Archives 21 janvier 2026
Archives 21 janvier 2026
Textes 21 janvier
Soudain, ce qui était caché se dévoile. C'est l'Épiphanie. Matthieu l'annonce au tout début de son évangile. Le Père accomplit sa promesse : trois fois quatorze générations après Abraham, Il s'inscrit dans sa descendance et vient habiter chez nous en la personne de Jésus. Cela se réalise dans le secret de l'histoire de Marie et de Joseph. Et voilà qu'en quelques mots, le décor est planté, le secret est révélé : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? », demandent les mages. La révélation est diversement accueillie. Il y a ceux qui accueillent Jésus comme une joie et une lumière... et ceux qui l'accueillent le cœur sombre.
Marie laisse éclater sa joie, dans le Magnificat, quand elle se rend compte que la naissance de Jésus est la réalisation de la promesse de Dieu. Joseph a peut-être hésité quand il a vu sa fiancée enceinte, mais attentif à l'ange, il se donne avec joie dans son rôle de protecteur de Jésus et de Marie. Les bergers, les plus petits d'entre les petits, premiers témoins de cette naissance se réjouissent grandement. Ils glorifient, ils louent Dieu, et annoncent partout la nouvelle.
En revanche, Hérode ne se réjouit pas. Il est « bouleversé » ; profondément perturbé et angoissé. Il faut dire qu'une seule chose compte pour lui : son pouvoir. Il est, par excellence, le type d'homme qui, à l'époque de Jésus, et tout au long de l'histoire, refuse d'accueillir Dieu dans sa vie. Persuadé que Jésus ne peut être qu'une menace pour son trône.
Quand, pleins de joie et de confiance, les mages se prosternent devant l'enfant Jésus, ils s'abaissent devant lui. A l’inverse, Hérode dit qu'il va se prosterner devant lui alors qu'il n'en a pas la moindre intention.
Alors, je vous le demande : de quel bord sommes-nous ? Vous allez tous me répondre : « du côté des mages », si humbles et si sages et non de celui d’Hérode, orgueilleux et sanguinaire. Hélas, reconnaissons que notre cœur est parfois partagé.
En ce début d'année, laissons-nous simplement guider par les mages. Cherchons comme eux le Seigneur. Creusons le désir que nous avons de le connaître, de nous laisser habiter par lui. Gardons-nous d'avoir un cœur fermé comme celui d'Hérode, uniquement préoccupé de préserver ce qu'il a et ce qu'il sait. Ouvrons-nous à la façon toujours nouvelle et peut-être déconcertante dont le Seigneur se rend présent aujourd'hui dans nos vies et dans notre monde. Nous connaîtrons alors sa joie !
Frère Jean-Laurent Valois, d’après Matthieu 2, 1-12
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Jean le Baptiste invite ses disciples à un baptême de conversion. Ils sont nombreux à venir faire avec lui ce plongeon dans le fleuve. Ils reconnaissent ainsi leur conduite peu conforme à leur désir de conversion, ils savent qu’ils sont inconstants dans leur foi, ils font l’expérience dont parle l’apôtre Paul : le bien que je veux faire, je ne le fais pas… Peut-être même sont-ils découragés tant ils savent que, sans cesse, la faute les reprend. Jean-Baptiste les soutient dans cette étape de conversion.
Mais voilà que Jean proclame quelque chose d’inouï : derrière moi vient un homme qui est bien plus que moi. Il vient renouveler votre vie au point de vous désaliéner de cette propension à la faute. Ce que fait le Dieu invoqué par le psalmiste : « Il rejette loin de nous nos péchés ». Comme le Dieu des prophètes, celui qui vient répand l’Esprit à nouveau créateur. Il vient parmi nous enseigner le mystère de sa vie : son union avec le Père, dans l’Esprit. Il est ainsi l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.
L’Agneau de Dieu… Sur les bords du Jourdain, bien que le ministère de Jésus ne soit pas encore commencé, déjà s’annonce l’agneau pascal. Pour que cet homme, désigné par Jean le Baptiste, affronte au milieu de nous tout ce qui nous sépare de Dieu, il lui faudra engager toutes les forces et tout l’élan de sa vie jusqu’à prendre le risque de cette vie. Jusqu’à donner sa vie pour que nous ayons la vie en plénitude.
Frère Bruno Cadoré, d’après Jean 1, 29-34
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Comment pourrions-nous nourrir une telle foule ? Probablement, aurions-nous posé la même question que les disciples. C’est souvent la question que nous posons en voyant le nombre de personnes, dans notre propre pays, qui ont faim et soif, qui désireraient trouver une demeure, qui aimeraient déployer à nouveau leur élan de vivre. Comment leur donner ce dont ils ont besoin ? Jésus déplace cette question du comment. Qu’avez-vous maintenant entre les mains que vous pouvez donner ? Voilà ce qu’il demande. Non pas tergiverser pour savoir comment donner, mais s’engager en disant ce que l’on a à donner. Jésus prend ce qu’ils ont à donner et multiplie leur générosité !
Cinq pains et deux poissons, ça n’était pas grand-chose ! Pourtant, cette générosité offerte, partagée et multipliée va constituer le rassemblement de la foule autour de Jésus. Un rassemblement qui n’est pas clos sur lui-même, mais ouvert à accueillir encore et encore d’autres amis pour partager. D’autres qui viendront des quatre coins de la terre, de toutes les cultures, de toutes sortes d'expériences humaines. Une foule aussi nombreuse que le laissent percevoir ces douze paniers ramassés après que tous ont été rassasiés.
Quelle est la puissance de cette générosité sans cesse multipliée ? Elle est celle que nous célébrons dans la modestie du pain partagé, puissance de la générosité toute première de celui qui, pour rassembler tous les hommes dans l’unité et les conduire vers Dieu, donne sa vie sans rien retenir. Il donne sans compter, portant en sa propre générosité celles et ceux qu’il accueille à sa table !
Frère Bruno Cadoré, d’après Marc 6, 24-34
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Les disciples de Jean semblent vouloir mettre en place une sorte de « combat de chefs » et faire un procès en illégitimité et concurrence déloyale à Jésus qui se met à baptiser. On connaît ces querelles, dans le monde comme dans l’Église et le monde chrétien : qui a priorité, qui doit avoir le privilège d’être reconnu comme étant le seul à détenir la vérité ?
Heureusement, Jean, l’ami de l’époux, résiste à ces bisbilles de pouvoir, de préséance ou d’exclusivité qui rendent aveugle : on pense tellement à soi-même qu’on oublie de se laisser saisir par la vérité que l’on cherche, cette vérité qui libère.
Jean a donc pour cela recours au vocabulaire des noces. Sa plus grande joie, dit-il, est de voir Jésus accomplir l’alliance, Lui dont la voix disait au sortir du Jourdain : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ». Jean, l’ami de l’époux depuis toujours, convoquait le peuple à se purifier de tout ce qui l’opposait à Dieu. Il appelait à préparer les chemins pour la venue du Prince de la Paix, du témoin de l’amour que le Dieu de l’Alliance veut partager avec l’humanité entière. Sans doute Jean s’est-il réjoui devant les belles démarches de conversion. Mais son désir était que ces conversions conduisent à l’amitié avec Dieu. Pour lui, c’est l’heure de se réjouir et de s’effacer devant Celui qui, seul, est la vérité de cette amitié avec Dieu.
Jean le Baptiste sait qu’avec la présence de Jésus parmi les siens, c’est l’heure de la fête du Royaume, la fête de l’alliance de Dieu avec son peuple, la fête de l’accueil de la bienheureuse espérance. Il en a indiqué la venue toute proche. Maintenant il s’efface, tout à la joie de voir approcher la Lumière qui renverse les ténèbres.
Frère Bruno Cadoré, d’après Jean 3, 22-30
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Pour montrer en Jésus le nouveau Moïse, le nouveau Passeur de Dieu qui nous fait franchir les eaux du baptême, saint Matthieu construit son évangile sur cinq grands discours entrecoupés d’épisodes narratifs. L’épisode qui nous intéresse aujourd’hui, la scène du baptême de Jésus, se situe au début de sa vie publique. L’évangéliste y manifeste son souci pédagogique dans sa manière de raconter les choses. Ainsi, lui seul en fait le lieu d’une annonce solennelle adressée à tous les croyants, comme le rappelait l’oraison du début de cette messe : Quand le Christ fut baptisé dans le Jourdain, et que l’Esprit Saint descendit sur lui, tu l’as manifesté solennellement comme ton Fils bien-aimé.
En effet, seul saint Matthieu dit que la voix du Père s’est adressée aux assistants – et non pas à Jésus, dans le secret de son cœur – pour leur dire : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. C’est ainsi que le Père a « manifesté solennellement » son Fils. Et nous considérons-nous comme les assistants de cette scène : c’est bien à nous qu’est adressée aujourd’hui cette parole du Père. Nous sommes invités à reconnaître en Jésus son Fils bien-aimé.
Mais saint Matthieu a encore une autre manière de rendre la communauté des croyants présente au bord du Jourdain, puisque lui seul rapporte cette réaction de Jean-Baptiste : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! Lorsqu’il voit Jésus s’avancer pour se faire baptiser par lui, Jean est déconcerté : pourquoi le Seigneur, le Juste, le Saint, le sans péché, pourquoi veut-il recevoir le baptême, tel un pécheur ? N’est-ce pas l’inverse qui devrait se faire ? Jean n’a-t-il pas raison de proposer à Jésus qu’ils échangent leurs places ?
Jésus répond : Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. Mais « accomplir toute justice », qu’est-ce que cela veut dire ? N’entendons pas ce terme de justice avec notre mentalité moderne, pour laquelle il signifie attention aux petits, aux plus défavorisés, souci de l’équité, du respect des autres, souci aussi des règles de la vie en société. Tout cela, nous avons bien raison de le chercher, mais chaque jour aussi, cette justice nous échappe. C’est particulièrement vrai, tragiquement vrai, en ce moment, dans le pays de Jésus, la Terre sainte.
Cependant, la Bible fait de la justice quelque chose de plus vaste encore, et de plus essentiel : c'est l’ajustement de l’être humain à la volonté de Dieu, une volonté qui veut notre bien, notre salut. Être juste, c’est s’ajuster, se mettre au diapason du plan de Dieu. Être en harmonie, en parfait accord avec sa volonté. Marcher à la suite de Jésus, devenir son disciple par le baptême d’eau et d’Esprit, c’est accepter de se laisser accorder par lui, pour sonner juste, en même temps que lui et nos frères et sœurs. Et nous n’avons pas de trop de toute une vie pour apprendre à sonner juste comme Dieu est juste.
Dans la nuit de Noël, Dieu s’est fait l’un de nous. Mais, en recevant le baptême des pécheurs, Jésus exprime encore davantage son amour et sa solidarité avec notre humanité fragile et blessée. Qu’il nous aide alors à jouer tous ensemble notre partition de musique, pour que notre vie sonne juste, à l’unisson avec celle de Dieu. Amen.
par Frère Luc Devillers, d’après Matthieu 3, 13-17
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Levi était un publicain, un agent du fisc, collaborateur de l’occupant romain. Ces collecteurs d'impôts étaient considérés comme des voleurs, des profiteurs du système fiscal.
Alors, quand on voit Jésus participer au banquet préparé par Lévi pour ses confrères, on comprend que ceux qui ont dû payer un tribut injuste se disent : « Ce prophète et ses amis publicains se régalent à nos dépens ! »
La participation de Jésus au banquet de ces riches collaborateurs n'est pas une bénédiction envers le système mafieux. Jésus dit qu'il est venu pour les pécheurs, certes, mais pas pour leur dire que leur manière de faire serait juste ! Pour leur demander de se convertir. Ce banquet n'aurait aucun sens, ou aurait un faux sens, si Lévi n'avait pas écouté et obéi à la parole de Jésus entendue lorsqu'il était au guichet des impôts : « Suis-moi ! ». Ce banquet n'aurait aucun sens s'il n'était pas pour Lévi un banquet d'adieu à ses collègues, le banquet d'action de grâces pour avoir été appelé par Jésus à le suivre, sans rien pour le voyage.
Il n'y a pas des justes et des injustes, des victimes et des méchants, des bien-portants et des malades, il n'y a que des pécheurs qui ont besoin de la miséricorde de Jésus.
Heureux sommes-nous d'être invités au banquet du Seigneur, invités à suivre Jésus et à recevoir du Seigneur la force de nous convertir.
Frère Philippe Toxé, d’après Marc 2, 13-17
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Guéri sur tous les plans ! Voilà ce que l’évangile nous présente avec la guérison de cet homme porté sur un brancard. Il est pardonné de ses péchés et donc guéri spirituellement. Mais il est aussi guéri physiquement, capable de se mettre debout, lui qui était paralysé, et de rentrer chez lui tout seul.Grande est la foi de cet homme qui permet à Jésus d’accomplir cette double guérison.
Mais avez-vous remarqué un détail étrange dans ce passage ? Jésus demande à cet homme de repartir chez lui avec son brancard. Étonnant, non ? N’est-il pas guéri ? En quoi ce brancard peut-il encore lui être utile ? Est-ce pour ne pas encombrer la maison que Jésus lui demande de ne pas laisser traîner ses affaires ?
Et si Jésus lui recommandait de garder ce brancard en signe de sa guérison ? Et si ce brancard lui permettait de faire mémoire des bienfaits de Dieu pour ne jamais les oublier ? Il est vrai que nous sommes si prompts à oublier. Nous avons reçu de nombreuses grâces nous aussi, les gardons-nous en mémoire ? Faisons-nous mémoire du jour de notre baptême ? Ce jour où nous avons été délivrés de nos péchés et appelés « Mon enfant » par Dieu, comme le paralysé d’aujourd’hui. De cette grande grâce, Dieu nous appelle à nous souvenir pour le remercier et le louer. Alors c’est peut-être le moment de retrouver notre médaille de baptême et de noter la date anniversaire sur le calendrier !
Soeur Marie-Lys Nuville, d’après Marc 2, 1-12
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La chose était pourtant claire : « Ne dis rien à personne. » Motus ! Mais notre homme, à peine parti, désobéit ouvertement à celui qui l’a guéri.
Je cherche dans le texte une marque de désapprobation de l’évangéliste, la menace d’une sanction, un signe de courroux… et je n’en trouve pas. Mieux encore : quel lecteur de cet évangile serait désireux de voir le bavard puni pour son indiscrétion ? Pas moi, en tout cas.
Même si Jésus voit sa réputation grandir, hors de tout contrôle, à cause de cette indiscrétion, nul ne peut s’attrister de l’intranquillité à laquelle Jésus est désormais assigné : c’est la nature même de la Bonne Nouvelle que d’être portée aux quatre coins de l’univers, jusqu’au rivage des mers et aux îles lointaines. D’un mouvement, le Seigneur peut guérir, pardonner, purifier, vivifier : il est le Dieu qui nous sauve.
Jésus présente ici un double visage : il est le Maître qui, d’une seule parole (« Je le veux ! »), guérit le lépreux… et il est aussi débordé par le fruit de son geste. Déjà la gloire de Dieu se manifeste dans sa parole et son action, et déjà il se trouve réduit à l’impuissance devant l’impatience des foules. Il se donne librement, et ce don le conduit à la passion.
Frère Lionel Gentric, d’après Marc 1, 40-45
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Jésus vient de finir son jour de repos et se lève tôt le matin, pour réaliser la mission la plus importante de sa journée : prier son Père. Ce n’est pas une contrainte. Est-ce un devoir de discuter avec un ami ? Ni une obligation, ni un besoin... Non, simplement la joie d’être aimé et d’être fait pour aimer.
Savons-nous à quel point nous sommes aimés ? Avons-nous oublié que nous avons été désirés avant la fondation du monde ? Les empires passent, les continents migrent, l’amour de Dieu pour nous est de toujours à toujours. Comment avons-nous savouré cet amour hier ?
Comment pouvons-nous mettre cet amour en premier aujourd’hui ? J’aime dire le début du Notre Père lentement, en articulant chaque mot : Que ton nom soit sanctifié, que chacun sur la terre, dans le passé comme dans l’éternité, sache à quel point tu es bon, vrai et saint.
C’est le moment d’être saisi par la beauté de Dieu, de reposer en lui notre esprit afin d’inonder de son espérance notre journée.
Frère Raphaël de Bouillé, d’après Marc 1, 29-39
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Jésus vient mettre le désordre dans Capharnaüm ! Il surgit du désert ; à peine arrivé dans la ville, il appelle ses quatre premiers disciples pour en faire des pêcheurs d’hommes. Il entre dans la synagogue le jour du Sabbat et là, conformément à la coutume, on demande à l’étranger de passage s’il veut commenter la Parole de Dieu. Car la Parole vient toujours de l’extérieur, elle vient toujours nous surprendre. Les juifs de Capharnaüm ne savent pas ce qu’ils font car en Jésus, c’est la Parole faite chair qui les enseigne.
Seul l’homme tourmenté par un esprit impur sait qui est Jésus : « Tu es le Saint de Dieu. » C’est un homme impur, divisé, tourmenté par un esprit impur : il n’est plus lui-même, il est hors de lui. Jésus par sa simple parole expulse le démon et rend l’homme à lui-même. Jésus, en effet, donne un enseignement nouveau et parle avec autorité. Quelle est cette autorité avec laquelle Jésus enseigne ? Est-ce celle d’un thaumaturge-exorciste, celle d’un prophète, celle d’un roi ? Sa parole est efficace, elle libère l’homme tourmenté, elle enseigne ses auditeurs.
L’autorité dont fait preuve Jésus n’est pas le pouvoir. Autorité en latin, l’auctoritas vient du verbe augeo qui signifie faire naître, augmenter, produire à l’existence. L’autorité de Jésus lui vient non pas d’un pouvoir, mais de sa capacité à faire grandir celui qui l’écoute. Jésus enseigne avec autorité, sa parole fait grandir ses auditeurs, elle rend l’homme tourmenté à lui-même. La Parole de Dieu libère, fait grandir l’homme quand il se met à l’écoute de Jésus, Parole de Dieu faite chair.
Frère Patrick-Dominique Linck, d’après Marc 1, 21-28
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Ils ont raison, ces pharisiens. Ce n'est pourtant pas compliqué de s'organiser comme ils le font si bien. Il suffit de planifier et de prévoir de s'approvisionner avant le sabbat. Après, c'est trop tard. Il n'y a pas de plan B. Ceux qui suivent Jésus dans la pauvreté itinérante n'ont qu'à crever de faim. C'est la loi. Logique... Absurde, puisqu'elle va à l'encontre de l'esprit de la loi.
Comme le tentateur au désert, face à Jésus, les pharisiens brandissent l’Écriture, le cœur de l'Écriture qui est la Loi de Moïse. Comme au désert, Jésus leur rafraîchit la mémoire avec deux passages de la Bible. La Loi est au service de la vie. Ce message est inscrit au cœur de la loi elle-même depuis toute éternité. Jésus se battra toute sa vie pour le faire comprendre. Que l'on pense aux guérisons qu'il opère le jour du sabbat au grand dam des pharisiens. En réalité, Jésus ne vient pas relativiser la Loi, il vient nous en donner le souffle libérateur.
Frère Jean-Laurent Valois, d’après Marc 2, 23-28
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Pas sûr que Jésus choisirait le même exemple aujourd’hui à l’heure où l’on paye cher des jeans neufs lacérés pour qu’ils fassent vieux et où le jeûne intermittent est tendance…Heureusement, la question n’est pas là.
En prenant l’exemple d’une noce, Jésus s’identifie à l’époux. Celui qui s’engage librement, qui promet fidélité et respect pour toute la vie, qui accepte que des enfants naissent de cette union avant de passer l’alliance au doigt de la mariée.
La mariée ? c’est nous ! L’humanité, tout entière mais aussi notre part d’humanité que Jésus est venu épouser par amour, envers qui il s’engage dans une alliance nouvelle que rien - pas même nos égarements ni nos trahisons - ne pourra briser, et qu’il veut féconder pour lui donner des enfants de Dieu.
La question est donc : serons-nous de la noce ? Si oui, comme témoin, en invité ? Ou ferons-nous aussi alliance avec lui ? Pour le meilleur et pour le pire ?
Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ? Mais non, plus maintenant car, Jésus a promis d’être avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.
Jésus est avec nous ! Par sa Parole, dans les sacrements, lorsque deux ou trois sont réunis en son Nom, dans le frère qui a faim, soif, nu, malade, prisonnier… Ne le cherchons pas ailleurs. Soyons avec lui. Ne nous privons pas de sa présence, de son alliance.
Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau !
Frère Philippe Jeannin, d’après Marc 2, 18-22
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« Vous résidez en l'âme fidèle, mon Seigneur : « Nous venons en elle et nous y faisons notre demeure ». Vous devenez comme l’âme de cette âme, votre Grâce la soutient en tout, éclaire son intelligence, dirige sa volonté. Ce n’est plus elle qui agit, c’est Vous qui agissez en elle. Vous lui donnez la vie, Vous lui donnez la vérité, lui dessillez les yeux, lui faites voir les choses des yeux de la foi. Vous la mettez ainsi dans la Lumière divine, bien au-dessus des ténèbres du monde. Vous continuez en elle votre Œuvre. Rendez donc nos pensées, paroles, actions, conformes aux Vôtres, conformes à ce que Vous feriez. Vivez en nous, régnez en nous, que ce ne soit plus nous qui vivions, mais que ce soit Vous qui viviez en nous et que, Vous servant de notre corps et de notre âme que nous Vous avons donnés sans réserve, Vous continuiez, par leurs moyens, votre Vie et votre Œuvre en ce monde ».