La locution de France et d’Italie, “ le temps où Berthe filait ”, illustre bien ses fonctions de filandière et tissandière, ainsi que les contes thuringiens publiés par Jacob et Wilhelm Grimm.
BERTRADE, ou BERTHE au grand pied
Berte aus grans piés. - Un des romans des Douze Pairs (cycle carolingien). La Berthe de ce roman est la même que la reine Pétauque (aux pieds d'oie), dont la statue se voit encore au portail des cathédrales du Mans et de Nevers, et de Saint-Bénigne de Dijon. C'est la Berthe du vieux bon temps, du temps que Berthe filait. Le peuple de Toulouse jure encore par la quenouille de la reine Pétauque; et les Italiens disent en proverbe : non e piu il tempo che Berta filava. Berthe était fille de Caribert, comte de Laon, et femme de Pépin le Bref; elle mourut en 783, et fut enterrée à St-Denis, où son tombeau portait cette simple inscription : Berta mater Caroli Magni.
Dans son roman La Rôtisserie de la reine Pédauque, Anatole France résume assez bien la diversité des aspects de ce personnage : [Les savants] ont reconnu Ma Mère l'Oie dans cette reine Pédauque que les maîtres imagiers représentèrent sur le portail de Sainte-Marie de Nesles dans le diocèse de Troyes, sur le portail de Sainte-Bénigne de Dijon, sur le portail de Saint-Pourçain en Auvergne et de Saint-Pierre de Nevers. Ils ont identifié Ma Mère l'Oie à la reine Bertrade, femme et commère du roi Robert ; à la reine Berthe au grand pied, mère de Charlemagne ; à la reine de Saba, qui, étant idolâtre, avait le pied fourchu ; à Freya au pied de cygne, la plus belle des déesses scandinaves ; à sainte Lucie, dont le nom était lumière. Mais c'est chercher bien loin et s'amuser à se perdre.
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Si l’oralité m’était contée...
Jean-Marie Privat, CELTED (Université de Metz)
article paru dans les Cahiers de la littérature Orale n° 56, "l’Oralité et littérature - Echos, écarts, résurgences" p. 23-52