Archives 7 janvier 2026
Archives 7 janvier 2026
Textes 7 janvier
Dieu a choisi de se révéler aux hommes par l'Incarnation. Jésus, par sa naissance, sa mort et sa résurrection, renouvelle l'Alliance, entraîne l'humanité dans sa mort sur la croix pour la relever par sa résurrection dans la nuit de Pâques. Aujourd'hui il nous montre le chemin pour entrer dans cette alliance : celui de la conversion.
En cette période de l’Épiphanie, convertissons notre esprit et notre cœur pour qu'ils suivent la direction donnée par le Christ comme les rois mages ont suivi l’étoile, le défi qui nous est proposé. C'est ce que Dieu attend de nous. Que nous lui soyons fidèles, que nous nous aimions les uns les autres, que nous agissions en cherchant à faire le bien et à éviter le mal, que nous soyons prêts à prendre notre croix et à donner notre vie à la suite du Christ. Ce défi est bien sûr très exigeant, il demande des efforts quotidiens, sur toute la vie.
Dieu sait que nous sommes pécheurs, que nous sommes faibles, entraînés par la lourdeur de nos peines, la fatigue de nos journées, le poids de nos existences. Pour nous aider à tenir dans l'alliance, il nous envoie son Fils, qui nous dit son amour et nous offre le pardon. Il ne nous en voudra jamais si nous tombons, si notre trajectoire n'est pas aussi droite que nous le souhaitons. Mais chaque jour que Dieu fait, convertissons-nous !
Frère Benoît Delhaye, d’après Matthieu 4, 12-17. 23-25
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« Le Verbe de Dieu s’est fait chair et il a demeuré parmi nous. » Il s’est uni pleinement à notre humanité, il s’est fait enfant parmi les enfants, homme parmi les hommes, il a appris nos routes humaines, nos joies, nos peines, nos travaux et nos jours.
Si le Verbe est venu parmi nous et s’il a appris les chemins du monde, c’est afin que nous apprenions les chemins de Dieu. S’il a appris à parler notre pauvre langage humain, c’est pour que nous apprenions la langue de Dieu. Si Jésus a appris les joies et les souffrances humaines, s’il a appris la naissance, la vie, la mort, c’est afin que nous découvrions ce qu’est naître à Dieu, vivre pour Dieu, et vaincre la mort avec Dieu.
« Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître ». Oui, contemplons Jésus, cette fragile et enfantine lueur de la crèche, dans laquelle se cache la lumière éternelle du Verbe. Demandons-lui de refléter autour de nous ce qu’il est venu nous révéler : la lumière de Dieu.
C’est dans la vie de chaque jour, au quotidien, auprès de nos proches, amis et voisins, à la porte de notre église, sur nos lieux de vie, en famille, au travail, auprès des jeunes, des personnes âgées, des chercheurs de vérité, auprès des immigrés qui viennent à nous parce qu’ils ne peuvent plus vivre là où ils étaient, auprès de ceux qui souffrent, qui sont seuls…
Oui, c’est en allant à eux que nous témoignerons de la lumière. Prions pour que la lumière de Noël brille effectivement dans notre regard, sur notre visage, aujourd’hui, modestement peut-être, mais qu’elle brille aujourd’hui et toujours.
Frère Jean-Didier Boudet, d’après Jean 1, 14
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Le temps de Noël se termine avec le Baptême du Seigneur. Avons-nous eu l’occasion de rencontrer le premier concerné, Jésus lui-même ? Il se peut que notre horaire nous ait empêchés de nous en préoccuper. Noël est plein de belles et de bonnes choses, mais sans le Christ, il manque le cœur, le moteur de tout…
Lorsque le pape Léon est apparu pour la première fois sur les écrans, les commentateurs n’en avaient que pour ses origines américaines et son expertise missionnaire. Mais on était bien discret sur sa relation avec Jésus, comme si on avait oublié l’invité à la fête. Le Saint-Père a bien vite recentré le message sur ses priorités, en nous invitant à révéler celui dont il est le vicaire.
La frénésie du temps des Fêtes nous accapare souvent, au point d’oublier l’adoration vouée à l’Enfant-Dieu. La fête du Baptême du Seigneur permet de nous rattraper. Elle nous plonge, avec Jésus adulte, dans les méandres de la vie ordinaire. Après les mille et une tâches et activités qui nous ont accaparés, voici un dimanche parfait pour s’investir dans notre propre relation avec le véritable héros de Noël.
Alain Faucher, Prions en Église du 11 janvier 2026
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Peut-on désirer mourir ? Peut-on faire sienne la prière de Syméon : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller » ? C’est une question qui m’a été posée par une personne que j’ai accompagnée jusqu’à ses funérailles : peut-on demander à Dieu que vienne la mort ?
Le texte présente Syméon comme un homme juste et religieux. Il a reçu l’Esprit Saint, toute sa vie est tendue vers le Salut. La venue du Christ l’emplit de joie et de paix. Il y a quelque chose de l’extase paisible. Fallait-il qu’il désire s’en aller ? Oui et non. Il y a, dans la paix intérieure que procure l’amour de Dieu, un ardent désir de le rejoindre au ciel. Mais il y a autant un désir de vivre cette paix.
En ces jours joyeux où nous célébrons la venue du Sauveur, si l’évangile se penche vers la mort, c’est pour mettre en évidence le salut offert par la croix, que souligne l’avertissement donné à Marie : « Et toi, ton âme sera traversée d’un glaive. » Le désir de s’en aller de Syméon n’est pas un suicide spirituel. Il est au contraire l’accomplissement de son élan vital. On peut, au crépuscule d’une vie rassasiée de jours, désirer rejoindre Dieu de toute son âme. Il suffit d’avoir trouvé la joie et la paix intérieures que donne la certitude du Salut.
Loin d’être un chant du cygne, le Cantique de Syméon chante ce fol espoir que, du désir de rencontrer le Christ, surgisse une vie pleine jusqu’au bout et une fin paisible.
Frère Laurent Mathelot, d’après Luc 2, 22-35
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Aujourd’hui, dans la foulée de la célébration du mystère de Noël, arrêtons-nous quelques instants pour contempler la sainte Famille. Or, l’Église ne se contente pas de nous inviter à la contempler, elle veut encore que nous l’imitions ! C’est ce que disait l’oraison du début de cette messe : tu as voulu, Seigneur Dieu, que la Sainte Famille nous soit donnée en exemple ; accorde-nous, dans ta bonté, de pratiquer comme elle les vertus familiales… Mais comment pourrions-nous imiter la Sainte Famille, unique en son genre ? Car elle ne ressemble guère à nos familles de la terre. Il y a bien saint Joseph, mais on nous dit qu’il n’est pas le papa. Et dans nos crèches, il occupe souvent une place discrète vers le fond, près de l’âne ou du bœuf. Certes, comme Joseph est un homme juste, il va obéir à l’Ange du Seigneur, prendre chez lui Marie son épouse. Et il s’occupera comme un père du petit enfant qui vient de naître. Il s’en fera le père nourricier, mais il n’en est pas le père. Regardez maintenant la maman : là, pas de problème, Marie est bel et bien la mère de Jésus. Mais ce n’est pas une mère comme les autres, puisque l’évangile nous dit qu’elle est vierge, selon la prophétie d’Isaïe.
Enfin, considérez l’enfant qui vient de naître : c’est un véritable enfant, un « petit d’homme », un bébé de chair et d’os, qui crie, qui pleure, qui va grandir, se développer, pousser ses premières dents, apprendre à parler, etc. Lorsqu’il aura douze ans, on le retrouvera assis au milieu des docteurs de la Loi, dans le Temple de Jérusalem, et il les étonnera par son intelligence spirituelle. Mais, pour le moment, c’est un bébé comme tous les autres, comme il en naît tant chaque jour dans le monde. Et pourtant, cet enfant nouveau-né, nous le confessons aussi comme notre Dieu, le Fils unique du Père, qui vient nous libérer du péché !
Comment donc la Sainte Famille, composée d’une si étrange manière par trois personnes hors du commun, comment peut-elle devenir pour nous un exemple ? La liturgie de ce jour nous invite à purifier notre vision de la famille, à comprendre autrement la notion de famille.
Pour nous, une famille, c’est avant tout la réunion, plus ou moins heureuse et réussie, d’êtres humains liés par les liens de la chair et du sang : union charnelle des parents, et par là association entre deux familles ; et union par le sang des frères et sœurs entre eux, comme avec leurs parents. Or, ce qui nous paraît le plus naturel peut devenir dramatique. Car fonder sa vie, sa lutte pour la survie, sur la défense des liens du sang peut conduire aux pires situations : instinct de tribus, crimes d’honneur, népotisme ou souci de placer ses proches aux meilleures places dans la vie. Et, finalement, égoïsme à plusieurs. La situation totalement décalée de la Sainte Famille par rapport à nos familles nous fait comprendre ce qui compte pour Dieu : ce ne sont pas les liens du sang, du clan, mais les liens de l’amitié, du respect des différences. Tous ces liens d’ordre spirituel dont saint Paul nous parlait dans sa lettre : amour, tendresse, humilité, patience, pardon, souci de l’unité.
Aujourd’hui, nous ne célébrons pas la fête d’un clan : ni le nôtre, ni même celui de Dieu. Mais la fête de la Sainte Famille peut devenir notre fête si nous acceptons d’écouter la Parole de Dieu, le Christ, Verbe fait chair. Lui seul nous donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Alors, en lui, par lui, avec lui, nous ne formerons plus qu’une seule famille : le Royaume de Dieu, la Maison du Père. Et Dieu se révélera pleinement comme le Père de tous, dans l’Esprit et son Fils unique, Jésus, notre frère aîné. Amen !
Frère Luc Devillers, d’après Matthieu 2, 13-15. 19-23
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Jean est « le disciple bien-aimé » qui pose sa tête sur la poitrine du Maître au cours de la dernière cène. Il se trouve aussi au pied de la croix avec la mère de Jésus. Enfin, il est témoin du tombeau vide, comme nous venons de l’entendre, et de la présence du Ressuscité, comme il est écrit quelques versets plus loin. La Tradition nous dit également qu’il enseigna les évêques et les disciples de la première génération.
Le Seigneur désire faire de chacun de nous un disciple qui vit une amitié personnelle avec lui. Pour y parvenir, il ne suffit pas de le suivre et de l'écouter extérieurement ; il faut aussi vivre avec lui et comme lui. Cette communion n'est possible que dans le contexte d'une relation de grande familiarité, habitée par une confiance totale. Comme entre amis. C'est pourquoi Jésus dit par la bouche de Jean : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime… Je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître ».
Saint Jean nous livre d’insurpassables récits d’amour, l’amour entre Dieu et chacun de nous. Jean partage avec nous ce qu’il a reçu de son maître : cet amour que Jésus lui offre en tant que « disciple bien-aimé ».
Demandons au Christ dont nous célébrons la naissance, de nous apprendre à aimer, à l’école de son disciple bien-aimé. Laissons-nous être aimés par le Seigneur et aimons-nous, les uns les autres, « comme lui nous a aimés ».
Frère Albert Bazyk, d’après Jean 20, 2-8
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La vie chrétienne est une respiration : inspirez, expirez. Nous sommes appelés, convoqués, aspirés par le Seigneur : c’est notre vocation chrétienne, c’est notre appel. Nous formons l’Église, l’ensemble de ceux qui sont convoqués, rassemblés. Dieu nous appelle au bonheur, à la vie avec lui, à la paix. Mais aussitôt nous sommes envoyés : nous sommes missionnaires et apôtres dans le monde. À nous d’annoncer la paix là où elle n’est pas. « Là où est la haine, que je mette l’amour », dit la prière de saint François d’Assise. Ce n’est pas facile d’aller là où on manque de paix. Répandre la paix, c’est un combat.
Jésus le sait et il ne nous cache pas les épreuves qui nous attendent. Churchill s’est peut-être inspiré de ses promesses lorsqu’il affirme au début de la guerre : « Je n'ai à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur. » Confronté à la violence, à la souffrance, à l’hostilité et au jugement, on manque de souffle. Eh bien aujourd’hui, Jésus est certes réaliste, mais il est aussi optimiste. Il nous donne de l’air frais. Il nous promet l’Esprit. C’est ça, la vraie espérance : être animé par l’Esprit de Dieu au cœur de nos missions et de ses difficultés. C’est lui qui nous donne des ailes pour avancer, c’est lui qui nous souffle les mots qui touchent les cœurs.
Alors, oui, partons en mission, allons au-devant des difficultés, car Dieu est à nos côtés, il travaille avec nous.
Frère Emmanuel Dumont, d’après Matthieu 10, 17-22
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Elle doit être profonde, la prière de cette vieille dame prénommée Anne. Ces longues années données à la prière et au jeûne, son âge, son expérience de la vie, avec ses joies et ses tristesses, ses espoirs et ses deuils, le jeûne et le service de Dieu, toute cette épaisseur de la vie donne à ses paroles le poids de la sagesse. Mais, de plus, elle est prophète. Elle parle de la part de Dieu à ceux qui viennent au Temple. Elle les aide ainsi à plonger au cœur de la révélation.
Elle leur parle de la délivrance de Jérusalem, de l’espérance que Dieu enverra son Messie. C’est lui, dit-elle, qui délivrera Israël de toutes ses fautes, c’est lui qui conduira le peuple sur le chemin de sa destinée. En ces temps d’occupation romaine, le message n’est pas facile à entendre mais la vieille dame se fait comprendre. Dieu pourrait-il oublier les siens et les abandonner aux mains de l’ennemi ? En louant la bonté, la justice et la fidélité du Dieu de l’Alliance, Anne appelle le peuple à la confiance et à la force : Dieu s’engage aux côtés de son peuple dans son histoire pour que l’humanité s’épanouisse en plénitude.
Lorsque Jésus est présenté au Temple, la prophétesse Anne va encore plus loin. Avec cet enfant s’ouvre le temps de l’accomplissement, dit-elle. Comme tous les enfants, il apprendra avec ses parents à devenir un homme. Mais tout commence avec ce petit homme de Nazareth, car c’est lui l’espérance d’Israël. Lui, le Verbe du commencement, vient se faire familier des hommes pour éveiller en eux le désir de se tourner vers Dieu. La grâce était sur lui ! Anne l’a reconnu ! Découvrons autour de nous les êtres de grâce que le Seigneur met sur notre route.
Frère Bruno Cadoré, d’après Luc 2, 36-40
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L’évangile de Matthieu s'ouvre par ce titre : livre de la Genèse de Jésus Christ fils de David, fils d'Abraham. Et cela bouleverse la perspective de l'histoire du peuple élu parce que Matthieu, comme tout bon juif, aurait raconté cette histoire en mettant au centre Moïse avec le Sinaï et le don de la loi et l'organisation du culte autour du Temple. Matthieu voit le dessein de Dieu s'orienter vers Jésus. À partir des promesses faites à Abraham, à David et aux exilés, il suit la ligne de crête la plus spirituelle de l'histoire. Il voit mûrir au long des siècles les fruits des béatitudes : la Terre, le Royaume, la Résurrection.
Personne n'a mieux senti que Matthieu l'accomplissement, la continuité, l'achèvement de l'Ancien Testament dans le Nouveau et en même temps la rupture entre les deux : le rejet de ceux qui ont rejeté Jésus, le vrai Roi.
Dans l'évangile d'aujourd'hui, c'est l'ange du Seigneur qui précise les modalités de l'action de Dieu dans la naissance de Jésus, en s'inspirant du passage d'Isaïe : « Voici que la Vierge concevra et elle enfantera un fils. On lui donnera le nom d'Emmanuel qui se traduit ‘Dieu avec nous’. »
Jésus vient combler l’attente millénaire de son peuple. Frappés par la sainteté, l'autorité, la puissance de ses paroles, ses auditeurs s'interrogent : « N'est-il pas lui le Messie ? » (Jn 4, 26) ou ce qui revient au même : « N'est-ce pas le fils de David ? » (Mt 12, 23). L’évangile donne une solennité particulière à la profession de foi de Pierre : « Tu es le Messie ». Cette foi est authentique mais elle reste imparfaite car le titre de Messie risque encore d'être entendu dans une perspective de royauté temporelle. Quand, dans son procès religieux, le grand prêtre met Jésus au défi de dire s'il est le Messie, sans repousser ce titre, Jésus l'interprète aussitôt dans une perspective transcendante : Il est le Fils de l'Homme destiné à siéger à la droite de Dieu (Mt 26, 60). C’est seulement après sa résurrection que les disciples pourront comprendre ce que recouvrent les appellations de Messie, de Christ : « Ne fallait-il pas que le Christ endure sa souffrance pour entrer dans sa gloire ? »
Nouvel Adam, Jésus nous ouvre le chemin d’une vie nouvelle, restaurée dans sa dignité première. Nous sommes le peuple qui souffre en communion avec son Sauveur pour un peu de temps avant de le rejoindre dans la gloire de la résurrection bienheureuse.
Nouvelle naissance, nouvel Adam pour une vie nouvelle, c’est ce que chacun de nous peut demander à être et à vivre en ce temps de Noël, en ce temps où nous avons devant nous, aujourd’hui peut-être, tant d’impasses, tant de situations impossibles à régler. Comme Joseph, nous sommes dans l’urgence d’inventer du neuf, dans l’acquiescement simple et joyeux de la Vie !
Frère Jean-Pierre Mérimée, d’après Matthieu 1, 18-24
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Mystère de la prière. Quand nous nous mettons en retrait, quand nous ouvrons notre cœur à Dieu, quand nous lui demandons d’éclairer ce que nous ne comprenons pas, une douce et lente alchimie se réalise. Les événements et les paroles se décantent. Petit à petit, nous voyons les choses sous un autre angle, dans une autre lumière. C’est l’Esprit Saint qui est à l’œuvre dans notre âme.
Marie avait l’habitude d’accueillir l’œuvre de Dieu en elle. Elle ne s’était pas laissé transformer par l’Esprit Saint une seule fois, le jour de l’Annonciation. Non, elle a toujours gardé le cœur ouvert à Dieu. Dieu a fait en elle sa demeure, dès lors il l’a guidée, éclairée et instruite. Quand j’entends ce tendre verset : « Marie conservait avec soin toutes ces choses en son cœur, elle les méditait », je pense à ces mots de Dieu murmurés au prophète Isaïe : « Je te donnerai des trésors secrets, des richesses cachées. » (45, 3) Ces trésors secrets, ces richesses cachées, ce sont les épiphanies de Dieu dans notre cœur, la merveilleuse manifestation de sa présence au plus intime de nous-mêmes.
Frère Philippe Verdin, d’après Luc 2, 16-21
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« Qui est le plus grand ? » (Mt 18, 1) Si les disciples se sont posé cette question, Jésus a répondu en affirmant que c’est son cousin Jean-Baptiste qui est « bien plus qu’un prophète », « le plus grand parmi ceux qui sont nés d’une femme » (Mt 11, 9.11.14). En s’incarnant, le Fils de Dieu veut nous redonner nos lettres de noblesse, nous glorifier, nous rétablir dans notre stature d’enfants de Dieu ! Jésus rend son disciple participant de sa condition de Fils, et de sa dignité de Prêtre, de Prophète et de Roi.
Pourtant Jésus dit encore que « le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que Jean-Baptiste » (Mt 11, 11). Ce mystère s’éclaircit lorsqu’on découvre par la foi que le plus petit, c’est Jésus lui-même : lui qui était le plus grand, puisqu’il est Dieu, s’est humilié au plus bas. Il s’est identifié aux plus petits, dans la crèche, puis dans sa vie cachée à Nazareth, dans sa mission auprès des pauvres, des malades et des exclus, et enfin, dans sa mort sur la croix. Sa manière de nous élever, c’est de montrer son amour en s’abaissant, pour se faire le serviteur de tous, jusqu’à laver les pieds de ses disciples (Jn 13, 5). Imitons cet exemple que Jésus nous a donné, comme Jean-Baptiste qui n’a cherché à s’attribuer aucune gloire. À la manière des enfants, entrons dans ce grand jeu de l’humilité, où chacun ne cherche que l’honneur de l’autre en s’abaissant devant lui.
Frère Jean-Dominique Bruneel, d’après Jean 1, 19-28
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Au commencement, à l'origine, il y a Dieu. C'est lui le créateur du monde et de la vie, c'est en lui que se trouve le principe de tout. Parmi les créatures, il en est une qui se distingue des autres : l'être humain. Dieu a créé le monde, les plantes et les animaux, et au milieu, il a créé les hommes. Pourquoi sont-ils particuliers ? Parce que parmi eux se trouve le Fils de Dieu.
Au commencement était le Verbe. A notre commencement, à la source de la création des êtres humains, il y a le Verbe de Dieu, c’est-à-dire non seulement sa parole, son expression, ce qu'il dit, mais aussi ce qu'il pense. Le Verbe de Dieu, c'est son âme.
Le Verbe, sous la plume de l'évangéliste saint Jean, désigne le Fils de Dieu, celui qui est son âme et sa Parole, et qui prend chair pour révéler qu'il est aussi un être humain. Au plus intime de Dieu se trouve le genre humain. Le Fils de Dieu, Jésus Christ, né, mort et ressuscité, porte avec lui de toute éternité l'ensemble de l'humanité au cœur de Dieu son Père. Oui nous sommes en Dieu, avec le Verbe.
À la fin d'une année qui se termine et à l’aube d'une autre qui commence, l’Église nous rappelle notre incomparable dignité, notre part de divinité. Le Verbe, qui nous porte en Dieu, est venu habiter chez nous à Noël, puis en chacun de nous par le baptême. C'est notre bien le plus précieux.
Frère Benoît Delhaye, d’après Jean 1, 1-18
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JANVIER
Pour prier avec la Parole de Dieu.
Prions pour que la prière, à partir de la Parole de Dieu, nourrisse nos vies et soit une source d’espérance au sein de nos communautés, nous aidant à édifier une Église plus fraternelle et missionnaire.
FÉVRIER
Pour les enfants atteints de maladies incurables.
Prions pour que les enfants atteints de maladies incurables ainsi que leurs familles reçoivent les soins médicaux et le soutien nécessaires, sans jamais perdre force et espérance.
MARS
Pour le désarmement et la paix.
Prions pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le
désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie et non celui de la violence.