Section Pastorale
Section Pastorale
Textes 14 octobre
Accepter de rendre service, ça peut déranger mes habitudes, bousculer ma routine. Puis, pris de remords, je rends quand même le service qu'on réclame et puis je suis finalement heureux de l'avoir fait. Le cœur de l'homme est décidément compliqué.
Or, l'enjeu est crucial. Il s'agit ni plus ni moins de savoir si, oui ou non, nous voulons répondre à un appel, une demande de service dans la paroisse, une demande de service dans la famille, une demande de service de la part de nos amis. Alors est-ce que nous sommes disponibles ou est-ce que nous sommes fermés ? Est-ce que, oui ou non, nous sommes prêts à répondre à l'appel de la vie ? Pas la vie qui mégote, la vie qui ratiocine, la vie qui calcule sans cesse son intérêt, ses avantages, mais la vie qui n'existe pas sans risque, l'appel à s'avancer en eau profonde, la rencontre avec des inconnus, la découverte de terres nouvelles. C'est ça l'appel de Jésus au début de l'évangile : « Viens et vois ». Alors voulons-nous voir un peu plus loin qu'une petite vie étriquée ? Voulons-nous envisager notre vie dans sa dimension éternelle ? Eh oui, carrément ! C'est ce projet-là, le projet de Dieu pour nous.
Et d'ailleurs, l'appel le plus crucial pour nous, c'est l'appel qui est profondément ancré au fond de notre existence, au fond de notre cœur. C'est l'appel à la sainteté, l'appel à porter un fruit gorgé d'amour et de joie.
Au fond, la vraie question, c'est : sommes-nous prêts à laisser Dieu faire son œuvre par nous, en nous ? Vous connaissez peut-être ce mot de Maître Eckhart, le mystique dominicain du XVe siècle : « Laisse Dieu être Dieu en toi ». C'est un écho à l'incroyable parole de Saint Paul : « Ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi ! » Alors, si nous confions à Dieu le gouvernail de notre vie, nous savons que la réponse à chaque appel sera un « oui » fier et joyeux. Oserons-nous dire « oui » à Dieu ?
Frère Philippe Verdin, d’après Matthieu 21, 28-32
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Les disciples ne seront pas plus épargnés que le Maître : ils devront endurer la haine du monde. C’est elle qui conduit Jésus à la mort, à la Passion dans laquelle il est entré librement. Le monde l’a détesté, il l’a persécuté et mis à mort. Pourtant, il n’y a aucun moment d’animosité ni même de colère au cours de son procès. Le mal se déchaîne mais ne triomphe pas de lui.
Car c’est incroyable, mais Jésus entre en relation avec ses ennemis. Il refuse de les anéantir. Lorsque ses disciples voudront le faire, il s’y opposera et nous dira : « Bénissez ceux qui vous maudissent. Priez pour ceux qui vous persécutent ». La relation est difficile car le monde maudit Jésus et ses disciples. Parfois, les proches de Jésus veulent attiser l’hostilité ou le poussent à faire descendre le feu sur un village de Samaritains. Mais il refuse et les réprimande car il est venu abattre le mur de la haine.
Tout le monde a sa place et le salut est pour tous. C’est à nous de faire connaître le nom de Jésus, le nom de paix. C’est la réponse à la haine : non pas éliminer mais parler du nom de Jésus et faire connaître le Père, source de toute miséricorde. Quelle est sa volonté ? Une parole échangée, un regard croisé fait entrer l’autre dans ma vie et m’en rend responsable. Car c’est le plus souvent au milieu du monde qu’il faut suivre Jésus sans s’enfermer dans la peur. « N’ayez pas peur ! » Nous sommes là pour combattre la haine en aimant sans mesure.
Frère Bernard Senelle, d’après Luc 9, 43b-45
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Une question se pose : un chrétien peut-il rédiger un texte intitulé « Ce que je crois » ? Jésus semble y inviter, qui interroge les disciples : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Remarquons d’ailleurs que Jésus n’interroge pas par ignorance, mais pour qu’en formulant notre réponse, nous faisions la vérité en nous-mêmes. C’est au sens strict une vérification, une opération par laquelle la vérité se fait, non pas en lui, qui n’en a pas besoin, mais en nous.
Et la réponse de Pierre (« le Christ, le Messie de Dieu ») provoque dans l’évangile selon saint Matthieu cette observation de Jésus : « Cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 16, 17). Autrement dit, la réponse de foi que Jésus attend n’est pas subjective.
La foi théologale n’est pas un menu à la carte, où chacun choisit en fonction de ses préférences. La foi théologale vient de Dieu, et elle a Dieu pour objet. Non pas un Dieu façonné au gré des préférences individuelles, j’en prends et j’en laisse, ce qui est le propre de l’idolâtrie ou bien de l’hérésie, mais Dieu tel qu’il se révèle par sa Parole reçue dans l’Église.
En fait, tout baptisé qui rédigerait un « Ce que je crois » devrait tout simplement réciter le Credo ! Car la foi n’est pas une construction subjective mais l’expression du don reçu dans l’Église par l’action de l’Esprit Saint. Et c’est sur ce fondement que l’adhésion personnelle, ce que je crois, s’épanouit en œuvres de charité.
Frère Jean-Thomas de Beauregard, d’après Luc 9, 18-22
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Hérode le Tétrarque a sans doute eu une enfance difficile. Son père était Hérode le Grand, celui que l’on connaît bien grâce à la visite des mages et la fuite en Égypte. Hérode père était un tyran sanguinaire – il avait même fait exécuter deux de ses propres fils – les frères de notre Hérode, donc… À sa mort, son royaume fut partagé pour ses enfants, dont Hérode fils, qui était encore adolescent.
Imaginez avoir grandi dans cette cour grouillante d’intrigues, d’espions et de factions : hérodiens contre pharisiens, partisans de Rome contre partisans de l’indépendance judéenne. La menace qui pèse sur Jésus à sa naissance s’estompe après quelques mois – la menace qui pesait sur un membre de la famille royale était constante.
Ayant grandi dans ce climat de complots, il ne faut pas s’étonner qu’Hérode réagisse au moindre soupçon, que la moindre rumeur le fasse frémir. Jean le Baptiste en a fait les frais. Pourtant, Jean fascinait Hérode, qui aurait bien voulu l’épargner – mais la raison d’État exigeait d’agir fermement. Alors, quand on commence à parler de Jésus et même à dire qu’il serait Jean ressuscité, Hérode est à nouveau intrigué, un peu inquiet. Qui est ce Jésus ?
« Et vous, qui dites-vous que je suis ? », demande le Christ à ses disciples – c’est-à-dire à nous. Pour nous, une fascination passagère ne suffit pas. Être disciple, ce n’est pas juste admirer Jésus, l’écouter. C’est être prêt à le suivre jusqu’au bout, par amour pour lui, parce qu’il a illuminé ma vie.
Frère Vincent Loning, d’après Luc 9, 7-9
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Imaginez la scène : Matthieu, collecteur d’impôts, assis à son bureau, occupé à compter ses pièces, à vérifier ses registres et à râler contre les contribuables en retard. Il est plongé dans sa routine, dans son monde, et surtout… dans son isolement. Car à l’époque, « collecteur d’impôts » rime avec « traîtrise » et « corruption » : lui, Matthieu, il travaille pour l’occupant romain et, au passage, se sert généreusement. Les gens honnêtes l’évitent comme la peste.
Et soudain, Jésus passe. Il lance à cet homme un simple « Suis-moi. » Deux mots, rien de plus. Pas de grand discours, pas de condition, pas de « Arrange ta vie, et après on verra. »
Matthieu « se lève et le suit. » Immédiatement. Pas de « Attends, je réfléchis et je te donne ma réponse demain. ». Non. Ce qui le touche, c’est que Jésus l’appelle tel qu’il est. Il ne demande ni CV, ni une vie irréprochable. Aucune condition préalable. Juste : « Suis-moi ! »
Matthieu, fou de joie, organise un repas pour célébrer cet appel. Il invite ses seuls amis : ceux de sa bande d’infréquentables, à qui il présente Jésus. Et là, scandale ! Les pharisiens, les « parfaits » de l’époque, s’indignent : « Pourquoi ton maître mange-t-il avec ces gens-là ? » Jésus leur répond par une phrase cinglante : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. »
Jésus prend la défense de Matthieu, qui a tout compris. La joie libératrice de l’appel du Christ se transmet, se partage. Les « parfaits » sont scandalisés de voir s’effondrer les apparences qu’ils entretiennent avec tant d’énergie. « Assez de sacrifices inutiles ! », leur dit Jésus. « Ce que je veux, c’est la miséricorde, et un cœur prompt à aimer. »
Frère Yves-Marie Lequin, d’après Matthieu 9, 9-13
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
N'ayez pas peur des nouveaux départs. Faites preuve de créativité. Soyez inventifs. Vous qui débordez d'énergie, qui êtes pleins d'enthousiasme, qui souhaitez accomplir quelque chose d'utile pour l'avenir : soyez inventifs, lancez-vous, n'attendez pas ! – Le bienheureux Frédéric Ozanam
En avril 1833, Frédéric se réunit avec un groupe d’amis et déclara : « Nous devons faire ce que notre Seigneur Jésus-Christ a fait lorsqu’il prêchait l’Évangile. Allons vers les pauvres. » Ce fut le début de la Société de Saint-Vincent de Paul. Le bienheureux Frédéric Ozanam fut un pionnier à bien des égards, et ses écrits ont jeté les bases de la doctrine sociale de l’Église. À seulement 20 ans, Frédéric et ses compagnons ont décidé de mettre leur foi en pratique en rendant visite aux pauvres chez eux et en leur apportant toute l’aide possible. Ils l’ont fait avec amour, persévérance et créativité. L’exemple du bienheureux Frédéric nous incite à défendre la justice et à lutter contre les structures injustes afin de construire un monde plus digne pour tous. Le charisme du bienheureux Frédéric reste au cœur de la Société. En tant que vincentiens, nous sommes appelés à perpétuer cet esprit de service humble et ce profond désir de justice. Lors des visites à domicile, des interactions dans nos magasins et à travers les nombreuses autres formes d’aide que nous apportons, nous marchons aux côtés de nos voisins à l’image du bienheureux Frédéric. Dans des situations et des circonstances variées, nous venons apporter notre aide, mais nous repartons bien souvent avec une foi plus profonde, un espoir renouvelé et la grâce d’avoir rencontré le Christ.
Près de deux siècles après que le bienheureux Frédéric se soit réuni pour la première fois avec d’autres étudiants universitaires à Paris pour fonder ce qui allait devenir notre Société, sa vision continue de façonner et d’inspirer notre mission au Canada et dans le monde entier. Les vincentiens ont su préserver cet esprit originel et l’adapter à des contextes sociaux divers et à des réalités en constante évolution. Le bienheureux Frédéric nous rappelle que le Christ est présent chez les pauvres, et que lorsque nous nous rapprochons d’eux en tant que frères et sœurs, nous nous rapprochons de Dieu. Alors que nous contemplons la beauté de la nature qui se transforme autour de nous, puissions-nous être attentifs à cette occasion d’apprendre, de grandir et d’être transformés à travers notre action vincentienne, à l’exemple du bienheureux Frédéric. Tout au long du mois de septembre, et tout particulièrement le jour de sa fête (le 9 septembre), nous rendons grâce pour la vie et l’héritage du bienheureux Frédéric. Nous nous souvenons que notre action est une vocation. C’est la mise en pratique de l’appel du Christ à aimer notre prochain. C’est un cheminement de transformation — pour ceux que nous servons et pour nous-mêmes.
Question de réflexion
De quelles manières êtes-vous appelés à participer activement à la construction d’une communauté plus juste et plus solidaire, à l’exemple du bienheureux Frédéric Ozanam ?
Prions… Ô Dieu d’amour, alors que nous commémorons la vie et les vertus du bienheureux Frédéric Ozanam, puissions-nous poursuivre son œuvre en apportant la bonne nouvelle à ceux que nous rencontrons, tout en bâtissant des communautés d’amour, d’espoir et de justice. Amen.
Carolyn Boerboom, membre du comité de spiritualité national
Conférence St. Basil/Brant, Conseil particulier de l’Ontario
Société Saint-Vincent de Paul
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
OCTOBRE : Pour la pastorale de la santé mentale.
Prions pour que la pastorale de la santé mentale se développe dans toute l’Église et aide à surmonter la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes atteintes de maladies mentales.
NOVEMBRE : Pour le bon usage de la richesse.
Prions pour un bon usage de la richesse afin que, ne cédant pas à la tentation de l’égoïsme, elle soit toujours au service du bien commun et de la solidarité avec les plus démunis.
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Si cette sagesse divine pouvait devenir notre sagesse humaine, le monde serait bien différent ! Dans nos lieux de travail, nos familles, nos communautés, la jalousie a des effets destructeurs. Elle est source de conflits et de divisions profondes et durables. Faut-il alors nous étonner que la violence puisse se déchaîner en tant de lieux de la terre ?
L’autre sagesse rend féconde l’œuvre des artisans de paix. En elle, réside le secret de la fécondité de la vie donnée de Jésus. Il a semé la paix dans notre monde de violence et de mort en prenant la dernière place. Le grain de blé tombé en terre porte beaucoup de fruits. Nombreux sont ceux qui rêvent de devenir grands, puissants, d’être des chefs ! Chacun cherche plus ou moins clairement, comme les disciples au temps de Jésus, à occuper les premières places !
Le monde a plus besoin d’artisans de paix, de petits, de serviteurs, que de chefs. Dieu aime et choisit les humbles et les petits. Marie chante le Seigneur qui renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles ! La sagesse de Jésus est divine : elle conduit le Puissant à devenir Serviteur. Thérèse de l’Enfant Jésus l’avait compris en parlant de « la petite voie ». Seul l’Esprit Saint peut nous faire entrer dans cette sagesse divine et nous transformer en artisans de paix. Renonçant à être le premier, nous prendrons alors la place du serviteur. N’est-ce pas la logique même de l’amour ?
Frère François-Dominique Charles, d’après Luc 9, 46-50
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Cette question, posée par un enfant, mérite qu’on s’y arrête : « As-tu déjà vu un ange ? Oui, peut-être ! Mais il faut être attentif, car un ange, c’est discret, léger comme le fin murmure d’une brise ! » (1R 19, 12)
Le passage d’un ange, a fortiori d’un archange, se repère après coup : c’est comme Dieu que l’on ne peut voir que de dos (Ex 33, 23). Il nous faut donc effectuer un exercice de relecture de notre histoire. Nous pourrons peut-être repérer les passages où notre existence a changé, notre vie de foi s’est approfondie, comme notre regard sur nos frères et sœurs. Découvrir peu à peu la mission qui nous est donnée.
« À la Vierge Marie, c’est Gabriel qui est envoyé, dont le nom signifie « Force de Dieu » : ne venait-il pas annoncer celui qui voulut se manifester dans une humble condition pour triompher des puissances démoniaques ? » (Grégoire le Grand)
La lecture attentive de la Parole peut nous conduire à quitter l’ombre protectrice du figuier pour mettre en œuvre ce que l’ange murmure à notre oreille : « Le Maître est là, il t’appelle. » (Jn 11, 28) N’est-ce pas là le rôle des anges et des archanges : nous amener à la rencontre et à l’adoration du Seigneur. Cette mission spirituelle, nous pouvons la partager en portant la Bonne Nouvelle destinée à tous.
« Messagers du Seigneur, bénissez le Seigneur, vous, les invincibles porteurs de ses ordres, prompts à exécuter sa Parole ».
Frère Jean-Didier Boudet, d’après Jean 1, 47-51
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Jésus nous étonnera toujours, et c’est bien ainsi. Regardez, il rassemble et forme 72 disciples et juste avant de les envoyer en mission, il fait tout pour les faire fuir !
Pour le suivre, il faut vivre comme Lui, dormir n’importe où, sans même une pierre pour traversin ! Et la nourriture : les disciples peuvent prévoir le pire ! En plus, il faut partir en urgence sans pouvoir enterrer son père ou ses proches. Déjà au premier appel de Pierre, Jacques et Jean alors que Jésus était un inconnu, il fallait quitter aussitôt ses filets, quitter son travail et le suivre dans l’inconnu. Pour les 72 disciples qui ont déjà choisi de suivre Jésus qui les enseignait par sa parole et qu’ils voyaient vivre au milieu des foules, ce départ en mission est abrupt : c’est vrai, mais c’est trop !
Mais la dernière parole de Jésus peut nous mettre d’accord : on ne peut pas tracer son sillon, choisir son chemin de vie et, en même temps, regarder en arrière. Il faut choisir. Qui n’avance pas recule. Personne ne peut partir en mission – et quelle mission « Annoncer et entrer dans le Royaume de Dieu » ! – sans faire un choix fort et cohérent avec toute sa vie. C’est-à-dire en recueillant toutes les raisons de s’engager personnellement et avec d’autres dans la direction choisie. Personne ne trouve le sens de sa vie par hasard ou sur un coup de tête. C’est donc vrai : Jésus a raison de nous renvoyer à notre liberté pour bien choisir le chemin de vie qu’il nous propose. À fond !
Frère Gilles Danroc, d’après Luc 9, 57-62
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
L’enchaînement de l’évangile peut paraître étrange. Et pourtant, un thème unique le parcourt : la joie.
Alors certes, cela commence par une douche froide pour les disciples revenus tout excités de leur première tournée d’évangélisation. Jésus les reprend à rebrousse-poil : « Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis. » Il s’empresse de corriger un malentendu qui ne cessera de tenter le missionnaire. Célébrer ses succès d’évangélisation, c’est risquer d’oublier la grâce de Dieu, voir s’approprier la victoire de Dieu.
Mais Jésus n’aime pas jouer le trouble-fête. Il nous encourage vivement à nous réjouir ! Et il nous donne trois bonnes raisons de le faire :
1. Se réjouir d’être déjà sauvés, car le Fils de Dieu a racheté nos péchés une fois pour toute, en donnant sa vie par amour pour nous.
2. Exulter de joie en entrant dès à présent à la vie dansante du Dieu Trinité, sous l’action de l’Esprit Saint, en union au Christ, dans la connaissance du Père.
3. Être le bienheureux témoin de l’accomplissement des temps annoncés, de l’avènement du Royaume de Dieu en notre monde.
Les disciples parlent de puissance, de réussites humaines. Jésus parle du Royaume de Dieu, de la vie éternelle. C’est à une joie profonde, existentielle, indépendante de nos bonheurs et malheurs quotidiens que Jésus nous invite ! Bienheureux sois-tu, non pas de tes improbables succès temporaires, mais de l’invitation qui t’est faite de participer à l’éternelle victoire de Dieu !
Frère Mathieu Palayret, d’après Luc 10, 17-24
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Jésus disait : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. » (Lc 13, 24). L’esprit d’enfance que les évangiles nous invitent à cultiver, c’est cela, qu’il ne faut pas confondre avec l’infantile. Là où l’infantile veut du clinquant, du « tout, tout de suite », l’esprit d’enfance cultive la confiance et la remise de soi à plus grand que soi. L’esprit d’enfance se conforme au Christ qui remet sa vie entre les mains du Père, non seulement sur la croix mais à chaque fois qu’il s’enfonce dans la nuit pour prier.
Le texte de Matthieu rappelle qu’un des péchés les plus graves est de trahir la confiance des petits. Les anges de Dieu pleurent ce mal-là. Il vaudrait mieux être englouti dans la mer, dit Jésus. Mais ils chantent, les anges, quand cet esprit d’enfance et de simplicité grandit dans son Église. C’est un chemin praticable pour tous, de l’évêque à l’enfant du catéchisme. Et si on essayait ?
Soeur Anne Lécu, d’après Matthieu 18, 1-5.10
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
« Approchons-nous de chacun de nos frères,
avec le même amour avec lequel nous nous approchons de Jésus dans le Très Saint-Sacrement. Tout ce que nous leur faisons, nous le faisons à Jésus.»
Je Te salue, principe de notre création.
Je Te salue, prix de notre rédemption.
Je Te salue, nourriture de notre pèlerinage.
Je Te salue, notre salaire et notre récompense.
Je Te salue, Sauveur du monde, Roi de gloire.
Marthe Robin n'eut d'autre nourriture que le Saint-Sacrement pendant plus de cinquante ans, de
1928 à 1981. Elle disait : « J'ai envie de crier à ceux qui me demandent si je mange que je mange plus qu'eux, car je suis nourrie par l'Eucharistie, le Sang et la Chair de Jésus. J'ai envie de leur dire que c'est eux qui arrêtent, qui bloquent en eux les effets de cette nourriture. »
Disciples de Charles de Foucauld, Les Petits Frères du Sacré Cœur de Jésus ont pour vocation
particulière de pratiquer l’adoration perpétuelle du Très Saint-Sacrement exposé.
La Sainte Hostie nuit et jour exposée rend leur vie semblable à celle de Marie et de Joseph, puisque comme eux, ils ont sous leurs yeux, à toute heure, notre Seigneur Jésus-Christ.
L'exposition solennelle et prolongée permet à la communauté des fidèles de méditer et d’a-
dorer ce mystère plus longuement. Ainsi, elle favorise, nourrit et signifie l'esprit d'unité et de charité au sein de la communauté.
« L'Église et le monde ont un grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement d'Amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l'adoration, dans la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes du monde. »
Jean-Paul II : « Le temps que tu passes à exposer ton âme aux radiations divines de l'Hostie est plus avantageux pour toi que des travaux poursuivis fébrilement en dehors de Moi.»
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&