Archives 4 mars 2026
Archives 4 mars 2026
Textes 4 mars
Le mot carême vient du latin quadragesima qui signifie quarantième. Le Carême est le quarantième jour avant Pâques. Il commence le mercredi des Cendres pour se terminer le Samedi saint. Une période de six semaines de six jours - le dimanche n’y compte pas, car le dimanche n’est pas un jour de pénitence - donc six semaines de six jours, cela fait 36 jours. Les quatre autres jours sont le mercredi des cendres jusqu’au samedi des cendres. Ces 40 jours rappellent les quarante jours que Jésus a passés dans le désert avant de commencer sa mission, avant d’entrer dans sa vie publique. Ils correspondent aussi au nombre d’années de migration du peuple Hébreux dans le désert avant d’atteindre la Terre promise. Ce temps évoque aussi les quarante jours du déluge qui a nettoyé, purifié, la terre. Il rappelle également les quarante jours et quarante nuits de marche du prophète Élie jusqu’à la montagne de l’Horeb où il a rencontré Dieu. Le Carême est donc un temps de préparation, de purification, de conversion en vue d’une mission, d’une expérience ineffable, d’un surplus de vie. C’est une marche vers le bonheur, une montée vers Pâques.
Il est un moment privilégié, un moment favorable pour s’ouvrir à Dieu et accueillir sa grâce. La 2e Lettre de saint Paul aux Corinthiens que nous lisons dès le premier jour du Carême, le mercredi des cendres, nous le dit clairement.
Le voici maintenant le moment favorable…
Nous vous exhortons à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu...
Au nom du Christ, nous vous le demandons :
Laissez-vous réconcilier avec Dieu...(2 Co 5, 20-6, 2)
Pour bien vivre ce temps fort de la vie chrétienne, l’Église nous imposait autrefois le jeûne et d’autres exigences difficiles à observer. Depuis le concile Vatican II, la discipline s’est adoucie, au point que nous risquons d’oublier ce rendez-vous de Dieu, de laisser passer ce temps de grâces. Pour bénéficier des grâces du Carême, il est important de se poser cette question : Que puis-je faire pour améliorer ma relation avec Dieu et avec mon prochain ? Que puis-je faire pour m’approcher de Dieu qui m’attend impatiemment pour me serrer sur son cœur ? Que puis-je faire pour être bien avec moi-même, m’accepter tel que je suis, puisque Dieu m’aime tel que je suis. Autrement dit, que puis-je faire pour m’aimer afin de plaire à Dieu ? Ne pourrais-je pas décider de prendre soin de ma santé en évitant des dépendances qui me détruisent : alcool, drogue, divers besoins de compensation qu’Internet m’offre et qui me tiennent prisonnier, prisonnière ? Oui, je peux prendre la décision de me libérer de ces dépendances qui font mal à ma santé physique, psychique, spirituelle. Et qui font mal également à mon entourage. Je sais que ce ne sera pas facile. Mais je vais essayer avec Jésus qui m’offre son aide, me disant « confiance ! Je suis là, je suis avec toi ».
Cette année 2026 est l’Année Saint François d’Assise, une année jubilaire spéciale qui marque le 800e anniversaire de la mort de François d’Assise. Un saint qui peut nous inspirer pendant ce Carême. Il peut nous aider à vivre un Carême au goût de Dieu. À la suite de Jésus, il peut nous inspirer un modèle de vie qui conduit à la paix, à la joie, à la beauté et à la bonté entre les humains. De nos jours, les nouvelles sont inquiétantes : d’un côté, les droits humains sont piétinés par ceux-là qui se considèrent comme des modèles, les maîtres du monde. Une grande majorité de gens un peu partout dans le monde vivent dans la précarité, pendant qu’une infime minorité se prélasse dans l’or (l’argent ne lui suffit pas, maintenant c’est l’or qu’elle convoite). D’un autre côté, on constate une course folle à la possession, à l’accumulation des biens matériels.
Cette course à la richesse nous rend dépressifs, nous enlève la joie de vivre, même quand nous avons les mains bien remplies, des comptes de banque bien garnis, des placements rentables. Un vide nous habite, un mal-être nous tenaille. D’un autre côté encore, pour être comme les autres, plusieurs d’entre nous s’endettent : ils vivent à crédit, le sommeil s’éloigne de leur vie. Pendant ce Carême et pendant toute l’année 2026, saint François d’Assise peut nous inspirer la simplicité du cœur, cette simplicité de vie qui donne une joie durable que rien ni personne ne pourra nous ravir, car elle vient du ciel, elle vient de Dieu. Le thème du Carême de cette année est « Ayez confiance ! Jésus nous conduit ».
Dans la prière, vous demanderez à l’Esprit Saint de vous éclairer, de vous aider à vivre ce temps précieux et de vous conduire lentement, doucement sur la voie de la sainteté, car le Carême est un chemin de sainteté que Dieu nous trace et que l’Église nous invite à suivre au quotidien.
Adrien Édouard, prêtre
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S’il est recommandé et nécessaire de se laver les mains avant de passer à table ou lors d’épidémie de gastro ou de covid, certains peuvent en faire trop dans le lavage des mains, par TOC ou ritualisme religieux… Attention, une obsession de pureté peut masquer son contraire !
Jésus dénonce à la fois notre rapport au sacré et au péché… et notre duplicité. Parfois nous nous référons à la tradition - quand ça nous arrange – en délaissant le commandement de Dieu : l’amour du prochain.
Car ce sont d’abord nos intentions, nos calculs qui sont impurs, avant nos actions. Rappelons-nous : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. » (Mt 5, 27-28)
Le péché, la faute, l’impur naissent d’abord dans nos pensées, au fond de notre cœur, et sont parfois plus dangereux que le passage à l’acte qu’ils commandent. C’est en amont, au niveau des intentions et du cœur, que Jésus souhaite notre urgente conversion. C’est à la racine de nous-mêmes qu’il veut nous rejoindre pour nous libérer de l’emprise du péché.
« Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » Et mon cœur à moi, où est-il en vérité ?
Frère Philippe Jeannin, d’après Marc 7, 1-13
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Une rumeur et c’est l’effervescence. « Jésus arrive, il paraît qu’il arrive ! » et c’est l’ébullition. On s’organise pour l’impossible. Les gens affluent, tâchent de repérer le meilleur spot, réservent leur emplacement. Les places sont bientôt prises d’assaut, noires de monde. Les malades sont installés aux premiers rangs.
Génésareth n’est guère loin de Capharnaüm, quelques kilomètres tout au plus, mais Jésus n’est pas familier de ce lieu. Son visage y est-il connu ? Les gens du coin l’ont-ils déjà entendu prêcher ? Pas sûr. L’Évangile ne situe à Génésareth aucun autre épisode de la vie publique de Jésus.
Il faut croire que sa réputation l’a précédé.
Une chose frappe : Jésus, dans cet épisode, est passif. Il ne dit rien, ne fait rien, sinon consentir à ce que les malades touchent la frange de son manteau. Et encore ! Ce consentement n’est établi par l’évangile que parce que les gens lui demandent la permission de toucher son vêtement. Jésus maîtrise à peine le cours des événements. Lui, le maître, est comme dépassé par ce qui, à travers lui, se communique.
Il est livré, donné, pour le salut du monde, pour la vie du monde. « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 17)
Frère Lionel Gentric, d’après Marc 7, 53-56
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L'affaire était close. Jésus avait réfléchi : ce n'était ni le moment, ni le lieu, ni à lui de faire un miracle. Pourtant, une Syro-Phénicienne insiste. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Jésus lui laisse le dernier mot. Pourquoi ? La femme fait irruption dans la vie de Jésus, elle le bouscule. Il se laisse déranger, interrompre, perturber. On pourrait penser que, comme à son habitude, il finit par compatir devant cette femme prête à tout pour sauver sa fille. La raison est plus profonde. Il aurait pu développer ses arguments et balayer ceux de la Syro-Phénicienne d'un revers de la main. Jésus connaît la mission qu'il a reçue de son Père, il lui est fidèle. Sa mission se dévoile dans l’attente des autres, et en particulier des plus pauvres. Il attendait que cette femme éplorée intervienne avec foi pour qu’il puisse montrer l’universalité du salut. Dès lors, la situation se retourne : grâce à elle, la bonne nouvelle est annoncée aux païens.
À notre tour d’entendre l’appel secret du monde. Comme Jésus, nous avons à apprendre des pauvres !
Frère Jean-Laurent Valois, d’après Marc 7, 24-30
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Jésus, ayant appris l’arrestation de Jean le Baptiste, se retire en Galilée. Une recherche sur les occurrences du verbe « se retirer » dans l’évangile de Matthieu nous montre l’importance de ce geste. Par exemple, Joseph et Marie, fuyant la persécution d’Hérode, se retirèrent en Égypte (Mt 2, 14). Plus loin, Jésus fuyant un complot des pharisiens, se retira de la synagogue (Mt 12, 15). Une autre fois, il se retira dans la région de Tyr et de Sidon (Mt 15, 21).
Chaque fois, le geste de « se retirer » arrive à un moment-clé de l’histoire de Jésus. Après s’être retiré, sa vie prend une autre tournure.
Aujourd’hui, Jésus inaugure sa prédication. C’est le début de ce qu’on appelle son ministère public. Il proclame la venue du Royaume et il appelle ses premiers disciples. Plus tard, il se retirera de la région de la Galilée pour entrer en terre païenne, dans la région de Tyr et de Sidon. Là, il inaugurera son ministère envers toutes les nations.
L’histoire de Jésus est ponctuée de drames. En apprenant l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus pressent la sienne. Le fait de se retirer suggère qu’il s’en remet à son Père et se laisse conduire par l’Esprit Saint pour s’engager dans une nouvelle étape de l’histoire du salut. Progressivement, ce salut s’accomplit : le Royaume des Cieux s’approche de nous.
Comme celle de Jésus, notre histoire est ponctuée de drames, de moments dans notre existence où nous ressentons le besoin de nous retirer. Mais c’est là que Dieu vient à notre rencontre. Il nous fait découvrir de nouvelles possibilités, un nouveau chemin de vie. C’est le propre de la grâce de faire du neuf dans une histoire qui connaît des obstacles. Avec Dieu, le retrait devient le tremplin d’un nouveau commencement. Au IVe siècle, Saint Grégoire de Nysse disait que nous avançons de commencement en commencement.
Bien plus, chaque nouveau commencement devient une prédication pour nos frères et sœurs. Une conversion ne laisse jamais indifférent. Petit à petit, par chacun de nos commencements, le Royaume des Cieux se répand. Une nouvelle année est toujours l’occasion de résolutions. Il est encore temps d’en prendre ! Puissions-nous, tout au long de cette année, laisser Dieu faire du neuf dans notre vie pour notre bien et celui de toute l’humanité.
Frère Jean-Baptiste Régis, d’après Matthieu 4, 12-23
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Les lois nous rebutent. Nous pouvons les percevoir comme des limites inappropriées. D’après un sondage, 60 % des Français ont transgressé les règles durant les dix premiers jours du deuxième confinement lié au Covid. Certes, une loi humaine est toujours perfectible. Mais elle vise aussi à éclairer les consciences et à guider la volonté pour atteindre un but jugé bon pour l’ensemble d’une société.
La loi donnée par Dieu à Moïse au Sinaï avait aussi cette fonction : que le peuple découvre par sa fidélité à la loi l’intention de Dieu qui a présidé à son alliance. Plus exactement, en recevant la loi, le peuple d’Israël devait faire l’expérience de la réalisation du salut promis par Dieu. La loi donnée par Dieu est une loi de liberté, une loi qui aide la volonté à choisir le bien. Nous savons que nous ne sommes pas tenus d’obéir à une loi qui obligerait à faire le mal. Cela illustre bien le sens d’une loi juste : c’est une loi qui trouve son plein accomplissement dans le bien et dans l’amour, à l’image de l’amour que Dieu a pour son peuple.
L’intention du législateur se découvre dans les lois qu’il établit. Jésus le montre en révélant les principes de l’alliance nouvelle que son Père établit avec l’humanité. En ce sens, il accomplit la loi sans l’abolir.
« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens…, eh bien moi, je vous dis... ». Les disciples pratiquent la loi des anciens. Ils apprennent à connaître le plan de Dieu sur le monde. Maintenant, Jésus leur propose d’aller plus loin en collaborant à l’avènement de la nouvelle alliance. Il veut conduire ses disciples à découvrir la profondeur de l’amour de Dieu pour toute la création. Et cela se passe dans les cœurs.
En effet, Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance. Il a fait de nous ses collaborateurs pour conduire la création à son achèvement. Mais cela ne se fait pas sans règle. Il nous faut apprendre à connaître l’intention du Créateur.
Heureux est l’homme qui se plaît dans la loi du Seigneur, dit le psalmiste (Ps 1). Car il y a un véritable plaisir à s’émerveiller de l’intention du Créateur et à rejoindre la joie qu’il a à conduire toute la création jusqu’à son terme.
Frère Jean-Baptiste Régis, d’après Matthieu 5, 20-22a. 27-28. 33-34a. 37
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La foi se propose, elle ne s'impose pas. Cela va de soi aujourd'hui, et on imagine mal comment il pourrait en être autrement, dans notre culture occidentale où la liberté individuelle est devenue la valeur la plus haute. Mais il n'en fut pas toujours ainsi ! Les baptêmes forcés ont accompagné les conquêtes de bien des souverains de la chrétienté, dont celles du célèbre Charlemagne.
Pourtant Jésus a été clair sur ce sujet : si l'on ne veut pas vous écouter, quittez la maison et la ville en secouant la poussière de vos sandales ! Il est possible d'obliger quelqu'un à changer de religion, mais ce n'est pas le but. Jésus est venu inviter les hommes à croire en lui, à l'accueillir comme le messie annoncé par les prophètes, dans une relation personnelle, libre et heureuse.
Il n'est pas venu pour se faire adorer comme une idole ni pour exercer le pouvoir à la place de l'empereur, mais pour nous parler de Dieu son Père. Il veut nous faire comprendre qui nous sommes vraiment : des fils et filles de Dieu, appelés à faire grandir la part de divin qui se trouve en chacun de nous.
C'est ce qu'il demande à ses disciples : « Guérissez les malades, dites-leur que le Royaume de Dieu s'est approché d'eux. » Le Royaume s'est approché de nous et il s'approche de nous à chaque prière, à chaque eucharistie, à chaque fois que l'Esprit Saint nous fait agir par amour.
Frère Benoît Delhaye, d’après Luc 10, 1-9
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Jésus circule en territoire païen : Tyr, Sidon, la Décapole. La Galilée voisine, « Galilée des nations », comme l’appellent avec dédain les habitants de Jérusalem, n’est guère plus convenable pour un juif pieux ! Pourtant, c’est là que Jésus se rend afin d’accomplir des miracles. Dans ce genre de région, on s’intéresse sans doute moins au prédicateur qu’au thaumaturge. Peu importe ses enseignements, peu importe ce qu’en pensent les autorités religieuses, du moment qu’on peut recevoir une bénédiction, une délivrance ou une guérison.
Mais les miracles de Jésus, comme sa prédication, passent par la Parole. Jésus parle – non pas au sourd directement, mais à son oreille – et il dit : « Effatha, ouvre-toi ! » C’est alors que le signe a lieu. Quand Jésus parle, l’oreille n’est plus un simple objet – elle devient le sujet de l’action. Les oreilles s’ouvrent, la langue se délie. Jésus aurait pu dire à l’oreille : « Je t’ouvre », ou comme un médecin il aurait pu l’ouvrir d’un simple geste, sans dire un mot. Mais il ne se contente pas d’agir ainsi. Jésus entre en dialogue avec l’oreille. Entrer en dialogue, c’est reconnaître l’existence propre de l’autre, c’est refuser la manipulation. L’oreille de cet homme n’est pas un simple instrument : elle appartient à son corps, elle fait partie de lui. Par ce simple dialogue, Jésus « répare » ce qui va mal et commence par rendre à cet homme sourd sa dignité. Si nous le voulons, nous pouvons aussi entrer dans ce dialogue, écouter Jésus et entendre sa Parole qui guérit. Prêtons l’oreille de notre cœur !
Frère Vincent Löning, d’après Marc 7, 31-37
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Une chose est l’action posée, autre chose les dispositions intérieures qui la motivent. Pour eux, le respect de la loi rend pur. Pour Jésus, le respect de la loi ne remplace pas l’amour pour le prochain. C’est l’amour du prochain et la justice qui priment. C’est pourquoi il guérit le jour du sabbat, il ne craint pas de toucher des personnes impures, il fréquente les ivrognes, les pécheurs et les gloutons.
Jésus fait de la miséricorde et de l’amour du prochain la nouvelle norme. Il invite les disciples à faire de même. Les occasions d’aimer ne manquent pas : j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif, j’étais étranger, j’étais nu, j’étais malade, j’étais en prison…. Souvenez-vous de tous ces fous de Dieu qui ont vécu les béatitudes : François d’Assise, Catherine de Sienne…. En eux se retrouve l’amour déraisonnable de Dieu pour le monde !
Aujourd’hui, rejoignons ce cœur de Dieu, soyons de ces mains qui prennent soin des hommes et des femmes qui sont à côté de nous, de nos proches, de nos prochains - quitte à passer un peu pour des fous.
Frère Antoine de la Fayolle, d’après Marc 7, 14-23
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Il y a quelques années, un étudiant me partageait cette anecdote. Lors de l'anniversaire de mariage de ses grands-parents, le jeune homme interrogea son aïeul. « Dis-moi grand-père, après 50 ans de mariage, quel est selon toi, le secret d'une relation réussie ? »
Le vieil homme, surpris par la question de son petit-fils, prit quelques instants pour réfléchir avant de répondre dans un sourire : « Je crois fiston, que dans un couple, le secret de la réussite, c'est que lorsqu’il est abîmé, il faut le réparer. »
Permettez-moi de prolonger la réflexion du vieil homme. Pour chaque usure, il existe une réparation. On répare un pneu percé avec une rustine. On répare un pantalon troué avec une pièce de tissu. On fait réparer une voiture avec un passage chez le garagiste. Une couronne par un rendez-vous chez le dentiste.
À chaque usure, à chaque blessure, sa réparation. Or, quand c’est une relation qui est abimée, seule la charité peut la réparer. Avec Dieu comme avec notre prochain, seul l’amour répare les liens. Seul l’amour peut restaurer une relation abîmée. Seule la charité répare les cœurs. Or, l’amour a besoin de temps. Il a besoin de calme. Il n’attend pas d’exploit, il a besoin de vérité, de simplicité, de bonté, de douceur. L’amour ne veut pas des signes éclatants, il désire le cœur à cœur… et c’est pourquoi l’amour aspire au désert.
Ne craignons pas le désert, ne craignons pas le carême. Dieu nous y attend. Apportons-Lui nos cœurs et laissons son amour les réparer.
Frère Clément Binachon, d’après Osée 3, 16b
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Lors donc que tu fais l'aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense (Matthieu 6:2). Le Carême nous invite à entrer dans un rythme sacré de prière, de jeûne et d'aumône, non pas comme des rituels vides de sens, mais comme des chemins qui remodèlent nos cœurs pour aimer comme le Christ aime. Ces pratiques nous rapprochent de Dieu tout en ouvrant nos yeux aux besoins de nos voisins. La prière aligne notre volonté sur la compassion de Dieu, le jeûne nous détache de nous-mêmes et l'aumône nous pousse à accomplir des actes concrets de miséricorde. Ensemble, ils nous enseignent que la véritable conversion se vit à travers l'amour en action.
À travers les œuvres charitables et la présence compatissante, nous sommes appelés à servir le Christ dans les pauvres avec humilité et respect. Ce service reflète les paroles du prophète Isaïe : « N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, et accueillir chez toi les pauvres sans abri; si tu vois quelqu'un dépourvu de vêtements, de l'habiller, et ne pas te détourner de ton propre frère? (Isaïe 58, 7). Le Carême nous invite également à nous demander comment nous pouvons approfondir ce service. Au-delà de l'aide matérielle, nous sommes appelés à être des auditeurs attentifs, des compagnons patients et des défenseurs de la justice. Aider son prochain peut signifier offrir de son temps, prendre des nouvelles d'une personne seule, pardonner librement ou se tenir aux côtés de ceux dont la voix n'est pas entendue. Ce faisant, nous mettons en pratique le commandement du Christ.
Questions de réflexion
1. Comment la prière, le jeûne et l'aumône vous aident-ils à être plus attentif aux besoins des autres ?
2. De quelle manière concrète pouvez-vous soutenir notre mission chrétienne et devenir un voisin plus aimant pendant ce Carême?
Prions… Seigneur, pendant ce cheminement de Carême, rapproche-nous de Toi par la prière, libère nos cœurs par le jeûne et guide nos mains par un service généreux. Puissions-nous Te reconnaître dans nos voisins et T'aimer par des actes de miséricorde et de compassion. Amen.
Willis Langford, Facilitateur spirituel Conférence St. Mary’s, Brampton, ON
Conseil particulier de Peel North, Conseil central du Grand Toronto
Société Saint-Vincent de Paul
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Le carême est le moment par excellence pour renouer avec la Parole de Dieu. Celle-ci nous invite à retrouver son chemin intérieur et à nous laisser changer par les appels de réconciliation avec Dieu.
Le Seigneur ne revient pas sur notre passé, mais nous ouvre des voies d’avenir remplies d’espérance. Dieu nous demande simplement de nous laisser réconcilier avec lui. Pour nous, c’est l’heure du choix afin de nous approcher de la Parole de Jésus. Le carême nous propose trois moyens de centrer notre regard sur le Christ par le jeûne où j’accepte de couper dans mes habitudes de personne gâtée par la vie; je peux alors partager mes économies avec des organismes de charité comme Développement et Paix; ou encore je me garde du temps de qualité pour approfondir les textes de la liturgie du dimanche dans la prière.
Ainsi, je me laisse toucher par le mystère de l’amour du Sauveur et intensifie ma relation avec mon Dieu.
Réflexion tirée de Vie liturgique
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Ô Jésus, mon Seigneur et mon Sauveur, pendant ce Carême, je veux m’unir à vous, priant et jeûnant au désert, à vous qui avez voulu souffrir et vous humilier pour moi.
Par votre solitude et votre silence,
détachez-moi des créatures et attirez-moi à vous.
Par votre faim et vos privations,
ouvrez-moi à la grâce et dilatez mon désir de vous.
Par vos tentations et vos souffrances,
fortifiez-moi dans vos combats.
Et par votre retour à votre vie publique,
apprenez-moi à vivre en vous et pour vous,
afin que dans le monde et les épreuves,
rempli de vous et de votre vie,
je ne rayonne que vous et votre joie.
Ainsi soit-il.