Les oiseaux du refuge

Légèreté de l'oiseau qui n'a pas besoin pour chanter de posséder la forêt, pas même un seul arbre. Christian Bobin

L'éloignement du monde

Monsieur érismature rousse fait son show:

Quelques photos de bouts de chou à plumes au refuge...

Ici vivent des volailles qui étaient destinées à la boucherie, oies,canards, pintades,dindes, poules, des oiseaux parfois nous sont amenés suite à des conflits de voisinage, coqs,paons,pigeons et autres. Quelques anatidés d'ornement vivent au refuge afin de sensibiliser les gens à leur protection . Des oiseaux sauvages viennent y nicher en toute liberté, et d'autres viennent s'y nourrir, et profiter de la mare pour s'abreuver ou s'y ébrouer !

Une cigogne au pré:

Ambiance à la mare :

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L'oiseau

Mais lors voici qu’un oiseau chante,

Dans une pauvre cage en bois,

Mais lors voici qu’un oiseau chante

Sur une ville et tous ses toits,

Et qu’il dit qu’on le voit le monde

Et sur la mer la pluie tomber,

Et des voiles s’en aller rondes,

Sur l’eau si loin qu’on peut aller.

Puis voix dans l’air plus haut montée,

Alors voici que l’oiseau dit

Que tout l’hiver s’en est allé

Et qu’on voit l’herbe qui verdit,

Et sur les chemins la poussière

Déjà, et les bêtes aussi,

Et toits fumant dans la lumière

Que l’on dirait qu’il est midi,

Et puis encore sa voix montée,

Que l’air est d’or et resplendit,

Et puis le bleu du ciel touché

Qu’il est ouvert le paradis.

Max Elskamp, Huit chansons reverdies


Les oies sauvages

Tout est muet, l’oiseau ne jette plus ses cris.

La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.

Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,

Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.

Voilà qu’à l’horizon s’élève une clameur ;

Elle approche, elle vient, c’est la tribu des oies.

Ainsi qu’un trait lancé, toutes, le cou tendu,

Allant toujours plus vite, en leur vol éperdu,

Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.

Le guide qui conduit ces pèlerins des airs

Delà les océans, les bois et les déserts,

Comme pour exciter leur allure trop lente,

De moment en moment jette son cri perçant.

Comme un double ruban la caravane ondoie,

Bruit étrangement, et par le ciel déploie

Son grand triangle ailé qui va s’élargissant.

Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,

Engourdis par le froid, cheminent gravement.

Un enfant en haillons en sifflant les promène,

Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.

Ils entendent le cri de la tribu qui passe,

Ils érigent leur tête ; et regardant s’enfuir

Les libres voyageurs au travers de l’espace,

Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.

Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,

Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,

A cet appel errant se lever grandissantes

La liberté première au fond du coeur dormant,

La fièvre de l’espace et des tièdes rivages.

Dans les champs pleins de neige ils courent effarés,

Et jetant par le ciel des cris désespérés

Ils répondent longtemps à leurs frères sauvages.

Guy de Maupassant, Des vers

Les colombes

Sur le coteau, là-bas où sont les tombes,

Un beau palmier, comme un panache vert,

Dresse sa tête, où le soir les colombes

Viennent nicher et se mettre à couvert.

Mais le matin elles quittent les branches ;

Comme un collier qui s’égrène, on les voit

S’éparpiller dans l’air bleu, toutes blanches,

Et se poser plus loin sur quelque toit.

Mon âme est l’arbre où tous les soirs, comme elles,

De blancs essaims de folles visions

Tombent des cieux en palpitant des ailes,

Pour s’envoler dès les premiers rayons.

Théophile Gautier