Et puis collé à l’établissement industriel où les locataires y étaient employés, un ensemble d’une traite sur toute une longueur, curieusement érigé sur deux niveaux dont seul le supérieur servait de logement. Un escalier droit conduisait aux entrés des deux logements et séparait les jardinets. L’arrière était la copie conforme de la face donnant sur la rue de la Demi-Lune. Un deux pièces en enfilade surmontant une cave ou remise, apprécié tout de même par les locataires un peu à l’étroit. C’était mieux qu’un logement insalubre dans les vieilles maisons n’ont détruites par les conflits mondiaux où le confort était plus qu’aléatoire".
Les vieux laminoirs à chaud où les hommes luttaient à bout de pince avec la tôle rougie ne permettaient plus d’affronter la concurrence sur le marché ou pourtant la demande est énorme, il fallait donc s’adapter ou disparaître. Renaissance de leur usine métallurgique sous le double signe de l’électricité et de l’automatisme… Deux grands halls où s’alignent les installations nouvelles, l’un des deux hangars coiffe en surplomb à son extrémité la darse où les péniches amènent les énormes bobines de tôles d’acier de 2 m/m, les « coïls » que fournit la Galva la grande pourvoyeuse de laminés à froid de Lorraine. Les « coïls » s’accumulent dans le hangar. Un à un le pont roulant les amène au début de la chaîne composée de trois longs trains continus séparés. Le premier destiné au décapage avale la tôle qui se déroule dans ses flancs où elle est mitraillée par le grenaille d’acier, le second élément est un laminoir à froid qui ramène la tôle de 2 m/m à 23/100, les bobines sont amenées ensuite au train de galvanisation qui fonctionne sans interruption. Un bac intermédiaire d’accumulation où le ruban de tôle mince s’amasse en accordéon permet d’immobiliser l’extrémité de chaque bande pour la souder à la bande suivante arrivant en bobine. Le ruban de tôle sans fin parcourt un long circuit entraîné de rouleaux et disparaît dans les flancs de la machine pour de mystérieuses opérations. La tôle chauffée dans un four électrique passe successivement dans une atmosphère oxydante puis réductrice et se recouvre ainsi d’une couche de fer pur qui permet au zinc en fusion de s’accrocher à la tôle. Du bain de zinc, le ruban remonte brillant comme un miroir et se promène de rouleau en rouleau pour abaisser progressivement la température. Alors le zinc ne tarde pas à se cristalliser et la tôle prend un aspect givré si particulier. Le ruban éclatant passe sous la planeuse. Puis la coupeuse tronçonne le ruban d’un va et vient rapide au passage. L’un après l’autre, les feuilles s’engagent sous l’onduleuse et les tôles s’accumulent en pile à la sortie.
Les ateliers sont d’une netteté surprenante et si le bruit est assourdissant dans le hall qui abrite la décapeuse et le laminoir, une installation spéciale va l’atténuer par la suite.
La chaîne travaille 24X24.