Cette section montre les liens très étroits qui existent depuis longtemps entre la France et l'Arménie et le fait que les 600 000 français d'origine arménienne sont parfaitement assimilés en France.
Nous retrouvons des informations sur les français connus d'origine arménienne, la bibliothèque Nubar à Paris, l'exposition Paris 1915 qui a été présentée à Paris, celle Erevan 2800 ans d'histoire qui a eu lieu à Lyon, les écoles franco-arménienne telle que Hamaskaïne présente dans plusieurs villes de France ou la toute récente école Kevork Arabian à Valence ainsi que la présentation de la Maison de la Culture Arménienne de Marseille (il en existe dans plusieurs autres villes comme Grenoble par exemple). Nous observons égalements quelques Eglises et monuments commémoratifs de l'Arménie, un article sur les timbres arméniens dans "Atouts Timbres", les destins français de Charles Aznavour et Patrick Devedjian, ainsi que des spectacles ayant évoqué l'Arménie.
Ces Arméniens qui ont fait la France
Magazine Historia, mensuel N°876 daté décembre 2019
Découvrez une communauté dont les représentants, Charles Aznavour en tête, ont marqué notre histoire nationale. Ils sont venus, ils sont tous là : les Manouchian, Manoukian, Guédiguian, Devedjian... Et d'autres encore, que leur nom ne désigne pas de prime abord comme des enfants d'Erevan : Henri Verneuil, Michel Legrand... Fuyant le génocide de 1915, 100 000 Arméniens ont trouvé refuge en France mais les liens entre les deux pays existaient bien avant. Historia vous raconte cette riche histoire dans ce dossier exceptionnel de 60 pages, réalisé avec l’essayiste Michel Marian, à travers des destinées singulières et emblématiques. Ces « survivants », comme ils se désignent, ont fait souche, gravissant discrètement les échelons de leur pays d'adoption et ont su porter haut les valeurs et les couleurs de la France sans rien renier de leurs origines.
A lire également en complément du dossier
♦ Un entretien avec Patrick Devedjian et Georges Képénékian qui évoquent le long combat des rescapés du génocide pour exister et le dynamisme de la nouvelle génération de la diaspora.
♦ Les Petrossian apportent leurs grains de folie par Franck Ferrand qui revient sur la saga de Melkoum et Mouchegh Petrossian, les fondateurs du plus célèbre commerce arménien de la capitale dédié au caviar.
♦ Napoléon Bullukian : d’esclave à mécène. Jean-Pierre Claveranne et Patrick Baghdassarian retrace la destinée de ce survivant du génocide, self-made man, industriel et mécène.
♦ Les déracinés du camp Oddo. Une historienne raconte l'arrivée à Marseille des premiers réfugiés arméniens.
La bibliothèque Nubar de Paris
http://www.bnulibrary.org/index.php/fr/
La Bibliothèque Nubar de l’UGAB a été fondée en 1928 à l’initiative de Boghos Nubar Pacha. Sa direction fut confiée à Aram Andonian, qui travaillait depuis la fin de la Grande Guerre comme secrétaire au service de la Délégation nationale arménienne à Paris. Dans l’esprit de ses fondateurs, la Bibliothèque Nubar doit servir de lieu de rassemblement, de conservation et d’étude de tout le patrimoine de l’ancien monde arménien ottoman, détruit au cours du génocide. Sa création à Paris découle de la volonté de Boghos Nubar d’assurer la pérennité et l’épanouissement d’une vie arménienne en diaspora, capable de nourrir les générations futures et la reconstruction d’une Arménie sur ses terres historiques. Il n’est pas surprenant à cet égard que Boghos Nubar ait fondé la bibliothèque et la Maison des Étudiants arméniens (à la Cité internationale universitaire de Paris) au même moment et dans la même perspective. Ces circonstances originelles expliquent la dimension prise progressivement par la Bibliothèque Nubar de l’UGAB au cours de ses plus de 80 années d’existence : à la fois un lieu d’érudition et de culture sur le Moyen-Orient et l’ancien monde arménien ottoman, et un centre de ressources sur la question arménienne et sur l’histoire du génocide des Arméniens.
Aram Andonian, qui fit partie des intellectuels arméniens arrêtés et déportés le 24 avril 1915 et fut déporté lui-même jusqu’au camp de Meskené en Syrie, a déployé une intense activité jusqu’à la fin de sa vie (1951) pour collecter et archiver tous les témoignages directs ou indirects qu’il pouvait réunir à propos de la destruction de son peuple.
Un des principaux centres de ressources écrites et iconographiques dans la diaspora
La Bibliothèque Nubar de l’UGAB est un des principaux lieux de documentation sur l’histoire du monde arménien ottoman et de la diaspora arménienne. Ayant à l'origine la mission de rassembler et d’archiver à Paris tout ce qui concernait le monde arménien occidental, elle possède une valeur patrimoniale irremplaçable pour la diaspora. Il faut également souligner son importance documentaire et scientifique pour la connaissance du génocide des Arméniens.
Les fonds de la bibliothèque réunissent :
43 000 ouvrages imprimés, dont de très nombreuses éditions de Constantinople/Istanbul du 19e et du début du 20e siècle, ainsi que de très nombreux ouvrages imprimés à Venise du 18e siècle au début du 20e siècle.
800 000 documents d’archives, dont une partie des archives du Patriarcat arménien d’Istanbul, un fonds d’archives exceptionnel sur le génocide (le fonds Andonian), les archives de l’UGAB et celles de la Délégation nationale arménienne ;
1 400 collections de périodiques, dont une grande partie de la presse arménienne ottomane ;
10 000 tirages photographiques originaux, dont le fonds photographique de l’UGAB sur les orphelins, les réfugiés et les écoles fondées au Proche-Orient et en diaspora après la Première Guerre mondiale ;
Plusieurs centaines de manuscrits des 19e et 20e siècles.
Un public varié et international
La Bibliothèque Nubar s’adresse à un public très varié : des particuliers à la recherche d’informations sur le passé de leurs ancêtres ou souhaitant renouer avec leurs origines arméniennes ; des étudiants et des chercheurs universitaires confirmés ; des journalistes (presse écrite et audio-visuelle), artistes (plasticiens, cinéastes), documentaristes, producteurs, dès lors que ceux-ci s’intéressent de près à l’histoire de l’Arménie ou de la diaspora arménienne. La fréquentation de la Bibliothèque Nubar de l’UGAB est internationale car elle est la seule institution en diaspora mettant à disposition du public, sans restrictions, une collection documentaire aussi riche sur le monde arménien ottoman. Ses lecteurs viennent entre autres des États-Unis, du Canada, de Turquie, du Brésil, d’Argentine, d’Uruguay, d’Italie, de Grande-Bretagne, de Suisse, de Belgique, d’Allemagne, d’Australie, d’Arménie, du Liban, etc., et bien sûr de toute la France. La Bibliothèque Nubar est de plus en plus sollicitée à distance. Elle met fréquemment à disposition ses collections, notamment photographiques, pour la réalisation de films documentaires et de fiction ou pour la tenue d'événements culturels.
Un lieu de référence en France et en Europe
Depuis la fin des années 1980, la vocation de la bibliothèque en tant que lieu de recherche scientifique s’est affirmée, particulièrement dans le domaine de la recherche en histoire contemporaine, accueillant également des historiens médiévistes, des historiens de l’art, des anthropologues, des politologues, des musicologues, etc. La Bibliothèque Nubar s’est fait connaître de plus en plus dans la sphère académique française et européenne grâce à ses diverses publications.
Depuis janvier 2015, Études arméniennes contemporaines, est devenue la première revue dédiée aux mondes arméniens disponible en ligne. L’activité scientifique de la bibliothèque en fait un lieu de référence sur la question du génocide de 1915. Elle contribue aussi régulièrement à des conférences et des expositions. La dernière en date, organisée sous la direction de Raymond Kévorkian à l’Hôtel-de-Ville de Paris, a touché un très large public français et européen en 2015, année du centenaire du génocide. Enfin la Bibliothèque Nubar est fréquemment sollicitée par des organisateurs d’expositions ayant trait à la diaspora arménienne ou à l’histoire du génocide et de ses conséquences.
Découvrez, à l'occasion du 2800e anniversaire de la fondation de la capitale arménienne, les multiples visages de la ville d'Erevan, à travers cette exposition photographique qui en retrace l'histoire architecturale depuis le VIIIe siècle à nos jours.
Exposition organisée conjointement par le Consulat général de la République d'Arménie à Lyon, l'Université de Lyon et l'Université Jean Moulin Lyon 3.
Commissaire d’exposition : Rouzanna MÉZRAKIAN, docteur en histoire de l'art.
Fondée en 786 avant J.-C. sous le nom d'Erebouni, la capitale arménienne Erevan, à travers ses monuments architecturaux et ses projets urbains, nous conte l’histoire d’Arménie au cours des siècles.
Douze ans après l'exposition « Les douze capitales d'Arménie » présentée à la Conciergerie de Paris en collaboration avec le Centre des monuments nationaux, « Erevan : 2800 ans d'histoire » nous donne l’occasion de replonger dans cette histoire et de redécouvrir le patrimoine architectural et culturel inédit de l'une des plus importantes villes de l'Arménie historique et l'actuelle capitale de la République d'Arménie.
En France, il existe des écoles bilingues Franco-Arménienne telle que l'école Hamaskaïne.
Il existe des sections de Hamaskaïne à Paris, Marseille, Valence et dans les Hauts-de-Seine comme le montre le site ci-contre.
L'école Franco-Arménienne Kevork Arabian à Valence, dans la Drôme.
L'AGEFAV (Association de Gestion de l'École Franco-Arménienne de Valence), groupe fondateur de cette école, a pour mission d'assurer la bonne gestion administrative et pédagogique de l'établissement.
La construction du bâtiment a été confiée au CCAV (Centre Culturel Franco-Arménien de Valence). Elle a été inaugurée en Février 2021.
L'école porte le nom de son bienfaiteur.
Le bâtiment du Centre Culturel, datant du début du XXème siècle, ne répondait pas aux normes de sécurité sanitaires et réglementaires propres à l’accueil quotidien d’élèves. Suite à un appel d’offre mené par Monsieur André Hasbanian, les cabinets d’architectes de M. et Mme Colomb et M. Bedrossian ont été sélectionnés afin de réaliser des travaux d’aménagement, de réhabilitation et d'extension de la structure existante. Ces travaux, encore en cours, doivent permettre :
la réfection de la partie existante du bâtiment
l’agrandissement en partie de la propriété
l’aménagement des espaces extérieurs
À terme, les locaux accueilleront :
Un groupe scolaire (école maternelle et primaire)
Un centre culturel
Ce nouveau complexe devra être un élément de repère pour la communauté arménienne et un lieu d’acquisition du savoir pour les enfants ainsi qu’un espace de convivialité pour les divers partenariats culturels.
Ce projet de réhabilitation permettra :
1. L’ouverture d’un groupe scolaire trilingue d’excellence et à la pédagogie innovante
2. Un rayonnement de la ville de Valence dans toute la région comme ville pilote
3. Une nouvelle dynamique de la communauté arménienne de Valence et des environs
4. Un enseignement quotidien de la langue, de l’histoire et de la culture arménienne…
5 …Tout en suivant strictement les programmes de l’Education Nationale
6. Un savoir-vivre et un savoir-être des valeurs républicaines
7. Un espace culturel polyvalent et modernisé adjacent à l'école
Ce groupe scolaire franco-arménien apportera une nouvelle dynamique à la communauté arménienne de Valence et fera rayonner la ville au niveau national, notamment par sa pédagogie ambitieuse et innovante.
Maison Arménienne de la Jeunesse et de la Culture de Marseille
Dans la basilique Saint Denis où repose les Rois de France, on peut trouver également le tombeau du dernier roi d'Arménie Léon VI, sculpté avec sceptre, gans et lions, et la belle pierre à croix en tuf rouge, de 3m de hauteur, issue du cimetière d'Arindj, près de l'Ararat, et donnée par l'Arménie
https://www.tourisme93.com/basilique/leon-vi-de-lusignan-roi-armenie.html
Membre du Conseil de l’Europe depuis 2001 et de l’Union économique eurasiatique depuis 2015, l’Arménie a émis ses premiers timbres spécifiques en 1920, avant d’utiliser les timbres de Russie à partir de 1924, puis d’accéder à son indépendance politique en 1991… et philatélique l’année suivante.
Publié le 30 janvier 2021 à 19h03
« Un enthousiasme communicatif, c’est de qui ressort de notre échange avec la directrice de la philatélie de HayPost (la poste d’Arménie), explique la rédactrice en chef d’Atout timbres daté 15 janvier-15 février dans son éditorial. Pourtant, l’Arménie a connu une année 2020 difficile (…), marquée non seulement par la pandémie mais aussi par la guerre. Le peuple arménien a, une nouvelle fois dans son histoire, fait preuve d’une formidable résilience et nous avons souhaité lui marquer notre solidarité en lui rendant hommage (…). Reflets de sa culture, ses timbres attestent également des liens d’amitié qui unissent l’Arménie à la France ».
On retrouve donc Shushan Aleksanyan, directrice du département philatélique de HayPost depuis le 1er septembre 2020. Ce service qui mobilise huit personnes - la poste arménienne comptant 3 000 employés – a « terminé l’année 2020 avec des records de vente » – selon elle, malgré l’épidémie de Covid-19 et la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Son timbre préféré ? « L’émission Europa 2019 sur le thème des oiseaux. L’illustration s’inspire totalement des miniatures traditionnelles arméniennes. Elle représente une hirondelle rustique posée sur une branche, dans un environnement typique de la flore arménienne ». Un timbre distingué par le prix du « meilleur timbre Europa de 2019 », HayPost ayant remporté en 2020 une deuxième place dans le vote du public du concours des timbres Europa. La France n’est pas étrangère à ces distinctions, puisque ces deux timbres Europa ont été imprimés par Cartor, avec qui HayPost travaille depuis plus de neuf ans.
Shushan précise que le marché national arménien « pour l’instant, est plus développé que notre marché international ». L’Arménie compte 3 millions d’habitants (la diaspora arménienne dans le monde comptant près de 7 millions d’Arméniens), ce qui explique « des tirages entre 30 000 et 40 000 exemplaires par émission philatélique ».
Le mensuel présente ensuite sur cinq pages un panorama de la production philatélique arménienne : « L’Arménie a connu sa première indépendance après la domination ottomane, de 1918 à 1920. Les premiers timbres qui y ont eu cours – à partir de 1919 – étaient des émissions de Russie. C’est en 1920 qu’ont été émis des timbres spécifiquement arméniens. Ils donnent à voir notamment l’un de ses plus beaux symboles nationaux, le mont Ararat (…), bien que depuis 1923, celui-ci se trouve sur le territoire turc ».
Puis les timbres de Russie y sont en usage de 1924 à 1992. L’Arménie, indépendante en 1991 après la chute du mur de Berlin, mettra quelques mois pour émettre ses propres vignettes postales.
Les timbres locaux, dont la valeur s’affiche en dram, ne manquent pas de traiter du génocide des Arméniens, avec des portraits de victimes – les poètes Daniel Varoujan (1884-1915) et Atom Yardjanian (1878-1915) –, d’historiens et de politiques l’ayant dénoncé, etc. Le centenaire du génocide a été l’occasion de l’émission d’un timbre à l’effigie de l’écrivain français Anatole France (1844-1924) qui, « dans un discours du 9 avril 1916, avait rendu hommage à l’Arménie et dénoncé le génocide. Pour l’anecdote, le lycée français à Erevan porte le nom d’Anatole France ».
Le journal décline les timbres arméniens à travers diverses thématiques : « Racines chrétiennes de l’Arménie » ; sites classés au patrimoine mondial de l’humanité ; « Paysages grandioses » ; « Personnalités arméniennes ». Parmi ces dernières, à noter plus spécialement les vignettes sur les champions d’échecs Kasparian (1910-1995) et Petrossian (1929-1984), le compositeur Khatchatourian (1903-1978), ou des Français d’origine arménienne comme le résistant Missak Manouchian (1906-1944), Charles Aznavour (1924-2018), l’artiste Edgar Chahine (1874-1947).
De nombreuses Eglises arméniennes existent également en France, telle que la cathédrale St Jean Baptiste rue Jean Goujon à Paris dans le 8è arrondissement, construite au début du XXè siècle sur le modèle de l'Eglise Aghtamar, fondée au Xème siècle sur le lac de Van, en Anatolie Orientale.
La pose de la première pierre a lieu le 5 octobre 1902 en présence de Mgr Kévork Utudjian (1851-1919). Elle est construite entre 1902 et 1904 grâce à Alexandre Mantachiants (ou Mantachev), richissime Arménien originaire de Tbilissi ayant fait fortune dans le pétrole et qui achète le terrain pour 450 000 francs.
La cathédrale est le siège du Diocèse arménien de France.
Cathédrale Arménienne du Prado à Marseille
Monument en hommage à Komitas à Paris
C'est un monument commémoratif, aux Arméniens victimes du génocide de 1915 et aux combattants arméniens morts pour la France. Il est composé d'une statue de Komitas, située Cours Albert-Ier, dans le jardin d'Erevan, entre le Pont des Invalides et le Grand Palais, à Paris.
Il s'agit d'une statue haute de six mètres réalisée par David Erevantzi, représentant Komitas, prêtre et musicologue arménien, rescapé du génocide arménien et réfugié en France.
La mise en place de l'œuvre a été approuvée à l'unanimité par le conseil de Paris le 29 janvier 2001, jour de la reconnaissance par la France du génocide arménien. Elle a été inaugurée en 2003
Dans de nombreuses villes de France, il existe différents mémoriaux du génocide, comme celui de Lyon, qui consiste en un ensemble de trente six colonnes en béton sur lesquelles se trouvent des pierres provenant d'Arménie ; sur les colonnes sont inscrits des poèmes de Gostan Zarian.
La deuxième image est à Cannes.
De nombreux Khatchkar tel que ceux visibles ci-dessous au bord de la mer à Bandol dans le Var mais aussi à Cavalaire sur Mer ou encore dans le centre de Toulouse sont présents en France.
Missak Manouchian, figure de la résistance française
"Je m’étais engagé dans l’armée de la Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la liberté et de la paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit. Chacun aura ce qu’il mérite comme châtiment et comme récompense." (Lettre à sa femme Mélinée, 21 février 1944)
Son parcours
Missak Manouchian fut un dirigeant de la résistance armée française contre les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Il devint le chef du FTP-MOI, un sous-groupe de la Résistance, composé principalement d'immigrés originaires de Hongrie, de Roumanie et de Pologne. De nombreux membres de ce groupe étaient Juifs.
Né à Adiyaman dans l'Empire ottoman en 1906, Manouchian était un survivant du génocide arménien. Ses parents périrent lors des massacres, mais il parvint à s'enfuir avec son frère et à atteindre Marseille en France. Communiste déclaré, il s'engagea au Parti communiste français, tout en publiant un journal arménien intitulé Zangou. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, il fut emprisonné, puis relâché, après quoi il rejoignit la Résistance pour diriger un groupe de compatriotes arméniens. Les attaques et assassinats perpétrés par Manouchian et ses compagnons d'armes le firent connaître au sein du FTP-MOI, mais aussi des nazis. Il figure dans l'affiche de propagande nazie, de sinistre mémoire, intitulée "L'affiche rouge," où il est inscrit comme le dirigeant arménien du groupe.
Manouchian finit par être capturé par les nazis et exécuté.
Fait marquant
Poète, Manouchian s'opposa à la violence, jusqu'à ce qu'il soit arrêté et emprisonné par les nazis comme étant communiste.
Pour en savoir plus sur lui
Exposition Arménie 1915 à l'Hôtel de Ville de Paris, en 2015
L'exposition est disponible virtuellement ici:
http://www.bnulibrary.org/index.php/fr/expositions-virtuelles/armenie-1915
Cette exposition virtuelle prolonge et pérennise la grande exposition Arménie 1915 qui a été organisée à l’Hôtel-de-Ville de Paris à l’initiative de la maire de Paris Anne Hidalgo, à l’occasion de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens.
L’exposition s’est tenue du 29 avril au 4 juillet 2015 et a attiré près de 50 000 visiteurs. Conçue et mise en œuvre sous la direction de Raymond Kévorkian, elle a été rendue possible par la participation de la Bibliothèque Nubar de l’UGAB, qui a mis à disposition ses collections et contribué à la conception de l'exposition. Le Musée-Institut du génocide d’Erevan a également fait partie des institutions partenaires.
Arménie 1915 est la plus grande exposition réalisée à ce jour en Europe sur le génocide des Arméniens avec plus de 500 photos, documents et pièces diverses. Nous en reprenons ici le découpage et les principales entrées thématiques, avec un texte entièrement remanié.
L'exposition virtuelle évoque d'abord les structures du quotidien de la société arménienne ottomane à la fin du 19e siècle. Elle montre la radicalisation idéologique des dirigeants unionistes au pouvoir, entre 1908 et 1914, qui a mené au génocide. Elle présente ensuite la mise en œuvre du génocide avec ses grandes phases en 1915 et 1916, avant d’en dresser un bilan humain et politique à la fin de la Grande Guerre. Une dernière section est consacrée aux réactions suscitées en France par le sort des Arméniens.
Introduction
À partir du 24 avril 1915, l’arrestation des élites politiques et intellectuelles arméniennes à Constantinople et dans les grandes villes de province, sur ordre du gouvernement dirigé par le Comité Union et Progrès, rend manifeste la nature et la portée du génocide qui est en train de s’accomplir. Comme on l’a observé à plusieurs reprises au cours du 20e siècle, cette violence exterminatrice exercée par un État contre une partie de sa population est déclenchée dans un contexte de guerre.
L’accession au pouvoir du Comité Union et Progrès (ittihad ve terraki) ou CUP, en juillet 1908, a suscité un immense espoir parmi les populations persécutées sous l’ancien régime où le sultan régnait en autocrate. Mais elle a aussi favorisé la quête d’un nouveau modèle, celui d’un État-nation ethniquement homogène. Aux yeux des chefs unionistes (également appelés ittihadistes, ils incarnaient la frange nationaliste de la mouvance dite « jeune-turque »), c’est la seule option envisageable pour régénérer un Empire ottoman sur la défensive. Ce projet recouvre cependant l’idée latente d’exclusion des groupes considérés comme inassimilables ou dont l’existence est perçue comme un obstacle à l’unification de l’empire et de ses habitants.
Les pertes territoriales successives, avec en point d’orgue l’humiliante défaite subie lors des guerres des Balkans (1912-1913), ont modifié les équilibres au sein du comité central unioniste, dont les membres les plus radicaux ont pris les commandes. Les campagnes de boycott suscitées par les autorités, en 1912-1913, à l’encontre des entreprises et commerces tenus par des Grecs et des Arméniens, ont balayé les dernières illusions de ces derniers et contribué à instiller au sein de l’opinion publique musulmane l’image du « traitre » grec ou arménien. Ce processus de stigmatisation, se nourrissant de l’héritage de l’ancien régime ottoman – et notamment des massacres qui ont déjà frappé les Arméniens entre 1894 et 1896 –, a préparé les esprits à la perpétration du génocide perçu comme une légitime « punition » infligée aux Grecs, aux Syriaques et aux Arméniens.
Pour toi Aznavour
Gynmnase Marie Bell, 1er Juillet 2019.
Concert en hommage à Charles Aznavour élu par CNN et The Times : L’artiste de variété du XXe siècle ! Soirée au profit de la Fondation Aznavour. Avec la participation exceptionnelle de Seda Aznavour et Erik Berchot et de nombreux artistes.
Toi mon Frère