs actions sur le terrain vient s’ajouter un énorme travail de prévention et de formation que l’on peut découvrir dans les cours de Secourisme promulgués à tous ceux  qui le souhaitent pour l’obtention du Brevet National de Secourisme.

            Enfin, l’on peut appréhender la difficulté de la tâche qui leur incombe lors de manœuvres publiques, comme ce fut entre autres le cas lors de l’exposition qui leur était dédiée 1997 et organisée par Jean-Paul CLAUSE pour l’association Vie et Culture.

 

            En dehors de leurs activités de sauvetage et de sensibilisation, les  pompiers se créent une véritable confrérie.  Rapprochés par les dangers de leur quotidien, il est tout naturel que des sentiments profonds naissent entre eux, aussi créeront-ils une Amicale en 1964 et la Clique le 15 mai 1991.

            Pour cette dernière, aujourd'hui disparue, elle sera présidée à sa fondation par Jean-Claude JOSQUIN et réunit Cuivres et Tambours. En 1992, elle comptait 30 interprètes.

 

Les chefs de Corps :


    Théodore ZAND, de 1829 à 1867,


    Louis ZAND, fils du premier, de 1867 à 1913 est nommé Capitaine en 1910,


   François MEUNIER, son gendre,  lui succède de 1913 jusque 1920, comme quoi esprit de Corps peut rimer avec esprit de Famille. On notera tout particulièrement que ce dernier sera élu Maire d’Uckange en 1932 et qu’il sera expulsé par les autorités du IIIème Reich en 1940 pour retrouver sa place fin 44 jusqu’en 1945,


    Eugène COSTELLA, de 1921 à 1923, par intérim,


    Pierre BECKER, de 1923 à 1924,


    Victor ALBERT, de 1924 à 1934, démissionnaire le 21 avril,


   Louis BECKER, de 1934 à 1964, fils du précédent Pierre, il sera nommé par le Ministre de l’Intérieur dans le grade de Sous-lieutenant,


    Auguste BURGER, de 1964 à 1977,


    Jean-Marie TAVERNIER, de 1977 à 1996,


    Gilbert LOUIS, de 1996 à 2014, 


l'Adjudant Arnaud GHIOTTO succède à Gilbert LOUIS au commandement de la caserne

Républicain Lorrain du 12/05/2014

     

    ARNAUD GHIOTTO, depuis mai 2014 ...


 

 
 
    Casque des années 1920
       Casque des années 1960

                        

 

 

  

 

   Emile BECKER   

 

 

 


 

 

            Il semblerait que le début des années 1840 et les dangers de la Moselle furent favorables à la naissance de quelques héros civils Uckangeois :

            « Une barque montée par trois hommes ... était entraînée rapidement par le courant ... Des mariniers qui se trouvaient au port d’Uckange, ... , préparèrent un câble énorme qui, lancé jusqu’au bateau en dérive, se rompit. Aussitôt plusieurs nacelles se détachent du rivage et l’on parvient enfin à sauver les hommes … » 14 janvier 1841.

 

            Le 10 février 1841, alors que trois gros bateaux sans équipages dérivent sur la Moselle, emportés par la crue des eaux, les Sieurs YNGER, RIFF, LIESSE et les deux frères HOGENBILLE, embarquent sur une simple nacelle pour les arrêter.

 

            « Le Sieur Jean SCHMITT d’Herdorf, près de Sarrelouis, voulant passer à gué la Moselle (en crue), à 8 heure du soir, avec une voiture non chargée attelée de cinq chevaux, pousse son attelage dans la rivière … ses chevaux sont entraînés par le courant, et ils allaient être submergés avec la voiture et son conducteur lorsque dix-sept des nombreux spectateurs de cet acte d’imprudence s’élancent dans des nacelles … » (LEJEUNE, deux ZAND, BRIER, VAGNER, ARCHEN, trois STROUP, OULERT, FELTEN, SCHNEIDER, TRENZ, DAM, GUELETER, GIRARDIN et FELTEN)   -  21 mai 1841.

 

            « Trois militaires du 3ème Régiment de Chasseurs à Cheval étaient à se baigner dans la Moselle, aux environs du bac d’Uckange, lorsque l’un d’eux ne sachant pas nager, disparaît sous l’eau. Ses camarades volent à son secours, mais peu habiles nageurs eux-mêmes, ils se seraient infailliblement noyés avec lui sans le dévouement des Sieurs Michel et Dominique SCHARFF … » - 23 mai 1841.

 

            « Le Sieur ARCHEN, aubergiste à Uckange, sauve au péril de sa vie un enfant de sept ans qui se noyait dans la  Moselle (29 mai 1842). Par décision du 5 janvier 1843 et sur proposition de Monsieur le Ministre de l’Intérieur, sa Majesté vient d’accorder la Médaille d’Honneur en argent pour son acte de courage et de dévouement … »



 


Les fêtes de la Saint-Jean :

            Au premier jour de l’été, on pouvait assister à la mise à feu du Mal incarné par un pantin de paille, une boule dévalant une colline, une tour de bois …

            De 1320 à 1780, Archives de Metz, textes applicables à toutes les communes du département : « prescrivant aux tonneliers et charretiers de s’assembler tous les ans à la Saint-Jean, pour entendre les comptes et nommer les maîtres et les six des métiers ; - décidant que les mutiers doivent prêter secours en cas d’incendie en portant l’eau avec leurs muyds (cuves d’environ 750 litres), et défendant aux habitants de leur refuser de l’eau et de faire des amas de fagots dans les lieux déterminés » (il s’agit bien là de l’organisation d’une congrégation pour combattre le feu).

            C’est dans ces faits que naîtra cette fête régionale. Ludique aujourd’hui mais fort cruelle autrefois, elle fut maintenue à Metz jusqu'à la fin du 18ème siècle. On découvre que sur le parvis de la cathédrale de Metz, on brûlait treize chats, remplacés plus tard par des lapins, pour conjurer une apparition diabolique sous la forme d'un chat noir, exorcisée par le feu sur l'ordre de St Clément.

            Les Pompiers d’Uckange renouent avec la tradition en 2005 avec un énorme bûcher aux abords de la Moselle, malheureusement cette reprise des traditions a été de courte durée, car en 2008 elle est à nouveau abandonnée.


2014, la retraite aux flambeaux de la Sainte BARBE, patronne des Pompiers

 
 
 



 avant l'hommage aux soldats du feu devant le monument aux morts, arrêt au U4 pour un feu d'artifices



UNE  NOUVELLE CASERNE

   Après avoir fait l'acquisition de hangars sur l'ancien site de SPIE TRINDEL, la Mairie de Uckange entreprend des travaux d'aménagement d'une nouvelle caserne pour les pompiers rue de Hayange.

   Devenue trop exigüe et ne répondant plus aux normes, l'ancienne caserne de la place de la République mettait en péril l’existence même du Corps. Aussi, le Conseil Municipal a-t-il voté à l'unanimité les investissements nécessaires pour que Uckange puisse garder ses pompiers.

   Le 27 juillet 2017, les nouvelles installations sont inaugurées en grandes pompes en présence de :
        - Gérard LEONARDI, Maire
        - Michel LIEBGOT, Président de la communauté d'agglomération du Val de Fensch
        - Brahim HAMMOUCHE, Député de la 8ème circonscription de Moselle
        - Patrick WEITEN, Président du Conseil d'Administration du service départemental incendie et sécurité
        - Thierry BONNET, Sous-Préfet de Thionville
                 ...



la revue des troupes,     de gauche à droite,   
MM le sous-Préfet, le Député, le Président du SDIS, le Maire

la cérémonie du ruban
 
 
   

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