Fiche de lecture FAQ sur la thérapie brève orientée solution (ABOS)
version 1.0 - mai 2025
Cette FAQ a été réalisée à partir de mes lectures et notes sur la thérapie brève orientée solution (ABOS). J'ai construit ( avec l’aide de gemini google AI et de mes notes), un inventaire des questions les plus fréquemment posées sur cette approche thérapeutique, en espérant que cela puisse servir à d'autres praticiens.
Qu'est-ce que la thérapie brève centrée solutions ?
Quelles sont les origines et l'évolution de cette approche ?
Quels sont les principes philosophiques clés de l'ABOS ?
Comment commencer la première séance ou les premières rencontres ?
Commencer par l'identification des "plus grands espoirs" (Greatest Hopes) :
Intégrer une conversation sur les compétences et les forces :
Explorer d'autres zones de vie :
Écouter le problème avec une "double écoute" :
Adopter l'attitude adéquate de l'intervenant :
Introduire la conversation hors du problème :
Comment faire avec les différents "types" de clients ?
Le client en position acheteur (buyer) :
Le client en position demandeur (caller/complainant) :
Le client en position visiteur (visitor) :
Quelle est la démarche et le processus thérapeutique ?
Identifier ce que le client "achète"
Recommandations pour identifier l'objectif en ABOS :
Comment se termine une séance ?
Approche traditionnelle (ABOS 1.0 - De Shazer, Berg) :
Approche minimaliste (ABOS 2.0 - Équipe de BRIEF) :
Comment terminer une séance en ABOS 2.0 :
10 types de questions clés en ABOS :
Comment utiliser la question miracle ?
Fonctions clés de la question miracle :
Que demander après la question miracle ?
Questions pour détailler la description du "lendemain du miracle" :
Questions relationnelles (perspective de l'entourage) :
Questions sur les actions et comportements :
Questions pour gérer les difficultés ou enrichir :
Utilisation de la question d'échelle :
Quand utiliser les questions d'échelle ?
En début d'intervention ou première séance :
Après l'identification d'exceptions ou de succès :
Régulièrement au cours des séances de suivi :
Dans des situations spécifiques :
Comment reconnaître une exception ?
Comment détailler une exception ?
Décrire les différences et les circonstances :
Explorer l'expérience sensorielle et perceptive :
Intégrer la dimension relationnelle :
Vérifier la pertinence et le sens pour le client (écologie) :
Relier au futur et à la répétition :
Questionner sur l'attribution et l'identité :
Comment utiliser les questions sur les différences ?
Types de questions sur les différences :
Recommandations pour l'utilisation des questions sur les différences :
Comment utiliser les questions "Quoi d'autre ?" ?
Recommandations pour l'utilisation de la question "Quoi d'autre ?" :
Comment utiliser les questions d'identité/qualités ?
Comment utiliser les questions relationnelles ?
Qui est la "tierce personne" ?
Applications pratiques et limites
Pour quels types de problématiques l'ABOS est-elle particulièrement efficace ?
Dans quels cas l'ABOS pourrait-elle être moins adaptée ?
Comment intégrer l'ABOS avec d'autres approches thérapeutiques ?
Quelles sont les erreurs communes pour les praticiens débutants en ABOS ?
1. Pousser trop rapidement vers les solutions
2. Imposer sa vision des solutions
3. Sous-estimer la puissance des questions
5. Ignorer le "langage du client"
6. Mal identifier le "côté acheteur"
8. Négliger les succès "déjà là"
Adaptations selon les contextes
Comment adapter l'ABOS en thérapie individuelle ?
Comment adapter l'ABOS en thérapie de couple ?
Comment adapter l'ABOS en thérapie familiale ?
Comment adapter l'ABOS en contexte de groupe ?
Comment adapter l'ABOS en contexte institutionnel ?
FAQ "méta" pour les praticiens
Comment gérer ma propre frustration face à un client qui reste centré sur le problème ?
Comment savoir si je fais "correctement" l'ABOS ?
Comment gérer la pression du temps en ABOS ?
Comment réagir quand je ne vois pas d'exception au problème du client ?
Comment éviter d'imposer mes valeurs ou mes solutions au client ?
Quels sont les ouvrages fondamentaux sur l'ABOS/TBOS ?
Ouvrages des fondateurs (Steve de Shazer et Insoo Kim Berg)
Ouvrages de l'équipe BRIEF (ABOS 2.0)
Quelles ressources en ligne sont disponibles pour approfondir l'ABOS/TBOS ?
Quelles formations sont recommandées pour maîtriser l'ABOS/TBOS ?
La Thérapie Brève Orientée Solution, connue sous les acronymes TBOS ou ABOS (Approche Brève Orientée Solutions), ou encore TOS (Thérapie Orientée Solution), et en anglais Solution-Focused Brief Therapy (SFBT), est une forme d'accompagnement issue du courant des thérapies brèves. Elle se distingue des approches traditionnelles en attachant beaucoup plus d'importance à orienter le travail sur les « solutions » – c'est-à-dire la résolution du problème – plutôt que de focaliser sur les symptômes, l'analyse des problèmes, leurs causes ou le passé.
L'ABOS fait partie de la deuxième vague des psychothérapies brèves
Elle découle de la psychothérapie brève systémique et paradoxale développée à Palo Alto dans les années 1960
L'ABOS a été développée par Steve de Shazer, Insoo Kim Berg, et leurs collègues du Brief Family Therapy Center (BFTC) vers la fin des années 1970
La différence majeure de la seconde vague (TBOS) par rapport à la première est son objectif d'élaboration de solutions avec les clients. Alors que l'approche de Palo Alto s'attachait à analyser le système du problème, la TBOS s'oriente vers l'analyse du système des solutions
Milton Erickson a également eu une influence prépondérante en suggérant d'essayer d'autres stratégies sans analyser nécessairement la structure ou la construction du problème
Inspirée des travaux sur la communication de Bateson ou Weakland, de l'approche psychothérapeutique de Milton Erickson, l'approche orientée solutions est une approche inductive qui s'oriente vers ce qui est utile et générateur de solutions
L'ABOS est orientée vers les objectifs poursuivis par les clients plutôt que leurs problèmes
Elle se concentre sur ce que le client souhaite voir comme changement dans son présent et son avenir. Le questionnement clé n'est pas « Pourquoi est-ce que ça va mal ? » mais « Comment faire pour aller mieux ? »
L'accent est mis sur ce qui est changeable, les solutions et les habiletés du client, plutôt que sur la pathologie ou les déficits
Il n'est pas nécessaire de connaître la cause ou la fonction du symptôme pour le résoudre
Le client est considéré comme l'expert de sa thérapie et de sa propre vie. Il construit sa propre solution en se basant sur ses ressources et ses succès. Le thérapeute est l'expert du processus thérapeutique
Le changement et la résolution rapide des problèmes sont possibles. Les recherches suggèrent que le changement survient rapidement au cours des premières séances, peu importe l'approche
L'ABOS utilise les ressources que les clients possèdent pour atteindre leurs objectifs
Les solutions des clients ne sont pas nécessairement directement liées à un problème identifié
L'approche mise sur une posture et une attitude positive, respectueuse et encourageante de la part du thérapeute. Il y a un postulat que les gens sont fortement résilients et utilisent continuellement cette caractéristique pour faire des changements, et qu'ils ont la force et la sagesse nécessaires
L'ABOS est fermement ancrée dans le présent tout en travaillant vers un avenir préféré où les problèmes actuels auront moins d'impact
Elle partage avec la psychologie positive l'accent mis sur les ressources et la focalisation sur le positif
L'objectif principal de cette ouverture est de faire connaissance avec la personne plutôt qu'avec le problème et de la préparer à identifier ce qu'elle souhaite obtenir de la thérapie (le "résultat attendu") et à décrire son avenir préféré.
Commencer par l'identification des "plus grands espoirs" (Greatest Hopes) :
Selon la version 2.0 de l'ABOS, particulièrement développée par l'équipe britannique BRIEF, la première question posée est : « Quels sont vos plus grands espoirs pour notre rencontre (ou nos rencontres) ? »
Cette question est préférée à celle utilisée précédemment par l'équipe de Milwaukee, qui était « Comment saurez-vous que nos rencontres ont été utiles pour vous ? »
La question des "plus grands espoirs" est considérée comme plus orientée vers un futur désiré et plus ambitieux qu'un simple "but". Elle invite à discuter d'un projet ou d'un rêve important pour la personne
Elle aide à créer des attentes positives et de l'espoir dès le début. Elle sert également d'entente ou de "contrat" sur le travail à faire et fournit le langage pour décrire le futur préféré
Même si le client répond "Je ne sais pas" ou se concentre sur le problème, l'intervenant persévère pour l'aider à formuler ses espoirs
Intégrer une conversation sur les compétences et les forces :
L'ouverture se fait aussi souvent à travers une conversation sur les compétences, les forces, la résilience, les capacités, les talents ou les succès de la personne. Cette conversation aide à connecter avec la personne et non le problème
Cela est particulièrement utile avec des clients qui ont tendance à se focaliser sur leurs problèmes, qui sont découragés ou qui présentent de fortes émotions négatives
La discussion sur les compétences permet de changer l'atmosphère de la séance, d'augmenter la confiance et l'espoir du client, et de le placer en position d'expert sur ses propres ressources
Dans le contexte de thérapie de couple ou familiale, cette conversation sur les compétences peut prendre la forme d'une "conversation lune de miel" qui explore les moments où le couple (ou la famille) fonctionnait bien
Explorer d'autres zones de vie :
Si le problème concerne une zone spécifique de la vie du client (par exemple, le travail), il peut être pertinent de discuter d'une autre zone où il se sent compétent (par exemple, la vie à la maison). Cela permet de découvrir des compétences transférables
S'intéresser à la vie du client avant l'apparition du problème est une autre façon de mettre en avant la personne et de montrer que sa vie n'a pas toujours été dominée par les difficultés actuelles
Écouter le problème avec une "double écoute" :
Même si l'intervenant cherche à converser hors du problème, certains clients y reviennent constamment. Dans ce cas, l'intervenant n'explore pas le problème en détail, mais écoute avec une "double écoute" ou une "oreille constructive"
Il s'agit d'entendre les compétences et les valeurs de la personne à travers son discours saturé de problèmes
Au lieu de poser des questions sur les détails du problème ("Parlez-moi davantage de cela ?"), l'intervenant pose des questions d'adaptation sur la façon dont la personne a réussi à faire face au problème ou à continuer malgré lui ("Comment vous vous y êtes pris pour passer à travers cette journée ?" ou "Comment avez-vous réussi à sortir du lit ?")
Valider l'expérience du client, même sa détresse, est essentiel pour qu'il se sente écouté, tout en orientant ensuite la conversation vers les solutions
Adopter l'attitude adéquate de l'intervenant :
Dès le début, l'intervenant manifeste sa foi dans le processus orienté solution et dans les capacités du client
Il écoute attentivement et utilise le langage du client pour refléter sa compréhension
Il adopte une posture basse et se montre curieux et captivé par les réponses du client. Il peut se positionner comme un "journaliste s'entretenant avec une vedette"
Introduire la conversation hors du problème :
Une façon d'amorcer la discussion en dehors du problème est de dire au client qu'on a déjà des informations sur pourquoi il vient, mais qu'on ne sait rien sur lui et ce qu'il désire de la rencontre. On propose alors de parler de lui avant d'aborder ses meilleurs espoirs. Cela aide à séparer la personne du problème
« J'ai déjà un peu d'information sur ce qui vous a amené ici. Cependant, je ne sais presque rien sur vous et sur ce que vous désirez comme résultat de notre rencontre ensemble. J'aimerais en entendre un peu sur vous avant que vous me parliez de vos meilleurs espoirs. Est-ce que cela vous convient ? »
L'Approche Brève Orientée Solution (ABOS) distingue traditionnellement trois types de relation ou de positions adoptées par le client face à sa situation problématique et à l'intervention. Ces types sont utiles pour l'intervenant afin d'adapter sa stratégie. Il est important de noter qu'il ne s'agit pas d'étiqueter la personne, mais de comprendre sa "position" ou son "mode de collaboration unique" à un moment donné.
Le client en position acheteur (buyer) :
Ce client reconnaît qu'il a un problème
Il se considère comme faisant partie de la solution et est disposé à faire quelque chose pour résoudre le problème
Il est souvent capable de nommer rapidement ce qu'il "achète" ou ce qu'il espère obtenir de l'intervention, ce qui est vraiment important pour lui
Cette position est considérée comme la plus facile pour l'intervenant car la conversation peut rapidement se déplacer vers la définition de l'objectif ou de l'avenir préféré
La position acheteur se reconnaît par le fait que la personne passe à l'action, notamment en étant présente pour la consultation
Une question simple pour identifier ce que le client achète peut être : « Qu'est-ce qui fait que vous avez choisi de venir consulter même si ce n'était pas votre idée ? » ou « Qu'espérez-vous d'utile pour vous suite à nos rencontres ? »
Le client en position demandeur (caller/complainant) :
Ces clients sont capables d'identifier une plainte ou un objectif conjointement avec l'intervenant, mais ils ne peuvent pas identifier les étapes concrètes qu'ils doivent prendre pour arriver à une solution
Ils décrivent généralement bien leur plainte
Ils croient que la seule solution réside dans le changement d'une autre personne ou dans le fait que quelqu'un d'autre assume la responsabilité du changement
Le terme "demandeur" est parfois préféré à "plaignant" (utilisé par l'équipe de Milwaukee) car il inclut deux types possibles :
Les personnes qui ont perdu espoir de changer (désespérées)
Les personnes qui souffrent à cause du problème d'un membre de leur entourage (plaignantes)
La tâche de l'intervenant est d'explorer la plainte tout en amenant une nouvelle perspective sur la responsabilité de la solution
Le côté demandeur se reconnaît par le fait que la personne accepte d'en parler mais reste passive
Le client en position visiteur (visitor) :
Dans cette situation, l'intervenant et le client ne parviennent pas à trouver conjointement une plainte ou un objectif clair
Le client peut affirmer qu'il n'y a pas de problème nécessitant un traitement ou que le problème appartient entièrement à quelqu'un d'autre
Ces clients sont souvent envoyés par un tiers (famille, employeur, système judiciaire, etc.)
Ils peuvent répondre "Je ne sais pas" à la question sur leurs espoirs ou objectifs
Le côté visiteur se reconnaît par une résistance à parler du problème ou des raisons de la consultation
Même avec un client en position visiteur, l'intervenant doit cibler son "côté acheteur", car tout client qui se présente est acheteur de quelque chose qui est important pour lui. La tâche de l'aidant est toujours d'avoir une conversation dans la zone "acheteur" du client
Ces distinctions aident l'intervenant à adapter son approche dès le début de la rencontre. L'objectif est toujours de trouver et d'amplifier la motivation intrinsèque du client (son "côté acheteur") pour le changement, quel que soit son point de départ.
Identifier ce que le client "achète"
Questions pour identifier ce que le client "achète" : Ces questions sont souvent posées en début d'entretien pour comprendre ce que le client espère obtenir ou ce qui est important pour lui suite aux rencontres. Elles visent à identifier le but, ou "avenir préféré".
Exemples : « Qu'espérez-vous d'utile pour vous suite à nos rencontres ? », « Comment saurez-vous que venir ici a été utile ? », « Quels sont vos meilleurs espoirs résultant de notre rencontre (ou de nos rencontres)? »
Identifier l'objectif :
Questions d'objectif : Elles servent à clarifier et détailler l'avenir souhaité ou ce que le client achète. Elles stimulent l'imagination du client et son désir d'atteindre ce qu'il souhaite. Elles peuvent être posées dès le début de l'entretien pour orienter la conversation vers le futur souhaité.
Exemples : « Comment saurez-vous que ces séances ont été utiles ? », « Comment saurez-vous que vous avez du plaisir, que vous êtes détendu et que vous profitez de la vie? », « Que doit voir votre conjoint chez vous suite à nos rencontres pour qu'il reconsidère sa décision de vous quitter ? », « Quel serait un sentiment, ah, une pensée, une action, quelque chose que vous feriez, penseriez ou ressentiriez qui vous ferait dire que vous reprenez votre vie en main… cet après-midi ou demain? ». Elles visent à créer une description riche du futur souhaité.
Recommandations pour identifier l'objectif en ABOS :
Commencer tôt dans l'intervention : Les questions d'objectif sont posées dès les premières minutes du premier entretien. L'objectif est de jeter les bases d'un discours solution et de projeter la personne dans le futur souhaité.
Se concentrer sur la présence de la solution : Il est crucial que l'objectif soit formulé comme la présence d'une solution, d'un futur souhaité, plutôt que l'absence d'un problème. Lorsque le client décrit ce qu'il ne veut pas, l'intervenant doit immédiatement demander : "Que voulez-vous à la place ?"
Utiliser la question miracle / meilleurs espoirs : Cette question est un moyen puissant pour susciter l'objectif du client, surtout lorsqu'il a du mal à l'articuler. Elle invite à décrire en détail ce à quoi ressemblerait la vie si le problème disparaissait.
Détailler l'objectif / futur souhaité : Une fois un objectif ou un meilleur espoir identifié, il est essentiel de le détailler. Utiliser la question "Quoi d'autre ?" à plusieurs reprises (+5 fois) permet d'obtenir une description riche et complète du futur souhaité.
Rendre l'objectif spécifique et concret : L'objectif doit être concret, réaliste et mesurable. Demander "Concrètement, qu'est-ce qui changera ?" aide à préciser l'objectif.
Explorer les différences et les effets : Demander ce qui sera différent lorsque l'objectif sera atteint permet de le rendre plus tangible et de clarifier ce que le client "achète" dans le processus.
Utiliser les questions relationnelles : Demander ce que l'entourage (famille, amis, collègues) remarquerait de différent lorsque l'objectif est atteint est particulièrement utile pour les clients qui ont du mal à décrire leurs propres objectifs ou succès.
Relier l'objectif aux exceptions et compétences : Lorsque le client peine à définir son objectif ou son futur préféré, il peut être utile de relier ses succès passés (exceptions) et ses forces (compétences) à ce qu'il souhaite accomplir en venant consulter.
Utiliser les questions à échelle : Les échelles sont un outil efficace pour clarifier l'objectif en définissant "10" comme la réalisation des plus grands espoirs ou du futur préféré. Elles aident le client à se situer par rapport à cet objectif et à visualiser le "prochain pas".
Persévérer : Identifier l'objectif, surtout les "meilleurs espoirs", peut être difficile pour certains clients. L'intervenant doit être persévérant, reformuler la question si nécessaire, valider la difficulté, et croire que le client peut répondre.
Approche traditionnelle (ABOS 1.0 - De Shazer, Berg) :
Historiquement, de nombreux modèles, y compris la TBOS (Thérapie Brève Orientée Solution), encourageaient le thérapeute à prendre une pause vers la fin de la séance
Cette pause pouvait impliquer une conversation avec une équipe pour obtenir de la rétroaction et des suggestions
Même sans équipe, le thérapeute prenait souvent une pause pour rassembler ses idées
La fin de séance comprenait généralement des compliments adressés au client
Des suggestions de tâches ou d'expérimentations étaient proposées au client pour l'inter-séance. Ces tâches pouvaient être d'observer un comportement ou de "faire plus de la même chose qui fonctionne"
Un "message de fin de séance" visait à développer des attentes positives et à susciter l'espoir de progrès
La question "Y a-t-il quelque chose que j'ai oublié de vous demander ou que vous avez omis de mentionner ?" pouvait être utilisée pour terminer
Approche minimaliste (ABOS 2.0 - Équipe de BRIEF) :
L'équipe de BRIEF a supprimé plusieurs composantes de la fin de séance : la pause, les compliments et la tâche
La justification est d'éviter de prendre une position d'expert et de ne pas abîmer l'expérience créée durant la séance, notamment la longue description du futur préféré ou des succès
Cette approche fait confiance dans l'autonomie du client pour utiliser ce qui s'est passé durant la séance
La conversation détaillée en soi est considérée comme suffisante pour amener le changement
Comment terminer une séance en ABOS 2.0 :
Indiquer clairement la fin du questionnement ou du temps alloué. Exemples : « Notre temps est écoulé et j'ai terminé mes questions »
Faire (optionnel) un court résumé neutre de la séance. Le résumé doit être court et reprendre les mots exacts du client. Le but est d'inspirer le client et de susciter l'espoir, en attirant l'attention sur les signes d'espoir perçus. L'intervenant adopte une posture de journaliste, neutre, évitant de faire du "cheerleading" ou de complimenter directement
Donner la responsabilité au client de la suite des rencontres. L'idée est que chaque séance peut être suffisante en soi. Exemples : « J'espère que cette rencontre a été utile pour vous. Aimeriez-vous revenir ? », « Voulez-vous que nous nous revoyions ? »
Si le client souhaite une autre rencontre, le laisser choisir l'intervalle. Exemple : « Quand aimeriez-vous ce rendez-vous ? »
Si le client demande une tâche ou une suggestion, on peut lui proposer des activités d'observation (non obligatoires), comme rechercher des indices du prochain pas (N+1) ou des signes du futur préféré dans son quotidien
L'utilisation des questions à échelle sur la confiance (à maintenir les progrès, à atteindre un niveau satisfaisant) peut être une manière de terminer la séance, permettant au client d'identifier ses ressources et de prendre sa décision concernant la suite
Fournir des copies des notes ou des listes créées pendant la séance (ex: listes de qualités, de stratégies, de descriptions du futur préféré) peut être utile et apprécié par le client
Il est utile de demander au client son avis sur la séance ou son sentiment d'avoir été écouté/compris/respecté
L'attitude de l'intervenant est primordiale pour réussir cette approche minimaliste. Elle repose sur une foi totale dans le client et dans le processus de questionnement. Cela implique de ne pas juger, d'être persévérant, et de voir le client à son meilleur.
Questions d'objectif / meilleurs espoirs : Visent à clarifier ce que le client souhaite obtenir ou ce qui sera différent, souvent en début d'entretien. Exemple : « Quels sont vos meilleurs espoirs pour notre conversation? »
Question miracle : Invite le client à décrire un futur idéal où le problème est résolu, souvent pour définir le "10" sur l'échelle. Exemple : « Supposons que cette nuit, pendant que vous dormez, un miracle se produit... »
Questions à échelle : Permettent d'évaluer le progrès, la motivation, l'espoir, la confiance, l'influence du problème, etc., sur une échelle, et d'explorer la position actuelle et le prochain pas. Exemple : « Sur une échelle de 1 à 10, 10 étant la réalisation de vos plus grands espoirs..., où vous situez-vous actuellement ? »
Questions d'exceptions / exemples : Cherchent les moments où le problème est moins présent (exceptions) ou où des indices du futur préféré sont déjà présents (exemples V2.0). Exemple : « Y a-t-il eu des moments cette semaine où le problème était un peu moins présent ? », « Qu'est-ce que vous avez vécu depuis notre dernière rencontre qui ressemble au lendemain du miracle ? »
Questions de stratégies ("Comment") : Explorent les moyens concrets, trucs, actions ou étapes que le client a utilisés pour réussir une exception, un exemple, ou gérer une situation. Exemple : « Comment avez-vous fait pour réussir cela ? »
Questions d'identité / qualités : Vise à identifier les qualités, talents, forces ou caractéristiques personnelles révélés par les succès ou la capacité à faire face aux difficultés. Exemple : « Quelles qualités ce succès révèle-t-il de vous ? »
Questions relationnelles : Permettent d'explorer la perception de l'entourage (proches, collègues, etc.) concernant les progrès, les exceptions, les qualités, les objectifs ou le futur souhaité. Exemple : « Que croyez-vous que votre conjoint a remarqué de différent chez vous ? »
Questions d'adaptation : Utilisées pour les situations difficiles, elles explorent comment la personne s'y prend pour gérer malgré le problème. Exemple : « Comment vous vous y êtes pris pour que les choses ne soient pas pires ? »
Questions de différences : Servant à mettre en contraste la situation actuelle ou souhaitée avec le passé ou un autre niveau, elles aident à identifier ce qui est différent lorsque les choses vont mieux ou correspondent aux espoirs. Exemple : « Qu'est-ce qui est différent quand cela arrive? »
Questions sur les compétences / forces / résilience (pour les trouver) : Plus axées sur l'identification initiale des ressources du client. Exemple : « De quels aspects de votre vie (actuelle et passée) êtes-vous fier ? », « Quelles sont vos réussites, ce dont vous êtes fier? »
La question miracle est un outil fondamental utilisé principalement pour clarifier l'objectif et visualiser un futur préféré où les problèmes qui ont amené le client en consultation ne l'affectent plus ou ont disparu.
Quand l'utiliser :
En début d'intervention ou de première séance :
Après avoir établi l'alliance et exploré les "meilleurs espoirs" du client pour le travail ensemble
Lorsque l'objectif du client est assez clair ou qu'il exprime le désir d'une vie différente
Comme une des premières questions pour jeter les bases du discours solution et projeter la personne dans le futur souhaité
Lorsque le client a du mal à formuler son objectif :
La question miracle aide le client à décrire un monde où il se conçoit sans le problème
Elle permet au sujet de donner les "ingrédients" et de décrire le processus du changement
Elle peut aider à identifier ce que le client espère réaliser pour se fixer des objectifs réalistes
Après avoir identifié les "meilleurs espoirs" :
La question miracle est reformulée pour révéler la présence de ces meilleurs espoirs dans la vie du client
Elle aide à vérifier que les meilleurs espoirs sont significatifs et attrayants pour le client
Dans des situations spécifiques :
Avec des clients peu volubiles ou concrets
En consultation familiale ou de groupe
Quand le souhait du client n'est pas entièrement sous son contrôle
Pour aider à prendre une décision
Avec des clients en crise ou ayant subi un trauma/deuil récent (avec adaptation)
Fonctions clés de la question miracle :
Clarifier et détailler l'objectif en termes concrets et observables
Orienter vers le futur et la présence de solutions plutôt que l'absence du problème
Stimuler l'imagination et la créativité pour envisager un avenir différent
Créer de l'espoir en rendant le changement plus vraisemblable et attrayant
Identifier les premiers signes concrets du changement
Ancrer le futur préféré dans la réalité quotidienne et les interactions avec l'entourage
Aider le client à identifier ses propres actions dans le futur préféré
Servir de base pour les questions d'échelle (le niveau 10)
Identifier des pistes de solution en décrivant le processus du changement
Alternatives et adaptations :
Si le mot "miracle" ne convient pas, utiliser "question du lendemain", "porte magique", "baguette magique", ou d'autres formulations
Si le client donne une réponse irréaliste, demander "Quoi d'autre ?" ou explorer ce qu'il cherche derrière ce souhait
Pour les clients qui ne croient pas au miracle, explorer d'abord s'ils aimeraient que leur vie aille mieux et ce qu'ils souhaiteraient qu'il arrive
Après avoir posé la question miracle, l'intervenant poursuit avec une série de questions pour détailler et enrichir la description de ce futur préféré. La question miracle n'est que la première question d'une longue série.
Questions pour détailler la description du "lendemain du miracle" :
Ces questions visent à rendre le futur souhaité concret et observable. Plus la description est détaillée, plus le changement est perçu comme possible et plus l'espoir augmente
La question la plus fréquente est "Quoi d'autre ?" Elle permet d'élargir et d'enrichir la réponse initiale
On explore les petits signes qui indiqueront que le miracle est arrivé
On détaille le déroulement de la journée : à quelle heure on se lève, ce qu'on fait, ce qu'on mange, etc.
On demande ce que la personne va noter ou voir de différent. Les questions sont souvent orientées vers la vision et l'observation
On peut demander ce que la personne va ressentir à la place de l'émotion négative. Il est important d'inclure les descriptions affectives et émotionnelles
Si la réponse est vague, l'intervenant pose des sous-questions pour la rendre concrète et mesurable
Questions relationnelles (perspective de l'entourage) :
Ces questions aident à ancrer le miracle dans le quotidien et les interactions. Elles permettent aussi d'obtenir des perspectives multiples et d'enrichir l'image du futur idéal
On demande qui sera le premier à remarquer le changement et ce qu'il remarquera
On explore la réaction de l'entourage et comment le client réagira à cette réaction. Cela permet de s'assurer que le miracle est écologique (agréable et dans le sens souhaité)
Dans les consultations familiales ou de couple, on s'assure que chaque personne décrit sa propre contribution ou réaction au miracle collectif
Si le client a du mal à répondre, adopter le point de vue d'une personne significative peut être utile
Questions sur les actions et comportements :
La description doit inclure ce que le client fait différemment. Les questions sont orientées vers les actions que le client initiera
On demande ce que le client fera à la place du problème
Il est important que le client s'identifie au miracle en utilisant le "je" et des verbes d'action
Si le souhait du client dépend d'autrui, on adapte la question pour cibler ce qui dépend du client pour augmenter ses chances
Questions pour gérer les difficultés ou enrichir :
Si le client donne une réponse irréaliste, on demande "Quoi d'autre ?" ou on explore ce que la personne désire derrière ce souhait irréaliste
Si le client a du mal à répondre, la persévérance de l'intervenant est clé
La question peut être adaptée pour les situations de crise, de trauma ou de deuil récent
Utiliser le futur simple ("quand le miracle surviendra") plutôt que le conditionnel ("si") est préférable pour installer la confiance
Utilisation de la question d'échelle :
Une fois la description détaillée du miracle (représentant souvent le niveau 10 sur l'échelle) est achevée, l'intervenant pose la question d'échelle
Cela permet de situer le client par rapport à ce futur désiré
Les questions à échelle sont un outil central et très utile dans l'ABOS. Elles servent principalement à mesurer le niveau de progrès d'un client en direction de son futur préféré ou de l'atteinte de ses plus grands espoirs.
En début d'intervention ou première séance :
Pour évaluer la motivation du client à faire quelque chose de concret pour se rapprocher de son avenir préféré
Pour situer le client par rapport à son objectif souhaité (10) ou au pire moment (0 ou 1), notamment après avoir exploré l'objectif ou le "miracle"
Pour évaluer le niveau de confiance dans l'atteinte de l'objectif
Dans la version 2.0, pour mesurer le progrès par rapport à la présence des meilleurs espoirs (10) et l'opposé (1), généralement à partir de la deuxième rencontre après avoir identifié des exemples
Si le client est très pessimiste, une échelle de l'espoir peut être utilisée pour évaluer son niveau avant même la description du futur préféré
Avec des clients peu volubiles, concrets, des adolescents ou des hommes, elles peuvent être utilisées pour explorer des exceptions de manière structurée
Après l'identification d'exceptions ou de succès :
Pour donner un chiffre au progrès constaté ou à l'exception identifiée. Le score (même s'il est bas) devient alors une exception qui peut être explorée
Pour détailler ce qui se passe concrètement à ce niveau (observer les différences, les actions, les réactions de l'entourage)
Pour vérifier l'écologie de l'exception ou du progrès, c'est-à-dire en quoi il est satisfaisant pour le client et ses proches
Régulièrement au cours des séances de suivi :
Pour évaluer le progrès réalisé depuis la dernière rencontre
Pour aider le client à visualiser et décrire le prochain pas sur l'échelle
Pour explorer la confiance du client à atteindre le prochain niveau
À la fin de séance :
Elles peuvent être utilisées vers la fin de la séance, surtout à partir de la deuxième rencontre
Elles peuvent guider la tâche proposée au client (dans l'ABOS 1.0), ou plus généralement, encourager l'observation d'indices du progrès ou du prochain pas
L'utilisation d'échelles sur la confiance ou le progrès peut être une manière de clore la séance en donnant la responsabilité au client de la suite
Dans des situations spécifiques :
Quand le client présente ses progrès de façon floue
En consultation familiale ou de groupe, pour comparer les évaluations de chacun
Lorsque le client a des difficultés avec les chiffres, des alternatives basées sur la description d'exceptions ou une ligne imaginaire peuvent être utilisées
Pour mesurer l'influence du problème sur la vie du client, afin de le mettre en perspective
Avec des clients en crise, pour évaluer le niveau sur l'échelle de la crise et identifier les actions pour résister ou améliorer
Pour sortir de la pensée binaire ("tout ou rien", "je bois/je ne bois pas") en introduisant des nuances
Une exception est essentiellement un moment où le problème est absent ou moins important qu'à l'habitude. Cela peut aussi être un moment où le changement souhaité se produit, même en partie ou un tout petit peu. Une exception est définie comme un moment où un problème aurait pu survenir, mais où il n'est pas arrivé, ou est survenu différemment, ou encore un moment où la personne a réussi à ne pas agir le problème ou à l'interrompre plus aisément. Il est humainement impossible qu'un problème ait toujours le même niveau d'intensité. Ces moments contiennent le germe de solutions.
Reconnaître les exceptions implique une démarche proactive de la part de l'intervenant :
Avoir une écoute orientée vers les forces et les solutions : L'intervenant doit porter attention aux exceptions, aux compétences et à la résilience de la personne. Il s'agit d'entendre derrière les difficultés, les efforts, les succès (petits ou grands) et les compétences.
Guetter et surveiller les signes dans le discours du client : L'intervenant est attentif à tout signe indiquant que le problème est moins présent ou absent, dès le début de l'intervention. Il note ce que le client rapporte qui contraste avec le problème ou va dans la direction du miracle.
Poser des questions directes pour les trouver : Si les exceptions ne surgissent pas spontanément, l'intervenant pose des questions spécifiques pour les identifier.
Voici les types de questions et de zones de questionnement utilisées pour reconnaître et identifier les exceptions :
Questions sur les moments où le problème est moins présent ou absent :
"Quand le problème est-il moins intense ?"
"Quand le problème est-il moins sévère ?"
"Est-ce qu'il y a eu des moments où le problème ne s'est pas produit ou était d'une moindre intensité ?"
"Parlez-moi d'un moment lors duquel le problème est moins dérangeant et que vous vous sentez mieux ?"
"Quand avez-vous moins ce problème ?"
"Quand avez-vous réussi à faire en sorte que le problème soit plus petit ? Moins dominant ?"
"Quelle est la dernière fois où le problème aurait dû apparaître mais il n'est pas apparu ?"
"Quand n'êtes-vous pas _____ ?"
Questions sur les moments de changement ou de "mini-miracles" :
"Quelle est la dernière fois que vous avez remarqué des signes que ce miracle s'est produit même un tout petit peu ?"
"Quand diriez-vous que ce miracle s'est produit la dernière fois même un tout petit peu ?"
Demander des moments où "le changement souhaité se produit en tout ou en partie"
Questions sur "la présence d'indices des plus grands espoirs"
Questions sur des périodes spécifiques :
Exceptions pré-séances : "Qu'est-ce qui va mieux depuis que vous avez demandé de l'aide (ou actuellement) ?"
Exceptions inter-séances : "Depuis notre dernière rencontre, qu'est-ce qui va mieux ?" "Qu'est-ce qui s'est amélioré ?"
Passé récent ou lointain : "Quelle est la dernière fois où vous avez vécu un succès même tout petit face à ce problème ?" "Le moment de votre vie où vous avez le mieux réussi ?"
Le futur (dans le cadre de la question miracle)
Questions relationnelles :
Demander qui d'autre aurait remarqué le changement ou l'exception
"Qui sera le premier à remarquer ce changement ?"
"Que répondrait votre conjoint à ces questions ?"
Dans les consultations familiales, s'assurer que chaque personne décrit sa propre contribution ou réaction
Utiliser le point de vue d'un référent, surtout si le client est non volontaire
Questions sur les actions et le "comment" :
Explorer ce que le client fait différemment dans ces moments
Demander ce que la personne fait "à la place" du problème
Identifier comment le client a réussi cela
Demander comment ils ont choisi de faire cela
Questions d'adaptation : Pour les clients en crise ou ayant perdu espoir, identifier les petites victoires ou la façon dont ils composent avec la situation
Détailler une exception est une étape cruciale de l'Approche Orientée Solution (ABOS), en particulier après qu'un moment où le problème est moins présent ou absent a été identifié. Le but est de rendre cet instant de succès ou de répit plus concret, significatif et reproductible pour le client. En version 2.0 de l'ABOS (selon l'équipe de BRIEF), le détail vise spécifiquement à créer une expérience positive forte d'espoir et de compétence chez la personne, plutôt que de simplement trouver des solutions concrètes à reproduire comme dans le modèle initial de Milwaukee.
Questionner le "Comment" :
C'est une série de questions très importantes pour aider le client à s'attribuer le mérite de son succès et à découvrir ses compétences. Cela permet aussi de comprendre comment l'exception a été réalisée, ce qui est essentiel pour pouvoir la répéter.
"Comment avez-vous réussi cela ?"
"Comment expliquez-vous ce succès ?"
"Comment avez-vous fait cela ?"
"Comment vous y êtes-vous pris ?"
"Qu'est-ce qui vous a aidé à connaître ce résultat ?"
"Comment avez-vous choisi de faire ça ?" (amène un recadrage en termes de choix)
Décrire les différences et les circonstances :
Il s'agit d'explorer en quoi le moment de l'exception était différent de la situation problématique habituelle.
"Qu'est-ce qui est différent quand cela arrive ?"
"Quelle différence cela fait-il pour vous quand... ?"
Où cela est-il arrivé ? Quand ? Avec qui ?
Qu'est-ce qui diffère ? (lieu, objets, personnes, temporalité)
En quoi est-ce différent de ce que vous auriez fait normalement ?
Que faites-vous à la place du problème ?
Explorer l'expérience sensorielle et perceptive :
Le thérapeute aide le client à revivre l'exception avec des détails sensoriels pour la rendre plus réelle et expérientielle.
Faire une "description vidéo", "faire le film"
Détailler l'action et la perception préférée
Comment cela rend-il votre journée différente ?
Comment voyez-vous cette réaction ?
Intégrer la dimension relationnelle :
Inclure l'entourage du client dans la description permet d'enrichir le tableau et de valider l'exception.
Qui d'autre dans votre entourage a remarqué de tels changements ?
Que croyez-vous que votre conjoint (ou un autre proche) a remarqué chez vous qui vous a aidé ?
Que répondrait un proche qui vous connaît bien ?
Quels effets ont ces différences sur les autres ?
Demander à d'autres personnes (ex: enseignants) de documenter les moments de succès
Vérifier la pertinence et le sens pour le client (écologie) :
S'assurer que l'exception est significative et souhaitable pour le client.
En quoi est-ce quelque chose que vous souhaitez qui se poursuive ?
Quelle différence ces changements font-ils pour vous ?
En quoi ce succès va-t-il dans le sens de ce que vous souhaitiez en venant consulter ici ?
Relier au futur et à la répétition :
Explorer comment cette exception pourrait se reproduire ou être étendue.
À quoi ça va ressembler quand l'exception va arriver de nouveau ?
Qui va noter que cela va survenir de nouveau ?
Qui pourrait vous aider à ce que l'exception arrive de nouveau ?
Si vous décidiez de faire cela plus souvent, comment vous y prendriez-vous ?
Que devez-vous faire pour répéter cela ?
Si cette exception se produisait plus souvent, votre objectif serait-il atteint ?
Questionner sur l'attribution et l'identité :
Aider le client à voir ses succès comme faisant partie de lui-même et de ses compétences.
Qu'est-ce que cela dit de vous comme personne ?
Saviez-vous que vous étiez ce genre de personne ?
Est-ce que ça mérite d'être souligné ?
L'objectif du détail est de passer d'une description intellectuelle à une expérience vécue, permettant au client de se sentir compétent et plein d'espoir. En version 2.0, on s'attache particulièrement à consacrer beaucoup de temps à cette description détaillée pour créer une forte expérience.
Les questions sur les différences sont des outils fondamentaux dans l'ABOS, servant à explorer les variations par rapport au problème, à clarifier la vision du futur souhaité et à s'assurer que les changements identifiés sont pertinents pour le client.
Types de questions sur les différences :
Question sur la différence que le changement ou l'objectif souhaité fera pour le client :
« Quelle différence cela fera-t-il pour vous quand [le changement ou l'objectif souhaité] arrive ? »
Question sur la différence que le changement ou l'objectif souhaité fera pour l'entourage du client :
« Quelle différence cela fera-t-il pour vos proches (ou X entourage) quand [le changement ou l'objectif souhaité] arrive ? »
Question pour identifier la différence observée par le client lorsqu'une exception se produit :
« Qu'est-ce qui est différent quand cela arrive [l'exception] ? »
Question sur l'impact de l'exception sur le vécu du client :
« Quelle différence cela fait-il pour vous quand cela arrive [l'exception] ? »
Question sur la différence que l'entourage remarque lors d'une exception ou d'un progrès :
« Qu'est-ce que vos proches (ou un autre proche) ont remarqué de différent chez vous quand [l'exception ou le progrès] arrive ? »
Question pour détailler la différence entre le niveau actuel et le niveau supérieur sur l'échelle de progrès :
« Qu'est-ce qui sera différent au niveau [Votre score actuel + 1] qui n'arrive pas au niveau [Votre score actuel] ? »
Question reliant la différence observée ou souhaitée aux valeurs du client :
« En quoi ce changement (ou cette exception) va-t-il dans le sens de ce qui est important pour vous ou pour vos proches ? »
Question sur la différence dans la capacité à gérer les difficultés :
« Comment avez-vous réussi à ce que les choses ne s'aggravent davantage [malgré le problème très envahissant] ? »
Question comparative sur une période difficile actuelle par rapport aux précédentes :
« En quoi cette [difficulté actuelle/chute] est-elle différente des précédentes ? »
Question sur la différence que la résilience ou les apprentissages du client apportent aux autres :
« Quel impact diraient–ils [vos proches] que vous avez eu dans leur vie grâce à vos apprentissages/qualités ? »
Recommandations pour l'utilisation des questions sur les différences :
Identifier la pertinence ("écologie") des changements : Vérifier si une exception ou un changement est significatif et utile pour le client et son entourage
Détailler les changements et les exceptions : Obtenir une description plus complète et plus riche de ce qui est différent lorsque les choses vont mieux
Explorer l'impact du changement : Comprendre les effets qu'un changement ou un progrès a sur le client lui-même, sur sa journée, et sur son entourage
Augmenter la motivation : Aider à augmenter la motivation du client en lui faisant visualiser les bénéfices
Clarifier les objectifs : Aider le client à détailler ce qu'il "achète" dans l'intervention
Utiliser le "Quoi d'autre ?" pour approfondir : Poser la question "Quoi d'autre ?" après une question sur la différence pour obtenir encore plus de détails
Explorer les perceptions des autres : Demander ce que l'entourage remarque de différent chez le client ou penserait de ces changements
Répéter la question : Reprendre la réponse du client et reposer la question sur la différence en supposant que cela arrive
Dans le contexte des questions à échelle : Décrire ce qui est différent au niveau actuel ou ce qui sera différent au prochain niveau souhaité
La question "Quoi d'autre ?" est un outil simple mais très puissant dans l'ABOS. Elle est utilisée pour encourager le client à fournir plus de détails, à explorer en profondeur et à enrichir sa description, que ce soit de son futur souhaité, de ses succès, de ses qualités ou de ses stratégies.
Recommandations pour l'utilisation de la question "Quoi d'autre ?" :
Pour détailler et enrichir : La fonction principale de "Quoi d'autre ?" est d'inviter le client à ajouter des informations, à aller au-delà de sa première réponse pour obtenir une image plus complète et plus riche de la situation
Pour obtenir une liste exhaustive : Dans plusieurs contextes (description du futur, recherche d'exemples, de stratégies, de qualités), il est suggéré de poser cette question plusieurs fois pour obtenir un grand nombre de détails (parfois jusqu'à 10 ou même 15 points). L'idée est de ne pas se contenter de la première réponse
Pour créer une expérience forte : En détaillant longuement un succès, un exemple, une qualité ou le futur préféré en posant sans cesse "Quoi d'autre ?", l'intervenant aide le client à "revivre" l'expérience positive, à "plonger dans un futur meilleur", à faire vivre une "forte expérience" durant la séance. Cette immersion prolongée est considérée comme thérapeutique en soi et génère de l'énergie et de l'envie d'agir
Pour révéler les stratégies et qualités : Posée après une description de ce qui est différent ou a fonctionné, la question "Quoi d'autre ?" permet de continuer à explorer les moyens concrets (stratégies) ou les caractéristiques personnelles (qualités) qui ont contribué au succès
Pour renforcer l'auto-attribution du mérite : En détaillant comment le client a réussi quelque chose, il ne peut que s'attribuer le mérite de ses succès, ce qui augmente sa confiance et son optimisme
Pour maintenir la conversation dans la zone solution : Lorsque la conversation s'oriente vers les détails du succès, du futur souhaité ou des forces, poser "Quoi d'autre ?" permet de rester sur ce terrain positif et constructif plutôt que de retourner vers le problème
Pour clarifier les réponses vagues : Si un client donne une réponse générale, demander "Quoi d'autre ?" l'invite à être plus spécifique et concret
Dans divers contextes de questionnement : "Quoi d'autre ?" s'utilise après presque tous les types de questions principales de l'ABOS : question miracle / futurs souhaités, questions sur les exceptions / exemples, questions à échelle, questions sur les compétences / identité, et même pour explorer les effets du problème
Avec persévérance : L'intervenant doit être persévérant et continuer à poser la question s'il estime que la réponse n'est pas encore suffisamment détaillée ou riche
Pour explorer les perceptions de l'entourage : Après avoir demandé ce que le client a remarqué de différent, "Quoi d'autre ?" est souvent utilisé pour explorer ce que les proches ou d'autres personnes importantes ont remarqué
Les questions d'identité, aussi appelées questions sur les qualités ou questions sur les compétences, sont un élément crucial de l'ABOS, particulièrement dans sa version 2.0.
But et utilité :
Elles visent à mettre en lumière les qualités particulières de la personne qui ont contribué à sa compétence, à son succès, ou à sa résilience
Elles permettent de traduire les actions en sens et de développer de nouvelles perceptions de soi
Elles s'intéressent à l'histoire de la qualité (quand, où, qui l'a remarquée en premier, d'où elle vient)
Elles explorent la reconnaissance de cette qualité par l'entourage
Elles permettent d'ancrer la force dans une caractéristique inhérente à la personne et de lui conférer un caractère permanent dans le temps
Elles aident le client à se percevoir à son meilleur et à changer légèrement sa perception de lui-même
Elles renforcent le sentiment d'efficacité personnelle
Elles augmentent la confiance et l'optimisme
Elles contribuent à ce que la personne se redéfinisse elle-même de façon positive
Quand les utiliser :
Elles sont une des deux catégories de questions (avec les stratégies) utilisées pour détailler une compétence ou un succès
Lors de l'exploration des exceptions ou des exemples (moments indiquant la présence du futur préféré). Elles constituent la 3ème zone de questionnement pour détailler un exemple/exception, après les observations et les stratégies
Dans le questionnement à échelle, pour détailler le niveau actuel
Dans les séances de suivi, particulièrement après avoir noté que "ça va mieux"
Avec des clients moins collaborants ou pessimistes, ou simplement pour placer le client à son meilleur
Lorsque les clients ont tendance à parler plutôt des problèmes que de leurs compétences
Lorsque le client a de la difficulté à identifier ses ressources ou ses objectifs, ou nécessite un recadrage
Lorsqu'on explore la résilience ou la capacité à gérer malgré les difficultés (adaptation)
En contexte conjugal ou familial lorsqu'il y a de la tension
Comment les questionner :
Poser des questions directes sur les qualités révélées par un succès ou un progrès. Exemple : « Quelles qualités ce succès révèle-t-il de vous ? »
Demander l'histoire de cette qualité : « Quand avez-vous pris conscience de cette qualité ? » « Qui l'a découverte en premier ? » « D'où vous vient cette qualité ? »
Explorer la perception des autres : « Qui d'autre vous reconnaît cette qualité ? » « Dans quelles situations, cette qualité est le plus remarquée par les autres ? » Demander ce que les proches, amis, collègues diraient de ces qualités
Demander de quoi le client est fier dans sa façon de gérer une situation
Dans les situations difficiles, demander quelles qualités l'ont aidé à composer avec les difficultés
Maintenir la conversation sur les compétences/qualités pendant un certain temps (au moins 5 à 10 minutes) pour créer une expérience forte pour le client
L'intervenant prend une position basse (journaliste) et se montre captivé pour encourager le client à élaborer
C'est au client de se décrire positivement, ce qui est plus puissant que les compliments de l'intervenant
En couple ou en famille, questionner sur les qualités appréciées chez les membres ou dans la relation
Une option est de demander au client de faire une liste de 40 qualités
Utiliser la question "Quoi d'autre ?" pour approfondir et obtenir plus de détails
Les questions relationnelles sont un outil polyvalent et puissant en ABOS. Elles impliquent l'exploration du point de vue d'une tierce personne (réelle ou imaginaire) pour enrichir la conversation et co-construire des solutions.
But et utilité :
Elles permettent d'explorer la perception de l'entourage (proches, amis, famille, collègues, référent, etc.) concernant la situation du client, ses succès, ses qualités, ses exceptions ou son futur souhaité
Elles sont particulièrement utiles lorsque le client a de la difficulté à identifier ses ressources, ses objectifs ou les changements souhaités
Elles peuvent aider à trouver une réponse à une question difficile ou importante à laquelle le client ne peut pas répondre directement. L'intervenant peut demander ce que dirait une personne qui connaît la réponse
Elles permettent de recadrer, valider ou voir autrement une situation
Elles peuvent servir d'alternative à la question miracle ou pour la détailler
Elles ouvrent la discussion
En contexte de supervision ou d'intervention, elles peuvent aider à percevoir le point de vue du référent (acheteur) et maintenir la motivation du client, notamment s'il est non volontaire ("visiteur")
Avec un client qui se plaint ("demandeur plaignant"), elles aident à déterminer ce qu'il achète
Elles contribuent à ce que la personne se redéfinisse elle-même de façon positive, en explorant comment les autres la perçoivent lorsqu'elle est à son meilleur
En couple ou en famille, elles sont essentielles pour aborder les aspects positifs de la relation et apprécier les qualités des membres, ce qui peut désamorcer la tension. L'utilisation de questions circulaires est particulièrement utile dans ce contexte
CONSEIL PRATIQUE : Lorsqu'un client a du mal à répondre directement à vos questions, essayez une formulation relationnelle. Par exemple, au lieu de demander "Quelles sont vos forces?", demandez "Que dirait votre meilleur ami à propos de vos forces?".
Qui est la "tierce personne" ?
Cela peut être une personne significative vivante ou décédée
Une personne réelle (conjoint, enfant, parent, ami, collègue, patron, référent)
Une personne imaginaire (personnage de fiction comme Batman, Astérix, etc.)
Une relation passée ou actuelle
Même un animal ou un objet symbolique (chat, caméra vidéo, poupée)
Quand les utiliser :
Lorsqu'on explore les exceptions ou les exemples (moments indiquant la présence du futur préféré). Elles constituent l'une des zones de questionnement pour détailler un exemple/exception
Dans le questionnement à échelle, pour détailler le niveau actuel, visualiser le prochain pas, ou explorer la confiance dans le progrès
Dans les séances de suivi, particulièrement après avoir noté que "ça va mieux", pour détailler les succès et leurs impacts sur les relations
Lorsqu'on explore les qualités ou les compétences du client, en demandant qui d'autre les reconnaît
Avec des clients ayant de la difficulté à répondre à une question
Avec des clients non volontaires ("visiteurs") ou qui se plaignent ("demandeurs plaignants")
En contexte conjugal ou familial, pour explorer les aspects positifs de la relation ou la perception mutuelle
Lors du signalement ou de l'accueil de la référence, pour comprendre différents points de vue
Pour explorer les stratégies d'adaptation aux difficultés, en demandant ce que les proches diraient
Exemples de questions :
« Que diraient vos proches sur ce que vous faites de différent ? »
« Comment tes proches ont réagi à ce changement ? »
« Quand vous serez rendu à [niveau X sur l'échelle], que croyez-vous que votre [conjoint, mère, etc.] va remarquer de différent chez vous ? »
« Qu'est-ce que votre [conjoint, parents, collègues, etc.] ont noté [qui se rapproche de vos plus grands espoirs ou qui est différent] ? »
« En observant cela, comment votre [conjoint, parents, collègues, etc.] a réagi ? »
« Qui d'autre vous reconnaît cette qualité [révélée par votre succès] ? »
« Dans quelles situations, cette qualité est le plus remarquée par les autres ? »
« Ce que diraient vos proches et amis au sujet de ces qualités ? »
« Ce que raconteraient vos collègues et patrons (ou personnes qui reconnaissent ces qualités) au sujet de ces qualités ? »
« Si votre amie était ici que dirait-elle sur vos qualités, sur ce succès ? »
« Que dirait ou verrait le référant ? »
« Qu'est-ce que vous appréciez de votre relation avec vos enfants ? Avec votre conjoint ? Avec vos amis ? »
« Quelles qualités appréciez-vous le plus chez les membres de votre famille ? »
« Comment les autres (ou vous) verraient que vous faites davantage usage de cette qualité dans votre vie ? »
L'Approche Brève Orientée Solution (ABOS) a démontré son efficacité dans de nombreux contextes et pour diverses problématiques :
Anxiété et stress : L'ABOS aide les clients à identifier les moments où ils gèrent mieux leur anxiété et à développer ces stratégies.
Dépression légère à modérée : L'accent mis sur les exceptions et les ressources peut aider à briser le cycle de pensées négatives.
Problèmes relationnels et conflits : Particulièrement efficace en thérapie de couple et familiale.
Problèmes comportementaux chez les enfants et adolescents : L'approche non pathologisante et orientée vers les solutions fonctionne bien avec les jeunes.
Difficultés d'adaptation : Lors de transitions de vie, changements professionnels, deuils non complexes.
Addictions et dépendances : Dans les phases de motivation au changement et de maintien de l'abstinence.
Problèmes scolaires et d'apprentissage : Pour renforcer la confiance et développer des stratégies d'adaptation.
Difficultés professionnelles : Coaching, résolution de problèmes au travail, adaptation au changement.
POINT ESSENTIEL : L'ABOS est particulièrement efficace lorsque le client peut identifier des exceptions à son problème et qu'il est capable de se projeter dans un futur sans le problème ou avec une meilleure gestion de celui-ci.
Bien que flexible, l'ABOS présente certaines limites et peut être moins indiquée dans les situations suivantes :
Troubles psychiatriques sévères : Schizophrénie, troubles bipolaires en phase aiguë, dépression majeure sévère.
Situations de crise aiguë : Risque suicidaire élevé, violence active ou danger immédiat (bien que certaines techniques puissent être adaptées).
Traumatismes complexes : Stress post-traumatique complexe ou traumatismes de l'enfance non traités.
Troubles de la personnalité sévères : Particulièrement les troubles du cluster B nécessitant une approche plus structurée.
Lorsque le client insiste sur l'exploration des causes profondes : Certains clients ont un besoin important de comprendre les origines de leurs difficultés avant d'envisager des solutions.
Problèmes chroniques sans aucune exception identifiable : Dans ces cas, des approches complémentaires peuvent être nécessaires.
L'ABOS n'est généralement pas recommandée comme unique approche pour les pathologies lourdes, bien qu'elle puisse être intégrée comme complément à d'autres traitements.
L'ABOS peut être combinée efficacement avec diverses approches thérapeutiques. Voici quelques possibilités d'intégration :
Avec les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : L'ABOS peut enrichir les TCC en mettant l'accent sur les forces et les exceptions plutôt que sur les déficits et les problèmes. Les TCC apportent des techniques structurées quand l'ABOS seule ne suffit pas.
Avec la thérapie systémique : Ces approches partagent déjà des racines communes. L'ABOS peut être intégrée dans le travail systémique en orientant davantage vers les solutions et moins vers l'analyse des patterns dysfonctionnels.
Avec les approches narratives : L'ABOS peut aider à co-construire des récits alternatifs centrés sur les compétences et les succès du client.
Avec la pleine conscience et les approches basées sur l'acceptation : Ces approches peuvent compléter l'ABOS en aidant les clients à développer une conscience non jugeante de leur expérience présente.
Avec la psychothérapie psychodynamique : Bien que ces approches diffèrent considérablement, certains éléments de l'ABOS, comme l'exploration des exceptions, peuvent être intégrés dans un travail psychodynamique plus long.
CONSEIL PRATIQUE : Le principe "Si quelque chose fonctionne, faites-le davantage" de l'ABOS encourage les clients à continuer ce qui leur est utile, comme la médication ou les groupes d'entraide. Validez toujours ces démarches comme des ressources précieuses.
Un modèle d'intégration possible est d'utiliser l'ABOS comme cadre général tout en incorporant des techniques spécifiques d'autres approches selon les besoins du client. Par exemple, utiliser des techniques de pleine conscience pour gérer l'anxiété tout en maintenant une orientation générale vers les solutions et les ressources.
Les praticiens débutants dans l'Approche Brève Orientée Solution peuvent tomber dans plusieurs pièges qui réduisent l'efficacité de cette approche :
1. Pousser trop rapidement vers les solutions
Erreur : Chercher des solutions avant que le client ne se sente écouté et validé dans sa souffrance.
Conséquence : Le client peut se sentir incompris et résister au processus.
Solution : Prendre le temps de valider l'expérience du client tout en utilisant une "double écoute" pour repérer les compétences et ressources dans son discours.
2. Imposer sa vision des solutions
Erreur : Suggérer directement des solutions au client ou avoir une idée préconçue de ce qui devrait fonctionner.
Conséquence : Réduction de l'autonomie du client et moindre appropriation des solutions.
Solution : Rester en position basse de "non-sachant" et faire confiance au processus de co-construction.
3. Sous-estimer la puissance des questions
Erreur : Poser des questions de manière mécanique sans croire en leur potentiel transformateur.
Conséquence : Questionnement superficiel qui n'engage pas vraiment le client.
Solution : Poser chaque question avec une curiosité authentique et la conviction qu'elle peut révéler des ressources importantes.
POINT ESSENTIEL : L'art de l'ABOS réside moins dans les techniques que dans la posture : curiosité authentique, foi dans les ressources du client, et persévérance bienveillante.
4. Manquer de persévérance
Erreur : Abandonner trop vite face aux réponses "Je ne sais pas" ou aux descriptions centrées sur les problèmes.
Conséquence : Opportunités manquées de découvrir des exceptions ou de détailler le futur préféré.
Solution : Persister avec bienveillance, reformuler les questions, et croire que le client a les réponses.
5. Ignorer le "langage du client"
Erreur : Utiliser un jargon professionnel ou imposer sa propre terminologie.
Conséquence : Diminution de la connexion et de la compréhension mutuelle.
Solution : Noter et utiliser les mots exacts du client, particulièrement pour décrire ses objectifs et ses succès.
6. Mal identifier le "côté acheteur"
Erreur : Ne pas explorer suffisamment ce que le client veut vraiment ou imposer des objectifs.
Conséquence : Travailler dans une direction qui n'est pas motivante pour le client.
Solution : Prendre le temps d'explorer les "meilleurs espoirs" du client et vérifier régulièrement si la direction prise est utile pour lui.
7. Surcharge de techniques
Erreur : Essayer d'utiliser toutes les techniques de l'ABOS dans chaque séance.
Conséquence : Conversation artificielle et superficielle.
Solution : Sélectionner les techniques les plus adaptées à chaque client et situation, en restant flexible.
8. Négliger les succès "déjà là"
Erreur : Se concentrer uniquement sur la création de nouvelles solutions sans valoriser ce qui fonctionne déjà.
Conséquence : Manquer des ressources importantes déjà présentes.
Solution : Explorer systématiquement les exceptions et tout ce que le client fait déjà bien.
La thérapie individuelle est le contexte le plus courant pour l'application de l'ABOS. Quelques points spécifiques à considérer :
Focus sur les ressources personnelles : Explorez en détail les compétences, qualités et stratégies que le client a déjà utilisées avec succès dans sa vie.
Questions relationnelles adaptées : Utilisez des questions sur ce que les proches remarqueraient de différent, même en l'absence de ces personnes dans la séance.
Équilibre autonomie-soutien : Valorisez l'autonomie du client tout en explorant les ressources relationnelles qui peuvent soutenir son changement.
Travail sur l'identité : Mettez l'accent sur la redéfinition de l'identité à travers les questions sur les qualités révélées par les succès.
CONSEIL PRATIQUE : En thérapie individuelle, prenez le temps de détailler abondamment les compétences et qualités du client. Cette conversation peut créer une expérience émotionnelle positive très puissante, même lorsque le client est initialement centré sur ses problèmes.
L'ABOS offre des outils particulièrement utiles pour la thérapie de couple :
"Conversation lune de miel" : Explorez les moments où la relation fonctionnait bien, ce qui a attiré les partenaires l'un vers l'autre, et les qualités appréciées chez l'autre.
Questions circulaires : Demandez à chaque partenaire ce qu'il pense que l'autre ressent ou comment il réagirait dans certaines situations. Par exemple : "Que penserait votre partenaire de cette solution ?"
Avenir préféré commun : Aidez le couple à co-construire une vision partagée de leur avenir préféré, en tenant compte des désirs de chacun.
Exceptions relationnelles : Identifiez les moments où les problèmes relationnels sont moins présents et explorez ce qui est différent dans ces moments.
Prévention des reproches : Recadrez les plaintes en souhaits positifs. Par exemple, transformez "Tu ne m'écoutes jamais" en "J'aimerais me sentir écouté(e) lorsque je te parle de ma journée".
Équilibre dans la participation : Assurez-vous que chaque partenaire a l'espace pour s'exprimer et contribuer aux solutions.
La thérapie familiale avec l'ABOS présente des défis et opportunités spécifiques :
Miracle familial collectif : Invitez chaque membre à décrire sa contribution à un "lendemain du miracle" familial, en commençant souvent par les enfants.
Valorisation des compétences de chacun : Aidez chaque membre à reconnaître ses forces et celles des autres membres de la famille.
Exceptions systémiques : Identifiez les moments où la famille fonctionne bien ensemble et explorez ce qui est différent dans ces moments.
Questions d'adaptation multiples : Explorez comment chaque membre s'adapte aux difficultés familiales et valorisez ces efforts.
Échelles familiales : Utilisez des échelles pour comparer les perceptions des différents membres sur le progrès familial.
Narration positive : Aidez la famille à développer une histoire plus positive d'elle-même qui inclut les forces et les succès de chacun.
L'ABOS peut être efficacement adaptée aux interventions de groupe :
Apprentissage vicariant : Les membres du groupe peuvent apprendre des exceptions et stratégies des autres.
Feedback multiple : Encouragez les membres du groupe à offrir des feedbacks positifs et à remarquer les forces des autres.
Échelles de groupe : Utilisez les échelles pour suivre le progrès collectif tout en respectant les différences individuelles.
Questions relationnelles amplifiées : Les réponses aux questions relationnelles peuvent venir directement des autres membres du groupe.
Co-construction collective de solutions : Encouragez le groupe à générer ensemble des idées de solutions basées sur les exceptions partagées.
L'application de l'ABOS dans des contextes institutionnels (écoles, hôpitaux, services sociaux, entreprises) nécessite quelques adaptations :
Négociation des objectifs institutionnels et personnels : Trouvez un terrain d'entente entre ce que l'institution attend et ce que le client souhaite.
Inclusion des référents : Intégrez les perspectives des référents (enseignants, médecins, supérieurs) dans le processus tout en préservant l'agentivité du client.
Adaptations temporelles : Ajustez la démarche aux contraintes de temps institutionnelles, parfois en raccourcissant certaines explorations.
Documentation des progrès : Développez des moyens adaptés de documenter les progrès qui répondent aux exigences institutionnelles tout en restant fidèles à l'esprit de l'ABOS.
Formation des équipes : Si possible, sensibilisez l'équipe aux principes de l'ABOS pour créer un environnement cohérent.
POINT ESSENTIEL : Même dans des contextes contraints ou non volontaires, cherchez toujours le "côté acheteur" du client. Demandez-vous : "Qu'est-ce qui est important pour cette personne dans cette situation, même si elle n'a pas choisi d'être ici ?"
Cette section répond aux questions fréquentes que se posent les praticiens eux-mêmes sur leur pratique de l'ABOS.
La tendance de certains clients à revenir constamment au problème peut être frustrante. Rappelez-vous que :
Cette focalisation sur le problème est leur stratégie actuelle de coping
Votre rôle n'est pas de les en détourner de force mais de les accompagner progressivement vers une autre perspective
La validation de leur expérience est essentielle avant tout mouvement vers les solutions
Utilisez la "double écoute" pour entendre simultanément le problème et les compétences qu'ils démontrent
Posez-vous la question : "Qu'est-ce que ce client achète?" même si ce n'est pas évident au premier abord
CONSEIL PRATIQUE : Si vous ressentez de la frustration, c'est peut-être un signe que vous êtes trop attaché à votre propre vision des solutions. Revenez à une posture de curiosité authentique.
L'ABOS n'est pas une recette rigide mais une approche collaborative :
Le principal indicateur est l'utilité pour le client, pas le respect scrupuleux des techniques
Observez si le client devient progressivement plus orienté vers les ressources et les solutions
Notez si la conversation génère de l'espoir et de l'énergie
Vérifiez régulièrement avec le client si la conversation lui est utile
Acceptez qu'il y ait plusieurs façons d'appliquer l'ABOS et que votre style personnel est valable
La supervision avec un praticien expérimenté peut vous aider à affiner votre pratique
L'ABOS est conçue comme une thérapie brève, mais parfois le temps semble manquer :
Rappelez-vous que même une seule séance bien menée peut être transformatrice
Priorisez : si le temps est limité, concentrez-vous sur l'identification des meilleurs espoirs et des exceptions
La version 2.0 de l'ABOS suggère de consacrer plus de temps à détailler le niveau actuel sur l'échelle qu'à planifier le prochain pas
Évitez la tentation de précipiter le processus ou de "pousser" le client
Faites confiance à la capacité du client à continuer le processus entre les séances
Considérez l'option de séances plus espacées mais plus longues si possible
Il est parfois difficile d'identifier des exceptions, mais elles sont presque toujours présentes :
Persévérez dans votre questionnement, en variant les formulations
Élargissez votre recherche à d'autres domaines de la vie du client
Explorez les exceptions au niveau des pensées, émotions ou perceptions, pas seulement des comportements
Considérez les "micro-exceptions" : des moments très brefs ou des différences très subtiles
Utilisez les questions d'adaptation : "Comment faites-vous pour continuer malgré tout ?"
Sollicitez le point de vue d'un proche ou d'un référent
Si vraiment aucune exception n'émerge, la question miracle devient d'autant plus importante
Maintenir une posture non directive en ABOS demande une vigilance constante :
Pratiquez l'art de la question ouverte plutôt que la suggestion déguisée en question
Acceptez que les solutions du client puissent être très différentes de celles que vous auriez envisagées
Vérifiez régulièrement votre langage non verbal et votre ton pour éviter d'influencer subtilement
Soyez attentif à vos réactions positives plus marquées face à certaines réponses
Maintenez une curiosité authentique sur ce qui fonctionne pour ce client spécifique
Acceptez que le rythme du changement soit déterminé par le client
En cas de doute, demandez-vous : "Est-ce que je suis en train de suivre le client ou de le diriger ?"
POINT ESSENTIEL : En ABOS, le thérapeute n'est pas l'expert du contenu de la vie du client, mais l'expert du processus qui aide le client à devenir l'expert de sa propre vie.## Ressources et références
Ouvrages des fondateurs (Steve de Shazer et Insoo Kim Berg)
De Shazer, S. (1996). Différence - Changement et thérapie brève. Bruxelles : Satas.
De Shazer, S. (1999). Les mots étaient à l'origine magiques. Bruxelles : Satas.
De Shazer, S. (1999). Clés et solutions en thérapie brève. Bruxelles : Satas.
De Shazer, S. (2002). Explorer les solutions en thérapie brève. Bruxelles : Satas.
De Shazer, S., Dolan, Y., Korman, H., Trepper, T., McCollum, E., Berg I.K. (2007). Au-delà des miracles. Un état des lieux de la thérapie brève solutionniste. Bruxelles : Satas.
Berg, I.K., & Miller, S. (1998). De l'insatisfaction à la satisfaction en thérapie brève. Bruxelles : Satas.
Berg, I.K., & Miller, S. (2000). L'alcool, une approche centrée sur la solution. Bruxelles : Satas.
Berg, I.K. (1996). Services à l'enfance: Solutions en thérapie brève. Bruxelles : Satas.
Berg, I.K., & Dolan, Y. (2002). Récits de solutions. Bruxelles : Satas.
Ouvrages de l'équipe BRIEF (ABOS 2.0)
Ratner, H., George, E., & Iveson, C. (2012). Solution Focused Brief Therapy: 100 Key Points and Techniques. Londres : Routledge.
Iveson, C., George, E., & Ratner, H. (2014). Brief Coaching: A Solution Focused Approach. Londres : Routledge.
Ouvrages francophones
Gros-Louis, Y. (2017). Psychothérapie : l'approche brève orientée solutions. Faire confiance aux ressources du patient. Genève : Jouvence.
Doutrelugne, Y., & Cottencin, O. (2008). Thérapies brèves : principes et outils pratiques. Paris : Masson.
Demonty, B. (2014). Initiation à la thérapie brève orientée vers les solutions en dix leçons. Bruxelles : Satas.
Cabie, M.C. (1998). Pour une thérapie brève. Ramonville : Erès.
Dolan, Y.M., & Pichot, T. (2010). La thérapie brève centrée sur la solution dans les services médico-sociaux. Bruxelles : Satas.
Autres ouvrages importants
O'Hanlon, W.H., & Weiner-Davis, M. (1995). L'orientation vers les solutions : une approche nouvelle en psychothérapie. Bruxelles : Satas.
Connie, E., & Metcalf, L. (2009). The Art of Solution Focused Therapy. New York : Springer.
De Jong, P., & Berg, I.K. (2003). De l'entretien à la solution. Bruxelles : Satas.
Bannink, F. (2010). 1001 Solution-Focused Questions. New York : Norton.
CONSEIL PRATIQUE : Commencez par lire "Au-delà des miracles" (De Shazer et al.) qui donne une excellente vue d'ensemble de l'approche, puis "Psychothérapie : l'approche brève orientée solutions" de Yves Gros-Louis pour une perspective francophone claire et pratique.
Plusieurs sites web et organisations proposent des ressources pour les personnes intéressées par l'Approche Brève Orientée Solution :
BRIEF : Organisation basée à Londres, spécialisée dans la formation et le développement de l'ABOS 2.0.
Psycho-Solutions : Site d'Yves Gros-Louis, psychologue québécois spécialisé en ABOS, proposant articles et formations.
SF World : Réseau international de professionnels utilisant l'approche centrée solution.
European Brief Therapy Association : Association européenne de thérapie brève.
Solution-Focused Brief Therapy Association : Association américaine dédiée à la TBOS.
Les revues spécialisées comme le Journal of Solution-Focused Brief Therapy et le Journal of Systemic Therapies publient régulièrement des articles sur l'ABOS/TBOS.
Pour devenir compétent dans l'Approche Brève Orientée Solution, il est recommandé de suivre un parcours de formation comprenant :
Formation de base : Généralement 3 à 5 jours pour acquérir les fondamentaux de l'approche.
Formation avancée : Approfondissement des techniques et adaptation à des contextes spécifiques.
Supervision : Élément crucial pour intégrer l'approche dans sa pratique professionnelle.
Pratique réflexive : Intégration continue via des groupes de pairs ou d'intervision.
Plusieurs organismes proposent des formations certifiantes en ABOS/TBOS :
En France : PEGASE Processus, Institut Gregory Bateson, etc.
Au Québec : Centre Psycho-Solutions (Yves Gros-Louis)
En Belgique : IFTS, BFTC Europe
En Suisse : Institut de la Famille
POINT ESSENTIEL : La formation en ABOS ne consiste pas seulement à apprendre des techniques, mais surtout à développer une posture particulière, caractérisée par la curiosité, le non-savoir, et la confiance dans les ressources du client.