En 2013 la batterie est encore l'élément le plus onéreux du vélo électrique. Pour une question de coût initial, le cycliste électrique risque d'investir dans une batterie à la capacité limitée pour se débattre ensuite avec l'autonomie. Il faut pédaler, anticiper, freiner le moins possible et ne pas trop solliciter la batterie pour être certain d'arriver au bout du trajet. La plupart du temps il n'y a pas de watt-meter installé et le pilote est aveugle sur les informations qui permettraient de gérer l'énergie embarquée. Quoiqu'il en soit, l'objectif est de définir un investissement pérenne plutôt qu'une dépense pour un système trop limité : dans les lignes suivantes on pourra trouver quelques pistes de réflexions tout en sachant qu'il s'agit de généralités.
Aujourd'hui la production - extraction et raffinage - de terres rares est à 90% chinoise (en savoir plus sur wikipédia). Cette activité est particulièrement nocive pour l'environnement et pour l'instant la Chine semble s'en accommoder : un marché avec 20% de croissance annuelle et de 120 milliards de dollar, ça ne se refuse pas. Avec ces terres rares des entreprises chinoises ou des joint-ventures (Sanyo, Panasonic, etc...) produisent des cellules permettant d'alimenter les smartphone, les ordinateurs portables, les fauteuils roulants, les autos et les motos électriques, sans oublier les vélos à assistance électrique (VAE). Le marché est si important d'un point de vue stratégique que c'est devenu un élément de la politique étrangère chinoise : le Japon a déjà été menacé d'embargo !
Une batterie est composée de cellules. En additionnant les cellules en série et parallèle, on obtient la tension désirée. On reviendra plus tard sur la chimie, sachez seulement que :
Ci dessous un schéma représentant une batterie composée de 13 cellules de 3.7V de tension nominale. En supposant que la capacité de chaque cellule soit de 10Ah, pour obtenir une batterie de 48V et 20Ah il faut 13*2 soit 26 cellules (ainsi qu'un BMS, voir plus bas) :
Le montage en série des cellules est identifié par la lettre S. Sur la batterie de 10Ah composée de 13 cellules, on dit que c'est une 13S1P, le "1P" indique 1 parallèle. Dans le cas de notre batterie de 20Ah avec deux groupes de 13 cellules, on parle de 13S2P : deux fois treize cellules.
Les cellules composant la batterie sont très fragiles : il faut absolument respecter certaines règles : ne pas dépasser la tension max de 4.2V, ne pas descendre en dessous de la tension min. Pour ce faire une carte électronique gère :
Les cellules et le BMS déterminent la capacité de sortie : une batterie délivrant 20Ah et de capacité 20Ah délivre 1C. Si la batterie est capable de sortir 40Ah, alors elle est de capacité 2C : les appels de courant sont plus fort, mais la durée pendant laquelle le courant est fourni est divisér par deux ! Le BMS est dimensionné pour la capacité de sortie. Au sujet de la capacité, il est important de comprendre l'adéquation entre la puissance demandée (par le contrôleur) et la capacité de la batterie. Si votre contrôleur est donné pour 28Ah et que votre batterie de 15Ah ne peut sortir que 20Ah alors votre configuration n'est pas correcte. Le BMS associé aux cellules défini le taux de décharge. Par exemple :
Une batterie est composée de plusieurs cellules identiques. Les batteries plomb ne sont plus utilisées pour les vélos (sauf produit d'appel à déconseiller formellement) et aujourd’hui trois technologies sont présentes, mais pas toujours aisées à identifier : l’Europe et la Chine ne retiennent pas la même terminologie !
Attention : les deux première technologies ont des cellules de 4.2V max et la troisième de 3.65V : en conséquence, ne jamais utiliser une chargeur destiné à une technologie pour une autre technologie. Par exemple, en 48V le Li-PO se charge à 54.6V et le LiFePO4 à 58.6V !
Une information très importante est le nombre de cycles. C'est à dire le nombre de fois que l'on va pouvoir recharger sa batterie. En général les chiffres fournis sont optimistes, et les protocoles de mesures sont variables (ne serait-ce que par rapport à une utilisation dans la vie réelle).
En effet, souvent le nombre de cycle correspond à une décharge à 1C*, sur une décharge à 50% ou 80%, à une température de 20 ou 25°C ! La réalité est bien différente, les 25° sont bien présents en été, mais pour le reste du temps... Attention, le nombre de cycles est déterminé fortement par la chimie, comme on pourra le lire ci-dessous.
*C permet d'estimer le temps de charge et de décharge. Lorsque l'on vide une batterie en une heure, alors on la vide en 1C. Si on utilise une batterie de 10Ah et que l'on consomme en continu 20A (peut importe la durée), alors on est en train de la vider en 2C. Cela fonctionne aussi pour la charge. Une batterie de 10Ah que l'on charge avec un chargeur de 5Ah est chargée à 0.5C. Vous trouverez des explications complémentaires sur C ici.
Exemple pratique : étude des spécifications pour une Zippy de chez Hobby King :
Sur le tableau ci-dessus ont voit que la batterie peut être déchargée à 30C. Comme elle fait 5.8Ah, cela fait 174A ! Et pour la charge à 2C, on peut donc envoyer 5.8 * 2 = 11.6A.
Impact du nombre de C en décharge dans le calcul de la durée de vie : dans le schéma ci-dessous (source Battery University) on voit que plus on tire d'intensité sur la cellule Li-Ion mesurée et plus le nombre de cycles est réduit :
Pardon cher lecteur, mais l'article que vous êtes en train de lire comprend de nombreuses généralités et autant de raccourcis, le sujet est inépuisable et il faut parvenir à synthétiser les idées principales en quelques lignes.
Pour donner un exemple de "vérités" mise à mal, voici des informations saisissantes fournies par A123 :
Ci-dessous le graphique qui synthétise le test :
* Le tarif indicatif est pour une batterie acheté en Chine, sans transport ni taxe d'importation. Pour un prix rendu à votre porte, utilisez un coefficient 1.5 ! ** Le % de poids est assez variable, de 7 à 8kg pour une 20Ah, mais selon les batteries on peut arriver à 10 ou 11kg pour une 48V 20Ah pour du LiFePO4 *** Une batterie dont la tension est plus élevée permettra de rouler plus vite. Empiriquement 48V = 48km/h, mais cela dépend du bobinage du moteur ! Quelques commentaires :
Vu que la batterie est chère, on a tendance à calculer au plus juste. C'est une erreur, parce que :
Cela signifie que si vous pensez qu'une batterie de 10Ah suffit pour votre trajet, il est conseillé de prendre une batterie de 15Ah. Comme vu plus haut, adaptez votre contrôleur et votre batterie : un contrôleur 20A s'accordera parfaitement avec une batterie qui délivre 20A et plus en continu. Pour des chiffres en utilisation réelle, consultez le paragraphe "En Pratique" ci-dessous.
Les points ci-dessous sont des conseils permettant de bien gérer la batterie :
Ci-dessous les kilomètres mensuels sur une année (mesure GPS, enregistrement dans RunKeeper) :
Sur le trajet :
Ci dessous un relevé des temps au kilomètre (mesurés par GPS) :
Quelques remarques :
Quelques chiffres de parcours réels (moteur RH205 9x7, batterie 48V 20Ah, contrôleur 24A) :
A priori les batteries de modélismes peuvent représenter une alternative séduisante : le coût est limité et on peut penser effectuer la maintenance soi-même en jouant avec les packs. Par exemple on peut assembler deux LiPo de 24V 8Ah pour se faire un pack 48V à faible coût. En réalité, le seul avantage est celui du coût a priori, mais la réalité ressemble à un miroir aux alouettes :
En conclusion assembler ses propres batteries est possible, mais en terme de coût ce n'est pas nécessairement gagnant. D'autre part, il faudra prévoir du temps, de la patience et des essais avant de parvenir à une solution pérenne. Sans compter que toute la filasse et les boites (chargeur, alimentation, plaquette pour charge en //, batteries) ne passent pas inaperçues : il est très difficile de charger discrètement au bureau.