Éléments essentiels de l'activité industrielle à l'époque, le tandem composé de la chaudière - la centrale thermique -, et de la machine à vapeur - la locomotive -, permet de produire toute la force motrice de la filature, voir au chapitre : Chaudières
En brûlant du charbon dans la chaudière, on surchauffe de l'eau qui se transforme alors en vapeur sous pression. Celle-ci, par l'intermédiaire d'un jeu de pistons et de bielles, fait tourner des poulies, qui transmettent par courroies le mouvement à toutes les machines de l'usine.
L'autorisation d'établir une chaudière et une machine à vapeur est accordée par le Préfet du Bas-Rhin le 15 juin 1855.
La demande est en pièce jointe (Archives du Bas-Rhin).
Cette chaudière à vapeur de première catégorie était montée sur 6 bouilleurs horizontaux cylindriques et munie de deux réchauffeurs (voir 2 pièces jointes des Archives du Bas-Rhin).
L'ensemble avait une capacité totale de 4.30 m3 de volume d'eau. Elle était timbrée à 5½ Atmosphères avec une surface de chauffe de 24 m2.
La cheminée attenante culminait à une hauteur de 25 mètres.
Ci-dessous, un extrait du plan de situation joint à la demande d'autorisation montrant la première chaudière, la machine à vapeur et l'emplacement de la cheminée (Archives du Bas-Rhin).
La deuxième partie du plan est en pièce jointe (Archives du Bas-Rhin).
La machine à vapeur
Du type "à système horizontal, haute pression et détente variable", elle était composée de deux machines de 12 CV accouplées, soit une force totale de 24 CV. (Elle figure sur le plan ci-dessus).
Pour en savoir plus à propos des machines à vapeur anciennes, cliquez ici (tiré d'un ouvrage du Conservatoire Numérique des Arts et Métiers).
Visionnez aussi cette vidéo YouTube d'une machine à vapeur : Sulzer Steam Engine Schlieren/Zurich, Switzerland
Les chaudières de 1857
Le 8 mai 1857, la société Nifenecker est autorisée par le Préfet à remplacer la chaudière existante par deux modèles de plus grande capacité (2×13m3), la seconde devant servir de rechange. (Plan en pièce jointe des Archives du Bas-Rhin)
Mr Eberhardt Lantz de Bavière m'a transmis une photo d'une chaudière de type et de dimensions comparables mise en service vers les années 1900 dans une fabrique de jouets en bois de Nuremberg en Allemagne.
Le 1er aout 1857, une demande d'autorisation d'établir une usine à gaz pour l'éclairage des ateliers de l'usine est adressée à la Préfecture.
(Demande et plans en pièce jointe des Archives du Bas-Rhin)
Pour la force motrice, il y avait la vapeur, mais pour l'éclairage, il n'existait pas encore de dynamos pour produire du courant électrique.
Avec un temps de travail de 12 heures par jour, il fallait cependant éclairer les salles de production, surtout les mois d'hiver.
Au tout début, il y a eu les lampes à huile traditionnelles, bientôt remplacées par des becs de gaz alimentés par ce premier four permettant de fabriquer 40 m3 de gaz en 24 heures et de le stocker dans un gazomètre.
Le gaz était produit par la distillation du mélange de chaux et de suintine qui est un résidu gras récupéré lors du lavage de la laine brute.
Après son épuration, il était stocké dans un gazomètre, qui se présentait sous la forme d'une grande cuve coiffée d'une cloche flottante assurant l’étanchéité (voir ci-dessous).
L'usine à gaz avec sa cheminée de 18 mètres était située au coin nord-est de l'enclos de l'usine.→ 01-1855 Nifenecker
La qualité de ce gaz était médiocre, les ouvriers se plaignaient du fait qu'il éclairait mal et noircissait tout ce qui se trouvait à proximité des becs.
A partir de 1878, un nouveau bâtiment a été construit du coté sud-est dans l'enclos de l'usine. En 1879, il comportait 4 foyers et autant de cornues de distillation.
La charpente était métallique pour des raisons de résistance à la chaleur.
Les deux gazomètres étaient situés au nord du bâtiment, voir le plan du cadastre de 1890 → 13-1885 Bâtiments B
La cheminée attenante d'une hauteur de 35 mètres a été édifiée par l'entreprise de fumisterie Mulhousienne Agrippino-Helm en 1878, et payée 40 Marks le mètre.
Les consommations bien différenciées de "houille pour le gaz" s'élevaient à 30 tonnes par an en moyenne entre 1870 et 1873, puis 60 tonnes dans les années 1876 et 1877.
Avec l'arrivée de l'éclairage électrique à la Filature à partir de 1885, au moyen d’une dynamo entrainée par la machine à vapeur, bien avant la ville d'Erstein, soi-dit en passant, l'activité des fours à gaz d'éclairage a progressivement ralenti à partir de 1886 pour s’arrêter en 1888.
Le bâtiment sera reconverti en local de stockage de pièces de rechange et de remise de l'échafaudage des maçons.
Il a aussi servi d'abri aux canoës des Schlumpf et à la voiture Mercedes de Fritz Schlumpf jusque dans les années 1981 quand celle-ci a été vendue au garage Borocco de Sélestat.
Schéma de principe d'un gazomètre à colonnes
Voir ici : Gazomètre et là : Dessin gazomètre
Extrait de la page de Wikipédia : Modèle typique de la révolution industrielle facilement reconnaissable à sa charpente de guidage extérieure caractéristique, et dans laquelle coulisse la cloche du gazomètre. Le gaz est conservé sous la cloche, dont la hauteur varie en fonction de la quantité de gaz emmagasinée, en flottant sur un réservoir d'eau (cuve) situé au dessous et permettant d'assurer l'étanchéité à la base, tout en accueillant les parois de cette cloche lorsqu'elle est en position baissée.
Le bâtiment du four à gaz d’éclairage en 1999
Le bâtiment existe encore, à l'est du n° 6 de la rue de la Caserne. (Photo Pierre Drach)
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Pièces jointes