Section Pastorale
Section Pastorale
Textes 1 avril
Bien-aimé(e)s de Dieu,
Christ est, certes, mort pour nous, mais il est ressuscité pour nous faire participer à sa résurrection. C’est bien ce que l’Église entière célèbre à la Veillée pascale (Samedi Saint) par le rite du feu nouveau, suivi de l’Exultet, le chant de la joie lumineuse. C’est dans la résurrection du Christ que la foi de l’Église trouve tout son sens. Si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi, nous dit Saint Paul (1 Co 15, 14). Heureusement que tout ne s’est pas arrêté à la lourdeur et au désespoir dans lesquels la mort du Fils de l’homme a plongé les Apôtres, le Vendredi Saint. En effet, ce qui s’est réalisé sur la Croix, le vendredi, c’est l’accomplissement de ce que le Christ a fait le Jeudi Saint. Il a donné son corps à manger et son sang à boire à ses apôtres à la dernière Cène : « Ceci est mon Corps, prenez et mangez… Ceci est mon Sang, prenez et buvez… » (cf. 1 Co 11, 24-25).
Mais il ne va pas rester au séjour des morts éternellement. Jésus, au matin de Pâques, sort victorieux du tombeau. Le Christ notre Pâque est ressuscité. Par sa mort et sa résurrection, il passe du tombeau à la lumière, de l’humiliation à la gloire. Il est la Lumière qui éclaire désormais les ténèbres de nos vies. C’est ce que symbolise le Cierge pascal allumé à la Veillée pascale à partir d’un feu nouveau. Avec la résurrection du Christ, nous passons du doute à l’espérance, de l’égoïsme à l’amour, du péché à la grâce, de la peur à l’assurance, de la mort à la Vie.
En ce Triduum pascal, ouvrons-nous à l’amour miséricordieux de ce Dieu qui s’offre pour notre salut et qui, le premier, a pris le chemin de nos misères humaines. Par Lui, avec Lui et en Lui, chantons notre résurrection : Le Christ est ressuscité. Alléluia ! Nous en sommes témoins. Alléluia !
JOYEUSES PÂQUES !
Auguste Ifèdoun AGAÏ, votre curé
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Pour un chrétien, la fête de Pâques est la plus importante de l’année. Elle symbolise le passage de la mort à la vie de Jésus. Cette fête clôt la Semaine sainte pendant laquelle Jésus prit son dernier repas le Jeudi, où il sera crucifié le lendemain pour ressusciter le jour de Pâques.
Nous aussi, nous vivrons notre propre mort et nous serons entraînés vers la vie pleine, la vie de Dieu. Voilà notre foi et notre mission comme baptisés. Nous avons à témoigner de cette vie que le Christ nous a offerte un jour et qui nous rejoint dès aujourd’hui.
À travers les morts de notre monde, la guerre et les conflits en Ukraine, à Gaza et plus récemment en Iran; malgré nos petits conflits quotidiens avec des personnes qui sont proches, nous croyons que la vie est plus forte que la mort, que la vie triomphera toujours.
Demandons au Seigneur de nous insuffler sa vie en abondance et gardons l’espérance.
Yves Pelletier, prêtre, vicaire général du diocèse de Rimouski
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Jésus nous dévoile aujourd’hui un secret : la loi du yoyo ! Ce jouet pour enfant où on lance le yoyo loin de soi, pour qu’il nous revienne dans la main. Dans l’Évangile de l’aveugle-né, il y a ce mouvement du yoyo. Il y a la première rencontre, qui provoque la guérison, et puis il y a la seconde : le retour à Jésus. C’est cette seconde rencontre qui donne véritablement le salut à l'aveugle ! Un autre Évangile en saint Luc souligne cette nécessaire loi du retour : dix lépreux sont guéris, mais un seul sur les dix revient à Jésus. Comme s’il avait entendu l’appel du prophète Joël : RE-venez ! À cette re-venue, Jésus déclare : « Ta foi t’a sauvé ! Va en paix ! »
Pourquoi cette seconde phase est-elle essentielle ? Parce qu’il ne s’agit pas tant de guérir que d’aller à la source de la guérison. On peut demander à Jésus la santé, la foi ou même la charité, mais on peut demander à Jésus beaucoup plus. On peut demander à Jésus, Jésus. Il est plein de grâce et de vérité. Lui seul peut nous donner le don des dons : l’Esprit Saint. L’Esprit Saint est aux dons de Dieu ce que le téléphone est aux applications : sans téléphone pas de connexions et pas d’applis non plus. La loi du yoyo est donc un appel à revenir sans cesse à la Source !
Il y a ainsi deux types de chrétiens, les chrétiens « puits » et les chrétiens « ruisseaux » ! Les deux auront reçu l’eau claire de la grâce. Mais l’eau du puits est une eau stagnante. Elle n’est pas renouvelée. Si bien que les impuretés inévitables qui s’y déposent finissent par en faire une eau croupissante, alors que l’eau du ruisseau se renouvelle. Pourquoi ? Parce qu’elle n’est pas coupée de sa source. L’eau vive se différencie de l’eau morte par sa capacité à toujours être en lien avec sa source. Dans l’Évangile de ce jour,* l’aveugle-né, comme le dixième lépreux, est sauvé, car il revient à la source de sa guérison.
Peut-être qu’une blessure secrète, une fragilité, l’écharde d’un péché vous oblige à recourir sans cesse à Jésus… Peu importe, voyant votre misère, vous reviendrez toujours à la Présence !
Frère Paul-Marie Cathelinais, d’après Jean 15, 5
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Un jour j’ai reçu ce message d’un jeune : « Comment savoir si Dieu va m’exaucer ? J’ai beaucoup prié, j’ai donné mon argent aux pauvres, quand est-ce que le Seigneur va entendre ma prière ? »
On voudrait parfois que Dieu accorde sa volonté sur la nôtre. Or Jésus nous dit aujourd’hui : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement ».*
Pour Jésus comme pour moi, ma volonté n’est pas seulement ma volonté. Ma volonté se construit à partir de ce que je vois, de ce que j’entends, du regard des autres, et de mes expériences de vie. Croire que notre volonté est indépendante est un piège dans lequel nous pousse l’Adversaire.
Se tourner vers Dieu de toute sa volonté ne signifie pas renoncer à son discernement ni déposer sa liberté. C’est nourrir son cœur, ses yeux et ses oreilles de la Parole de Dieu, fortifier sa propre volonté, et découvrir qu’elle rejoint celle de Dieu.
Comme les habitants de Jérusalem de la première lecture de ce jour, mon étudiant insiste : « J’ai parfois l’impression que le Seigneur m’a abandonnée, m’a oubliée ». Je lui confie : « Moi aussi ça m’arrive. J’ouvre alors mon cœur à cette parole du Seigneur : “moi, je ne t’oublierai pas” ».** Parce que je crois qu’avec Jésus je « passe de la mort à la vie », ma prière aujourd’hui est « Seigneur, je ne suis pas à la hauteur mais viens faire en moi ta volonté ».
Soeur Carine Michel, d’après Jean 5, 30
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Maintenant encore, dit l'Éternel, revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, avec des pleurs et des lamentations ! Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez à l'Éternel, votre Dieu, car il est compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et il se repent des maux qu'il envoie. (Joël 2:12-13)
Ce temps de Carême est un moment privilégié pour enrichir notre foi. Il nous est demandé de revenir à Dieu de tout notre cœur et de grandir dans l’amitié et l’amour avec le Seigneur. Le Carême est une belle saison pour approfondir notre vie spirituelle par le jeûne, en consacrant plus de temps à la prière et à l’aumône. C’est un moment privilégié pour rendre pleinement notre cœur à Dieu, en lui permettant de nous renouveler dans l’amour. Le Carême est un temps propice pour vivre cet amour de manière plus profonde, alors que nous nous préparons à la joyeuse célébration de la résurrection du Christ à Pâques. Le Carême nous appelle non seulement à une conversion personnelle, mais aussi à tourner plus profondément notre cœur vers les personnes marginalisées, opprimées et vulnérables de notre société. Notre spiritualité chrétienne offre un magnifique cadre pour enrichir les grâces du Carême.
Les bonnes œuvres que nous accomplissons sont des actes d’aumône et des gestes de l’amour de Dieu. À chaque rencontre lors de nos visites à domicile, de l’aide apportée dans nos interactions, nous donnons généreusement. Peut-être pourrions-nous, durant les précieux jours qui nous restent à vivre en Carême, nous efforcer de trouver des moyens d’en faire un peu plus – afin de nous ouvrir à une plus grande proximité avec ceux qui sont dans le besoin, grâce à une prière plus intense et à des dons généreux. Notre volonté d’approfondir notre compréhension de la manière de mieux servir ceux qui sont dans le besoin et de rechercher des moyens créatifs de les aider nous inspirera à grandir dans la sainteté.
Si nous saisissons l’occasion que nous offre le Carême pour réfléchir plus profondément à la situation et aux besoins de ceux que nous servons, ils en viendront à connaître l’amour particulier que Dieu leur porte. Un Carême passé à écouter les récits de ceux qui sont dans le besoin avec conscience, une écoute attentive et un accompagnement peuvent mener à une compréhension et une compassion plus profondes. Ce temps sacré nous offre une occasion unique d’approfondir notre engagement envers la doctrine sociale de l’Église, qui nous guide pour vivre notre foi à travers des actes d’amour et de justice, tout en respectant la dignité humaine de chacun.
Le pape Léon déclare avec éloquence, dans son message de Carême 2026 : « Cher amis, demandons la grâce de vivre un Carême qui rende notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis. » Que ces jours qui nous rappellent notre cheminement de Carême nous rapprochent du cœur de l’Évangile, en nous inspirant à vivre notre vocation de servir les plus petits d’entre nous avec amour, respect, justice et joie.
Questions de réflexion
1. De quelle manière mon engagement peut-il être considéré comme une mise en pratique du message du Carême ?
2. Au cours des derniers jours du Carême, comment mes expériences peuvent-elles m'aider à me préparer à la joie de Pâques?
Prions… Père aimant, alors que nous poursuivons notre cheminement de Carême, puissent notre foi et notre amour être des sources de compassion et d’espoir pour ceux que nous rencontrons. En cette période particulière, puissions-nous trouver des moments de calme propices à la réflexion et au ressourcement. Que nos œuvres, nos actions, nos prières et nos conversations tout au long de ce reste de Carême soient une source de nourriture qui renouvelle nos cœurs. Amen.
Carolyn Boerboom, membre du comité de spiritualité national
Conférence St. Basil, Conseil particulier de Brant, ON
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Une riche femme d’affaires est devenue religieuse parce qu’elle cherchait l’Absolu. Elle a découvert au milieu des prisonniers qu’elle visitait ce dont elle avait fait l’expérience : Dieu se cache dans nos misères. Si le péché sépare de Dieu, Dieu viendra se révéler justement là où on ne l’attend pas, dans les profondeurs les plus obscures de notre cœur !
De tous ses entretiens avec ces prisonniers, notre religieuse, psychanalyste, a écrit un livre : Le Dieu des abîmes ! Revenir à Dieu de tout notre cœur, c’est revenir à lui, par le point le plus bas ! Au fond de son abîme, le fils prodigue rentra en lui-même et pensa à son Père.
La misère est le lieu de la vérité. Et la vérité de Dieu se découvre dans la vérité de notre misère. Le vrai nom de Dieu, sa plus grande perfection, est la miséricorde, disent les saints. Pour épouser la miséricorde, il faut épouser sa misère.
Voilà pourquoi, dans l’Évangile de ce jour, c’est le publicain et non le pharisien qui s’en repart chez lui justifié, c’est-à-dire ajusté à la vérité de Dieu. On ne peut pas s’autojustifier en permanence comme le fait le pharisien qui extérieurement semble avoir réussi son carême… Il est devenu son propre sauveur. Pauvre de lui !
Notre publicain qui s’en retourne chez lui est peut-être encore dans le brouillard, convaincu de sa misère. Il n’a peut-être pas conscience que Dieu l’a rejoint. Voilà pourquoi il faut le lui redire : Dieu est présent ! Un jour, Pâques lui découvrira celui qui, du fond des enfers, ressuscite !
Frère Paul-Marie Cathelinais, d’après Psaume 129,
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
« Revenez à moi de tout votre cœur ». Après les méditations sur les ombres du cœur avec le frère Paul-Marie, continuons l’exploration des profondeurs lumineuses de notre âme.
Dans la Bible, le « cœur » est toute la vie intérieure de l’être humain, tout ce qui ne se voit pas, mais qui finit par apparaître dans les paroles, les actes et sur le visage. Notre cœur abrite le meilleur comme le pire : le cœur pur verra Dieu et du cœur impur naissent toutes les conduites mauvaises.
Dans l’Évangile de ce jour, le cœur du fonctionnaire royal est troublé par la maladie de son fils. Ce trouble le met en marche, à la rencontre de Jésus. Son attachement envers son fils et la peur de le perdre ouvrent son cœur à la foi. L’épreuve brise ses certitudes et rend son cœur ouvert à de nouvelles sources de vie. Dans son cœur de père déchiré, Dieu s’est infiltré.
Dans mon apostolat auprès des jeunes, parmi ceux qui demandent le baptême, nombreux sont ceux dont le cheminement vers la foi est marqué par une épreuve, comme le fonctionnaire royal de l’Évangile. Même pour ceux qui sont tombés dans la marmite de la foi quand ils étaient petits, les épreuves de la vie révèlent certains aspects de notre cœur. Dans la détresse, la question du sens de la vie se pose avec plus d’acuité, et on se souvient alors de Dieu.
Et nous, aujourd’hui, nos épreuves sont-elles des chemins qui ramènent vers Dieu ? Dans les épreuves et le bonheur, le cœur est le lieu de la foi.
Soeur Carine Michel, d’après Psaume 20, 12
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Dans la basilique de la Minerve à Rome, je commente une fresque de Filippino Lippi. Une femme élégante se glisse furtivement derrière le groupe. Elle avait pourtant décliné ma proposition de visite peu avant. La fresque se lit de bas en haut, de l’Annonciation à l’Assomption de Marie, pour illustrer le chemin que le Christ, comme homme, nous a ouvert pour aller à Dieu.
À la fin de l’exposé, cette femme s’approche de moi et, fondant en larmes, me confie que sa fille est en train de se perdre. Son écorce de culture et de distinction s’est fissurée et les larmes jaillissent de son cœur de mère.
Devant la Parole de Dieu que proclame la fresque, cette femme a fait un pèlerinage intérieur. Sa souffrance est semblable à celle du père de la parabole du fils prodigue. Il donnerait tout pour retrouver son enfant. Il est saisi de compassion quand il l’aperçoit « comme il était encore loin ». C’est une souffrance qui ouvre à l’autre, contrairement à celle des deux fils enfermés dans une solitude désespérante. L’aîné se croyait proche du père par son obéissance irréprochable, mais refuse de partager son bonheur. Le cadet pensait avoir perdu jusqu’à sa dignité de fils dans son incapacité à concevoir l’amour inconditionnel du père.
Les larmes de cette femme rencontrée à la Minerve me parlent aussi de l’enfermement des deux fils. Elle me laisse espérer que nous ne sommes pas prisonniers de nos tristesses, que la grâce peut briser nos carapaces. Et si nos frustrations, nos manques, nos deuils, nos échecs nous ouvraient le chemin vers notre intériorité d’où pourra jaillir un cri vers Dieu ? C’est peut-être le premier pas pour revenir à lui. Il désire tant habiter notre cœur et nous communiquer son amour !
Soeur Christine Gautier, d’après Luc 15, 20
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Parmi les étrangetés de notre cœur, il y a les lieux de nos batailles perdues. Nous avons tous en nous des Waterloo du combat spirituel où les démons nous ont vaincus ! Au début du carême, le Seigneur nous a promis qu’il viendrait dans le désert de notre cœur pour vaincre les tentations. Mais patatras ! « Caramba, encore raté ! » Les mauvaises pensées nous ont rattrapés ! Peut-être arrivent-elles même pires qu’avant ! La Mi-Carême est pour beaucoup le constat d’un échec ! Cuisant et si habituel qu’il devient confortable au fond de vivre en vaincus comme des collaborateurs avec l’ennemi. La défaite a ceci de séduisant qu’elle nous laisse tranquilles avec l’envahisseur !
On ne laisse plus Jésus manifester sa puissance de résurrection dans cette zone de combats perdus. On n’y croit plus !
Pourtant, il y a un art de la guerre spirituelle qui s’appelle l’art d’utiliser ses fautes ! Jésus rappelle que tout ce qui combat pour lui vient de Dieu ! Or la défaite peut avoir du bon ! Elle nous apprend l’humilité, mais surtout, elle nous oblige à nous confier à la miséricorde de Dieu, à nous faire comprendre que Dieu est de notre côté, combien il est patient et miséricordieux !
Alors, comme un veilleur sur les remparts d’une ville occupée, prions, intercédons, continuons d’appeler sur nous sa miséricorde. « Seigneur viens à mon secours ! » Ne désespérons pas comme le mauvais larron, mais faisons comme le bon sur la croix de nos défaites : « Jésus, souviens de moi quand tu viendras ! ».
Frère Paul-Marie Cathelinais, d’après Romains 5, 20
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
L’été dernier, pendant ma retraite spirituelle, nous épluchions des légumes avec d’autres retraitants. Certains voulaient jeter les carottes flétries, tordues, à la peau abîmée. Pourtant, quand on prend la peine d’éplucher des carottes moches, on découvre qu’elles sont tout à fait bonnes à manger.
Pour moi, il y a une cohérence entre le cœur et les actes. Nos actes disent quelque chose de ce qui habite notre cœur. Avoir la patience d’éplucher des carottes qui ont trop attendu, c’est prendre soin de ce que la création nous donne comme nourriture, c’est accueillir la vie comme un don et non pas comme un dû.
« Tout est lié », dit le pape François dans l’encyclique Laudato Si. Je peux proclamer qu’il faut accueillir la fragilité et respecter la vie jusqu’au bout. Mais si je suis prête à jeter des carottes flétries parce que ça demande trop de travail, alors ce que je proclame n’est pas vraiment descendu dans mon cœur. L’acte révèle le cœur.
Dans les textes de ce jour, saint Joseph, parce qu’il est « un homme juste », décide de ne pas dénoncer publiquement Marie, enceinte avant leur mariage. Comme Joseph est à l’écoute de la Parole de Dieu transmise par l’ange, il accorde sa volonté à celle de Dieu et ses actes le manifestent. Son attitude révèle Dieu au monde et participe à l’histoire du salut.
Prions l’Esprit Saint d’habiter notre cœur et de conduire nos actes pour qu’ils manifestent la présence de Dieu, en nous et dans le monde !
Soeur Carine Michel, d’après Matthieu 1, 24
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Ma communauté à Rome se trouvait sur la via Francigena, ancienne route empruntée par les pèlerins. Ce soir-là, j’ai été invitée à me joindre à un groupe pour une marche nocturne sur le dernier tronçon qui nous ferait arriver place Saint-Pierre au lever du jour. J’ai une grosse journée de travail derrière moi. Après quelques heures de marche nocturne, je n’en peux plus. Piétiner sur ce trajet parcouru mille fois en voiture ou en bus me semble alors tellement absurde !
Les vignerons de la parabole de ce jour ressentaient peut-être un tel sentiment d’absurdité. Ils ont peiné depuis des jours. Est-ce juste que le fruit de leur travail retourne dans les mains du propriétaire ? Jésus ne cherche pas à prendre position dans la lutte des classes. Les destinataires de la parabole — les grands-prêtres et les pharisiens — en ont bien saisi le sens : Dieu seul est maître du Royaume. Comme ces vignerons misérables, ils veulent manger les fruits du Royaume de Dieu en se débarrassant de Dieu, sans respecter ses envoyés ni même son Fils qu’ils tuent en pensant : « nous aurons son héritage ».
Dans notre pèlerinage nocturne, quand on nous a demandé de faire connaissance avec les autres marcheurs, j’ai alors oublié mes pieds douloureux et la marche a pris sens. À l’arrivée, nous avons prié ensemble place Saint-Pierre. La force de la communion qui nous unissait en Dieu est devenue évidente ; par elle j’avais pu dépasser la souffrance. Sans doute les vignerons n’ont pas su saisir cette grâce de la rencontre.
Et si Dieu mettait les autres sur ma route pour m’apprendre à sortir de moi ? Les accueillir avec gratitude est un chemin pour aller vers Dieu. Toujours, il nous devance par ses dons. Son héritage, c’est pour nous tous.
Soeur Carine Gautier, d’après Matthieu 21, 42
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Parmi les zones étrangères de notre cœur, celles qui semblent ne pas concerner Dieu, il y a les tout petits détails de notre vie ! L’Évangile nous rappelle les 613 commandements de la Torah. Ils sont souvent déclassés par la prédication chrétienne. Pourtant, le Seigneur Jésus dit bien qu’il n’est pas venu abolir ces commandements, mais les accomplir !
Jésus n’abolit pas la pratique extérieure. Il insiste comme tous les prophètes sur l’attitude intérieure, la disponibilité du cœur ! Jésus n’est pas venu désacraliser tout. Au contraire, par son incarnation, il sacralise tout ! De la cuisine au travail du bois, de la vie professionnelle à la vie domestique, Dieu par notre cœur veut agir en ce monde.
Rappelons-nous, en cette Mi-Carême que si nous avions décidé de nous abstenir de ceci ou de cela, c’était pour nous rendre disponibles ! Jeûner, au fond, consiste à sortir des divertissements qui nous distraient de Dieu ! Changer d’imaginaire, pour être présent à l’aimante Présence de l’Éternel en nous.
Ces 613 commandements rappelaient aux Hébreux comment mettre Dieu dans leur quotidien ; aujourd’hui, trouvons Dieu au milieu des casseroles et des réunions de travail ! Car on peut laisser Dieu envahir nos pensées et les vivre avec lui ! Nous avons des inquiétudes matérielles légitimes ? Faisons-en une prière ! Vivons notre quotidien à l’étage supérieur de notre cœur ! Avec lui ! « Pense à moi et je penserai à toi ! »
Comme la tartine beurrée trempée dans le café, garde ton cœur dans mon amour infini. Je ferai tout avec toi !
Frère Paul-Marie Cathelinais, d’après Luc 21, 5
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Il m’énerve à toujours vouloir le dernier mot. Tout le monde se presse pour admirer ses belles paroles. Mais, si je réfléchis bien, mon irritation traduit mon souhait d’avoir le dernier mot, d’être admiré, alors qu’en fait, je ne devrais attendre de reconnaissance que de Dieu. Comme je suis faible, tellement susceptible, toujours en manque d’une approbation, d’un compliment, toujours à me justifier pour être estimé de tous !
Toi, Jésus, tu ne cherches jamais à te justifier. C’est frappant quand tu restes silencieux face aux accusations des chefs religieux. Tu affrontes l’humiliation publique la tête droite. Tu sais que ton Père voit, que ton Père sait. Tu n’attends de reconnaissance que de lui, ton Père. Tu tires ta gloire de la croix, c’est-à-dire du lieu où par amour, tu te fais absolument solidaire du dernier des hommes. Croix glorieuse par la perfection de l’amour qu’elle révèle. Seul le Père te donne cet amour, seul le Père te glorifie.
Seigneur Jésus, toi seul peux m’arracher à la logique de concurrence. Toi seul peux éloigner de moi cette soif insatiable de reconnaissance. Donne-moi de souhaiter le succès de mes voisins, de mes collègues, de ma famille, de mes proches. Que leur réussite soit ma réussite. Fais grandir en moi le désir du salut des âmes, que leur progrès, leur élévation me remplisse de joie. Alors tout esprit de rivalité tombera, vieille carcasse devenue caduque.
Que je ne cherche en ce monde que ton amour, la seule gloire, celle qui vient du Père, le seul bonheur.
Frère Benoît Ente, d’après Jean 8, 54
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Le 25 février dernier, Mgr Denis Grondin célébrait le quatorzième anniversaire de son ordination épiscopale. Aujourd’hui, au nom de tous les citoyens de votre Unité pastorale, je désire lui exprimer notre profonde reconnaissance pour sa présence chaleureuse et pour son travail ecclésial qu’il a accompli dans notre diocèse depuis le 14 juin 2015…
En cette année 2026 dédiée à saint François d’Assise, que Dieu l’accompagne et lui accorde espérance et joie dans la mission.
Yves Pelletier, vicaire général
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
Christ est ressuscité, Alléluia ! Que la lumière et l'espérance de la résurrection inondent vos cœurs et vos foyers. En cette fête de la vie, célébrons la victoire de l'Amour sur la mort et partageons la joie, la paix et la bénédiction du Seigneur avec nos proches.