Malgré les multiples transformations qu'elle a subies, cette maison reste un témoin de l'histoire digne d'intérêt.
"Le plus intéressant vestige du passé est au Serre une porte ornée qui ferme une tour à la maison David Alberge (85, Rue des Alberges); elle donne aussi la date la plus ancienne qui existe en Queyras dans les constructions (1524)." (J. Tivolier Molines en Queyras - 1913 et publication Romans 1902)
La photo de cette porte a été communiquée à la société des Hautes Alpes : M.J. Roman a fait, à ce sujet, un intéressant article (bulletin de la société d’Etudes des Hautes Alpes, 1902 - "Porte ornée du XVIème siècle").
Sur la porte figurent les inscriptions suivantes en lettres gothiques : PAX HUIC DOMUI (paix sur cette maison); au-dessous sont sculptés deux écussons : l’un porte les armes de la famille Emé : "d’azur, à l’agneau passant d’argent au chef d’or chargé de trois rencontres de taureau ou de vache, de sable".
Tout autour on lit : IN DOMINO CONFIDO (j’ai foi dans le Seigneur).
L’écu et la légende sont renfermés dans un médaillon circulaire que supportent deux enfants nus, deux amours probablement.
L’autre écusson présente les armoiries de la famille Reymond de Saint-Julien, « de … 3 spals de… » Au-dessus on lit :
CO + LA (c’est-à-dire « crucem cole » (Adore la croix) tout autour : FIDES SUFICIT (La foi pourvoit à tout).
Deux anges ailés et vêtus supportent l’écu et la légende ; au-dessous, une inscription aussi en relief :
MIL CINC CENS XX IIII
Cette porte est attribuée à Guillaume Emé, sieur de Saint-Julien, vi-bailli d’Embrun (1503 -1524) ; ce sont ses armoiries et celles de sa femme, la dame de Saint-Julien, qui y figurent. Guillaumée Emé descendait de Guillaume Emé, notaire de Molines en 1371.
Le 7 janvier 1932, le locataire de la maison, pour se faire rembourser son mobilier, a provoqué l’incendie de son logement.
Malgré l’intervention du propriétaire, ce précieux témoignage du passé a été détruit.
Escalier intérieur de la maison Alberge seul vestige de la tour de la maison
Sur une pierre encastrée dans le mur de la cour, on lisait « Par le péché la mort ». Cette pierre est aujourd'hui disparue.
En face au N° 75, vous pouvez observer deux dates de construction, au niveau de l’entrée de grange : inscription sur le linteau de la porte ainsi qu’une pierre gravée, il s’agit du même propriétaire DA (David Alberge).
Poutre gravée - 75 rue des Alberges
Pierre gravée
"W E A 1763 "
75 rue des Alberges
Point nivellement général