Broye : Montjeu

Roland Niaux

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BROYE : Montjeu

71.30.063

Situation

Arrondissement = Autun
Canton = Mesvres
Carte IGN au 1/25000è = 2825 Est-Autun
Coordonnées Lambert = 748.23/48 - 213.20/40 alt.590
Cadastre 1842 = Section A, château actuel, n°23
ensemble susceptible de recouvrir la maison forte primitive : n°17 à 47, 76 à 79, 84 à 91, 98,99.
Cadastre 1987 - A8 château et commun.s ; A9 jardins.
Diocèse = Autun
Ancien archiprêtré = Blanzy
Paroisse = Broye, probable au VIIe siècle, sûre au VIIIe (W.Berry,Autun-Augustodunum,p. 387) avec église romane - détruite fin XIXe siècle - vocable saint Laurent.
Montjeu est à 3km500 au nord de l'église et à 300 mètres plus haut en altitude, sur la pente est du sommet (signal de Montjeu 668m) au départ d'une vallée s'ouvrant vers le sud-est. Le parc entourant le château, à peu près entièrement boisé, forme un ensemble clos d'un mur de 10,600km de périmètre.

Toponymie

Les formes les plus anciennes Mongeu, Montjeul, Montjehu, Monjouz ne permettent pas de certitudes. On peut penser au gaulois juris, hauteur boisé.

Vestiges

II ne reste aucun vestige de la maison forte médiévale attestée au XIVe siècle et qui devait être assez modeste. On n'est même pas assuré de son emplacement précis. Il est communément admis que le Président Jeannin fit édifier, entre 1585 et 1595, l'actuel château de Montjeu sur l'emplacement de l'antique maison forte, laquelle n'était plus habitée depuis longtemps et était probablement ruinée. Les seigneurs de Montjeu habitaient en effet habituellement soit leur château d'Antully, soit ultérieurement Montjeu-en-Autun, au pied de la forteresse de Riveau.
Le château construit par Jeannin fut l'oeuvre de l'architecte Etienne Martellange. Il comprend un grand corps de logis avec deux ailes en retour et quatre tours de plan carré, deux à l'extrémité de chaque aile, les deux autres à la jonction de chaque aile au bâtiment principal. L'ensemble était entouré de fossés franchis par un pont levis. Un vaste jardin d'agrément, dessiné par Le Nôtre, fut aménagé sur un immense remblai comblant le sommet de la vallée qui s'ouvrait initialement à l'emplacement du château. A l'est du château, la basse cour comprend les logements du personnel, écuries, grange, ateliers, volière, colombier. D'autres bâtiments de service furent ultérieurement construits à l'ouest du château.
Les murs du parc, terminés en 1660, enferment une superficie d'un peu plus de 704 hectares.
Le château a été brûlé accidentellement en 1634, 1746, 1963 mais toujours restauré.

Datation

Montjeu paraît être, à l'origine, un démembrement de la châtellenie ducale de la Toison.
Le premier possesseur connu est Guy de Riveau, chevalier mort en 1253 (Riveau était la citadelle ducale dominant Autun). Sa fille Béatrix apporta Montjeu à son mari, Guillaume d'Ostun, seigneur d'Aisey et de Ravelon. Leur fils, Perrin d'Ostun, épouse Isabeau d'Antully, achète le Petit Montjeu (en Autun) et le tiers du château de Riveau en 1307.
Dans un dénombrement donné au duc de Bourgogne le 27 mai 1365 par Marguerite de Saillenay, veuve de messire Hugues de Montjeu (fils de Perrin d'Ostun) on trouve la première mention descriptive de la maison forte de Montjeu, avec fossés, granges, étables. La famille des seigneurs de Montjeu disparut à la mort d'Hugues III de Montjeu, en 1556. Sa fille Jeanne épousa Claude de Villers, seigneur de Gerland. Ce dernier fit tant de dettes qu'après sa mort, Montjeu fut saisi, mis en vente et adjugé en 1585 à Pierre Jeannin, Président à la Cour du Parlement de Dijon. Pierre Jeannin mourut surintendant des Finances en 1622. Entre temps, il avait fait construire l'actuel château et acheté toutes les terres voisines jusqu'à la baronnie de Dracy-Saint-Loup et la châtellenie de Glenne ainsi que celle de la Toison.
Son petit-fils Nicolas de Castille fit ériger Montjeu en marquisat en 1655.

Montjeu passa encore en de nombreuses mains et évita la confiscation durant la Révolution, son propriétaire de l'époque, Michel-Etienne Le Pelletier de Saint-Fargeau, député de la noblesse, ayant voté la mort de Louis XVI. Cet épisode coûta la vie à son auteur mais sauva le domaine qui demeura à peu près dans son intégrité jusqu'au début du XXe siècle. Montjeu ne passa en effet en des mains roturières qu'à partir de 1938. Il est maintenant la propriété de M. Jimmy Goldsmitt.

Bibliographie

abbé Doret et A. de Monard, Montjeu et ses seigneurs, MSE, IX, 1880, p.1 et s. ;  MSE, XXI, 1893, p. 195 et s.
Ch.Boëll : Montjeu et ses seigneurs (suite), MSE, XL, 1912, p. 227 et s.
MSE, XLVII, 1933, 2ème fascicule , p. 217, et s. et 3ème fascicule 1934
MSE, XLVIII, 3ème fascicule, 1938, p. 287 et s et 4ème fascicule, 1939
Histoire et monuments, Canton de Mesvres, p.71 et s.
BSE, Sites et monuments - dessins de Stella 1611, n° 121 - 122

dessins de Lallemand n°123-124

Cadastre

Cadastre 1842

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© Roland Niaux, 2008