Date de publication : Sep 08, 2010 8:18:26 AM
Homme du sérail, le Néerlandais Frans van Houten a été préféré au Français Pierre-Jean Sivignon, actuellement directeur financier du groupe, pour devenir le prochain patron de Philips. Agé de cinquante ans, Frans van Houten prendra ses fonctions de président du groupe néerlandais le 1 er avril 2011, mais il rejoindra Philips dès l'automne pour « assurer une succession en douceur », comme l'a indiqué un communiqué du groupe.
Entré à vingt-six ans dans le groupe néerlandais, Frans van Houten a occupé plusieurs fonctions de direction à la tête de la division électronique puis de la division semi-conducteurs, avant d'entrer au conseil d'administration de Philips en 2006. Ce dirigeant a gagné ses galons en étant l'artisan de plusieurs grands chantiers. C'est lui qui a été chargé de la scission du pôle de semi-conducteurs de Philips, transféré ensuite à la société NXP, dont il a pris la présidence pendant deux ans. En 2009, le bancassureur ING a aussi fait appel à lui pour engager l'opération de scission des activités d'assurances ordonnée par Bruxelles.
Par rapport à son rival Pierre-Jean Sivignon, Frans van Houten est décrit comme un dirigeant attaché aux résultats sur le terrain. Il devra faire la preuve de ses talents pour ramener Philips sur le chemin de la croissance alors que les trois secteurs d'activité du groupe ont montré des signes de faiblesse l'année dernière. Les ventes de produits électroniques et d'électroménager ont chuté de 17 %, à 8,5 milliards d'euros. Le pôle éclairage a vu ses revenus fondre de 13 %, à 6,5 milliards d'euros, et les activités liées au secteur de la santé, dans lequel Philips se classe parmi les trois premiers fabricants mondiaux d'équipements hospitaliers, ont enregistré un repli de 3 %, à 7,8 milliards d'euros.
Toutefois, grâce à son prédécesseur, Frans van Houten prend les rênes de Philips avec un avantage. Durant ses dix ans à la tête de Philips, Gerard Kleisterlee n'a en effet cessé d'oeuvrer à transformer Philips « d'un plat de spaghettis en un plat d'asperges », comme il se plaisait à le dire. Une mutation qui s'est traduite par le regroupement des activités en trois divisions au lieu des cinq initiales. Il a aussi signé le retrait de Philips de la téléphonie mobile et des semi-conducteurs. Mais, surtout, il a été l'artisan du détournement de Philips de l'électronique grand public, son coeur de métier traditionnel fragilisé par la crise. Délaissant ce secteur en abandonnant des pans entiers d'activités comme la fabrication des magnétoscopes, Gerard Kleisterlee a préféré mener de retentissantes acquisitions dans l'éclairage et le secteur médical. Une tâche qu'il compte d'ailleurs continuer à mener dans les prochains mois. « Nous allons faire des acquisitions dans tous les secteurs et dans toutes les régions », avait annoncé Gerard Kleisterlee lors de la présentation des résultats 2009. Frans van Houten étant le volontaire désigné pour réussir les intégrations qui s'ensuivront.
09/07/2010 Les Echos, Didier Burg