Nécessité de moyen:
Car mon peuple a commis deux maux:
Ils m'ont abandonné, moi qui suis la source d'eau vive,
Et ils se sont creusé des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l'eau. Jérémie 2:13
Le pécheur de même, en offansant Dieu commet un double forfait. Il m'a abandonné. Mouvement de diversion. Il creuse des cisternes trouées. Mouvement de conversion par rapport à Dieu vers les créatures. De même, la réparation appelle deux mouvements. Diversion du côté de la créature et conversion vers Dieu. Le péché entraîne donc deux désordres. Il pousse la volonté à se révolter contre Dieu, à secouer sa loi, à se mettre à la place de la volonté divine qu'il refuse d'accepter. Pour réparer ce désordre, il faudra faire le contraire. Le premier orgueil de la volonté doit être réparé par l'humiliation, la soumission à Dieu et la recherche exclusive de sa volonté adorable et de son bon plaisir, même dans la souffrance. La jouissance coupable n'est réparée que par la souffrance du cœur, de l'esprit, du corps, volontairement ou même involontairement acceptée.
Nécessité de précepte. Cet appel est bien fréquent dans l'Ancien Testament. Lèvez-vous, purifiez-vous, ôtez devant mes yeux la malignité de vos pensées. Convertissez-vous à moi de tout votre cœur, déchirez vos cœurs et vos, vêtements. Les exemples des pénitents sont nombre, David, les Ninivites, Adam, de ceux qui firent pénitence, Judith, Esther.
Faites pénitence, le royaume de Dieu est proche, dit Jean-Baptiste à l'aube du Nouveau testament. Faites pénitence, sinon vous périssez tous, dit Jésus. Faites pénitence, convertissez-vous, dit Saint-Pierre aux juifs et aux païens qui l'écoutent, le jour de la Pentecôte. Les exemples sont plus saillants encore. Notre Seigneur Jésus-Christ, qui a accepté en lui les prophéties du Serviteur souffrant, d'Isaie. Saint Paul qui réduit son corps en servitude et, depuis l'Église, ne cesse de prêcher la pénitence.
Au point de vue ascétique.
Considerons notre Seigneur qui a souffert dès sa naissance jusqu'à sa mort sur le Golgotha. Il a souffert de la part de tous. De toute manière, dans tout lui-même, à cause de tous. Mon titre de chrétien. Un chrétien est un autre Christ. Puisque le Christ a souffert, il fait que le chrétien souffre aussi. On est chrétien dans la mesure où l'on est conforme au Sauveur. Et c'est l'amour de souffrance et de mortification qui nous rend semblables à lui. (Méditation 176) Dans la religion, tout est occasion de pénitence. Dogme, Culte, pénitence de l'homme tout entier, concupiance coupable, orgueilleux. Et c'est là pour tous les chrétiens et pour nos religieux. Le religieux est l'homme sacrifié. Celui qui entre dans une religion doit se préparer à mourir à l'autel. Souffrir ou mourir. Pas mourir, mais souffrir. (Sainte Marie-Madeleine Postel) et Saint Jean de la Croix disaient nul autre se compare que de souffrir et d'être méprisé par vous, Seigneur.
Notre état de comptes avec Dieu. Le passé que de dettes contractés à l'égard de Dieu. Que de fautes commises. J'ai découvert ma vie. Et le voile qui le courait. Et j'ai dit, pénitence. « J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent. » (Ecclésiaste 1:19) «J'ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m'a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent. » (Ecclésiaste 2:17)
Supposez même que vous, que nous ne sommes pas des grands pécheurs. Que serions-nous sans le Rédempteur ? Nul dit s'il est digne d'amourou de haine, nous dit Saint Paul. Il faut d'ailleurs compléter dans notre chair ce qui manque à la Passion du Christ. Pour nous glorifier avec Jésus Christ qu'autant que nous mourrons avec lui. C'est pourquoi la réparation avec notre Seigneur est toujours nécessaire. En plus, par le sacrement de la pénitence, la peine éternelle nous est remise, mais pas toute la peine temporelle. Or, le pécheur, par la souffrance, se purifie de cette terre où le bon Dieu est obligé de le châtier lui-même.
Puisque les deux causes qui nous portent au péché sont l'orgueil et la sensualité. Les seuls remèdes seront l'humilité et la soumission du corps à l'esprit.
Car, comme tout vice affaiblit la volonté, tout acte de vertu la fortifie, et personne ne sera couronné si il n'a vaillamment combattu. Il faut que notre pénitence soit intérieure et extérieure.
Pénitence, austérité, macération, mortification, ces différents mots expriment dans le langage courant la même chose.
Austérité, dessechant, motif, l'acte de foi.
Macération, maigre, mourir à soi-même, effréner les jouissances du cœur et du corps.
Pénitence négative, quand c'est la privation des jouissances positives quand elle inflige des douleurs dans l'âme et dans le corps.
Nous, les Frères des Écoles Chrétiennes, devons nous faire pénitence?
"Il n'y aura pas de pénitence extérieure de Règle dans cet institut." R.C. 5,1)
Saint-Jean-Baptiste de La Salle n'a pas prescrit toute mortification? Sùrment, non, il a simplement voulu ni les prescriver, ni les prescriver. Ce qu'il veut, c'est que ses frères vivent selon l'obéissance.
Il est absolument certain qu'il n'a pas voulu les défendre. Car s'il aurait agi de la sorte, il se serait mis en opposition avec Dieu.
A l'âme, la pitancee la charge, le bâton (Proverbes 13:24 ):"Celui qui épargne la verge [le bâton/la baguette] hait son fils, mais celui qui l'aime cherche à le corriger."
A l'âme, il saurai bien que faire pur que tu ne regimbes plus je te tiendrai par la faime (Provrbes)
"A l'âme..." : Le livre des Proverbes traite de la sagesse et de la moralité pour l'âme et la conduite de l'homme.
Je te tiendrai par la faim: Proverbes 16:26, la faim comme moteur de l'action ou de la discipline du travailleur. "la faim l'oblige à agir".
Pour que tu ne regimbes plus: Le verbe regimber signifie "résister, se cabrer", ce qui est un thème central de la discipline et de la correction (comme dans Proverbes 13:24, : "Celui qui l'aime cherche à le corriger").
(Proverbes\ 29:21:
"Le serviteur qu'on traite mollement dès l'enfance Finit par se croire un fils."
"Celui qui est trop indulgent avec un serviteur dès son jeune âge finira par le rendre indocile."
"Celui qui nourrit délicatement son serviteur dès l'enfance, le verra ensuite se révolter contre lui."
Cantique des Cantiques 4:10 l'époux loue l'amour de son épouse.
« Que de charmes dans ton amour, ma sœur, ma fiancée ! Comme ton amour vaut mieux que le vin, et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates ! »
Le verset complet évoque donc que ce qui plaît au cœur de l'époux (son amour et ses parfums) est supérieur au plaisir du vin et à l'odeur de tous les autres aromates.
De plus, d'autres versets décrivent les composants du "jardin" de l'épouse, qui représente ses charmes, mentionnant plusieurs parfums précieux :
Cantique des Cantiques 4:13-14 mentionne spécifiquement : le nard, le safran, le roseau aromatique (ou canne), le cinnamome, la myrrhe, et l'aloès, ainsi que le troène et l'encens.
La mémoire de Josias est comme un suave parfum, parce qu'il est désigné pour faire entrer son peuple dans la pénitence dit l'Ecclésiastique chapitre 49, verset 1 (et suivants)
« Le souvenir de Josias est comme un mélange de parfums, préparé par l’art du parfumeur. »
Races de vipères, faites donc des dignes fruits de pénitence. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Je combats mon corps et le réduis en servitude du Saint-Paul. Je porte en moi le stigme du Christ avec lui-même. Deux sentiments dominants en Jean-Baptiste de Lassalle, l'amour de Dieu et la haine de lui-même. Nul sans qui sa peine particulière que j'ai passée dans mon martyre. (Blain)
« Engeance de vipères, qui vous a montré comment fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion. »
« Déjà même la cognée est à la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. »
Ce sont les paroles de Jean-Baptiste appelant à la conversion.
Galates 6, 17
« Désormais, que personne ne me suscite plus d’ennuis : je porte en mon corps les stigmates de Jésus. »
Deux sentiments dominants en Jean-Baptiste de La Salle, l'amour de Dieu et la haine de lui-même. le Saint Fondateur n'a pas voulu les proscrire les péninces mais non plus les prescrire comme autres Saints Fondateurs que l'ont fait. Bien qu'au début de son œuvre La Salle les avait établis, il préféra changer de tactique à cause des fatigues de ses Frères.
Il s'est proposé d'homenager les forces de ses frères et de les former. La vie du frère est en elle-même assez fatigante, et certains n'auraient pas pu supporter des mortifications supplémentaires. Or, l'irrégularité s'introduit facilement lorsque l'on commence avec les dispenses. Pour éviter cet écueil, il préfère ne pas le prescrire. Cependant, il dit clairement, il n'est pas possible de dompter les patients et la chair si l'on n'exploit la prière et la mortification. Ce sont de ces moyens que tous les saints se sont servis pour cet effet. Faites la guerre à votre corps. Mortifiez votre chair et vous demeurerez victorieux dans le combat de l'esprit. Ceci l'écrit dans le livre Esprit et Vertu.
Pour nous, le jeûne. La pratique du jeûne était comme dès l'Ancien Testament. David, Esther, Judith, Daniel, les Némivites et dans le Nouveau Testament, Jean-Baptiste, Anne, Notre Seigneur au désert. Il leur recommande qu'en temps de jeûne, il faut se parfumer la tête. Ces démons ne se chassent que par le jeûne et la prière. Les apôtres jeûnent dans les Actes 14 et 27. Dans l'Église, le jeûne se pratique dans tous les siècles. Certains saints se privent entièrement de la nourriture. D'autres ne prennent que du pain et de l'eau. Tous les fondateurs demandent du jeûne. En général, c'est le vendredi qu'on choisit. Le saint fondateur pratique le jeûne et de quelle façon. Ensuite, les Supérieurs de l'Institut tiennent à ce que le jeûne s'observe.
Les prescriptions de la Règle Commune, chapitre 5, versicule 2, date de 1740. En 1725, le Chapitre Général prescrit les jeûnes du 7 décembre et de certaines veilles des principales fêtes. En 1861, le Chapitre Général considère les grandes fatigues des Frères, et décrète qu'on peut profiter des dispensations accordées aux fidèles. En 1901, le Chapitre Général ajoute encore quelques fêtes à la veille desquelles il fait jeûne, particulièrement celle du Saint-Fondateur et on peut se dispenser. En plus, il prescrit qu'au jour de jeûne où il est permis de prendre de la viande, on ne la servira pas le soir. Aujourd'hui, il faut s'en tenir aux usages des diocèses avec la prescription du régime. En 1890, le jeûne consiste d'une nourriture de pain trempé dans le vin, pas de goûter. En 1850, il est dit qu'on donnera un peu de tisane au retour des classes. En 1873, on pourra servir pendant les grandes chaleurs un peu de boisson chaude et dans le cas où l'on retiendrait les classes. L'essence supplémentaire, les frères qui en auraient besoin pourraient prendre un petit goûter vers les 5 heures. Cependant, les abus s'interdisent et le Très Honoré Frère Irlide répond avec force.