Charte de l'association

L’  « Association le Latin dans les Littératures Européennes »  a été créée au printemps 2008 par des professeurs enseignant dans les Classes Préparatoires Littéraires des Lycées Henri IV et Louis le Grand. Elle entend œuvrer dans un esprit  résolument hostile à tout repli frileux et obsidional des « lettres classiques » -comme l’indique la composition plurielle de son bureau- mais aussi dans le souci de ne pas laisser les « chevau-légers  de la modernité » redéfinir un « nouvel  humanisme »  qui prétendrait faire l’économie des « vieilles » humanités… Son objectif est d’abord de rappeler que le latin, langue ancienne du français- et langue ancienne pour toujours : le temps n’éloigne pas  une langue de son origine, c’est même pour nous la précieuse leçon des humanistes -ne saurait devenir  sans grave inconséquence une discipline « optionnelle » : il ne peut être question de  solder ou de mettre en option la mémoire d’une langue et d’une littérature… Il est aussi  de faire justice  de quelques sophismes comme celui, persistant, qui consiste à mettre en compétition le latin  et la langue vivante, pleinement concernée pourtant  par la part évidente et forte que le latin tient à des degrés divers dans le patrimoine linguistique et littéraire  de l’Europe : sans ce substrat  commun et nourricier, ce sont en effet les grands lieux et les grands noms de la littérature européenne, Pétrarque, Dante, Montaigne, Shakespeare, Cervantès, qui sont menacés d’une marginalisation exotique et éclatée. Parce qu’il est consubstantiellement lié à l’humanisme, parce que l’humanisme a ouvert notre modernité, le latin, comme la révolution de V. Hugo, a « conquis en avant ». Pour promouvoir cette langue magnifiquement  serve, puisqu’au  service de toutes les disciplines de la mémoire et du langage,  l’Association le latin dans les littératures européennes fait  appel au soutien, sous forme de conférences, de personnalités du paysage littéraire entendu au sens le plus large, susceptibles, par leur autorité, de faire valoir  le champ de la latinité dans les littératures européennes, classiques et modernes. Le moment est opportun de rappeler que le latin, présent dans la langue, dans la littérature, la culture, constitutif de notre savoir, institutif, pourrait-on dire, en continuant à le parler, doit trouver en Europe sa juste  place, fondamentale et doctrinale, dans les études littéraires.