Section Pastorale
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Textes 19 août
Il n’y a pas de mauvaise manière de tomber sur le bon Dieu. On entend parfois dire que c’est un peu facile de ne se tourner vers le Seigneur que dans la difficulté. Qu’on ferait mieux d’avoir une relation plus gratuite avec lui, le remercier, lui parler simplement. Ce n’est pas faux. Mais gare à celui qui nous ferait culpabiliser si nous arrivons à Dieu par nécessité. À cause d’une requête, d’un péril, d’une demande forte qu’on ne peut taire. On peut arriver à Dieu parce qu’il est notre ultime choix. Nombreux sont ceux qui ont prié pour la première fois lorsqu’un danger imminent approchait.
Oh, certes, cette femme devait déjà connaître Jésus. Elle le nomme fils de David. Elle le connaît au moins par ouï-dire, comme beaucoup de nos contemporains aujourd’hui. Mais son malheur – ou plutôt celui de sa fille – force la rencontre. Elle lui fait faire les derniers pas qui la séparaient de Jésus. Elle tombe sur lui, au risque de le faire tomber sur elle. Car elle se pose comme un obstacle, prosternée devant Jésus.
J’aime beaucoup sa technique : vous savez, comme lorsqu’au bout de la cinquième heure de stop sur l’aire d’autoroute, vous finissez par vous planter devant les voitures qui sortent de la station, pour les forcer à s’arrêter. Mais cette femme demande juste cela. Elle ne demande pas à Jésus qu’il la suive jusqu’à la maison, voir sa fille. Elle expose simplement son problème, confiante dans ce que Jésus fera. Elle ne parle même pas de guérison. Elle souhaite juste une miette d’attention, un bout de miracle, un petit morceau de considération. Elle ne s’attend pas à plus, parce qu’elle sait qu’elle n’est pas prioritaire sur la liste. Elle n’est pas des brebis de la maison d’Israël. Elle est consciente de là où elle parle.
On peut donc accéder au Christ même lorsqu’on en est loin. Chrétien ou non, grand pécheur ou saint. En règle avec le catéchisme ou dernier de la classe. Avec honnêteté, nous pouvons interpeller Jésus, sans masque ni stratégie. Pas besoin de paraître meilleurs que nous sommes. La prière est une question de vérité. Ou même d’honnêteté. À un moment, il n’y a plus le temps de se mentir. Plus le temps de se farder. Plus le temps de se travestir. Il faut sortir de soi-même et aller vers le Christ tel que l’on est. Sans excuses. Ni décor. Sans faux-semblants. Il faut y aller.
Et elle attend. Elle essuie le silence de Jésus qui ne répond pas un mot. Puis elle essuie l’humiliation des disciples qui veulent la chasser. Puis la réponse cinglante du Christ. Elle tient bon, elle endure. Elle est têtue, peut-être à cause de son malheur, peut-être parce qu’elle n’a pas de plan B, peut-être par patience, par foi. Qu’importe, elle n’en démord pas. Il faut aller jusqu’au bout de son audace et assumer les conséquences de son geste de folie : on ne barre pas impunément la route à celui qui est le chemin.
Frères et sœurs, la prière n’a rien à voir avec la perfection. Le prophète Isaïe nous l'annonçait ce matin : le Seigneur rassemblera les exclus, accueillera les étrangers qui s'attachent à lui. Cette femme l'avait compris avant même de le savoir. Il n'y a pas de mauvaise manière de tomber sur le bon Dieu. Ne cherchez pas les grands priants dans les couvents ou les monastères. Vous les trouverez plutôt dans les hôpitaux ou dans les prisons, sur les chemins d’exil ou dans les coins les plus pauvres de cette terre. Là se mélangent des vies immaculées et des escrocs, des saints et des filous. Celui qui crie le plus fort, qui bloque le chemin à Jésus pour se faire entendre, n’est pas forcément le plus pur et le plus croyant. Mais il transforme son désespoir en un espoir puissant. On peut être un grand pécheur et s’entendre dire : « Grande est ta foi ».
Que cela, bien sûr, ne nous décourage pas de viser, chaque jour, une vie droite et vertueuse. Car, au fond, cette femme était peut-être un exemple de droiture. Mais ne confondons pas non plus, par orgueil, vertu et prière. Saints ou pécheurs, restons humbles devant Dieu, prosternés devant celui à qui, à certaines heures, nous n’avons qu’à crier : « Seigneur, viens à mon secours ! » Pour qu’une bonne fois pour toutes, Dieu nous tombe dessus.
Frère Franck Dubois, d’après Matthieu 15, 21-28
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« Tu m’as maîtrisé, tu as été le plus fort » (Jr 20, 7). Ces mots traduisent la force d’une passion ou d’un amour humain, ils signifient la grandeur d’une entreprise ou d’une nation. Un filet prend, saisit mais dans le cas du prophète Jérémie, le sentiment de capture s’efface devant la joie reçue. On éprouve même de la fierté d’être embarqué dans l’aventure. Les grands témoins se sont ainsi laissé emporter par la passion d’aimer et d’être aimés. Ce n’est pas un piège ni une emprise, c’est la joie d’une vie, le bonheur d’être appelé et surpris par la beauté de l’aventure. Tout n’est pas merveilleux, parfois nous sommes dans la médiocrité, mais tout est transfiguré.
Tout n’est pas formidable et ce sera au Fils de l’Homme à l’heure du jugement de trier. Nous le voyons : il y a du poisson, des coquillages, des algues mais aussi des éléments sans valeur. Cependant Dieu ne désespère jamais de personne ! A l’heure du jugement, Il nous promet la restauration universelle annoncée par les prophètes (Ac 3, 21).
Nous espérons trouver au fond de ce filet notre joie. Laissons-nous prendre dans les mailles du filet de l’amour de Dieu, ayons à cœur d’y demeurer. C’est là que soudain, nous découvrirons que nous sommes créés à l’image de Dieu et que nous avons du prix à ses yeux. Pris au filet, nous porterons la joie au monde !
Frère Bernard Senelle, d’après Matthieu 13, 47-53
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« Nul n’est prophète en son pays ! » S’il est une parole de Jésus qui a fait le tour du monde, c’est bien celle-là. Qui d’entre nous n’a pas fait cette expérience : on croit me connaître, mais ce n’est pas moi ! Pourquoi cette étiquette qui me colle à la peau ? À la maison, au travail, dans mon quartier….
Or, c’est bien l’expérience de Jésus en Galilée. Il est prisonnier du regard de ceux qui croient le connaître et ne croient pas en lui. Il est bloqué dans son action là où il a passé le plus clair de sa vie, à Nazareth. Pourtant, depuis qu’il est sorti de son silence, Jésus a fait éclater la vie quotidienne. Il fait vivre - dans la sagesse populaire - une sagesse qui vient d’ailleurs ou de l’intérieur. Jésus manifeste une force qui refuse les limites et rejoint nos faiblesses : Il guérit les malades incurables et sauve des situations désespérées. Qui est-il donc ? D’où lui vient ce pouvoir ? Comment est-ce possible qu’avec lui la vie soit enfin si belle ?
Cet évangile nous libère du train-train de nos jugements les uns sur les autres et sur nous-mêmes. La parole de Jésus ouvre nos prisons. À force de se présenter aux autres : nom, prénom, adresse, situation, métier ne sommes-nous pas enfermés par le regard des autres et par la banalité de la vie ? Si nul n’est prophète en son pays, pouvons-nous devenir poètes, bien dans nos baskets et chanter avec Brassens : « Il suffit de passer le pont, c’est tout de suite l’aventure ». Et là Dieu nous attend ! En personne !
Frère Gilles Danroc, d’après Matthieu 13, 54-58
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Comme c’est difficile de parler vrai ! Jean le Baptiste est un de ces hommes qui aiment dire les choses simplement comme elles sont : tu n’as pas le droit de vivre avec la femme de ton frère. Il aurait pu avoir peur d’Hérode, ce prince de Galilée qui était réputé violent. Il aurait pu timidement faire des allusions à cette situation inacceptable, mais sans froisser le puissant auquel il s’adressait. Nous faisons souvent ainsi nous-mêmes ; nous prétendons parfois agir par miséricorde, alors que nous manquons tout simplement de courage pour rétablir la justice. Alors, nous courons le risque d’oublier les victimes et de leur faire encore davantage violence. Jean le baptiste n’est pas adepte des paroles tièdes qui se détournent de la vérité et de la justice.
Au contraire de lui, dans ce repas princier, les paroles se font manipulation. Ce sont de tels mensonges qui préparent les pires drames. La jeune danseuse, par exemple, se retrouve complice et meurtrière. Hérode - qui pourtant osait parler de la résurrection des morts - cède à la manipulation de Salomé et devient le juge qui livre Jean à la mort. Les convives, pris en otage des jeux et séductions de la cour, deviennent complices de ce crime, sans même s’en rendre compte. Le mensonge conduit l’humain à déserter son humanité, lorsqu’il croit se grandir et se sauver alors qu’il piétine la justice et le respect de l’égale dignité qui rassemble l’humanité.
Parler vrai ! Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu. C’est cette Parole de vérité qu’annonçait Jean le Baptiste, au risque de sa vie.
Frère Bruno Cadoré, d’après Matthieu 14, 1-12
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Le Christ a pris de la distance et envoyé ses disciples en barque, sur la mer. Les vents sont contraires, les vagues menacent de les engloutir. Mais voici qu'Il les accompagne mystérieusement, dans la nuit. Comme un fantôme, il marche sur les eaux. Les disciples se mettent à crier.
Pour comprendre ce récit surréaliste, il faut répondre à quelques questions : quelle est cette barque qui menace d'être engloutie, toujours à contre-courant ? C'est la barque de Pierre, l'Église évidemment, toujours à contre-courant : qui va de crise en crise et qui prend l'eau. Faisons mémoire de son histoire : c'est vrai, dès le temps des persécutions romaines. Et puis l'empire à peine converti, voici les invasions barbares ! Puis le Grand Schisme, la Réforme, la Révolution française, la Révolution bolchévique, les guerres mondiales… Les apôtres crient tellement ils sont paniqués. Une lueur étrange les accompagne, dans la nuit.
Quel est ce fantôme capable de marcher sur les eaux ? Qui donc entretient un rapport nouveau avec les éléments physiques de l'univers ? Qui a traversé tous les périls ? C'est le Ressuscité, qui passe sur les vagues de l'histoire humaine. Il accompagne l'Église mais il ne lui est pas directement accessible.
Pierre veut le rejoindre. Jésus l'appelle. Mais il faut « tenir par en haut », se faire vraiment léger. Pierre est trop lourd : il a besoin de trop d'assurances et il prend peur, ce qui le fait sombrer. Ces images en disent long sur nos besoins d'être rassurés, sur notre difficulté à « y croire » totalement. Quand Jésus monte dans la barque, l'Église est rejointe, l'histoire humaine et l'histoire de Dieu ne font vraiment plus qu'un, c'est la paix. Il n'y a plus de crise : la tempête est finie. Il n'y a plus qu'à s'incliner, pour adorer.
Soeur Marie Monnet, d’après Matthieu 14, 22-36
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Le lavabo, c'est durant la messe, avant de consacrer le pain, le vin, le prêtre qui prie en se lavant les mains : « Seigneur, purifie-moi de mon péché. » Il se lave les mains, mais c'est du cœur qu'il s'agit. Jésus nous le dit, le prêtre le sait bien, chacun de nous a pu le vérifier : le cœur de l'homme est sale, le sien, le tien, le mien. Je n'ai peut-être pas commis tous les crimes possibles, mais la racine de tous est dans mon cœur.
« Lave-moi, Seigneur, purifie-moi, car je me vois coupable du mal. » Il y a des fois où je le sais, il y a des fois où je suis aveugle au mal de mon cœur. Le scandale de mon péché – cela, j'en ai été capable ? Que ça me pèse sur le cœur ! « Lave-moi Seigneur, purifie-moi », car je suis capable du pire, il y a des fois où je le sens : puisque d'autres sont coupables, je pourrais l'être aussi ; il y a des fois où je m'aveugle : oh, le scandale de ce péché ! – cela, un homme comme moi en est donc capable ?
Mon cœur coupable du mal, nos cœurs capables du pire, sans doute. Mais aussi, mais surtout, nos cœurs capables du bien et puis coupables du meilleur : parfois nous le savons, parfois nous en doutons. Ce cœur, le mien, le tien, le sien, tous sont capables de Jésus Christ. À la prochaine messe, n'oublions pas le lavabo, avec le prêtre, avant de nous offrir avec le pain, le vin : tendons la main et présentons nos cœurs, avec cette prière à la Parole et puis au pain : me suis lavé les mains, à Toi de me laver le cœur.
Frère Grégoire Laurent-Huyghues-Beaufond, d’après Matthieu 15, 10-14
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L’idée que la vie doive passer par la mort est à la fois douloureuse et banale : douloureuse parce que personne ne peut a priori se tourner de bon cœur et avec enthousiasme vers la mort, et banale parce que, comme le rappellent d’ailleurs d’autres passages d’Évangile, il faut que le grain meure pour que le fruit advienne.
Mais dans la bouche de Jésus aujourd’hui, ce fruit est la vie : faut-il alors penser, comme on l’a souvent dit, que seule la vie éternelle importe, que la vie terrestre n’est qu’un succédané qu’il faut traverser tant bien que mal ? Ce serait se méprendre sur le propos de Jésus : quand il nous parle de la vie, il évoque tout à la fois la vie terrestre que nous connaissons et la vie éternelle : « Dans cette existence de chaque jour que nous recevons de ta grâce, la vie éternelle est déjà commencée. » (Missel Romain, Préface des dimanches n° 6)
Elle a commencé avec notre création à l’image et à la ressemblance de Dieu, elle s’est ancrée avec le don de l’Esprit qui vient nous relier au Christ, elle continue et croît avec la charité qui nous tourne sans cesse vers Dieu et vers nos frères. Dans cette perspective, la mort n’est qu’une porte à franchir vers cette vie en plénitude, et ne devrait pas faire peur à ceux qui y reconnaissent une ouverture vers quelque chose de plus grand, la vie avec le Christ.
Frère Hervé Ponsot, d’après Matthieu 16, 24-28
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Pour une fois, c’est Marie qui reste à la maison pendant que Marthe va à la rencontre du Christ. Les deux sœurs étaient en train de faire le deuil de leur frère Lazare quand elles ont appris que Jésus venait à Béthanie. Alors, si on imagine Marie comme une « championne de la contemplation », celle qui a choisi la « meilleure part », Jean nous montre ici sa sœur Marthe comme une « championne de la foi ».
La foi est en effet un thème central dans l’évangile de Jean. Jésus y pose sans cesse la question à ses interlocuteurs : « Croyez-vous ? »
Malgré cette question qui revient constamment, peu de personnages lui livrent une confession explicite en retour. De la part de l’aveugle auquel il a rendu la vue, Jésus a eu droit à un simple : « Je crois, Seigneur. » L’apôtre Thomas, après avoir douté, osera même dire au Ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu. »
La foi de Marthe est plus forte. L’aveugle et l’apôtre ont besoin de voir pour croire. Mais ici, à Béthanie, le miracle n’a pas encore eu lieu. Lazare est encore dans la tombe et pourtant, Marthe croit avant même d’avoir vu. Elle a eu l’audace de venir rencontrer Jésus sur le chemin, et elle a l’audace de lui dire : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde » (Jn 11, 27).
Peut-être que, comme nous, elle ne sait pas encore très bien ce qu’elle vient de dire. Mais elle n’a pas peur. Elle exprime qu’elle croit, même si elle ne comprend pas toute la portée de sa foi, même si elle ne se rend pas compte que son frère va ressusciter. Marthe a su répondre à la question de Jésus : « Crois-tu ? »
Et nous ? Que lui répondrons-nous ?
Frère Vincent Loning, d’après Jean 11, 19-27
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Saint Dominique prêchait verbo et exemplo, c’est-à-dire par la parole et par les actes. Les actes inspirent la confiance, la parole un peu moins. Faut-il pour autant renoncer à parler ? Non ! Il faut parler. Avec nos mots à nous, nos pauvres mots humains, trop petits pour l’immensité du mystère que nous annonçons. Si c’est vraiment Dieu que nous annonçons, alors nos mots à nous porteront sa parole à Lui.
Et la parole de Dieu ne descend pas sur la terre sans en revenir avec un résultat. Ce résultat n’est pas toujours visible car l’Esprit Saint travaille souvent dans la discrétion. Mais dans la foi, nous croyons que nos mots, s’ils ont été mûris dans la prière, portent du fruit. Le résultat compte ! Dominique demandait dans sa prière la grâce d’une « charité efficace ». Et pour cela, Dominique ne parlait que de Dieu, ou à Dieu. Sans ça, on parle pour ne rien dire.
On raconte qu’un jour, en plein office de louange, les frères novices étaient partis dans une crise de fou-rire incontrôlable : à cause d’une fausse note, ou d’un bruit incongru, ou de n’importe quoi puisqu’il en faut peu pour être distrait à l’office. Un frère plus âgé aurait alors grondé les novices, leur faisant les gros yeux, et les accusant de saboter l’office. Alors Dominique aurait fait taire le frère plus âgé, en lui expliquant : « Il est bon que les novices soient joyeux et rient lorsqu’ils sont dans la volonté de Dieu ». La joie et le rire sont communicatifs, alors l’annonce de l’Évangile ne peut pas s’en passer si elle veut être efficace. Soyons joyeux, rions !
Frère Jean-Thomas de Beauregard, d’après Luc 9, 57-62
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L’Évangile de la tempête apaisée, la barque des apôtres exposée au fracas des vents et des flots... et menacée de naufrage.
Dans cette barque, comme dans le cœur des apôtres, c'est la tempête : ils ont peur car ils ressentent - comme nous - à quel point le monde est troublé. Ne viennent-ils pas d'apprendre la mort injuste de Jean le Baptiste ? Et voilà que Jésus est là. Par sa simple présence, il apporte la paix. Aujourd'hui, nous sommes témoins des multiples tourments qui agitent notre monde, dont certains semblent sans issue comme ces guerres interminables. Et pourtant, nous croyons et nous savons reconnaître Jésus qui vient au-devant de nous pour sauver l'humanité et la nourrir de sa vie. Il nous visite à travers des personnes bien réelles.
J'aime la figure de Pierre. Il nous ressemble un peu. Comme à son habitude, il est entier, « brut de décoffrage ». Sur une parole de Jésus, il s'élance sur les flots... Le problème, c'est qu'il n'a pas encore vraiment expérimenté à quel point Jésus est présent. La confiance qu'il lui accorde est sans doute trop... hasardeuse, pas assez solide. Or, comme le dit sainte Thérèse de Lisieux, « c'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'amour ».
Au lieu d'écouter la voix du Seigneur et d'être habité par sa présence, Pierre se laisse accaparer par la force menaçante du vent. C'est cela qui le fait s'enfoncer dans les eaux. Dans le « tumulte des nations », on ne sait plus toujours qui croire et où donner de la tête. Comment se fait-il que la capacité de croire et de faire confiance soit en crise... jusque dans notre propre cœur ? Et si, au cœur de nos tempêtes, au lieu de prêter l'oreille au tentateur, nous nous mettions à écouter la voix de celui qui donne la vie ? Même si, comme Pierre, nous sommes conscients de nos faiblesses, si nous choisissons le Christ, c'est avec lui que nous nous engageons, et c'est lui... qui fait le reste !
Frère Jean-Laurent Valois, d’après Matthieu 14, 22-33
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L’évêque de Rome, Sixte II était aidé par un diacre pour l’administration des biens du diocèse. Durant une persécution, il ordonne à son diacre saint Laurent de distribuer tous les biens de l’église de Rome aux pauvres et ensuite de rassembler les pauvres devant le préfet persécuteur en disant : ‘Voici les seuls trésors de l’Eglise’. Il sera pour cela martyrisé, puis brûlé vif.
Se détacher de soi-même pour s’ouvrir à Dieu, au prochain, n’est-ce pas ce qu’aujourd’hui le Seigneur attend de moi ? Jésus l’a vécu, des hommes et des femmes l’ont voulu et vécu. Des hommes et des femmes proclamés martyrs l’ont éprouvé jusque dans leur chair, dans leur vie.
Il y a ce témoignage jusqu’au sang, mais il y a aussi un martyre blanc, comme le disait le bienheureux Pierre Claverie, martyr en Algérie : « Le martyre blanc, c’est ce qu’on essaie de vivre chaque jour, c’est-à-dire le don de sa vie goutte à goutte dans un regard, une présence, un sourire, une attention, un service, un travail, dans toutes ces choses qui font qu’un peu de la vie qui nous habite est partagée, donnée, livrée. C’est là que la disponibilité et l’abandon tiennent lieu de martyre, d’immolation. Ne pas retenir sa vie. »
C’est ce que Jésus demande à tous ceux qui veulent le suivre, à ceux qui veulent vivre de sa vie. Demandons au Seigneur la grâce d’être libérés du souci de nous-mêmes pour nous ouvrir à l’amour de Dieu et du prochain.
Frère Antoine de la Fayolle, d’après Jean 12, 24-26
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Ah, ces disciples toujours à poser la question qui fâche, qui veulent toujours savoir quelle sera leur place au ciel : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? », espérant, sans doute, se retrouver dans la réponse de Jésus et y reconnaître leurs belles qualités… Jésus place alors un enfant au milieu d’eux, non pas un grand prêtre, ni un stakhanoviste de la prière, ni même un généreux donateur, non, juste un petit enfant avec son innocence, sa confiance, son abandon, celui-là même qui se jette dans les bras de son père aveuglément, sans peur, le regard levé vers lui, sans aucune arrière-pensée, ni hésitation. Il sait qu’il est aimé ! Jésus ajoute : « Leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux ».
C’est à hauteur d’enfant que cela se passe alors je dois me faire toute petite, m’abaisser, changer mon point de vue, retourner dans mon bac à sable, je ne dois pas chercher à dépasser les autres, il me faut laisser mes désirs de puissance de côté, ce n’est pas là qu’est mon avenir. C’est bien dans mon humilité que je trouverai la grandeur et la Gloire, dans l’assurance que je suis aimée.
Et si j’ai encore des inquiétudes, Jésus me rassure : dans mes difficultés, il sera là à mon premier gémissement d’angoisse, il viendra me sauver, il pansera mes gros bobos, tarira mes larmes et me consolera dans son amour.
Catherine Motte, d’après Matthieu 18, 1-5. 10. 12-14
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Mon Jésus, je vous aime de tout mon cœur.
Je me repens d'avoir tant de fois par le passé déplu à votre bonté infinie.
Je me propose, moyennant votre sainte grâce, de ne plus vous offenser à l'avenir ;
et pour le présent, tout misérable que je suis, je me consacre entièrement à vous.
Je renonce à ma volonté, à mes affections, à mes désirs,
à tout ce qui m'appartient, et je vous le donne.
Désormais, faites de moi et de ce qui est à moi tout ce qu'il vous plaira.
Je ne vous demande et ne veux que votre saint Amour, la persévérance finale et l'accomplissement parfait de votre volonté.
Je vous recommande les âmes du purgatoire,
et en particulier les plus dévotes au très Saint-Sacrement et à la très sainte Vierge.
Je vous recommande aussi tous les pauvres pécheurs.
J'unis enfin, ô Sauveur bien-aimé, toutes mes affections,
aux affections de votre Cœur très aimant et, ainsi, unies, je les offre à votre Père éternel,
et je le prie en votre nom de daigner les accepter et de les exaucer pour l'amour de vous.
Seigneur Jésus, je m'unis à votre sacrifice perpétuel, incessant, universel.
Je m'offre à vous pour tous les jours de ma vie et pour chaque instant du jour,
selon votre très sainte et très adorable volonté.
Vous avez été la victime de mon salut,
je veux être la victime de votre Amour.
Agréez mon désir, acceptez mon offrande, exaucez ma prière que je vive d'amour,
que je meure d'amour et que le dernier battement de mon cœur
soit un acte du plus parfait amour.
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