En ce mois de juillet 2026, nous proposions 3 journées focus qui ont vu s'inscrire chaque jour une dizaine de participant·es : le travail non-rémunéré, le travail au fil des générations et vivre sans travailler. Autour de ces 3 thématiques, nous avons écrit beaucoup, ri et échangé. Nous avons eu chaud et partagé des repas à l'ombre des parasols et des arbres. De ces 3 jours, l'animatrice retient une grande douceur, de beaux engagements et de belles personnalités.
Une vie sans travail, c'est comme respirer l'air de la mer bleue sans chaussures ni seringue.
écrit sur le principe du cadavre exquis
Je n’ai pas l’impression de travailler quand je me sens en équilibre. Et cet équilibre tient à une série d’éléments qui doivent se combiner dans un juste dosage. En voici les principaux.
Ce que je fais est utile et opportun. L'activité demande un effort raisonnable et une durée satisfaisante. Physiquement, elle est agréable ou, à tout le moins, supportable, et ne m’entraîne pas dans des zones de crispation, de malaise, de sudation collante ou de froid inconfortable.
Peu importe sa nature, elle doit avoir un sens. Rédiger un rapport compliqué ou faire la vaisselle… je ne la perçois pas comme un travail si l’état d’équilibre est correct.
Elle doit recéler un peu de défi pour générer le carburant, nourrir l’esprit, enrichir la compréhension. Même une petite tâche anodine peut amener ce bonus. Un bricolage astucieux pour améliorer mon rangement peut me procurer une grande fierté, qui gomme la sensation de travail.
A contrario, j’ai l’impression de travailler quand j’ai un ou une chef·fe, quand je dois faire des choses qui me semblent absurdes, quand mes moyens de vivre, mon salaire, dépendent d’un pouvoir arbitraire, qui peut dévier, changer d’attitude sans logique, me valoriser ou me détruire, quand mon éthique personnelle n’est pas respectée.
Je n’ai pas l’impression de travailler quand j’accomplis des tâches, même fastidieuses, pour les gens que j’aime.
J’aurais pu écrire un tout autre texte pour dire à quel point je n’ai pas l’impression de travail quand j’assume toute la logistique ménagère, administrative et éducative. Parce que je porte l’atavisme de siècles d’assignation féminine et maternelle. Mais ça, c’est une autre histoire.
Claire B.
Début du texte imposé - 15' d'écriture
Une vie sans travail, c'est comme aimer une plage luxuriante sans boîte à outils ni trompette.
écrit sur le principe du cadavre exquis
Croyez-vous que le patenôtrier ait disparu ?
Oui et non ! Bien sûr, l’artisan dans son petit atelier, qui fabrique perle après perle, de jolis chapelets de bois, de nacre, d’émail, est devenu une image d’Epinal.
L’enfilage, c’était pour les femmes. La signature de l’ouvrage pour le patenôtrier, avec gloire et rétribution. Jusqu’à récemment, le chapelet eut une belle vie dans nos contrées. Mais l’industrialisation est passée par là.
Le patenôtrier originel n’est plus mais à force d’invoquer Notre Père en façonnant ses perles, l’artisan a imaginé une belle idée et opéré une reconversion inattendue.
La connaissance des bois et de leurs propriétés dynamiques a permis au patenôtrier 2.0 d’émerger en créateur de playmobils. Car, le saviez-vous, tous les prototypes de playmobils sont réalisés en bois en raison de ses caractéristiques modulaires.
L’usine de Dietenhofen en Allemagne s’est adjointe un hôtel où les patenôtriers du XXIe siècle vont s’installer quelques semaines par an, pour un salaire royal, afin de créer la nouvelle collection à venir, personnages et décors.
Les prototypes en bois sont brevetés individuellement et soigneusement gardés dans un musée hautement sécurisé, ouvert sur demande uniquement à quelques personnes choisies. Leur valeur est considérable.
Un jour, on en vendra chez Christie’s. Restez attentifs !
Claire B.
Métier imposé - 15' d'écriture