22- l'USINE à Fontes

Thionville métropole de l'industrie Lorraine - 1919 - MILLERAND / PELTIER




Après acceptation par le Conseil Municipal de céder un terrain aux Frères STUMM de Neunkirchen (Allemagne), l'édification des « Grandes Forges » a pu débuter dès 1878 pour entrer en production dès 1891. A cette période, la Lorraine est divisée en deux, le côté français est tenu par les De WENDEL, le côté allemand verra quant à lui l'implantation de 5 usines dont Uckange qui devient alors le prolongement de la Rhur (avec Rombas, Knutange, Hagondange et Thionville).




L'USINE A FONTES SPÉCIALES

 

Vidéo YouTube https://www.youtube.com/watch?v=2W0KGB-ENMQ

http://youtube.com/watch?v=2W0KGB-ENMQ


            La très forte présence de la sidérurgie au long du 20ème siècle a été uniquement guidée par l’économie qui pouvait être réalisée pour l’acheminement du minerai nécessaire au fonctionnement des forges. La Lorraine était en effet le plus grand bassin ferrifère d’Europe avec ses quelques 12.000 Km².


 

château d'eau (rasé en 2012)
 

maisons de l'usine

maison du Directeur


 

            Le choix des Frères STUMM s’est porté sur Uckange en raison de l’existence des moyens d’accès (route, rail, fluvial), la fonte obtenue pouvant dès le début de la production être très rapidement expédiée vers l’Allemagne par trains ou par bateaux.

La Gebruder Stumm, Neunkirchen/S. est née

 

           

        La mise en service de 3 nouveaux hauts-fourneaux entre 1893 et 1897, s’ajoutant aux 40 haut-fourneaux, fonctionnant au coke, déjà implantés en Lorraine s’est donc faite très rapidement. Dès 1904, l’Usine en comptait 1 de plus, en 1907 un 5ème et le 6ème verra le jour en 1913.

        Elle employait 498 ouvriers en 1907 qui produisaient plus de 144.000 tonnes de fonte par an et 250.000 juste avant que n'éclate la première guerre mondiale.



            La chute en 1918 de l’Empire Allemand a permis de passer l’usine dans le giron de l’économie française et elle sera rebaptisée « Forges et Aciéries de Nord & Lorraine » (jugement d'adjudication du tribunal de Metz du 31 décembre 1919).

 


            Traitant du minerai ferreux Lorrain (la Minette) depuis ses débuts, l’usine s’alimentera encore au cœur des années 60 à la mine Charles FERDINAND de Hettange-Grande et à la mine IDA de Sainte-Marie-Aux-Chênes. Le transfert depuis cette dernière s’effectuait par wagonnets aériens sur 17 km depuis 1917.

            Toutefois, la mondialisation des échanges amènera l’utilisation de minerais étrangers (Brésil, Mauritanie, Pologne …) qui sont de meilleure teneur en fer (jusque 70%, contre moins de 40% pour la Minette) et les prix compensent largement les frais de transport supplémentaires.

 

 La fonte est coulée en lingots appelés Gueusets d'une 15ène de kilos.


Pour répondre à toutes les demandes, l'usine propose un catalogue de 90 types de fontes différents avec une spécialité en fonte de moulage non phosphoreuse, la plaçant ainsi leader mondial dans sa catégorie.


jetons d'outillages sous époque FANL et HFRSU


           L’usine sera amenée à changer plusieurs fois de nom, ainsi retrouvons nous en juillet 1965, après les Forges et Aciéries de Nord & Lorraine, les Haut-Fournaux Réunis de Saulnes et Uckange (HFRSU) lors de la fusion avec les usines de Saulnes. Ces dernières eurent rapidement à pâtir de cette association, Godbrange devra fermer la première ses portes en 1965, le reste des unités de production meusiennes furent désaffectées en 1968.

 


            En 1970, l’usine ne possède plus que 3 haut-fourneaux « modernes » qui, grâce à près de 2.800 sidérurgistes, produit 400.000 tonnes de fonte par an. La production montera rapidement pour arriver à la fin des années 80 à 1.000.000 de tonnes par an soit près de dix fois plus qu’il n’en sortait à ses débuts.


             Malgré une mobilisation extrêmement importante des Uckangeois et de leurs amis sidérurgistes et mineurs des environs, rien n’a pu empêcher le déclin économique de l’usine, pas même le concert, devant les Grands Bureaux d’Uckange, de Bernard LAVILIERS, le chanteur tant impliqué dans la vie des ouvriers sidérurgistes. Progressivement les unités 3 et 4 sont arrêtées, pour arriver à la fermeture définitive le 17 décembre 1991 de l’usine devenue LORFONTE avec l’arrêt du 1 (dynamité en 1994).

            Le 4 sera conservé en l'état et il est classé à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2001 avant de rouvrir en 2007 sous le nom de U4 en tant que lieu touristique.



 

            Planning de la mise à mort de l’Usine :

l’ordre de la Direction à ses cadres supérieurs est ici repris dans toute sa froideur.

 

        12/12/1991      Arrêt Broyage Charbon,

        13 /12               Mise hors Gaz Broyeur, Mise hors Gaz Sécheur Poches,

        14 /12               Marche tout Coke U1,

        16 /12               Consignation Arrêt Injection Charbon,

        17 /12               10h- 16h Arrêt                 Préliminaire,

                                  19h Début Descente des charges,

        18 /12               10h Arrêt U1 vide, Arrêt Soufflantes, Arrêt

                                  Chaudières,

                                  10h- 12h Purge Epuration U1,

                                  12h- 14h Purge Réseau gaz Cowpers U1,

                                  14h- 16h Purge Réseau gaz Chaudières,

        19 /12               Fin Refroidissement Chaudières, Arrêt

                                  Auxiliaires TS 1450,

        20/12                Arrêt Refroidissement U1,

                                  Isolement Réseaux eau hors Agglo &

                                  Arrosage Wagons,

                                  Installation de cubilots,

        21/12                Modification réseau Gaz,

                                 Arrêt programmé de l’Agglomération,

        22 /12              18h Fin travaux réseau Gaz, Remise sous gaz du réseau,

                                 21 h Démarrage Agglo.


 

 HF1 - 1994

 
 
 
 
 

 
 


 l’usine toute neuve aux environs de 1895 - famille BERNARD-MICHEL dans leur champ de tabac

 

         La Communauté d'Agglomération du Val de Fensch fera, en 2005, l'acquisition du site et met en place un certain nombre de projets d'aménagement afin d'intégrer le U4 dans un plan de cohérence globale des sites touristiques de la région. Plusieurs projets voient ainsi le jour en particulier sur les sites de Uckange et de Hayange afin de créer un pôle attractif autour de la Sidérurgie et des mines (avec Neufchef notamment).



 

       Les élus redonnent ainsi vie à un secteur géographique qui doit supporter une image de zone sinistrée souvent surfaite.

    Le projet uckangeois (jardin des traces, réhabilitation du U4, aménagement des annexes ...) est passablement décrié dans les foyers et la presse. mais devant le succès sans cesse grandissant, les avis changent. En 2014, plus de 30 000 personnes franchissent les portes du site pour découvrir ces nouveaux espaces dédiés à la mémoire, la culture et la nature.



 




        Par ces actions de valorisation du site par le Val de Fensch et la Municipalité de Uckange, les élus ont bon espoir de changer l'image de la ville et développer une activité nouvelle autour de ce qui fut l'élément fondateur du développement de notre Région.

        Nous travaillons le dossier de l'Usine de manière approfondie en étroite collaboration avec l'association MECILOR, qui a pour but de sauvegarder la Mémoire et la Culture Industrielle de Lorraine.

http://www.mecilor.fr




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 




 
 
 
 

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