Vache de race Tarine
Les vaches Tarines ( ou Tarentaises)
L'hypothèse la plus plausible attribue l'origine zootechnique de la Tarentaise à un croisement entre les deux souches Bos taurus Jurassicus et Bos taurus Alpinus, toutes deux provenant de populations fauves ou brunes venues du continent Indo-Asiatique à travers l'Europe centrale. Le Congrès de Moûtiers de 1866 fixait déjà les premiers éléments de sélection de la race Tarentaise ou Tarine.
A partir de cette période, la Tarine s'est rapidement développée dans toute la Savoie, puis sur l'ensemble des Alpes et plus tard à travers les massifs montagneux français : des Pyrénées aux Vosges en passant par le Massif Central.
Les éleveurs disent d’elle qu’elle a un caractère facile, que c’est une vache intelligente et qu’elle s’adapte facilement. Ils indiquent également qu’elle est agréable à conduire. C'est une race rustique, qui s'adapte aux conditions difficiles (terrain montagneux, fourrage grossier, températures variables). C’est probablement son format plus petit (taille et poids plus faibles) qui lui confère une bonne aisance dans les pentes. Elle a une excellente aptitude à la marche.
En pâturant ces espaces, elle façonne les paysages, aménage les territoires et contribue à l’entretien des pistes de ski : pâturée, l’herbe retient le manteau neigeux et limite les risques d’avalanche. Elle contribue également au maintien de la biodiversité végétale (dans la dépression laissée par un sabot de vache, des plantes qualifiées de pionnières vont venir s'installer. Ces plantes ne supportent souvent pas très bien la concurrence des autres herbes et trouvent là un terrain idéal pour se développer. A titre de comparaison, dans les parcelles soustraites à l'action des ruminants, environ huit espèces disparaissent en l'espace de 2 ans).
Ancrée dans un passé chargé d’histoire, elle constitue un patrimoine, à la fois national, régional et génétique. Jolie, ses yeux « cernés de noir », son caractère curieux et sociable, séduisent chaque année de nombreux touristes, au cours de leurs randonnées ou lors de visites dans les étables pendant leurs séjours hivernaux.
Dans le Queyras, à l'origine nous avions des « Alpes-briançonnaises » (petites vaches assez frêles à jambes élancées). Celles-ci ont été croisées avec des Tarines, puis se sont mélangées aux Tarines d'origine Savoyarde.
Vache de race Abondance
Race Abondance
Issue des races du « grand groupe jurassique », l’Abondance s’est façonnée durant des siècles d’adaptation aux conditions d’élevage en zone de montagne. Elle s’est sélectionnée naturellement, au fil des siècles, à l’abri des influences extérieures et est devenue une race rustique, résistante et productive.
En 1890, la Société d’Agriculture de Thonon propose la création du Herd-Book chablaisien. Il définit le standard de la race Abondance et privilégie alors le rameau que l’on connait encore aujourd’hui (une race pie rouge, à robe acajou souvent couverte et portant des lunettes). Sur son territoire de prédilection, la présence de l’Abondance est réaffirmée. La mise en place des AOP fromagères (Reblochon, Beaufort, fromage d’Abondance) lui reconnaît une place légitime.
Malgré une forte diminution des effectifs dans les années 80, liée au productivisme puis à l'apparition des quotas laitiers, elle rayonne à nouveau en montagne et sur de nouveaux territoires où elle séduit les éleveurs grâce en particulier à ses qualités fromagères et à d'autres atouts : son excellente aptitude à la marche, ses facilités de vêlage et sa longévité. En effet, de toutes les races laitières françaises, l’Abondance est la race qui présente la meilleure longévité grâce à des mamelles sans volume, particulièrement bien attachées et dotées d’excellents trayons. Ce critère a pour conséquence d’allonger la carrière productive des femelles et d’apporter une plus-value économique à l’éleveur.
L'Abondance est plus lourde que la Tarine( 650 kg ) et plus haute (1,40cm au sacrum). Sa tête est blanche avec présence fréquente de lunettes détachées ou attachées.